1. Légalement, un cahier des charges technique est fourni par l’architecte à l’entrepreneur. Il suppose une bonne connaissance des matériaux et de leurs applications et constituera l’élément fondamental d’évaluation du bâtiment en terme d’« écobioconstruction ».
2. En terme d’organisation du chantier, la question des déchets de construction est primordiale. Ceci est toutefois compris dans les « énergies grises » spécifiques à la construction ou à la rénovation. Il faut prévenir au maximum les risques de pollution, trier les déchets pour les garder et les réutiliser sur place autant que faire se peut, ou à tout le moins faire appel aux filières adéquates de recyclage. Faire des feux sur le chantier est rigoureusement interdit ! Il faut veiller à utiliser les matériaux dans des modules Compatibles afin de limiter les découpes et les déchets.
3. Concernant le terrassement, les fouilles doivent être limitées. Les caves doivent être limitées à ce qui est vraiment nécessaire. Aucune terre ne peut quitter le chantier : un déplacement strictement local des terres est un impératif. La terre arable doit absolument être remise en surface. La terre de terrassement pourra servir à fabriquer les enduits muraux.
4. Concernant le gros œuvre et l’égouttage, un drainage correct est obligatoire. L’hygrométrie des murs est un facteur essentiel. De l’intérieur vers l’extérieur, il faut mettre des matériaux qui laissent mieux passer la vapeur d’eau. La qualité des mortiers est importante : il faut conseiller le mortier bâtard, et refuser le ciment à 100%.
En ossature bois, la qualité de l’assemblage est très importante. Le bois doit être le moins possible en contact avec l’humidité. Le remplissage doit absorber les surplus d’humidité éventuels.
Les systèmes naturels d’épuration des eaux domestiques (lagunage…) seront favorisés dans la mesure du possible.
5. Charpente et menuiserie extérieure auront recours à des bois labellisés (FSC…), de production locale et provenant de forêts gérées de façon durable.
Pour les châssis, on exclura évidemment le PVC. On veillera à ce que le coefficient d’isolation des châssis soit égal à celui du vitrage ; on s’assurera d’une étanchéité à l’air maximale. La pose évitera les ponts thermiques et exclura tout emploi de mousses de polyuréthane.
6. Pour la couverture de toit, on proscrira les tuiles en béton et les produits à base de matières non renouvelables.
7. En plomberie, l’objectif est de limiter les longueurs de tuyaux. Il s’agit d’abord de questions relatives à la conception : les pièces où il y a consommation d’eau chaude doivent se trouver au centre de la maison afin de limiter les déperditions de chaleur. Il faut encourager les systèmes de récupération de l’eau de pluie : citerne, groupe hydrophore, potabilisation…
8. Concernant le chauffage, il faut privilégier :
- le rayonnement par rapport à la convexion, par les murs plutôt que par le sol,
- le chauffage à basse température et éviter les variations de température,
- les solutions passives qui occasionnent le moins de chauffage possible.
En terme de combustible, priorité est donnée à tout ce qui est renouvelable.
Le chauffage est évidemment lié à l’isolation, à l’étanchéité à l’air et à la
« perspiration ».
9. L’installation électrique doit limiter les champs électriques (5 volts/mètre en zone de repos, 10 volts/mètre en zone de travail) et magnétiques (2 milligauss pour toutes zones).
Toute maison doit disposer d’une mise à la terre dont la résistance est inférieure à 7 Ohms.
Une importance toute particulière doit être apportée à la conception des chemins de câbles. L’utilisation de câbles blindés VMVB et de bio-relais est recommandée, mais, dans le cas des maisons en bois cependant, ces recommandations deviennent des impératifs.
L’information du consommateur est importante pour tout ce qui excède la construction proprement dite, notamment pour tout ce qui viendra « après la prise de courant » : choix des luminaires, etc.
10. Concernant les enduits muraux, l’hygrométrie des murs est le facteur essentiel.
Dans cette optique, le ciment, peu perméable à la vapeur d’eau, est à éviter, sauf dans les cas où le mur est directement en contact avec la terre.
L’argile doit absolument être privilégié, compte tenu également du fait que cet enduit ne produit aucun déchet, tout étant réutilisable. Les enduits à base de chaux aérienne sont également performants. Le plâtre est moins cher et facile à mettre en œuvre, mais il convient d’être particulièrement vigilant quant à son contenu (adjuvants et pesticides). Il n’y a pas de contrôles sur le plâtre prêt à l’emploi.
L’utilisation de la terre de terrassement pour fabriquer l’enduit mural est une solution optimale.
11. Pour les carrelages, il faut préconiser l’usage de colle à base de chaux.
12. La menuiserie intérieure doit comporter le moins possible de colle à urée-formaldéhyde.
13. Le choix des peintures dépend de la nature des surfaces. On n’optera toutefois que pour des marques de peintures « naturelles » ou « écologiques » qui s’interdisent tout usage de produits issus de la pétrochimie. Des dérogations sont toutefois possibles dans les cas d’allergies.
