Campagne pesticides
Devenez notre Hercule Poireau !
Après plusieurs années de démonstration qu'un mode de vie respectueux de l'homme et de l'environnement est parfaitement possible, Nature & Progrès se penche momentanément sur les produits toxiques accessibles aux particuliers, le temps d'une importante campagne de revendications.
On pourrait dire que Nature & Progrès "s'intéresse" aux pesticides et biocides pour mieux identifier les disfonctionnements de la législation, les dangers d'exposition et les points sur lesquels nous pouvons tous agir en vue d'une suppression à terme de tous les produits nocifs pour le vivant. Nous continuons bien évidemment à développer des alternatives aux solutions toxiques proposées aux particuliers pour contenir des végétaux ou animaux indésirables, à la maison et au jardin.
Dans cette optique, nous nous sommes penchés sur deux volets du problème : la réglementation et la vente au particulier dans le commerce. Cette étude nous a permis d'identifier un nombre important d'incohérences et de dangers que nous souhaiterions vivement dénoncer, avec votre soutien. Nous souhaiterions en effet réaliser un vaste travail d'observation de la vente de pesticides et de biocides aux particuliers afin d'identifier les points critiques de danger. Pour cela, nous souhaiterions faire de vous des enquêteurs de terrain qui pourraient aller dans les points de vente de pesticides et de biocides afin de systématiquement déceler les dangers.
Pour cela nous avons préparé une grille d'observation avec les questions à (se) poser
Sur base de ces questions, nous souhaiterions vous impliquer dans un travail d'observation en vous proposant d'endosser une cape d'enquêteur et de vous rendre dans ces rayons que vous n'avez pas l'habitude de fréquenter : les rayons pesticides des jardineries.
Armé de la grille d'observation vous vous pencherez sur ce que sont les produits et sur la manière dont ils sont vendus et promotionnés pour dans un deuxième temps nous informer de ce que vous avez pu y découvrir et y observer. Nous traiterons ces enquêtes dans la rédaction d'un rapport qui s'intitule provisoirement : "Vente des produits toxiques aux particuliers : état de la situation sur le terrain". Ce rapport nous servira de document de référence lors de notre campagne de revendications pour un arrêt pur et simple de la vente de produits nocifs pour l'homme et pour l'environnement.
Nous espérons pouvoir compter sur vous pour ce vaste travail d'observation et de dénonciation de la situation actuelle. Si vous êtes partants, vous pouvez tout simplement vous servir de la grille de lecture ci-dessus ou nous contacter pour de plus amples informations.
Pour Notre santé et celle de la Terre
ANNEXE - BOITE A OUTILS
1) Grille d'analyse pour jardineries
Lors de votre enquête, il est primordial d’adopter une attitude cordiale vis-à-vis du ou des vendeurs présents. En effet, même si ceux-ci semblent plus favorables aux pesticides qu’aux solutions bio, notre rôle n’est pas de les juger ou encore moins d’entamer un débat avec eux.
Le but principal de cette visite étant vraiment d’analyser la situation telle qu’elle est, les réactions et conclusions de cette analyse se feront par la suite, par Nature & Progrès.
Lors de cette enquête, certains éléments sont importants à analyser :
Dès l’entrée du magasin y-a-t-il de la publicité pour une marque ou pour certains produits ?
Le rayon avec les produits chimiques se trouve-t-il mis en avant ou plutôt en retrait ?
Comment jugez-vous l’importance de ce rayon ?
Y-a-il des à l’intérieur du magasin des annonces (affiches, vidéos, etc.) vantant les mérites de certains produits ?
Si oui lesquels ?
Le magasin possède-t-il un rayon de produits vendus sous clefs ?
Le magasin propose-t-il des produits alternatifs et si oui ceux-ci sont-ils mis en avant par rapport aux autres ?
L'étiquette : choisissez un produit notez son nom et lisez l’étiquette :
- Que voyez-vous sur celle-ci ?
- Les risques pour l’homme et pour la nature sont-ils clairement spécifiés, sont-ils ignorés ou écrit trop discrètement pour qu’on puisse y prêter attention ?
- Les images et logos figurant sur l’étiquette sont-ils trompeurs ?
- Les conditions d’utilisations et les précautions à prendre sont-elles clairement énoncées et suffisamment bien expliquées pour que n’importe quel quidam puisse en faire un usage adéquat.
Types de pesticides
- Les produits chimiques présentés sont-ils répertoriés en fonction de leur usage (herbicides, insecticides, fongicides,…)?
- L’usage de ceux-ci est-il clairement indiqué ou reste t’il assez vague ?
Conditionnement : choisissez un produit notez son nom et lisez l’étiquette :
- Les risques lors de la manipulation de ces produits sont-ils clairement énoncés ?
- L’usage de gants est-il vivement recommandé ou simplement conseillé ?
- Le dosage est-il facile à réaliser pour tous types de personnes (personnes âgées,…) ?
- Le calcul des doses est-il facilement réalisable et clairement explicité ?
Publicités et slogans :
- La publicité met-elle l’accent uniquement sur l’efficacité des produits ou prévient-elle également de la toxicité et des risques encourus en les utilisant ?
- L’aspect toxique est-il nié ou celui-ci est clairement noté ?
- Y-a-t-il dans le magasin des avertissements quant au danger potentiels de certains produits ?
Conseils des vendeurs & alternatives commerciales :
- Lors de votre enquête, il serait intéressant de questionner les vendeurs. Leur attitude et leurs conseils nous intéressent.
- Les vendeurs vous proposent-ils systématiquement des pesticides ou parlent-ils spontanément des alternatives bio ?
- Les vendeurs ont-ils l’air de maitriser autant les explications sur les produits bio que sur les pesticides ? Jusqu’où va leur connaissance ?
- Sont-ils conscients des risques et de la toxicité des pesticides et en avertissent-ils leurs clients ?
Une autre observation s’avère nécessaire
- Lorsque vous vous promenez dans les allées, quelle place est réservée aux produits bio par rapport aux pesticides ?
Sont-ils plus ou moins mis en valeur que ceux-ci ?
- Les pesticides sont-ils en partie ou entièrement mis sous clefs ?
- Que répondent les vendeurs quand vous les interpellez sur ce fait ?
Vos constations et rapports d’enquête peuvent nous être envoyés par :
- E-mail : encadrement@natpro.be
- Courrier postal : Nature & Progrès, 520 rue de Dave, 5100 Jambes
2) Définition pesticide
Ce sont des préparations destinées à détruire les organismes nuisibles aux végétaux et aux produits végétaux ou à prévenir leur action, favoriser ou régulariser la production végétale (à l'exception des engrais et moyens d'amendement du sol), à conserver des produits végétaux (inclus les produits de protection du bois), à détruire les plantes indésirables, à détruire certaines parties des plantes, à prévenir une croissance indésirable des végétaux, à rendre inoffensifs ou à détruire les organismes nuisibles autres que ceux qui s'attaquent aux plantes et les organismes indésirables ou à prévenir leur action. Issu de la Directive 78/631/CEE du Conseil de l'Europe.
3) Définition biocide
Ce sont les "substances actives et les préparations contenant une ou plusieurs substances actives qui sont destinées à détruire, repousser ou rendre inoffensifs les organismes nuisibles, à en prévenir l'action ou à les combattre de toute autre manière, par une action chimique ou biologique. Il en existe 23 types parmi lesquels les produits destinés à l'hygiène humaine, les désinfectants utilisés dans le domaine privé et dans le domaine de la santé publique, les produits destinés à l'hygiène vétérinaire, les désinfectants pour les surfaces en contact avec les denrées alimentaires et les aliments pour animaux, les désinfectants pour eau de boisson, les produits de protection utilisés à l'intérieur des conteneurs, les produits de protection du bois, les produits de protection des fibres, du cuir, du caoutchouc et des matériaux polymérisés, les produits anti moisissures, les produits antiparasitaires, les rodenticides, avicides, molluscicides, piscicides, insecticides, acaricides, les répulsifs et appâts, les produits de protection pour les denrées alimentaires ou les aliments pour animaux et les fluides utilisés pour l'embaumement et la taxidermie. Définition issue de la Directive 98/8/CE du Parlement européen.
4) Directive européenne pour la mise en place de Plans d'Actions Nationaux de réduction des usages de pesticides et de biocides
La Directive stipule que les Etats membres devront mettre en œuvre des "plans d'action nationaux visant à fixer des objectifs quantitatifs, des cibles, des mesures, des calendriers et des indicateurs en vue de réduire les risques et les effets de l'utilisation des pesticides sur la santé humaine et sur l'environnement et à encourager le développement et l'introduction de la lutte intégrée contre les ennemis des cultures et de méthodes ou techniques alternatives".
Dans ces plans, les Etats membres doivent fixer des objectifs quantitatifs, des cibles, des mesures et un calendrier d'action en vue de réduire les risques et effets de l'utilisation des pesticides sur la santé et sur l'environnement. Les objectifs, laissés au choix des Etats peuvent viser de nombreux domaines différents parmi lesquels : la protection des travailleurs, de l'environnement, de l'utilisateur particulier ou le développement des techniques particulières. C'est ici que ce sont cités les techniques de lutte intégrée ainsi que l'agriculture biologique.
Voici le calendrier imposé par la Commission :
14/12/2011 : transposition de la directive en loi nationale ;
14/12/2012 : communication des PAN à la Commission et aux autres Etats membres ;
14/12/2014 : remise par la Commission d'un rapport d'évaluation d'avancement des PAN au Conseil et au Parlement ;
14/12/2018 : remise par la Commission d'un rapport sur l'expérience acquise dans la mise en œuvre des PAN au Conseil et au Parlement.
Alors qu'ils consomment près d'un tiers des pesticides vendus sur le territoire, le particulier n'est encadré dans son utilisation que par les entreprises productrices de pesticides et par les quelques conseils des vendeurs. Silencieuse ingérence.
Les utilisateurs professionnels sont eux soumis à un nombre important de règles en ce qui concerne l'utilisation des produits pesticides toxiques, règles bien nécessaires à la vue du nombre de cas d'agriculteurs souffrant de maladies liées à l'utilisation de ces produits. Les professionnels doivent par exemple suivre des formations certifiées (distributeurs, conseillers et utilisateurs), suivre les recommandations en matière de stockage des produits, de traitement des résidus de fonds de cuve/d'emballage et de disposition des emballages.
Les directives relatives aux déchets (2006/12/CE et 91/689/CEE) prévoyaient déjà des mesures à mettre en place pour limiter les risques liés à l'utilisation de pesticides par les professionnels, mais rien n'était prévu pour les particuliers.
Ce manquement est partiellement comblé par la directive 2009/128/CE puisqu'elle reconnaît enfin le risque encouru par les particuliers et qu'elle recommande la mise en place de mesures spécifique pour ce public.
L'utilisateur final doit être informé sur les risques d'utilisation et sur l'impact sur l'environnement. Pour le particulier, ceci se traduit par des "recommandations en matière de manipulation et de stockage des pesticides en toute sécurité ainsi que d'élimination des emballages". Le décret européen prend acte du risque encouru par un utilisateur non avertit et exhorte les Etats membres à mettre en place des campagnes de sensibilisation et à organiser une information communiquée par les vendeurs. Parmi les mesures intéressantes, la vente de formules prêtes à l'emploi, qui coûtent nettement plus cher à l'achat parce que déjà mélangées à de l'eau, réduit d'autant plus les usages et donc la pollution. Les distributeurs sont tenus de participer à une formation certifiée portant bien évidemment sur la législation et les dangers liés à l'usage, au stockage et à l'élimination de pesticides, sur l’impact sur l’environnement et les consignes de sécurité pour « gérer » ces risques. Mais en plus de cela il y a obligation de se former dans les alternatives (agriculture biologique et lutte intégrée et biologique) et de prendre connaissance des zones sensibles et des usages à risques élevés. Les micro distributeurs qui ne vendent qu’aux particuliers peuvent être exemptés de l’obligation à condition de ne vendre aucun produit classé toxique, très toxique, cancérogène, mutagène ou toxique pour la reproduction.
Se pose aujourd'hui le nouveau problème de la vente par internet qui ne permet pas de garantir la transmission des précautions minimums à l'utilisateur final.
5) Un arrêté Royal pour la scission agréations entre usage amateur et professionnel
Le projet d'arrêté royal présenté veut scinder l'agréation de ces produits destinés à ces deux groupes, afin que les produits qui sont exclusivement destinés à des utilisateurs privés répondent à des conditions spécifiques.
Entre 2011 et 2013, tous les produits autorisés sur le marché belge devront repasser par une procédure accélérée d'agréation afin de se soumettre aux nouvelles contraintes imposées par l'arrêté. Ces contraintes ont été notamment instaurées dans le but de rétablir la cohérence en ce qui concerne les agréments de produits destinés aux particuliers. Ces produits devront dorénavant porter des indications beaucoup plus claires de toxicité et d'impact sur l'environnement et devront être contenus dans des emballages qui réduisent les risques de renversement. C'est un premier pas vers un traitement plus honnête de produits qui jusqu'à présent ne révèlent pas clairement leur toxicité par l'étiquette ou l'emballage.
Lors de cette réévaluation, tous les produits avec un risque cancérogène avéré ne passeront pas la sélection. Par contre, ceux qui ont un risque suspecté pourront être commercialisés aux particuliers. Cette nuance là reste pour nous difficile à entendre dans la mesure où cela signifie que les produits qui lors de certains tests - mais pas de tous - ont pu se montrer cancérogène pourraient se retrouver à la portée de n'importe quelle caddie, nous paraît inacceptable dans une société où le cancer se profile comme LA maladie de notre civilisation chimique.

