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La garantie participative

Au lendemain de la diffusion, par « Questions à la Une » (RTBF), du sujet intitulé « Bio, vous avez dit bio ? », Nature & Progrès propose : La garantie participative pour en finir avec la suspicion sans fin…

L’agriculture conventionnelle se meurt de ses propres pratiques car plantes et insectes « mutants » s’adaptent sans arrêt aux poisons qu’elle répand dans l’environnement… Mais qu’est-ce qui pourrait tuer le bio ? Réponse : le poison de la suspicion distillé insidieusement par ses détracteurs, sans la moindre raison valable.

Nature & Progrès a consacré plusieurs journées à recevoir les journalistes de « Questions à la Une » en donnant, dans le détail, la réponse aux nombreuses contre-vérités que véhicule le sujet « Bio, vous avez dit bio ? ». Il est totalement inacceptable que les responsables de l’émission aient sciemment choisi de ne tenir aucun compte de ces informations dont ils disposaient, préférant bâtir de toutes pièces un sujet exclusivement dénigrant sur le bio.

Sur le fond, Nature & Progrès estime que rien ne peut être reproché au contrôle bio, en Belgique. Celui-ci est d’ailleurs régi par un plan de contrôle qui fut mis au point par le secteur – en ce compris Nature & Progrès qui représente des producteurs et des consommateurs – et qui est agréé par le Ministère de la Région Wallonne. L’affirmation, à peine voilée, de l’existence des collusions entre acteurs du secteur afin de cacher Dieu sait quoi est une véritable honte. Cette émission va causer au secteur bio belge un préjudice économique et moral grave pour lequel les responsables du secteur doivent se réserver le droit de demander réparation au cas où une faute déontologique viendrait à être démontrée dans le chef des auteurs du sujet et des responsables de la RTBF.

Certes Nature & Progrès regrette l’importation massive de produits bio et a toujours choisi de soutenir, par conséquent, les circuits courts de distribution. Ne nous trompons pas sur ce concept : aux yeux de notre association, les producteurs corses qui seront invités lors du prochain salon Valériane (4, 5 et 6 septembre à Namur Expo), par exemple, relèvent bien d’un circuit court, vu l’extrême spécificité de leurs pratiques agricoles et de leurs méthodes de transformation. Notre association, d’autre part, n’a jamais caché que le contrôle bio était déficient, mais sur le plan des rapports sociaux et des effets environnementaux (consommation d’énergie, déchets…), ce qui est le travail quotidien de tous nos producteurs... Pour cette raison, nous voulons aujourd’hui promouvoir un système de contrôle original : la garantie participative.

La solution : le système de garantie participatif

Comme les organismes de contrôle, le SGP est un outil qui vise à l’authentification des marchandises. Ce système fut mis en place par Nature & Progrès, en France, en 1986 ; il est devenu « non conforme » aux législations européennes, en 1992, suite à l’adoption du règlement 2092/91, car il n’est ni confidentiel, ni indépendant.

Le SGP, en effet, ne repose pas sur l’« inspection » de la ferme par un inspecteur extérieur. L’agriculteur qui souhaite une labellisation doit intégrer un groupe d’agriculteurs et de consommateurs de sa région. Cette « Commission mixte d’agrément et de contrôle » (COMAC) s’appuie sur le cahier des charges, non pas pour en faire un pur référentiel technique engendrant automatiquement acceptation ou exclusion ; elle propose plutôt des recommandations et des objectifs vers lesquels les producteurs doivent tendre et si des problèmes de conformité apparaissent. La COMAC, à vrai dire, s’efforce surtout d’aider le producteur qui n’est plus isolé face à ses problèmes. Et les sanctions sont généralement inutiles dans un processus d’échange de savoirs et de recherche de solutions… On est donc très loin des suspicions gratuites et infondées !

Bien sûr, chaque agriculteur doit consacrer du temps non rémunéré à faire fonctionner la COMAC et à procéder à la visite des ses pairs. Mais l’avantage majeur du système est un tarif solidaire et mutualisé de l’inspection qui est enfin abordable pour les plus petits producteurs. D’autre part, la COMAC retisse des liens sociaux entre agriculteurs, et surtout entre agriculteurs et consommateurs. Quant au critère d’indépendance voulu par l’Europe, il pose un réel problème car il exclut toute possibilité de conseil visant à une amélioration des pratiques.

Dans le cadre de la labellisation de paniers de légumes bio, Nature & Progrès teste actuellement ce système chez nous. Conjointement avec l’IFOAM (International Federation of Organic Agriculture Movements), Nature & Progrès s’apprête également à demander que la reconnaissance des SGP soit incluse dans la législation européenne.

Car il n’est pas acceptable que nos fermiers et nos transformateurs soient vus, de prime abord, comme des fraudeurs en puissance !

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