Informations partagées par un groupe de travail
des jardiniers sur la question
Ont participé à l’élaboration de ce document : Georges Kaisin, Christian et Monique Badot, Christian Baeke, Bernard Boutiau, Monique Oger.
Synthèse : Georges Kaisin
Définition de la culture bio
La culture bio impose entre autres une liaison avec le sol. Elle bannit l’utilisation des pesticides de synthèse et des engrais chimiques.
La culture bio nourrit le sol qui nourrit la plante
La culture en pots ne permet pas cette liaison avec le sol, mais cette méthode bannit également l’utilisation des pesticides de synthèse et des engrais chimiques.
Ce n’est donc pas une méthode de culture bio au sens propre du terme mais une culture aux méthodes naturelles donnant des produits de grande qualité.
Les contenants
Le volume du contenant dépend de la culture souhaitée. La profondeur est importante, elle est déterminée par la dimension des racines et les exigences alimentaires de la plante. Les jardinières de faibles profondeur seront réservées à la culture de légumes de faible développement tels que radis, laitue à couper, mâche, persil…Des contenants plus volumineux - 40 cm de profondeur - conviennent pour des cultures plus exigeantes, tels que choux, tomates, céleris, betteraves…
Différentes matières utilisées pour les contenants :
Le bois : le matériau le plus écologique, malheureusement à protéger contre l’humidité, son poids peut être aussi un inconvénient, mais c’est un bon isolant thermique.
Bacs en plastique : légers, imperméables, résistants à l’humidité, mais ne sont pas isolants. Certains vieillissent parfois mal (résistance aux UV)
Préférer les bacs avec réserve d’eau.
Terre cuite, poterie : excellent matériau, très écologique, poreux, permet la respiration du substrat ; malheureusement lourd, gélif et fragile. Nécessite des arrosages plus importants.
Cette fabrication se fait rare, le choix est restreint. Les grands volumes sont assez onéreux.
Le substrat
Pour les fleurs : un terreau universel convient la plupart du temps. Certaines plantes ornementales demandent des substrats bien spécifiques, ex : terre de bruyère pour les bruyères, les azalées, les rhododendrons.
Pour les aromatiques : des substrats ayant servis pour d’autres cultures conviennent très bien. Les terreaux non enrichis conviennent également. L’ajout de sable n’est pas recommandé, car il compacte le sol par forte chaleur. Par contre, un fond de billes d’argile ou de grenailles mélangées à part égales avec de la terre rappelle leur milieu d’origine et leur est favorable.
Pour les légumes : suivant les espèces de légumes, les exigences en richesse du substrat sont différentes.
Un mélange qui convient bien : 1/3 terreau, 1/3 bonne terre, 1/3 vieux compost. La bonne terre de jardin peut être remplacée par du bon terreau avec un ajout de sable de rivière
Les légumes-feuilles et fruits sont particulièrement exigeants. Lors de leur culture, il faudra apporter un complément sous forme d’engrais organique.
L’épuisement du substrat est important. Il est nécessaire de le remplacer au moins à moitié chaque année. On peut aussi le réemployer pour d’autres cultures moins exigeantes telles que les aromatiques.
Les types de légumes
Les légumineuses : pois, haricots et fèves.
Les haricots nains peuvent se cultiver en bac de 20 cm de hauteur.
Pois nains et fèves demandent des bacs de 40 cm de hauteur et 40 cm de largeur, ce qui permet le placement d’un tuteurage.
Pois et fèves peuvent se semer très tôt. Pincer la fève au dessus du 5e bouquet pour éviter les pucerons.
Les crucifères
Les radis : culture facile en substrat peu profond moyennement riche à pauvre.
Les navets demandent des bacs plus profonds, 30cm, substrat moyennement riche
Les choux : très exigeants, bacs de 40 cm de profondeur au moins, complément organique nécessaire
Choux fleurs : arrosage abondant lors de la formation de la pomme
Brocolis et choux rouges : pas de succès
Choux blancs : taille moyenne sans problème
Choux de Bruxelles devraient pouvoir se faire
Les légumes-feuilles
Les laitues : à couper, pas de problème, bac de faible profondeur, idéale pour la culture et cube.
Autres laitues : bacs de 20 cm de largeur et 20 cm de profondeur
Frisées et scaroles : bacs de 30 cm de largeur et 20 cm de profondeur
Mâche : bacs de faible profondeur
Les épinards : rendement faible
Le cerfeuil : bacs de 30 cm de profondeur, rendement moyen
La tétragone : développement très important d’où difficulté de culture en bac.
Les céleris : à jets, récolte au fur et à mesure de la consommation, bacs ou pots de 25 cm de profondeur.
blancs : bacs de 25 cm de profondeur
raves : à ne pas faire
Les bettes : substrat riche et bacs ou pots de 30 cm de profondeur
Les légumes-fruits
Les tomates cocktail conviennent très bien pour la culture dans des bacs de 30 cm de profondeur avec tuteurage. Les autres, développement moyen dans des bacs de 40 cm de profondeur.
Les cucurbitacées : cornichons et concombres dans des bacs de 30 cm de profondeur, demandent beaucoup de place, difficiles à faire grimper.
Courgettes et potimarrons : demande un très bon substrat car légume exigeant, rendement faible et à cultiver dans des bacs de 40 x 40 cm.
Potirons : envahissants.
Melons : ?
Les légumes-racines
Les carottes : les carottes bouchons dans des bacs de profondeur moyenne, les autres dans des bacs de grande profondeur
Les chicons : en bacs de 40 cm de profondeur
Les navets : en bacs de grande profondeur, réussite faible
Salsifis et scorsonères : à oublier.
Les aromatiques
La sauge : gros pots et beaucoup d’eau
Le romarin : gros pots car beaucoup de racines, arrosage moyen et substrat pauvre
L’estragon : difficile, à diviser régulièrement car beaucoup de racines
Le thym : sèche vite, d’où arrosage et terre bien drainée.
La menthe : très bien, à diviser régulièrement.
La mélisse : bien.
La sarriette : bien.
Le laurier : grands pots, à mettre à l’abri du gel, attention aux cochenilles.
Le basilic : demande de la chaleur et à l’abri de la pluie.
La verveine : bien.
Le persil et la ciboulette : jardinière de 20 cm, à diviser en fin de saison et à replanter dans du nouveau substrat.
L’aurone : en pot à l’intérieur, chasse les insectes.
Le fenouil : bien.
L’absinthe : bien.
L’aneth : bien.
La camomille : beaucoup d’eau, durée seulement 1 an en pot.
Le curry : bien.
La lavande commune : bien
La lavande papillon : seulement 1 an en pot.
La sauge ananas : annuelle et gélive.
La sauge sarclée : bisannuelle.
La valériane : attire les chats.
La verveine : bien.
Les engrais bio, les vers de terre, les amendements, la rotation des cultures
Les vers de terre : possibilité de vie restreinte vu la faible quantité et la température parfois trop élevée du substrat.
Les engrais bio : purin d’orties, purin de consoude, jus dilué au 1/10.
Engrais d’origine organique : sang desséché, patenkali, poudre d’os, engrais organiques composés, engrais spécifiques pour différentes cultures.
Les engrais sont toujours caractérisés par leur teneur en éléments principaux N P K.
N est l’azote, P le phosphore et K la potasse.
Ils sont à utiliser parcimonieusement sous peine de nuire aux plantes.
Les composts : le compost traditionnel s’utilise en surface ou en mélange lors de la préparation des bacs et pots, utiliser de préférence un compost bien mûr.
Le lombricompost peut se produire facilement sur une terrasse ou dans un garage, c’est un excellent compost à utiliser en surface ou en préparation des bacs et pots.
Le jus récolté lors de son élaboration est un engrais pour toutes les plantes à utiliser dilué au 1/10.
Les amendements : on change en moyenne la moitié de la terre tous les deux ans, la terre appauvrie sert de substrat pour les aromatiques.
La correction de l’acidité se fait par l’ajout d’algues marines.
La rotation des cultures : le fait de changer tout ou partie du substrat correspond à une rotation de culture.
Avantages et inconvénients
Les inconvénients : l’investissement est important en matériel, mais il peut être amorti sur plusieurs années.
Il faut des bacs et jardinières de profondeur suffisante : 20 cm de profondeur pour 80 cm de longueur ; 40cm x 40 cm, profondeur 40 cm.
Renouvellement du substrat tout ou en partie chaque année, achat de terreau et autres matières ce qui nécessite beaucoup de manipulation en plus du transport.
Le mélange des substrats est un travail physique important qui demande de la place.
Evacuation du substrat épuisé, mais après plusieurs années d’utilisation, le volume est réduit.
Les arrosages sont importants et journaliers, les bacs avec réserves d’eau ne nécessitent pas un arrosage journalier.
Le suivi est important, pratiquement tous les jours.
Le rendement est plus faible et le prix de revient reste élevé.
Les avantages : productions de proximité, sans pesticides, naturels et sains.
Satisfaction personnelle et occupation de détente.
Utilisation judicieuse des semences, celles-ci étant valables plusieurs années.
Economie certaine en ce qui concerne les aromatiques.
Premiers pas vers un jardin bio, et une consommation raisonnée car production et consommation saisonnière.
Ce genre de jardin peut aussi être un outil pédagogique.
Il peut aussi créer un lien social.
Le lombricompostage
Pour le lombricompostage, le matériel est assez simple, il se compose de 3 bacs empilables et superposables. 2 bacs ont le fond perforé d’environ 10 à 12 trous de 8 à 10 mm de diamètre. Le bac avec le fond non perforé sert de base et récolte le jus de compostage. Le bac suivant, superposé à la base, est amorcé avec une couche de compost contenant des vers. Ces vers peuvent provenir d’un autre compost en activité.
Les déchets organiques sont déposés petit à petit au dessus de la couche d’amorçage. Lorsque ce premier bac est rempli, on emboîte le suivant sur ce bac et on continue à y déposer les déchets.
Les vers transforment les déchets du 2e bac en compost et passent ensuite au 3e bac pour y faire le même travail.
Les vers n’aiment pas la lumière, il faut donc couvrir les bacs pour assurer l’obscurité.
La température idéale pour ces travailleurs de l’ombre et de 15°.
Ce compostage ne dégage aucune odeur et n’attire pas de mouches.
Orientation et ombrage
Nul n’est maître de l’orientation de son balcon ou de sa terrasse. Il peut aussi y avoir des prescriptions urbanistiques ou des règlements d’ordre propres aux terrasses et balcons concernés. Ces prescriptions sont contraignantes et il faudra en tenir compte. Une exposition plein soleil aux heures les plus chaudes de la journée peut nuire au développement des plantes et nécessite beaucoup d’eau suite à l’évaporation rapide de l’eau des jardinières. Il sera nécessaire de prévoir des ombrages faciles à installer et à enlever : cartons, paravents pliables, paravents de plage . . . La pose de cartons blancs voire de papier aluminium au pied des plantes peut servir de réflecteur et freiner ainsi le réchauffement de la terre.
Répartition des poids sur les terrasses et balcons
Pour les balcons et terrasses privées, normalement non accessibles au public, les normes belges prévoient une charge uniformément répartie de 200 kg par mètre carré.
Pour information, dans un seau de terre d’une contenance de 10 litres, il y a 10 à 11 kg de terre. A cela, il faut ajouter le poids des contenants et de l’eau d’arrosage. Ne pas oublier qu’il faut aussi avoir accès à la jardinière et donc tenir compte du poids du jardinier et éventuellement de ses visiteurs...
Personnes de référence
Christian et Monique Badot (Ohey)
Albert et Josette Pierre (Arlon)
Livres de références
Un potager sur son balcon
Collection Les pas à pas, Larousse.
Jardins en pots
Collection Les pas à pas, Larousse.
Potager en pots
Collection Les petits Truffaut, Larousse.
Un potager sur un balcon
Collection Les nains de jardins, P Marabout.