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Une enquête percutante diffusée ce 17 janvier dans l’émission Investigation sur la RTBF révèle l’inquiétante exposition des agriculteurs aux pesticides, mettant en lumière des impacts sur leur santé encore trop peu étudiés chez nous. L’émission nous montre que les agriculteurs n’échappent pas aux risques, alors qu’ils sont conscients des dangers liés à l’utilisation des pesticides et formés pour se protéger de cette toxicité. Mais, à l’inverse, c’est sans le savoir que les riverain·es des zones agricoles sont eux aussi exposés à cette pollution qui déborde largement des parcelles cultivées et contre lesquelles ils n’ont aucun moyen de se protéger. Des études ( propulp et expopesten) ont démontré la présence de pesticides dans les zones d’habitations.

Depuis le début de la législature, Nature & Progrès et les organisations partenaires (Canopea, Natagora, etc…) demandent à la ministre de l’Environnement que des mesures concrètes soient mises en œuvre pour permettre une protection effective et efficace des populations  (lire les antécédents ici).  

En effet, le décret du 11 juillet 2013 du gouvernement wallon relatif à une application des pesticides compatible avec le développement durable en l’espèce n’est ni applicable, ni appliqué.  Ainsi, il est prévu de protéger les populations vulnérables en nommant des lieux (home, crèches, écoles …) aux alentours desquels une zone tampon de 50m sans pulvérisation doit être appliquée mais il n’est précisé nulle part les localisations précises et concrètes de ces lieux. La mesure n’est donc pas appliquée. En ce qui concerne l’interdiction d’utilisation en cas de grand vent, des réponses concrètes aux questions : où se mesure le vent, quel outil ? quel contrôle ? manquent à l’appel. Les obligations concernant les carnets de pulvérisations ne sont pas codifiées, formalisées, et en temps réel pour garantir une traçabilité de l’utilisation des pesticides en Wallonie, etc. et permettre aux riverains d’avoir connaissance de ce qui est pulvérisé dans leur entourage

Fin 2023, peu après le scandale de la contamination des PFAS, la nécessité de protéger les riverains s’est invitée à l’agenda et des discussions sont maintenant en cours pour éviter que les dérives des pesticides n’empoisonnent les populations.  

Dans une course contre la montre, une proposition de loi qui permettrait d’étendre ces bandes de non-pulvérisation à l’ensemble des zones fréquentées par le public, y compris les habitations est maintenant sur la table du gouvernement wallon. Le timing est serré pour que le texte soit entériné avant les prochaines élections. Les discussions vont bon train, au sein du gouvernement wallon, avec les syndicats agricoles, etc.  

Pour Nature & Progrès, le gouvernement doit faire preuve d’ambition et de détermination.  Nous demandons que le texte qui franchira les étapes législatives ne transige pas sur une protection efficace et réelle des riverains wallons, ni ne se transforme en coquille vide ou en un texte inapplicable ou encore dont l’application sera pour les calendes grecques.

 

LIRE notre précédent article à ce sujet (2022)