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Effets potentiels sur les abeilles

Source : articles de Janine Kievits parus dans la revue de la FNOSAD "La Santé de l'Abeille" et dans la revue Abeilles et Fleurs,

Novembre 2015, n°776

NON AU SULFOXAFLOR !

Les effets sur les abeilles ont été minimisés par certains au motif que la demi-vie du Sulfoxaflor est brève. Il est exact que le Sulfoxaflor ne reste que pendant une courte période dans le sol (sa demi-vie en champ est d'un peu plus de 7 jours); mais le problème n'est pas là.

La demi-vie dans le sol est importante pour les substances utilisées en traitement de semences, car c'est à partir du sol que les plantes résorbent la substance. Mais le Sulfoxaflor est utilisé en pulvérisation foliaire. Les plantes le résorbent, non pas à partir du sol, mais à partir de la pellicule qui enveloppe les feuilles lors de la pulvérisation, ou à partir des micro-gouttelettes qui pénètrent les feuilles par les stomates lors de la pulvérisation.

Ce qui compte donc, ce n'est pas la persistance dans le sol, mais bien la persistance dans la plante, car c'est ce qui va donner lieu à des résidus dans les feuilles, les tiges, et éventuellement dans les fleurs, y compris le pollen et le nectar. Or, le Sulfoxaflor utilisé en pulvérisation laisse plus de résidus dans les plantes que dans le sol, comme on peut le lire dans le dossier d’autorisation de la molécule au niveau européen.

En outre, suite aux études de métabolisation dans les plantes, le seul résidu considéré comme pertinent pour la définition des limites maximum de résidus est le Sulfoxaflor lui-même; parce qu'il est le plus toxique, mais aussi parce qu'il est l'un des plus abondant. En effet, dans les plantes, le Sulfoxaflor ne se métabolise pas du tout aussi facilement que dans le sol; en outre, il se répand dans la plante car il est systémique, comme dit plus avant.

Résultat : si on pulvérise une culture en croissance avec un produit à base de Sulfoxaflor, on retrouve des résidus dans les récoltes, par exemple dans les gousses de pois mûres, dans les grains de riz traités, dans le raisin, les laitues, les tomates..., ce qui apparaît dans le dossier d’autorisation.

Il est donc impossible d'évaluer actuellement les risques du Sulfoxaflor pour les abeilles car les études de résidus n'ont pas été réalisées dans le pollen et le nectar des cultures traitées : si les fruits et les semences sont contaminés il est plus que probable que les fleurs le sont aussi.

L’EFSA, l’autorité européenne de sécurité alimentaire, a reconnu ce fait dans la conclusion qu’elle a rédigée dans le cadre de l’évaluation européenne*. On peut lire en effet dans celle-ci:  un risque élevé pour les abeilles a été conclu de ces données (celles du dossier, NDLR) (…). Pour gérer ce risque, l’État membre rapporteur a proposé des mesures d’atténuation pour les usages en champ.  Toutefois les experts n’ont pas considéré les données et évaluations disponibles comme suffisants pour démontrer un risque faible pour les abeilles dans les usages en champ même en appliquant ces mesures. Pour cette raison, il a été reconnu que les données étaient manquantes pour définir le risque pour les abeilles lors des usages en champ.

C’est donc en dépit de l’avis de son expert que la Commission européenne a donné le feu vert à la molécule.

* Ce document est accessible sur Internet. Le passage cité se trouve en p. 15.

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