Au niveau urbanistique :
Il faut favoriser l’urbanité et repenser la vie dans les villes dans le sens d’une plus grande proximité des services. Des sous-ensembles de 50.000 habitants, par exemple, donnent une échelle urbaine intéressante dans le cas de créations de villes nouvelles.
Il faut favoriser la rénovation plutôt que la construction, favoriser la mixité des fonctions, favoriser le groupement des habitats, être attentif à organiser de bonnes mitoyennetés, favoriser les aménagements collectifs, au niveau de communes ou au niveau des habitants entre eux, en ce qui concerne l’épuration des eaux, les énergies, les échanges de services…
Les pouvoirs publics doivent absolument garantir au candidat bâtisseur un droit de regard et d’intervention dans les planifications d’urbanisme et d’aménagement du territoire.
De même, tout promoteur consultera les futurs habitants pour la conception du bâtiment.
Des garanties minimales d’aménagements publics sont indispensables au niveau des quartiers (voiries, parcs…) ; il est nécessaire de tirer un profit maximal des données naturelles (climat, relief, végétation…).
Il faut créer davantage de lien social au niveau des quartiers (intergénérationnel, interculturel…). Il faut donner des garanties pour marier mobilité et qualité de vie : accessibilité des vélos, restrictions quant à l’usage de la voiture…
Il faut limiter les habitations en hauteur : trois ou quatre étages maximum.
Il faut penser de critères de compensation en ce qui concerne l’orientation des bâtiments : tirer un profit maximal de la géographie (lumière, soleil) sans que tous les bâtiments doivent être identiques et / ou orientés dans le même sens…
Au niveau architectural :
L’acte de bâtir est un acte humain avant d’être un acte technique. Il faut donc maximiser le dialogue avec le futur habitant, généraliser le participatif. L’habitant doit se reconnaître dans le lieu, s’approprier le lieu. Sur cette base, l’architecte, dont le rôle est avant tout d’informer, doit travailler à une véritable responsabilisation de l’habitant. L’architecte doit savoir comment « fonctionne » la personne qui habitera ce qu’il construit ; il est un instrument pour optimaliser ce que l’habitant va vivre. Il ne doit pas se voir uniquement comme le dépositaire d’un savoir a priori, d’une certaine esthétique, d’un art de bâtir…
En terme de coût, tout bâtiment doit être socialement abordable. C’est affaire de conception, de travail d’architecte. En terme de construction individuelle, l’investissement en main-d’œuvre personnelle peut être important à prendre en compte.
L’emploi de matériaux adéquats entre évidemment dans la pertinence de la conception globale du bâtiment. Tout matériau utilisé doit être sain, écologique, socialement abordable et maîtrisé techniquement.
En terme de conception architecturale, il faut :
- particulièrement en matière d’écobioconstruction, s’intégrer à l’environnement, au bâti local, ainsi qu’à l’architecture contemporaine,
- favoriser la compacité du bâtiment (décourager, par exemple, le(s) garage(s) intégré(s) ou trop proche(s) du lieu de vie),
- chercher des bâtiments évolutifs et anticiper la rénovation ultérieure,
- appliquer au maximum les préceptes de la bioclimatique ou de la maison passive.
