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Une étude, menée par l’Université de médecine vétérinaire de Vienne, à la demande du Ministère de la Santé autrichien, révèle que des souris nourries avec du maïs OGM développent des problèmes de fertilité. A en croire cette étude, le maïs génétiquement modifié NK603 x MON810, commercialisé eu Europe depuis 2005, a un impact sur la fertilité à long terme ; elle montre également que les méthodes classiques utilisées pour évaluer l’impact des OGM sur la santé ne sont pas les plus appropriées ou du moins sont insuffisantes.

Les risques toxicologiques des OGM sont généralement évalués par des études de nonante jours sur une génération de rongeur. Les autorités sanitaires européenne considèrent, en effet, qu’une telle étude est suffisante pour détecter l’éventuelle nocivité des OGM sur la santé. Certains effets chroniques ne peuvent cependant être mis en évidence qu’après de longues périodes d’exposition et plusieurs générations. La reproduction, la lactation et la santé de la progéniture sont en effet des paramètres sensibles que l’on ne peut évaluer qu’avec une étude multi génération sur le long terme. C’est dans ce but les chercheurs autrichiens ont mené cette étude sur le maïs OGM.

Le maïs étudié, le NK603 x MON810, est commercialisé par Monsanto. Il comprend deux modifications génétiques : une qui lui confère une résistance à un herbicide, le Roundup, et une autre qui lui permet de produire son propre insecticide, la toxine Bt. L’EFSA (European Food Safety Autorithy) a donné l’autorisation en 2005 pour la commercialisation de ce maïs en tant qu’alimentation humaine et animale.

Pour mener à bien leur étude, les chercheurs autrichiens ont comparé des souris avec un régime contenant 30 % de maïs, OGM pour les unes, non OGM mais de la même variété pour les autres. Particularité de cette étude, les scientifiques ont comparé deux protocoles différents pour étudier les effets sur le long terme :

Le protocole RACB a été mis au point par le Programme National de Toxicologie du Département américain de la Santé Publique afin d’identifier et caractériser les effets toxiques sur la reproduction de substances comme les pesticides Ce protocole n’avait jamais été utilisé jusqu’ici, du moins officiellement, pour évaluer la toxicité des OGM.

Les effets sur les souris ont été mesurés, d’une part par des mesures sur les performances de la reproduction – poids des adultes, nombre de portées, taille des portées, nombre de petits sevrés… – et, d’autre part, par différentes technologies de pointes au niveau des organes, des cellules et même moléculaire.

Une baisse des performances de la reproduction a pu être observée pour les souris nourries aux OGM par rapport aux autres dans le cas du protocole MGS, mais ces différences n’étaient pas statistiquement significatives, ce qui veut dire qu’elles pouvaient être dues à la variabilité génétique des souris. Par contre, dans le cas du protocole RACB, des différences significatives apparaissent dès la troisième portée, les souriceaux étant plus petits et moins nombreux dans le groupe nourri aux OGM.

Les analyses microscopiques viennent confirmer ces différences significatives au niveau des noyaux cellulaires, de la synthèse des protéines et de l’expression des gênes. Les chercheurs autrichiens s’étonnent du fait que très peu d’études sur les effets toxiques du maïs OGM Bt –qui produit une toxine de Bacillus thuringiensis – sur le long terme aient été menées jusqu’à présent alors qu’il est largement utilisé depuis 1996 et que son innocuité a souvent fait l’objet de controverses.

Ils pointent également du doigt le fait que le peu d’étude, réalisée jusqu'à présent sur le long terme, n’ont jamais eu recours à des protocoles appropriés (MGS) pour mettre en évidence l’impact du régime alimentaire sur les performance reproductive. Par rapport au protocole RACB, le stress physiologique dû à l’alimentation OGM est beaucoup plus faible dans le protocole MGS : le fait d’utiliser chaque fois une « nouvelle » génération de parents au lieu d’étudier l’effet sur les plusieurs portées d’une même génération est, en effet, beaucoup moins exigeant et masque les effets à long terme du régime alimentaire sur la reproduction.