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"SEMENCES DE L'APOCALYPSE OU SEMENCES PAYSANNES ?"

Conférence de Guy KASTLER
Salon Valériane - Namur - le 4 septembre 2008

Pour en savoir plus : Voyage autour des blés paysans, édité par le Réseau Semences Paysannes, 2008, 16 euros.
Retranscription et intertitres : Dominique Parizel.

Bonjour à tous et à toutes,

Merci d'être venus, surtout à l'heure du repas... Je m'appelle Guy Kastler et je travaille pour Nature & Progrès en France ; je travaille également pour le Réseau Semences Paysannes qui regroupe des organisations diverses, syndicales comme la Confédération Paysanne, de l'agriculture biologique comme Nature & Progrès ou la FNAB, ou encore des biodynamistes et beaucoup de petites associations, d'entreprises ou de collectivités territoriales concernées par la biodiversité. Tous mettent en commun leurs moyens afin de préserver la biodiversité dans les cultures et dans les jardins car les jardiniers dits amateurs jouent un rôle aussi important en la matière que les agriculteurs et les paysans professionnels. Je ne vois pas, en effet, où est la différence. Moi-même, j'ai une ferme, et cela ne m'empêche pas aujourd'hui de faire des fromages ou d'avoir une activité militante par ailleurs. La légitimité d'un jardinier, ou même d'un éleveur qui a son petit poulailler, est aussi importante, surtout en ce qui concerne la conservation de la biodiversité, que celle d'un paysan dit professionnel. S'il existe encore de la biodiversité en arbres fruitiers ou en légumes de jardins - en France, en tout cas - , c'est grâce aux "petits" arboriculteurs et jardiniers amateurs. Ce ne sont certainement pas les agriculteurs qui vont conserver seuls cette immense biodiversité que nous avons la chance de posséder encore.

Bien sûr, nous n'avons pas l'habitude de mettre, dans le jardin, le blé qui doit être transformé en pain ou le maïs qui sert à l'alimentation animale. Il est donc nécessaire que les agriculteurs se mobilisent en ce moment. Vous avez la chance de ne pas avoir encore de maïs transgénique en Belgique. Nous, nous en avons et nous aimons bien mettre des plantations de maïs biologique à côté de ces champs de maïs transgénique. Il paraît que cela embête ceux qui les cultivent ! Moi, je ne vois pas pourquoi cela les embêterait. On a encore le droit de faire ce que l'on veut et la France est encore une République, à ce qu'il paraît. A priori, aucune loi n'empêche un jardinier de cultiver du maïs doux, même à côté d'un champ transgénique. On ne voit donc pas en quoi cela gênerait les transgéniculteurs, alors même que c'est le jardinier qui devrait redouter le voisinage de leurs plantes à eux... Fort heureusement, vous avez – en Wallonie en tout cas – un ministre qui, avec Nature & Progrès et d'autres association, a proposé une loi très efficace pour protéger la liberté des jardiniers et des paysans de cultiver ce que nous appelons les semences paysannes sans être obligés d'avoir uniquement dans le jardin les gênes protégés par les gros industriels, sans être obligés de devenir des contrefacteurs sous prétexte qu'on multiplie des plantes qui ont été contaminées !

Suite de la article : "Contrefacteurs", le mot est lâché !