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Etude réalisée par Nature & Progrès asbl - 2011

Introduction

Les semences sont la base de l’alimentation qui est, elle-même, la base de la survie de nos sociétés. Celui qui contrôle les semences contrôle forcément notre survie car il contrôle tous les aspects liés aux choix et à la production des aliments. Il contrôle donc in fine toute la politique alimentaire. C’est dire combien l’enjeu des semences est au centre des préoccupations d'une association telle que la nôtre.

Depuis la nuit des temps, un système de production, de distribution et de conservation des semences est développé au sein de chaque communauté humaine. Ce savoir-faire, par essence local, est transmis de génération en génération pour assurer la pérennisation de l’agriculture. Rappelons que, d'après la FAO, un milliard de personnes souffrent toujours de la faim, dont la moitié est constituée de paysans dépendant de la petite agriculture familiale. Pour ces agriculteurs, produire et échanger la semence est tout simplement vital.

Le droit de produire les semences, dans le respect des us et coutumes et en adéquation avec le milieu, est le gage de la préservation de l’autonomie des paysans et des producteurs du monde entier. Contester ce droit conduit inéluctablement à soumettre le monde paysan aux diktats des lobbies semenciers et à hypothéquer la souveraineté alimentaire des peuples.
Les semences ne sont pas seulement des graines que l’on fait germer. Elles sont plus que cela, et tout d'abord un condensé de symboliques, un concentré de toutes les cultures humaines forgé à travers les âges. Nature & Progrès est absolument attaché à ces valeurs fondamentales. Il est particulièrement dangereux, à nos yeux, de réduire – ainsi que le fait le Règlement CE 2100/94 – la question des semences à une question industrielle et d'organiser leur usage uniquement en fonction de la propriété intellectuelle de ceux qui détiennent les Certificats d'Obtention Végétale (COV). D'abord parce qu'elle sont le fruit de cent siècles d'agriculture et font partie du patrimoine collectif de l'Humanité, ensuite parce qu'elles doivent rester le vivant auxiliaire de paysans travaillant dans un contexte local, plus qu'un objet d'expérience pour groupes multinationaux aux visées technocratiques.


Nature & Progrès propose ainsi deux axes de réflexion :

- sur le plan économique, il semble clair que le pouvoir de produire ses propres semences est une source d’autonomie et d’indépendance alimentaire pour les nations qui le détienne. Le cas du Malawi – qui combat la famine en suvbventionnant les semences hybrides et les engrais fournis par Monsanto – semble ainsi particulièrement funeste. Nous sommes donc fortement attachés à la préservation du droit élémentaire de chaque peuple de produire et d’utiliser les semences selon ses propres convenances et ses propres besoins pour diverses raisons : indépendance et souveraineté alimentaire des peuples, autonomie dans la production et l’approvisionnement, préservation des savoir-faire et de la biodiversité locaux, etc.
Or la tendance actuelle, dans un contexte de mondialisation, encourage la confiscation, au Nord comme au Sud, de ce droit par des groupes privés, au nom d'intérêts d'ordre techno-scientifiques et de marchés. La mise sous brevet du vivant, qui est un patrimoine commun, et la disparition progressive du système fondateur de l’agriculture mondiale est inconcevable pour toute personne soucieuse de l’avenir de nos sociétés. Stopper cette tendance lourde est un travail citoyen qui incombe à tous et qui doit soulever une opposition proportionnelle aux dangers qu’elle fait courir.

- sur le plan biologique, la standardisation des semences cultivées pose de graves questions en terme d'érosion de la biodiversité. D'après la FAO toujours, vingt espèces de plantes alimentaires fournissent, à elles seules, 95% des calories de l’humanité. La FAO estime que 75% des variétés cultivées ont disparu depuis le début du XXe siècle. Autrement dit, ces variétés ne sont plus cultivées ni mangées par personne. La standardisation des produits agricoles, permise par les hybrides F1 notament, s'est lentement imposée, dans notre économie de marché, comme le mode de production le plus efficace. La recherche de l’efficacité, la mécanisation de l’agriculture, la spécialisation des métiers et des machines, les exigences des chaînes de distribution et de consommation, les attentes - créées ou réelles - des consommateurs, le mythe du progrès, une certaine euphorie liée au confort apporté par le modèle « supermarché », les politiques agricoles nationales et européennes, tout cela y contribua. Mais ce système alimentaire standardisé est un colosse au pied d’argile car les semences y sont peu diverses et totalement hors du contrôle citoyen ; ce système est aujourd'hui vulnérable car ce qui a été gagné en efficacité a été perdu en diversité et en qualité. Or la diversité génétique est essentielle à la résilience, c'est-à-dire à la capacité d’un système, d’un habitat ou d’une population, à s’adapter à d’importantes perturbations pour retrouver un fonctionnement durable. Malgré l’existence d’une législation différenciée pour les amateurs - les jardiniers -, la révision en cours du règlement européen semble confirmer les déséquilibres existants au profit de l’agro-industrie et des semenciers, en suspendant la diffusion des variétés anciennes et des semences paysannes à d’éventuelles dérogations que pourraient mettre en place les états membres...
En plus de poser le problème des semences dans le détail, la présente étude va s'efforcer de rapporter et d'illustrer différentes pistes d'action déjà mises en œuvre tant au niveau agricole - inscription au catalogue officiel de variétés de blé sélectionnées en fonction de critères bio - que citoyen - des systèmes de multiplication et de distribution de variétés potagères…
Il appartiendra ensuite aux diverses composantes de notre association de choisir et de mettre en œuvre les actions qui reflètent au mieux leur sensibilité propre dans le cadre des axes définis ci-avant.