fbpx

La vraie BIO selon Nature & Progrès, bien plus qu’un label

La vraie BIO selon Nature & Progrès,
bien plus qu’un Label

Photo producteur bio

© Ferme bio des Crutins

Le BIO ? La BIO ? Du producteur local ? Ou du supermarché ? Chacun se fait sa propre définition de l’agriculture biologique. Pourtant, elle répond à un cadre légal bien défini. Pour Nature & Progrès, la BIO est un choix agricole et alimentaire permettant à la société d’évoluer vers plus de respect de l’Environnement et de l’Homme.

Depuis près de 60 ans, Nature & Progrès se fait le garante de l’agriculture biologique. Même après la reconnaissance officielle du BIO en 1991, nous avons décidé de continuer à promouvoir un label qui va plus loin qu’un cahier des charges technique. Chaque jour, nous mettons en avant un label privé, géré tant par les producteurs que les consommateurs. Le Label Nature & Progrès compte près de 70 producteurs et transformateurs. Ils sont heureux de partager leur goût du bon et du sain à travers leur métier. Ils privilégient la rencontre avec le consommateur… de quoi lui permettre de mettre un visage sur son alimentation !

Un Label complet

Bien entendu, nos producteurs travaillent dans le respect de la règlementation bio, mais pas seulement… En choisissant d’appartenir au Label Nature & Progrès contrôlé par la certification participative, ils s’engagent à respecter des normes sociales et environnementales strictes. La réglementation, quant à elle, leur garantit le non-recours aux pesticides et aux engrais chimiques de synthèse ainsi que le bien-être animal. Les animaux sont élevés au plus proche de leurs conditions naturelles.

« Chez Nature & Progrès, l’aliment fait le lien entre le producteur et le consommateur…
Pour notre Santé et celle de Terre.
 »
– Marc Fichers, secrétaire général

La BIO au sens large

Non, le bio ce n’est pas que du « sans pesticide » ! C’est un mouvement social où producteurs et consommateurs font évoluer ensemble notre agriculture et notre alimentation. D’ailleurs, chez Nature & Progrès, vous n’entendrez jamais parler de produits BIO ou de parts de marché. Nous préférons mettre en valeur des fromagers, des agriculteurs, des boulangers, des brasseurs, etc. et des consommateurs qui leur font confiance.

Oui, le BIO est un mode de production qualitatif et positif qu’il faut mettre en avant ! Chacun d’entre nous peut, à son échelle, influencer positivement la société de demain en soutenant le BIO de nos producteurs locaux.

Les producteurs de l’association témoignent

Les producteurs bio de Nature & Progrès appartiennent à une communauté aux valeurs fortes. Des valeurs que nous nous efforçons de défendre au quotidien dans notre travail. Mais qui de mieux placé pour vous en parler que les membres de cette communauté ? En 2020, nous leur avons laissé la parole à travers une série de capsules vidéo. (Re)découvrez-les ici. A partager sans modération !

La Belgique réautorise un dangereux néonicotinoïde malgré l’interdiction européenne

La Belgique réautorise un dangereux néonicotinoïde malgré l’interdiction européenne 

Abeilles mortes

La Belgique vient de réautoriser l’Imidaclopride, un dangereux néonicotinoïde, pour une période d’un an. Le secteur betteravier avait introduit cette demande de dérogation afin de lutter contre les pucerons qui transmettent la maladie de la jaunisse de la betterave, prétextant que cette dernière était responsable de la perte de rendement en sucre de la saison 2020. Une décision honteuse car rien ne prouve que c’est l’unique cause.

La Belgique est un mauvais élève pour l’Europe

Pour la troisième année consécutive, la Belgique accède à la demande du secteur betteravier sans évaluation agronomique de la réelle nécessité de cette dernière. Le pays fait figure de mauvais élève européen en la matière car, depuis l’interdiction d’utilisation des néonicotinoïdes de 2018 pour protéger les abeilles, elle a systématiquement fourni des dérogations pour les betteraves. A cause d’une augmentation de ce type de dérogation, la Commission européenne a décidé dernièrement d’initier une enquête pour usage abusif de ce type de dérogation en Belgique et dans plusieurs autres Etats européens. Cette dernière pourrait mener à une procédure en infraction contre notre pays.

Nature & Progrès Belgique et le Pesticide Action Network (PAN) Europe, pour la troisième fois consécutive, introduiront un recours devant le Conseil d’Etat[1].

La Belgique est historiquement très complaisante à l’égard des demandes de dérogations pour des pesticides interdits. Notre pays est un des plus grands consommateurs de produits phytos en Europe, ce qui représente une des causes majeures de l’appauvrissement de la biodiversité. Cette prise de décision, malgré notre courrier au Ministre fédéral de l’Agriculture indiquant que des alternatives existent, et que 80% des betteraviers belges les utilisent déjà, est inacceptable. Avec cette nouvelle dérogation, les champs de betterave, de même que les champs voisins traités[2], seront pollués pour de nombreuses années.

 

Interdiction par l’Europe

C’est suite à l’impact sur l’environnement que l’Europe a choisi, en 2018, d’interdire trois néonicotinoïdes en culture de plein champ. Malgré cette décision, la Belgique a dérogé à cette interdiction en 2019, 2020 et désormais pour 2021 pour lutter contre les pucerons qui transmettent la jaunisse de la betterave. Les deux premières années, cela a permis au secteur betteravier d’utiliser des néonicotinoïdes assortissant ces dérogations de conditions. Malheureusement, ces dernières n’ont pas été respectées et contrôlées. Les conditions de dérogation précisent que les semences doivent être plantées plus profondément. Quelle autorité est en mesure de vérifier la mise en œuvre de pareilles conditions de dérogation ?

 

« Pour ceux qui ne mangent pas encore de sucre BIO, je leur conseille de le manger lentement car le sucre coûtera bientôt très cher… Non pas à cause du prix payé aux agriculteurs – qui est d’ailleurs trop faible – mais à cause du prix à payer pour l’environnement. » ajoute Marc Fichers.

 

Les causes de la perte de rendement sont multifactorielles

Le secteur betteravier pointe la jaunisse de la betterave comme responsable d’une possible faiblesse de rendement. Or, aucune évaluation n’a été faite. Les causes sont multifactorielles, à savoir :

  • Un printemps sec : levée imparfaite des semis et affaiblissement des plantules ;
  • La sécheresse de l’été ;
  • De fortes attaques de maladies foliaires (notamment d’oïdium et de cercosporiose) ;
  • Un hiver doux : pas de destruction de pucerons, peu de prédateurs comme les coccinelles ;
  • La technique de désherbage chimique n’a pas fonctionné correctement[3]

L‘utilisation des néonicotinoïdes ne garantira en rien le rendement du sucre à l’hectare des cultures de betterave sucrière. Un récent article[4] indique d’ailleurs les conclusions d’un essai : il n’y a eu que 7 % de perte de rendement suite à la jaunisse de la betterave.

 

Les études prouvant la toxicité des néonicotinoïdes sont nombreuses

Des centaines d’études prouvent depuis plus de 20 ans la toxicité de ce produit. Les dernières parutions sont particulièrement inquiétantes : l’une d’elle[5] met en avant l’effet potentiel de l’imidaclopride comme promoteur dans le développement du cancer du sein. Une seconde indique que le produit à faible dose peut provoquer un stress oxydatif et des dommages sur l’ADN.

 

Les alternatives existent

Les centres de recherche et d’encadrement en Belgique n’ont rien fait au niveau du développement et de la dissémination des alternatives. Au contraire, ils font croire à nos agriculteurs qu’il y a encore un avenir dans la chimie de synthèse, ce qui est faux. C’est l’agriculture sans pesticides, et au mieux biologique, qui représente le futur. Des champs de betteraves bio existent notamment dans le Nord de la France et en Autriche. Nos voisins français, anglais, néerlandais et allemands cultivent leurs betteraves et carottes sans néonicotinoïdes depuis 2018. Pourquoi seule la Belgique ne respecterait-elle pas l’interdiction européenne ? Bien entendu, les alternatives demandent un suivi plus précis des cultures. D’ailleurs, de nombreux agriculteurs ont déjà conduit leur culture de betterave dans ce sens.

Nature & Progrès Belgique mène depuis 2 ans une campagne pour une Wallonie sans pesticides. Et depuis 2019, plus de 100 ONGs européennes ont lancé l’initiative citoyenne européenne « Sauvons les abeilles et les agriculteurs » pour une interdiction progressive des pesticides de synthèse en 2035 et un soutien des agriculteurs dans la transition écologique.

Nous demandons à l’ensemble des Ministres de l’Agriculture, de l’Environnement et de la Santé de se ressaisir et d’annuler cette dérogation qui, si elle est maintenue, provoquera encore la pollution de notre environnement et la destruction des insectes, dont les abeilles.

 

Soutenez nos actions en réalisant un don

Nos actions contre les néonicotinoïdes ont un coût. Votre soutien nous est précieux. Un grand merci d’avance !

[1] Les deux premiers recours n’ayant pas encore fait l’objet d’un arrêt du Conseil d’Etat.
[2] https://www.sillonbelge.be/art/d-20200929-GJ4WGG?referer=%2Farchives%2Frecherche%3Fdatefilter%3Dlastyear%26sort%3Ddate%2520desc%26word%3DUCLouvain
[3] De nombreuses adventices ont poussé dans les cultures de betteraves fleurissant et diffusant les néonicotinoïdes qu’elles prélevaient dans le sol.
[4] L’Avenir, par Alain Wolwertz
[5] https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC6071809

Néonicotinoïdes : lettre ouverte au Ministre fédéral de l’Agriculture

Néonicotinoïdes : lettre ouverte au Ministre fédéral de l’Agriculture

Abeilles

© Adobe Stock, tous droits réservés

Les néonicotinoïdes sont de puissants insecticides utilisés de façon préventive par enrobage de semence. Quelques dizaines de grammes à l’hectare suffisent à empoisonner toutes les plantes, provoquant la destruction des insectes qui consomment ces dernières. Leur effet sur les abeilles est également catastrophique. C’est suite à l’impact sur l’environnement que l’Europe a choisi, en 2018, d’interdire trois néonicotinoïdes en culture de plein champ. Malgré cette décision, la Belgique a dérogé à cette interdiction en 2019 et 2020 pour lutter contre les pucerons qui transmettent la jaunisse de la betterave. Et le secteur betteravier réclame à nouveau une dérogation pour les néonicotinoïdes.

Ce jeudi 29 octobre 2020, nous avons donc envoyé, en collaboration avec PAN Europe, une lettre ouverte au Ministre fédéral de l’Agriculture. Nous lui demandons de ne fournir une dérogation à aucun des trois néonicotinoïdes suivants : l’imidaclopride, la clothianidine et le thiamethoxam en betteraves.

Pour en savoir plus : Lettre ouverte au Ministre fédéral de l’Agriculture

Hôtels à insectes : accueillir les insectes dans son jardin

Hôtels à insectes : accueillir les insectes dans son jardin

Image hôtel à insectes Plan Bee de Ciney

© Plan Bee, Ciney

Nous connaissons tous les abeilles mellifères qui vivent dans des ruches. Mais il existe également les abeilles solitaires, ces pollinisateurs indispensables. En Belgique, elles sont au nombre de 400 espèces mais leur habitat se raréfie. Il est donc essentiel de multiplier les zones d’accueil dans nos jardins, où elles pourront se reproduire et passer l’hiver. Comment ? Par la création d’hôtels à insectes.

Le choix de matériaux naturels

Beaucoup de matériaux déjà présents au jardin peuvent convenir à la création d’un hôtel à insectes. La seule condition est qu’il doit s’agir de matériaux 100% naturels. Il est, par exemple, important de sélectionner un bois non traité.

La botte de bambou, simple et efficace

Une technique facile consiste à réaliser une botte de bambou. Veillez à prendre des bambous de différents diamètres et avec un nœud. Chaque insecte va choisir la largeur qui lui convient, y pondre un œuf et y amener du pollen et du nectar. Et ainsi de suite … Cette technique convient déjà à de nombreuses abeilles butineuses.

Il vous suffit de le suspendre dans un endroit calme de votre jardin, à l’abris du vent et de la pluie. Deux petits fils de fer suffisent pour le fixer.

La construction d’un hôtel à insectes

Pour les plus motivé(e)s, il est également facile de réaliser un hôtel à insectes avec différents compartiments. Récupérez un vieux cageot ou construisez-le vous-même avec de vieilles planches non traitées.

Placez-y différents matériaux pour attirer de nombreux insectes :

  • Rondins de buches : forez des trous de diamètres différents de 3 à 10 mm (sans jamais les transpercer entièrement) et empilez-les
  • Brique creuse avec mélange d’argile et de sable : certaines abeilles préfèrent creuser des terriers et y déposer un œuf, du pollen et du nectar
  • Caisson avec une cavité : pour attirer les bourdons, il est important de placer un caisson dans lequel ils vont construire un nid
  • Branches broyées : ce sont des éléments nécessaires aux coccinelles qui vont hiverner. Veillez à mettre un grillage pour empêcher les oiseaux de passer
  • Paille : nécessaire pour les chrysopes, ces petits papillons aux ailes transparentes

L’apport de nourriture

Si on désire attirer les insectes dans son jardin, il est essentiel de leur fournir de quoi se nourrir. N’hésitez donc pas à semer des fleurs mellifères.

Le projet Plan Bee de Nature & Progrès a pour but d’étudier la faisabilité apicole, agricole et économique de semer des fleurs pour produire du sucre d’abeille. Sur le site, vous découvrirez une série d’astuces sur les semis.

Découvrez le livre « Des auxiliaires dans mon jardin »

Pour en savoir plus, commandez le livre « Des auxiliaires dans mon jardin ! » aux Editions Terre Vivante. Il aborde la thématique des abris à insectes mais aussi la manière d’accueillir tous types d’animaux dans son jardin.

L’ouvrage est en vente au prix de 14€00 à la librairie de Nature & Progrès (Rue de Dave, 520 – Jambes) ou sur la boutique en ligne.

 

Pour en savoir plus : tutoriel

Nouveaux OGM : demande à la Commission du respect intégral de la législation sur les OGM

Nouveaux OGM : demande des ONG à la Commission du respect intégral de la législation des OGM

Le 17 septembre 2020, une lettre commune co-signée par Greenpeace EU, les Amis de la Terre Europe (FoEE), la fédération internationale des mouvements d’agriculture biologique (IFOAM), la Coordination Européenne Via Campesina (ECVC), Slowfood et de nombreuses associations nationales dont en Belgique Nature & Progrès, VELT, CNCD-11.11.11, MAP, IEW, UNAB, Bioforum Vlaanderen, FIAN Belgique, Rencontre des Continents, Terre en Vue, FUGEA, Quinoa, Libère Terre, Boerenforum, Vitale Rassen, Collective Garden, Wervel et Natagora a été envoyée à la Commissaire à la Santé Stella Kyriakides. Il lui est demandé de ne pas affaiblir la législation européenne relative aux OGM pour les nouveaux OGM produits par les nouvelles techniques de génie génétique.

Lors d’une conférence de presse de présentation de la Stratégie de la Commission « De la ferme à la Table » en mai dernier, la Commissaire à la Santé Stella Kyriakides a déclaré que la Commission réalisait une étude à la demande du Conseil qui examine « le potentiel des nouvelles techniques génomiques afin d’améliorer la durabilité tout au long de la chaîne d’approvisionnement alimentaire ». Elle a ajouté qu’il « pourrait y avoir une modification de la législation existante relative aux OGM à l’issue de cette étude ». Toutefois le Conseil n’a pas mandaté la Commission sur ce point. Il a plutôt soulevé les questions pratiques liées à l’application des règles communautaires sur les OGM telles qu’interprétées par l’Arrêt de la Cour de Justice Européenne de juillet 2018 qui dit que les nouveaux OGM sont des OGM à part entière et doivent dès lors relever de la réglementation OGM existante. Cet arrêt va à l’encontre de la volonté du lobby des biotechnologies pour qui les nouveaux OGM ne seraient pas des OGM.

Dans notre lettre, nous exprimons à la Commissaire notre inquiétude qu’elle puisse envisager un régime de réglementation distinct et léger pour ces nouvelles techniques de production d’organismes génétiquement modifiés. A l’inverse, nous lui demandons de favoriser le respect intégral de l’Arrêt de la Cour de Justice Européenne mais aussi  de renforcer la législation relative aux OGM notamment  en matière de traçabilité et d’étiquetage. Ceci  pour assurer le droit des  consommateurs de choisir des denrées alimentaires végétales « sans OGM » ou  « issues d’animaux nourris sans OGM ». La demande des co-signataires porte également sur le respect des règles démocratiques lors de décisions relatives aux autorisations communautaires des OGM.

Voici les éléments-clés repris dans la lettre :

Risques environnementaux et sanitaires des nouveaux OGM

Il est fort peu probable que les nouvelles techniques de génie génétique contribuent à réduire les impacts négatifs de l’agriculture sur l’environnement et les effets délétères des changements climatiques sur l’agriculture. Les promesses de réduction de  l’utilisation des pesticides et de production de cultures résistantes à la sécheresse sont faites par l’industrie depuis l’avènement des premiers OGM. Elles n’ont pu être tenues en grande partie parce que des rendements stables dans un climat instable dépendent de pratiques culturales saines avec des semences localement adaptées. Ces pratiques peuvent difficilement être réalisées par des multinationales dans un modèle d’agriculture industrialisé et très exigeant en intrants. De plus, il existe de nombreuses preuves scientifiques d’erreurs génétiques liées à l’application de ces nouvelles technologies en agriculture. Les erreurs génétiques peuvent se retrouver à l’endroit choisi du chromosome pour y introduire la modification voulue mais également en divers autres endroits des chromosomes. Ces erreurs peuvent notamment occasionner la production de nouvelles toxines et de substances allergisantes, des altérations de la valeur nutritionnelle, la perturbation du fonctionnement des écosystèmes, … La Commission devrait être plus attentive aux impacts sur la santé et l’environnement de ces nouveaux OGM.

Pour une limitation du monopole des multinationales productrices de pesticides, d’OGM et de semences.

A l’instar des anciens OGM, les droits de propriété intellectuelle sur les nouvelles technologies OGM sont aux mains d’un nombre très limité de compagnies multinationales. Ceci augmente les coûts de production des cultures, les concentrations des semenciers et bloque le développement souhaité des variétés adaptées localement par les agriculteurs et petits semenciers. La Commission devrait être attentive aux conséquences de la concentration des semenciers, aux droits des agriculteurs et évaluer de façon critique les bénéfices sociétaux de ces nouveaux OGM.

Pour un renforcement du droit de savoir et de choisir  des consommateurs

Dans la Stratégie « De la ferme à la table », la Commission promet aux consommateurs de pouvoir « faire des choix informés quant à la qualité et à la durabilité de son alimentation ». Un nouveau cadre d’étiquetage couvrira « les aspects nutritionnels, climatiques, environnementaux et sociaux des produits alimentaires ». Nous nous réjouissons de ces intentions. Toutefois, nous suggérons à la Commission de combler une lacune relative aux règles d’étiquetage pour les OGM en vertu de laquelle le lait, les œufs, le beurre, le fromage et la viande des animaux nourris aux OGM ne sont pas étiquetés. La plupart des consommateurs ignore cette importante contribution des OGM dans le cadre de l’alimentation des animaux en Europe. Ils choisiraient certainement d’éviter ce genre de nourriture s’ils étaient tenus informés. La Commission devrait donc renforcer la règlementation européenne d’étiquetage pour les produits alimentaires issus d’animaux nourris sans OGM.

Pour une application intégrale aux nouveaux OGM de la législation européenne relative aux OGM

La Cour de Justice Européenne a déclaré qu’une exclusion de l’actuelle législation sur les OGM de ces nouvelles techniques OGM « compromettrait l’objectif de protection voulu par la Directive et irait à l’encontre du Principe de Précaution qu’elle a pour objet d’appliquer ». A la lumière de cet arrêt, toute proposition que la Commission ferait pour alléger la réglementation pour les nouveaux OGM remettrait en question le principe selon lequel l’Union Européenne possède des normes de sécurité alimentaire de haut niveau. Nous demandons donc  à la Commission de mettre entièrement en application l’arrêt de la Cour de Justice Européenne, plutôt que de proposer d’amender la Directive européenne sur les OGM.

Néonicotinoïdes : non à une nouvelle dérogation pour le secteur betteravier

Néonicotinoïdes : non à une nouvelle dérogation pour le secteur betteravier

Champ betterave adventicesces1

© Nature & Progrès, champ de betteraves avec adventices

En Belgique, les zones agricoles sont les milieux qui génèrent le plus gros déclin de la biodiversité. Les populations d’oiseaux ont baissé en moyenne de 60,9 % entre 1990 et 2018. En Wallonie, en 28 ans, les populations d’oiseaux ont baissé de 57,4 %, selon le Rapport Planète Vivante[1]. En Allemagne, au cours de ces 27 dernières années, la biomasse d’insectes volants a chuté de 76%[2]. Une récente étude vient également de mettre en avant que plus de la moitié des espèces d’abeilles de notre territoire est menacée d’extinction (33%), a disparu de notre pays (12%) ou est en passe d’être menacée (7%)[3].

Devant les risques et la gravité de l’utilisation des néonicotinoïdes, Natagora, Nature & Progrès Belgique, PAN Europe, WWF, IEW et Greenpeace ont interpellé les Ministres compétents. Il est important que ces derniers mettent tout en œuvre pour empêcher toute nouvelle dérogation à l‘interdiction européenne des néonicotinoïdes.

Face aux risques pour l’environnement, l’impossibilité de respecter les conditions de dérogation et le caractère ultra préventif des néonicotinoïdes, nous devons agir ! Le 22 septembre 2020 (voir ci-joint),  nous demandons au Ministre fédéral de l’Agriculture de ne pas répondre favorablement à la demande de dérogation. En ce sens, il avait d’ailleurs déjà prévenu le secteur betteravier l’an passé qu’il n’y aurait pas de troisième dérogation. Nous demandons au Ministre wallon de l’Agriculture de miser sur une agriculture respectueuse de l’environnement afin de garantir une production de betteraves locales et pérennes. Nous demandons, enfin, à la Ministre de l’Environnement d’empêcher toute dérogation et de nous informer si des mesures ont été prises pour le non-respect des conditions de dérogation des néonicotinoïdes.

Découvrez le contenu de ces courriers :

Courrier au Ministre fédéral de l’Agriculture
Courrier au Ministre wallon de l’Agriculture
Courrier à la Ministre wallonne de l’Environnement

Pour en savoir plus, découvrez notre dossier

[1] Rapport Planète Vivante de WWF, Natagora, Natuurpunt, la Plateforme belge pour la biodiversité et l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique
[2] Hallmann et al. (2017), doi
[3] Interreg

Statégie Farm to Fork et biodiversité : courrier adressé aux Ministres wallons

Stratégie Farm to Fork et biodiversité :

Courrier adressé aux Ministres wallons

 

Ce lundi 08 juin 2020 a lieu le Conseil européen ‘Agripeche’ des ministres de l’agriculture. Cinq associations environnementales (WWF, Natagora, Greenpeace, Inter Environnement Wallonie et Nature & Progrès) appellent le gouvernement wallon à soutenir la transition prévue dans les deux stratégies européennes pour la biodiversité et en matière d’alimentation et d’agriculture (Stratégie “De la ferme à la table”).

 

Ces dernières sont plus que jamais nécessaires à l’heure où nous sortons de la crise sanitaire et où la demande citoyenne d’une transition est grandissante. Découvrez ci-dessous le courrier que nous avons adressé au Ministre Président de la Wallonie Elio di Rupo ainsi qu’aux Ministres wallons Willy Borsus, Céline Tellier, Christie Morreale, Philippe Henry, Marie-Christine Marghem et Denis Ducarme. 

Les ONGs environnementales appellent la Belgique à adopter les stratégies de l’Europe sur la biodiversité, l’alimentation et l’agriculture

Les ONGs environnementales appellent la Belgique à adopter les stratégies de l’Europe sur la biodiversité, l’alimentation et l’agriculture

© Unsplash

 

Aujourd’hui, la Commission européenne a présenté sa feuille de route en matière de biodiversité et d’alimentation et d’agriculture (“de la Ferme à la Fourchette”) d’ici à 2030. Ces deux stratégies sont des éléments clés du “Green Deal” européen. Une coalition d’associations environnementales (Greenpeace, IEW, Natagora, Nature & Progrès, WWF) salue les mesures prises en faveur de politiques durables, alors que la pandémie de COVID-19 a mis en évidence les liens étroits entre les écosystèmes sains et la préservation de la santé humaine.

Ramener la nature dans nos vies

La Commission européenne montre qu’elle tire des enseignements de la crise sanitaire, en proposant des mesures qui peuvent transformer notre relation déséquilibrée avec la nature en une relation saine. Selon la coalition des organisations environnementales belges, les deux stratégies sont susceptibles de transformer profondément les politiques communautaires en matière de nature, d’alimentation et d’agriculture, et d’inverser la tendance sur la crise de la biodiversité en cours. La coalition déplore néanmoins le manque d’ambition de la Commission européenne sur certains points, comme la nécessaire limitation du soutien à l’élevage industriel, les faibles mesures sur la pollution de l’air et de l’eau par les nutriments ou la limitation insuffisante de l’usage des antibiotiques.

Dans le même temps, la coalition se félicite de la nouvelle vague d’objectifs nécessaires sur une multitude de sujets qui vont impacter positivement les politiques fédérales et régionales, tels que les zones protégées (au moins 30% de la terre et 30% de la mer de l’UE), l’agriculture biologique (au moins 25% des terres agricoles de l’UE), la réduction des pesticides chimiques (moins 50% en volume et en toxicité), la part de surface agricole dédiée à la diversité de la nature (minimum 10%), etc. La stratégie biodiversité prévoit aussi de présenter des objectifs contraignants de restauration de la nature en 2021. La restauration des écosystèmes naturels contribuera non seulement à résoudre la crise de la biodiversité – un million d’espèces sont menacées de disparition, mais aussi à atténuer le changement climatique et à s’y adapter.

Selon la coalition, les deux stratégies sont une base solide et ambitieuse pour migrer vers une société saine pour les humains et la nature. Elles pourraient accélérer la transition vers des systèmes alimentaires et agricoles durables et équitables au sein de l’Union Européenne. Et permettraient de restaurer l’équilibre entre la production alimentaire, les ressources naturelles disponibles tout en redonnant son rôle à la nature dans notre société. De cette façon, l’Europe espère répondre à la demande d’aliments sains, durables et abordables en tenant compte des intérêts des agriculteurs. Enfin, les deux stratégies devraient jouer un rôle important dans l’amélioration de la résilience économique et environnementale de l’Europe.

La coalition appelle la Belgique à soutenir les stratégies de l’Europe

Ces deux stratégies guideront les politiques nationales et régionales des Etats Membres de l’Union Européenne, dont la Belgique. La coalition appelle les parlementaires et les ministres belges à soutenir activement ces stratégies, aux niveaux fédéral et régional. Nous appelons nos gouvernements à adopter ces nouveaux objectifs européens de façon transversale, dans le cadre des politiques agricoles, commerciales, économiques et environnementales. Et nous demandons d’adapter les politiques au regard des ambitions de transition écologique, de protection de la biodiversité et de résilience de nos systèmes alimentaires qui ressortent clairement des deux stratégies européennes. Concrètement, au niveau des régions de la Belgique, la réforme de la Politique Agricole Commune (PAC) est et restera le jalon principal en 2020-2021 pour le secteur agricole. Sa réforme devra conduire à l’utilisation de pratiques durables afin de contribuer à la mise en œuvre des objectifs de deux stratégies européennes.

Citations des membres de la coalition

Alors que l’UE se tourne vers la relance post-crise Covid19, la stratégie européenne ‘De la ferme à la Fourchette’ est un outil essentiel pour construire un système alimentaire et agricole plus résilient, sain et durable pour l’homme et la nature». Monica Schuster, Chargée des politiques alimentation et agriculture, WWF-Belgique

Ces stratégies pourraient faire une réelle différence et changer la trajectoire actuelle des crises de la biodiversité et du climat. La commission européenne a présenté aujourd’hui ce qui devrait être la nouvelle norme pour la planète”. Emmanuelle Beguin, Responsable Politique Agricole, Natagora

Les crises actuelles doivent être une opportunité pour diminuer l’impact de notre alimentation sur le réchauffement global, tout en faisant face à ses conséquences, dont les agriculteurs sont les premières victimes. La Commission nous invite à considérer globalement le réchauffement global et la perte de biodiversité, l’alimentation et l’agriculture. Ensemble nous trouverons des solutions”. Sébastien Snoeck, Expert agriculture durable, Greenpeace Belgique

Pour que les discours ambitieux puissent se transformer dès maintenant en actes pour ceux qui nous nourrissent et celle qui nous abrite, notre planète”. Julie Van Damme, Chargée de mission Ruralité, Inter-Environnement Wallonie

La stratégie “De la ferme à la Fourchette “ une chance à saisir pour un renouveau de notre agriculture, de notre alimentation. La fonction première de l’agriculture est de nourrir tout en respectant l’environnement c’est possible les agriculteurs bios le montrent chaque jour”. Marc Fichers, Secrétaire général, Nature & Progrès

La société civile européenne veut protéger la santé et l’environnement contre les pesticides

La société civile européenne veut protéger la santé publique et l’environnement contre les pesticides

Au milieu de la crise du Covid-19, la société civile européenne se lève pour protéger la santé publique et l’environnement contre les pesticides tout en rétablissant la biodiversité et en soutenant les petits agriculteurs.

Alors que les États membres de l’Union européenne sont aux prises avec la crise du Covid-19, l’agro-industrie tire profit de la situation en agissant pour adoucir considérablement le pacte vert pour l’Europe de la Présidente von der Leyen. La société civile européenne, réunie dans le cadre de l’Initiative citoyenne européenne « Sauvons les abeilles et les agriculteurs », demande à la Commission européenne de maintenir des objectifs ambitieux pour protéger la santé de la population, l’environnement et soutenir la transition de l’agriculture européenne vers l’agroécologie.

Le 29 avril 2020, la Commission européenne devait publier sa politique alimentaire de l’UE (De la ferme à la table) et sa politique environnementale (Biodiversité). Ces documents politiques devaient fixer, pour la première fois, des objectifs ambitieux et obligatoires dans l’UE dans les deux domaines politiques précités. Toutefois, ceux-ci ont été reportés pour la seconde fois avec la nouvelle date limite potentielle du 20 mai. Entre-temps, des documents divulgués ont montré que l’objectif ambitieux initial de rendre les réductions de l’utilisation des pesticides obligatoires dans les États membres s’est érodé au fil du temps. Aussi, le risque de se retrouver avec des documents politiques faibles est très important à tel point que cela pourrait sérieusement ternir les ambitions de rendre l’alimentation et l’agriculture de l’UE plus durables, ainsi que sur le point de « reprise verte » après le Covid-19.

L’élaboration des deux documents a été présentée dans le cadre de la publication du pacte vert pour l’Europe en décembre 2019 par la présidente nouvellement élue Ursula von der Leyen. Un plan aussi ambitieux pour protéger le climat, l’environnement et les générations futures est une initiative sans précédent de la part de la Commission européenne et cette dernière a largement été soutenue par les organisations de la société civile.

L’initiative a déclenché une importante réaction dans les coulisses de l’industrie agroalimentaire pour ternir les ambitions de l’exécutif européen. Le secteur agricole conventionnel et les entreprises agrochimiques ont été aidés à la fois par les partis conservateurs au Parlement européen et par les principaux fonctionnaires de la Commission européenne.

Aujourd’hui, les membres de l’Initiative citoyenne européenne « Sauvons les abeilles et les agriculteurs », dont Nature & Progrès Belgique fait partie, exigent que la Commission européenne s’en tienne à la publication de politiques fortes de « De la ferme à l’assiette » et « Biodiversité ». Nous avons recueilli plus de 300 000 signatures dans toute l’Union européenne et nous continuerons à recueillir le soutien des citoyens pour éliminer progressivement l’utilisation de pesticides synthétiques dans l’UE, restaurer la biodiversité dans les zones agricoles et utiliser les subventions de la politique agricole commune pour mettre l’agriculture de l’UE sur la voie de l’agroécologie. La crise du Covid-19 a montré, une fois de plus, la vulnérabilité de l’agriculture et des systèmes alimentaires mondialisés et l’agroécologie est le seul moyen de relocaliser nos productions tout en respectant la santé de la population et l’environnement.

Signez l’Initiative citoyenne européenne Sauvons les abeilles et les agriculteurs
Signez notre appel pour une Wallonie sans pesticides

Marc Fichers, Secrétaire général de Nature & Progrès
marc.fichers@natpro.be

Crise du COVID : Vers des systèmes alimentaires sains, durables et résilients

Crise du Covid : vers des systèmes alimentaires sains, durables et résiliants

Une coalition de cinq associations, Nature & Progrès, Natagora, Inter-environnement Wallonie, WWF et Greenpeace se réunissent pour demander un nouveau contrat social entre citoyens et agriculteurs afin de rendre notre alimentation plus autonome, durable pour l’homme et la nature et résiliente face aux crises.

La pandémie liée au COVID-19 a ébranlé nos sociétés et notre quotidien à toutes et tous. Notre système alimentaire n’y a pas échappé. Les appels aux États à maintenir leurs marchés ouverts pour ne pas perturber les chaînes d’approvisionnement se multiplient ces derniers jours, mais les conséquences du confinement sont déjà là : pénurie de main d’œuvre saisonnière, angoisse des consommateurs qui vident les supermarchés, augmentation du prix de certaines denrées, ruée vers les filières locales, secteur agroalimentaire et export en berne. Le système va-t-il tenir le coup ?

Toute crise naît de la rencontre de deux facteurs: d’une part, un terrain vulnérable, et d’autre part un élément déclencheur qui met le feu aux poudres. L’épidémie de COVID-19 ne fait que mettre en lumière la vulnérabilité de notre système alimentaire. En effet, alors que l’agriculture wallonne a le potentiel de nourrir la Wallonie, la région de Bruxelles et bien au-delà, elle ne répond qu’à 17% de ses besoins en fruits et légumes et seuls 9% des céréales produites en Wallonie sont destinées à l’alimentation humaine. Elle dépend encore des importations de matières premières (intrants chimiques, pétrole, soja pour l’élevage industriel) et de la demande des marchés étrangers pour écouler une grande partie de productions excédentaires (viande bovine, lait et pommes de terres par exemple). Dans le même temps, la concentration du commerce de détail limite les débouchés et uniformise les conditions de production (90% de la distribution belge est aux mains de huit groupes internationaux). Cette crise nous met face aux limites de nos marchés agricoles mondialisés, régis par des économies d’échelles et des prix aux consommateurs toujours plus bas. Ces mêmes prix n’intègrent pas les externalités négatives de ces modes de production, c’est-à-dire les coûts cachés liés aux impacts sur l’homme et la planète (biodiversité, émissions de gaz-à-effet de serre, pesticides chimiques, bien-être des producteurs, travailleurs, santé des consommateurs etc.).

Alors oui, célébrons aujourd’hui nos agriculteurs wallons pour leur travail et leur persévérance en ces temps difficiles. Et si la crise se transformait en crise alimentaire, pourront-ils réorienter leurs productions et nous nourrir? Nous avons plus que jamais besoin d’eux. Soyons créatifs: préparons la transition à venir de notre agriculture vers des systèmes alimentaires durables, sains et plus résilients face aux crises.

Une transition urgente vers un système alimentaire durable et résilient

On doit relocaliser un certain nombre d’activités chez nous. Je salue le retour des consommateurs vers une agriculture de proximité. Nous avons des produits de très grande qualité près de chez nous“, tweetait Willy Borsus le 24 mars. La question d’une plus grande autonomie pour nos agriculteurs et notre alimentation est dans toutes les têtes. Les solutions sont déjà en marche. Depuis le début de la crise, la demande en aliments issus des circuits courts a doublé voire triplé. Des producteurs bio et agroécologiques s’organisent en coopératives pour mettre sur pied des nouvelles filières d’approvisionnement. La question est là: comment permettre à la majorité des agriculteurs de répondre en priorité à la demande alimentaire locale en produits sains et de qualité, et d’être moins dépendants des marchés mondiaux ?

Ne sous-estimons pas les enjeux environnementaux dans cette réflexion. Dans son approche «Une seule santé» (One Health), la communauté internationale souligne que la santé humaine, la santé animale et la santé de la Nature ne font qu’une. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, l’évolution des maladies infectieuses est sensible aux perturbations des écosystèmes et de la biodiversité. Il s’agit de retrouver un équilibre entre la production et les ressources disponibles. Enfin, la nature et la biodiversité, en dehors du bien-être qu’elles nous apportent à tous, peuvent remplacer les services rendus par les engrais et pesticides, et permettre ainsi aux agriculteurs de réduire leur dépendance aux marchés. Elles méritent de retrouver leur place dans toutes les fermes wallonnes.

Quels sont les points d’attention pour les prochains mois ?

Nous devons tirer les leçons de la crise actuelle, et saisir l’opportunité d’établir un nouveau contrat social entre citoyens et agriculteurs afin de rendre notre alimentation plus autonome, durable pour l’homme et la nature et résiliente face aux crises.

Voici les points que la coalition souhaite porter à l’attention du gouvernement :

  • Le gouvernement wallon vient d’annoncer la création d’une task force agriculture et alimentation. Passée la gestion des problèmes d’approvisionnement à court-terme, l’essentiel sera de tirer les enseignements de la crise. C’est pour cela que nous appelons à un débat public avec toutes parties prenantes sur l’avenir de notre système alimentaire en Wallonie
  • La politique de relance devra, comme annoncé au niveau européen, être un plan de sortie de crise aligné sur le Green Deal. En particulier pour le secteur agricole et alimentaire, l’alignement sur la stratégie Farm to Fork, dont la pertinence ne vient que d’être exacerbée par la crise en cours, sera un enjeu majeur.
  • L’élaboration du plan stratégique de la Politique Agricole Commune (ci-après PAC) pour la Wallonie est et restera le jalon principal en 2020-2021 pour le secteur agricole. La PAC, en orientant nos systèmes de production agricole, a une influence déterminante sur notre alimentation, notre santé, nos paysages et les biens publics que sont le climat et la biodiversité. Le plan stratégique proposé devra être lu au regard de cet enjeu central de transition écologique, de protection de la biodiversité et de résilience de nos systèmes alimentaires de la fourche à la fourchette.
  • Au-delà de la PAC, une approche de politique économique devrait être mise en œuvre pour accélérer la transition vers des systèmes alimentaires durables et résilients, que ce soit en stimulant l’investissement dans les filières stratégiques, en appliquant le principe de pollueur-payeur et en créant des incitants pour les modèles vertueux (ex. bonus à l’agroécologie, au bio, aux coopératives de producteurs etc.). Notamment, la Déclaration de Politique Régionale wallonne prévoit 30% de bio en 2030, ce qui devra amener à une augmentation de la capacité de transformation et de commercialisation des productions agricoles au niveau régional.

La Wallonie a d’immenses atouts à valoriser dans cette nouvelle donne, que ce soit son patrimoine naturel remarquable, la diversité ou l’expérience de ses agriculteurs. Elle peut devenir un modèle en Europe. Nous serons là pour contribuer à ce changement. Prenons soin de nous.

Signataires:
Emmanuelle Beguin, Responsable Politique Agricole, Natagora
Marc Fichers , Secrétaire général, Nature & Progrès
Sylvie Meekers,  Directrice générale, Inter-Environnement Wallonie
Monica Schuster , Chargée des politiques alimentation et agriculture , WWF Belgique
Sébastien Snoeck, Expert agriculture durable,  – Greenpeace Belgique

Pour une autonomie alimentaire, pensons aux producteurs BIO Nature & Progrès

Pour une autonomie alimentaire, pensons aux producteurs Nature & Progrès

© Unsplash

Pour une autonomie alimentaire, pensons aux producteurs Nature & Progrès


Avec la fermeture des jardineries et pépinières, il est, à l’heure actuelle, difficile de se lancer dans la mise en place d’un jardin potager. Pourtant, il est plus que jamais temps de développer notre autonomie alimentaire. Heureusement, les producteurs et maraichers BIO de Nature & Progrès ayant un magasin à la ferme proposent des semences et plants.

Où vous les procurer ?

Parmi les producteurs de Nature & Progrès, vous pouvez notamment acheter des plants de légumes à repiquer en province de Liège à la Ferme de Targnon à Esneux et chez Les pieds verts à Lierneux. En province de Namur, vous en retrouverez entre autres chez Les Compagnons du Samson à Gesves, à la Ferme Champignol à Philippeville et chez A veyou l’porê à Ohey. Cette liste est non exhaustive. N’hésitez pas à contacter les producteurs Nature & Progrès proches de chez vous pour en savoir plus.

Quant aux semences biologiques, la marque Les Semailles est vendue dans la plupart des magasins bio et magasins à la ferme.

Revenons à l’essentiel : l’autonomie alimentaire !

Notre société a longtemps cru que l’alimentation devait passer par les grandes surfaces, ce qui est faux. En Wallonie, l’approvisionnement des supermarchés est une réelle problématique au vu de la distance que parcourent de nombreux aliments. La crise sanitaire actuelle est une nouvelle preuve de la complexité des modes de distribution alimentaire. Peut-être aura-t-elle pour conséquence positive une ouverture vers une autonomie alimentaire plus ancrée dans notre mode de vie ?

« Depuis 40 ans, l’association Nature & Progrès Belgique plaide pour plus d’autonomie alimentaire. Et cela ne passe pas par la capacité de se rendre dans une grande surface pour acheter un produit importé, mais bien par celle de produire des fruits et légumes de base chez soi. Il en va ensuite de savoir les cuisiner et les échanger » indique Marc Fichers, Secrétaire général de Nature & Progrès.

L’association de producteurs et de consommateurs espère que les citoyens redécouvriront l’importance d’acheter chez le producteur. En cette période troublée, nous prenons conscience que l’aliment n’est pas un bien de consommation comme un autre. Il y a 20 ans, après la crise de la dioxine, Nature & Progrès avait mis en avant le refus du bio anonyme avec la campagne « Mes aliments ont un visage ». Nous devrions toujours être au courant de qui cultive et élève les produits biologiques que nous consommons. En effet, l’objectif n’est pas uniquement commercial. L’aliment est le lien entre le producteur et le consommateur.

Retrouvez la liste des producteurs et maraichers BIO de Nature & Progrès sur le site dédié au Label.

La menace des nouveaux OGM, la résistance s’organise

La menace des nouveaux OGM

La résistance s’organise !

Le lobby des biotechnologies ne désarme pas !

Il est déjà à l’œuvre pour déréglementer les “nouveaux OGM”. Mais de quoi s’agit-il concrètement ? Les réglementations européennes relatives aux OGM sont, depuis longtemps, une grosse épine dans le pied des industries des biotechnologies.

Etant donné le rejet des OGM par les consommateurs – il existe de facto un moratoire en Europe -, l’invisibilité et la déréglementation semblent devenues vitales pour garantir le succès commercial de produits issus des nouvelles technologies de modifications du génome.

Elles sont déjà et resteraient alors des “OGM cachés” !

Un dossier réalisé par Catherine Wattiez, Dr.Sc.

L’apiculteur et les abeilles, une histoire de passion !

L’apiculteur et les abeilles, une histoire de passion !

Dominique Hereng est apiculteur et professeur. Passionné par les abeilles, il n’a pas hésité lorsque l’association Nature & Progrès lui a proposé de placer cinq de ses ruches sur le terrain du Plan Bee à Ciney.

Qu’est-ce que le Plan Bee ?

Le Plan Bee, de l’association Nature & Progrès, a pour objectif de diversifier la production de sucre en implantant des fleurs mellifères sur des terrains de 10 à 15 ha en Wallonie. Début 2018, à Ciney, l’association s’est vue mettre à disposition, par la SWDE, un terrain de 13 hectares pour y semer des plantes annuelles, bisannuelles et vivaces afin de nourrir des ruchers sur ces surfaces pour produire du miel.

Un partenariat gagnant-gagnant

L’apiculteur a déjà pu, grâce à ce projet, récolter environ 250 kg de miel. Comme il le dit, les abeilles sont à l’hôtel car elles bénéficient d’une nourriture située à proximité de la ruche. Cette collaboration avec Nature & Progrès permet à des apiculteurs comme Dominique Hereng de produire du miel tout en favorisant le retour de nos abeilles dans les campagnes wallonnes.

Envie de nous rejoindre ?

Nature & Progrès recherche des apiculteurs pour installer des ruches sur de nouveaux sites étudiés par le Plan Bee à Orp-Jauche, Gerpinnes et Pont-à-Celles ! Si vous souhaitez nous rejoindre dans cette belle aventure, consultez notre site internet.

 

Rédaction : Annabelle Bietheres

En 2017, le glyphosate a été réautorisé sur base de fraude

En 2017, le Glyphosate a été réautorisé sur base de fraude

En 2019, un scandale a éclaté en Allemagne concernant le laboratoire LPT-Hambourg dont d’anciens employés ont témoigné de fraudes dans des études toxicologiques réglementaires. Une instruction pénale a été ouverte contre ce laboratoire. Au moins 14% des nouvelles études fournies dans le cadre du renouvellement du glyphosate en 2017 proviennent de ce laboratoire, ce qui met en évidence le manque de fiabilité du système : l’industrie produit elle-même les études qui permettent d’évaluer ses produits.

Des animaux morts remplacés par des animaux vivants en cours d’étude, des tumeurs rapportées comme de simples inflammations, voici les pratiques du laboratoire afin de favoriser les intérêts des commanditaires des études.

Suite à la mise à jour de fraudes au sein du laboratoire LPT-Hambourg par une enquête de la télévision publique allemande ARD, les ONGs PAN Germany, Global2000 et Corporate Europe Observatory ont souhaité déterminer le niveau d’implication de ce laboratoire dans la ré-évaluation du glyphosate en 2017. Au minimum une nouvelle étude sur 7 fournie par Monsanto provenait de ce laboratoire. LPT-Hambourg est un laboratoire doté de la certification BPL (Bonnes Pratiques de Laboratoire), ce qui est vu par les autorités comme une garantie de probité et de fiabilité.

Martin Dermine, du Pesticide Action Network Europe indique : « Si le glyphosate a été reconnu « cancérigène probable » par l’OMS mais pas par les autorités européennes et belges, c’est parce que les études académiques démontrant sa toxicité ne sont pas certifiées BPL. Seules les études de l’industrie ont cette certification coûteuse et obligatoire et, bizarrement, elles ne démontrent pas de toxicité. »

Depuis de nombreuses années, les ONGs se battent pour que les études académiques soient systématiquement prises en compte car elles mettent en évidence une toxicité que les tests règlementaires ne démontrent pas.

Martin Dermine d’ajouter : « Les autorités européennes et belges favorisent les intérêts de l’industrie des pesticides au détriment de la santé des citoyens par ce système de certification. Il suffit de regarder le site fytoweb, le SPF y fait l’apologie de la certification BPL comme étant un système garantissant la « transparence et la qualité » alors que l’enquête d’ARD et de nos collègues démontrent clairement le fait qu’on ne doit pas laisser entre les mains de l’industrie le soin de produire ses propres études réglementaires. Le système n’est pas fiable. »

Et en Belgique, qu’en est-il exactement ?

En 2017, alors que l’autorisation du glyphosate arrivait à échéance, notre Ministre fédéral de l’Agriculture avait plaidé pour un phasing out, justifiant sa décision par le fait que ce temps allait être mis à profit dans le développement des alternatives. Nous sommes en 2020 et rien n’a encore bougé alors que le glyphosate est loin d’être nécessaire et que les alternatives existent déjà. Nous pouvons donc nous demander pourquoi rien n’a été fait en ce sens.

De plus, alors que l’administration fédérale devrait aider à la réduction des pesticides, cette dernière a préféré publier un dossier de justification du glyphosate. Ne mâchons pas nos mots, c’est une honte de prendre parti de la sorte lorsque l’on sait que les études prouvent la dangerosité et le caractère cancérigène probable du glyphosate.

Marc Fichers, de Nature & Progrès, nous indique : « En agissant de la sorte, nous piégeons les agriculteurs. En effet, en leur laissant croire que le produit sera réautorisé et en faisant fi des dangers de ce dernier, nous leur faisons perdre un temps précieux d’adaptation de leur méthode de travail. Lorsque le glyphosate sera définitivement interdit pour l’usage professionnel – car oui, cela va arriver – nos agriculteurs n’auront pas pu mettre à profit cette période pour se préparer. »

Le parlement fédéral autrichien a voté en 2019 la sortie du glyphosate. Le gouvernement du Luxembourg a confirmé l’abandon de cet herbicide en 2020. La France a suspendu les autorisations pour la majorité des herbicides à base de glyphosate (75% des volumes utilisés) car il existe des doutes sur la génotoxicité du produit.

Martin Dermine de conclure : « Il est inacceptable que le Luxembourg, l’Autriche et la France avancent dans la protection de leur population et pas la Belgique : ces mêmes produits interdits en France pour protéger la santé des citoyens sont toujours autorisés en Belgique, que fait le SPF ? ».

Contact PAN Europe, Martin Dermine, +32 486 32 99 92, martin@pan-europe.info
Contact Nature & Progrès, Marc Fichers, +81 32 30 52, marc.fichers@natpro.be

Belgique, 2ème Etat à atteindre son quorum pour l’ICE « Sauvons les abeilles et les agriculteurs »

La Belgique devient le 2ème Etat européen à atteindre son quorum pour l’ICE « Sauvons les abeilles et les agriculteurs »

Ce mercredi 5 février, le nombre de signatures belges à l’Initiative Citoyenne Européenne (ICE) « Sauvons les abeilles et les agriculteurs » a atteint le seuil des 15.750 signatures. Ce chiffre était nécessaire pour faire de notre pays le deuxième pays européen à atteindre le quorum obligatoire dans 7 Etats permettant la validation de l’initiative.

En novembre 2019, une centaine d’ONGs européennes – dont Nature & Progrès et le PAN Europe – a lancé la récolte de signatures pour l’Initiative Citoyenne Européenne « Sauvons les abeilles et les agriculteurs ». Cette démarche vise à demander à la Commission européenne et au Parlement européen d’agir en faveur d’une évolution de l’agriculture vers des pratiques libres de pesticides de synthèse et d’une restauration de la biodiversité dans les systèmes agricoles. Elle demande également aux pouvoirs publics d’accompagner la transition des agriculteurs vers des pratiques agroécologiques.

Conditions d’acceptation d’une ICE

Pour être acceptée, une ICE doit atteindre 1 million de signatures validées et obtenir un quorum dans 7 Etats membres. L’Allemagne a rapidement atteint ce dernier avec 72.000 signatures et la Belgique lui a emboîté le pas hier.

Marc Fichers, Secrétaire général de Nature & Progrès Belgique indique : « Nous ne pouvons pas prédire la date de fin de l’utilisation des pesticides mais nous remarquons que de plus en plus de citoyens veulent leur tourner le dos. Il est nécessaire de l’entendre pour pouvoir mettre rapidement en place les conditions de la transition. »

Nature & Progrès demande à ce que les moyens financiers octroyés à la recherche et à l’optimalisation des pesticides chimiques de synthèse soit ré-alloués au développement des alternatives. Ces dernières existent, l’agriculture BIO le prouve chaque jour.

Martin Dermine, coordinateur chez PAN Europe d’ajouter : « Malgré l’essor de l’agriculture biologique et la grande demande des consommateurs, la Belgique est le deuxième plus gros consommateur de pesticides de l’UE. Il est grand temps que nos décideurs politiques reconnaissent qu’il y a une attente importante parmi les citoyens pour favoriser un mode de production agricole qui soit en phase avec l’environnement ».

En tant que membres de l’ICE, Nature & Progrès Belgique et PAN Europe demandent au Ministre fédéral de l’agriculture d’agir au niveau européen dans le cadre de la réforme de la Politique Agricole Commune (PAC) pour conditionner les subsides agricoles aux pratiques qui vont vers une suppression progressive de l’utilisation des pesticides de synthèse et vers une restauration de la biodiversité. L’argent public doit être utilisé pour soutenir des pratiques vertueuses plutôt que d’assurer la rentabilité de l’industrie agrochimique.

Les deux associations demandent également aux Ministres fédéraux et régionaux de stopper les dérogations pour les néonicotinoïdes tueurs d’abeilles et d’accélérer la conversion vers l’agriculture biologique en Belgique.

 

Faites un pas de plus pour la Wallonie

Le printemps approche à grands pas. Le choix de passer aux alternatives aux pesticides doit se faire maintenant s’il l’on veut éviter que des hectares de cultures soient pollués une fois de plus. En 2017, Nature & Progrès a lancé sa campagne « Vers une Wallonie sans pesticides ». L’association est heureuse de voir que la démarche a été suivie avec l’ICE pour recouvrir, cette fois, l’entièreté de l’Europe.

Si ce n’est pas encore fait, signez vite l’appel européen et l’appel pour la Wallonie.

Nature & Progrès recherche des apiculteurs pour mettre des ruches sur ses parcelles Plan Bee

Nature & Progrès recherche des apiculteurs pour mettre des ruches sur ses parcelles Plan Bee

L’étude « Plan Bee » menée par Nature & Progrès a pour objectif d’étudier la faisabilité agronomique, apicole et économique de semer des fleurs sur de grandes surfaces pour produire du miel. Afin de mener à bien ce projet, nous recherchons des apiculteurs désireux de venir placer leurs ruches sur nos différentes parcelles.

Le Plan Bee, c’est quoi ?

Le Plan Bee s’inscrit dans la campagne « Vers une Wallonie sans pesticides, nous y croyons » en proposant une alternative à la culture de betteraves sucrières consommatrice en pesticides. Par ailleurs, il utilise l’abeille comme un indicateur de l’état de l’environnement : l’analyse des pesticides trouvés dans les produits de la ruche est mise en parallèle avec des analyses de l’environnement (eau et sol). De plus, il  fait l’objet d’une convention entre Nature & Progrès et la Société Publique de Gestion des Eaux (SPGE).


Les sites

Le « Plan Bee » concernera 4 sites en 2020. Ils sont tous localisés en Wallonie, dans des zones de captage d’eau de la Société wallonne des Eaux (SWDE).

  1. Le site de Ciney compte 13 hectares, dont 7 ont été semés avec des fleurs mellifères en 2019. L’expérience continue en 2020 ! Deux apiculteurs sont déjà présents sur le site.
  2. Le site d’Orp-Jauche sera semé en automne 2020. L’installation de ruches pendant la saison de butinage 2020 donnera une indication du potentiel mellifère du site avant les premières floraisons prévues au printemps 2021.
  3. Le site de Gerpinnes: Il n’est pas prévu d’y cultiver des fleurs mellifères. Les ruches seront donc un indicateur du potentiel mellifère du site et de son niveau de contamination par des pesticides.
  4. Le site de Pont-à-Celles: Il n’est pas prévu d’y cultiver des fleurs mellifères. Les ruches seront donc un indicateur du potentiel mellifère du site et de son niveau de contamination par des pesticides.


Engagements de l’apiculteur

Les apiculteurs partenaires du Plan Bee installent des ruches sur le site, entretiennent les ruches, effectuent la récolte de miel ainsi que la récolte de produits de la ruche (pollen et pain d’abeilles) nécessaires à l’étude (analyses polliniques permettant de connaitre les fleurs butinées et analyse des pesticides). Les récoltes en vue des analyses seront réalisées en suivant un protocole fourni par Nature & Progrès (fréquence des relevés, taille des échantillons, conservation au congélateur…). L’apiculteur communique à Nature & Progrès les quantités de miel récoltées.


Engagements de Nature & Progrès

Nature & Progrès met à disposition les sites cultivés et non cultivés, et fournit aux apiculteurs tous les résultats d’analyses réalisées sur les produits de la ruche.


Intéressé(e) ?

Merci de nous contacter par mail : info@natpro.be en nous communiquant votre intérêt, vos éventuelles questions et vos coordonnées. Nous reprendrons contact avec vous par téléphone pour discuter du partenariat !

Plus d’infos sur le site internet du Plan Bee

Le néonicotinoïde thiaclopride enfin interdit en Europe

Le néonicotinoïde thiaclopride enfin interdit en Europe

© Plan Bee, tous droits réservés

Le thiaclopride sera interdit dès le printemps prochain dans l’Union européenne après des années de lutte contre cette famille de néonicotinoïde. Réjouissons-nous de cette bonne nouvelle en gardant tout de même à l’esprit que cette décision aurait dû être prise bien plus tôt…

Il y a 5 ans déjà, l’Agence européenne des produits chimiques a classé le thiaclopride comme “toxique pour la reproduction, catégorie 1B». D’une part ravis de cette avancée, nous sommes d’autre part navrés d’avoir eu à supporter ce poison 5 années de trop.

L’avis scientifique de l’EFSA est clair : il y a des préoccupations environnementales liées à l’utilisation de ce pesticide, en particulier son impact sur les eaux souterraines, mais aussi lié à la santé humaine, dans la toxicité pour la reproduction“, a déclaré la Commissaire à la santé Stella Kyriakides.

D’autres néonicotinoïdes sont encore sur le marché belge

Il va de soi qu’il serait incompréhensible de la part de notre pays de ne pas respecter cette décision de l’Union européenne. Mais chat échaudé craint l’eau froide… restons vigilants : il ne faut pas que le Ministre fédéral de l’Agriculture déroge à cette interdiction comme il l’a fait en 2019 envers 3 néonicotinoïdes…

En effet, en avril 2018, après 15 ans de lutte, les Etats membres de l’Union européenne ont adopté la proposition de la Commission interdisant, pour toutes les cultures en plein champ, trois néonicotinoïdes : le clothianidine, l’imidaclopride et le thiaméthoxame. Malgré cette décision et les études prouvant la toxicité des néonicotinoïdes, notre Ministre fédéral de l’Agriculture les a ré-autorisés en cultures de betteraves, chicorées, carottes et laitues.

Nature & Progrès, avec Pesticides Action Network Europe, n’a eu d’autre choix que de porter plainte devant le Conseil d’Etat pour faire annuler cette dérogation. Et nous ne désespérons pas, bien entendu !

Les néonicotinoïdes sont dévastateurs

Les néonicotinoïdes sont des pesticides systémiques très solubles qui imprègnent les racines et les tissus des plantes, ce qui signifie que les résidus ne peuvent pas être éliminés par le lavage des fruits et des légumes.

Le thiaclopride est le quatrième des cinq pesticides néonicotinoïdes dont l’utilisation en Europe a été interdite ou strictement réglementée à la suite de preuves croissantes de la toxicité et des effets dévastateurs sur les abeilles et autres pollinisateurs.

Pour en savoir plus, prenez le temps de parcourir notre étude « Notre histoire avec les néonicotinoïdes ».

Pourquoi faut-il toujours essayer de prolonger les délais d’autorisation lorsque les preuves de nocivité des produits sont là ? Les pesticides, nous n’en voulons plus, à commencer par les plus nocifs pour la santé ! Les alternatives existent, le BIO le prouve au quotidien. 

Marc Fichers

Secrétaire général, Nature & Progrès

Les atouts des cosmétiques BIO et faits maison

Les atouts des cosmétiques BIO et faits maison

© Adobe Stock, tous droits réservés

Fabriquer ses propres cosmétiques, c’est un avantage économique mais surtout écologique et sanitaire, à condition d’utiliser des ingrédients BIO. Nature & Progrès, pour qui la problématique de l’agriculture biologique est l’une de ses priorités, a décidé de vous donner une série d’astuces pour devenir le pro du cosmétique fait maison.

L’engouement autour du « DIY » est de plus en plus impressionnant. Rien d’étonnant lorsque l’on énumère ses nombreux avantages. Parmi eux, le fait maison permet d’éviter le gaspillage. Il nous est déjà tous arrivé d’acheter un produit de beauté, de l’oublier dans l’armoire et de devoir finir par le jeter. Fabriquer ses produits soi-même permet de créer le soin beauté adapté au moment où la peau en a besoin et dans la quantité nécessaire.

Le 7 novembre 2019, Nature & Progrès était présente sur Vivacité pour une chronique sur le sujet. Réécoutez-la ici.

Les ingrédients de base des cosmétiques faits maison

Pour réaliser des cosmétiques classiques, les recettes sont généralement composées d’huiles végétales, d’huiles essentielles et d’argile. Ensuite, vous pourrez utiliser de nombreux ingrédients déjà présents dans votre quotidien tels que du lait, du yaourt ou encore du miel.

Envie d’un exemple concret ? Pour réaliser un gommage, vous aurez uniquement besoin d’argile blanche, d’eau et d’huile d’amande douce.

Pourquoi faut-il favoriser les ingrédients BIO ?

Les produits de beauté se doivent d’être les plus purs possibles vu leur utilisation. Le BIO garantit, d’une part, qu’ils ne contiennent pas de produits chimiques ou de conservateurs. D’autre part, il garantit que les plantes ont été cultivées dans des zones sans usage de pesticides. La problématique des pesticides chimiques de synthèse est l’une des priorités de Nature & Progrès à travers la campagne Wallonie sans pesticides. On en parle de plus en plus avec la nourriture, car la population souhaite désormais mettre un visage sur son alimentation et consommer sainement. Mais il ne faut pas oublier d’en parler notamment, pour les produits de beauté.

En plus d’être plus sains pour notre corps, les cosmétiques BIO sont plus sûrs pour l’environnement. En effet, les additifs présents dans les produits de beauté traditionnels peuvent nuire à l’air et à l’eau.


Qu’en est-il de la conservation des produits ?

La durée de conservation représente certainement le seul point négatif des cosmétiques faits maison. Mais mieux vaut réaliser plus souvent des produits en petite quantité et sans conservateurs chimiques que l’inverse, n’est-ce pas ?

Pour que vos préparations se conservent au mieux, veillez à bien vous laver les mains et à désinfecter les ustensiles avant de commencer.

Conseil lecture... de la librairie de Nature & Progrès

Si vous désirez en savoir plus sur le sujet, Nature & Progrès vous suggère le livre «  Je fabriques mes cosmétiques ». Pourquoi ne pas allier plaisir, bien-être et respect de l’environnement en guise de bonne résolution pour 2020 ?

Retrouvez-le en vente dans notre librairie située à Jambes (Rue de Dave, 520) ou sur notre boutique en ligne.

Beau succès pour le colloque « Davantage de céréales locales »

Beau succès pour le colloque “Davantage de céréales locales sur notre table”

© Nature & Progrès

En 2018 et 2019, Nature & Progrès a organisé une série de rencontres sur la valorisation wallonne des céréales. Tandis que la demande pour des produits locaux explose, il y a aujourd’hui très peu de céréales wallonnes – ou même belges – dans nos farines, dans nos pains et dans nos bières… Comment développer les filières de céréales alimentaires en Wallonie ? Ce vendredi à Namur, plus de 130 participants sont venus échanger sur les pistes rassemblées par Nature & Progrès dans le cadre de son projet « Echangeons sur notre agriculture ».

Les céréales locales sur notre table [1]
II faut savoir que seulement 10 % des céréales belges sont utilisées pour l’alimentation humaine (farine, pains, bières…) tandis que 45 % servent à nourrir le bétail et 45 % sont utilisées pour la production d’énergie. Dans le secteur des céréales panifiables, les moulins belges importent 85 % des céréales qu’ils travaillent. Et dans le secteur brassicole, les malteries belges utilisent 99 % d’orges importées. Un comble pour le « pays de la bière » ! Et si on redéveloppait des filières 100 % locales, du grain à la table, et, tant que nous y sommes, 100 % bio ?

La richesse de rencontres multi-acteurs
Si chaque maillon de la filière a ses idées et besoins spécifiques, il manquait le partage, et c’est ici que Nature & Progrès intervient avec l’organisation de ses rencontres. Les citoyens ont découvert les réalités du secteur, ont visité les cultures, moulins, malteries, brasseries et boulangeries, ont soutenu l’idée que le consommateur recherche des produits locaux, du grain à la table. Ce vendredi 15 novembre, agriculteurs, meuniers, malteurs, boulangers et brasseurs ont partagé leurs réflexions et leurs aspirations pour intégrer le plus possible de céréales locales dans leurs fabrications.

Durant ce colloque en présence du Ministre de l’Agriculture Willy Borsus, les témoignages et discussions, tant d’experts que de porteurs d’initiatives en devenir, ont apporté beaucoup de richesse aux rencontres. Elles ont permis de faire ressortir des pistes pour développer les filières de céréales alimentaires en Wallonie. Les échanges ont été riches vu la multiplicité des profils présents sur place.

Pour n’en citer qu’un parmi tant d’autres, Gil Leclercq a partagé avec nous son projet de la malterie du Hoyoux, une micro-malterie qui devrait voir le jour en 2021. Elle sera à même répondre à la demande des brasseurs et des agriculteurs de malter des lots de petites tailles pour fournir des brasseurs locaux et avec de l’orge locale.

Des pistes d’avenir pour la filière céréalière
Aujourd’hui, de nombreux producteurs et boulangers sont prêts à travailler ensemble. Mais où faire moudre le grain ? Il est nécessaire de renforcer la production de farines en Wallonie, en aidant l’investissement dans des moulins et en renforçant la formation à la meunerie. Car moudre, c’est tout un métier ! Producteurs et brasseurs, eux, ont besoin de malteries adaptées à leurs besoins : de petits volumes. Les microbrasseries ont envie de se distinguer, d’expérimenter, d’innover et donc de faire malter à façon de petits lots d’orge brassicole. Et si on développait des micromalteries dans les mains des producteurs et des brasseurs ? Et si on développait le floconnage des céréales, aujourd’hui inexistant en Belgique ?

Voici quelques-unes des nombreuses pistes d’avenir pour la filière céréalière rassemblées par Nature & Progrès, présentées lors du colloque et reprises dans la brochure « Développer les filières céréales alimentaires en Wallonie » accessible librement sur le site.

«  Ce genre d’événement permet de répondre aux questions de terrain que se posent des gens qui, comme moi, souhaitent démarrer au mieux un projet de micro-filière. Il m’a apporté des informations concrètes en rassemblant la totalité des sujets propres à la filière céréalière locale. » nous précise Lucie Verhelpen, porteuse d’un projet de micro-filière de céréales panifiables.

 

[1] Delcour A., Van Stappen F., Gheysens S., Decruyenaere V., Stilmant D., Burny Ph., Rabier F., Louppe F. et Goffart J.-P. 2014. Etat des lieux des flux céréaliers en Wallonie selon différentes filières d’utilisation. Biotechnol. Agron. Soc. Environ. 18(2) : 181-192. https://popups.uliege.be/1780-4507/index.php?id=16836&file=1&pid=11161

Socopro. 2017. Orge brassicole – Plan de développement stratégique 2017-2027. 35pp. https://filagri.be/wp-content/uploads/ORGE-BRASSICOLE-_plan-de-developpement-strategique-2017_Final-valid%C3%A9.pdf

Les huiles essentielles BIO: utiles au jardin et à la maison

Les huiles essentielles BIO, utiles au jardin et à la maison

© Adobe Stock, tous droits réservés

A l’heure actuelle, la société est de plus en plus envieuse de faire usage de produits sains et naturels dans sa vie quotidienne. Les huiles essentielles, ces extraits de plantes aromatiques concentrés, connaissent un grand succès. Car en plus de leurs vertus thérapeutiques, elles ont de nombreuses autres utilisations possibles à la maison et au jardin. 

 

Avant toute chose, il est primordial de favoriser les huiles essentielles BIO. En effet, ces substances qui sont généralement au contact de la peau ou à inhaler, se doivent d’être les plus pures possibles. Pour ce faire, le bio apporte la garantie que les plantes proviennent de cultures non traitées aux pesticides chimiques de synthèse.

 

Les huiles essentielles à l’intérieur

Certaines huiles essentielles sont extrêmement efficaces pour lutter contre les mites dans les textiles. Auparavant, la naphtaline était largement utilisée à cet effet. Toutefois, ce produit chimique est interdit en Europe depuis 2008 car considéré comme un pesticide dangereux. Pour éviter tout usage chimique, quelques gouttes d’huiles essentielles de lavande ou de romarin seront tout aussi efficaces.

Les huiles essentielles sont aussi très utiles pour protéger nos animaux des puces. A nouveau, le fipronil, qui est un pesticide chimique de synthèse, est autorisé dans les colliers antipuces. Ce produit est pourtant interdit en Europe en pulvérisation et en Belgique dans les cultures, dû à sa toxicité. Où est donc la logique ? Pour éviter toute substance toxique pour vos animaux, favorisez les huiles essentielles, des produits naturels et tout aussi efficaces.

Beaucoup d’entre elles peuvent également être utilisées en diffusion grâce à un diffuseur d’huiles essentielles. Cela permettra de parfumer et de purifier vos intérieurs tout en créant une certaine ambiance !

 

Les huiles essentielles à l’extérieur

Certaines huiles essentielles sont très efficaces au jardin car elles protègent les plantes contre les insectes ravageurs et les maladies. Les insectes se guident par l’odeur des plantes qu’ils attaquent. En parsemant vos espèces verts d’huiles essentielles, vous brouillerez ainsi les pistes.

De plus, saviez-vous que les huiles essentielles peuvent être placées sur les poules pour les apaiser ? Dans un poulailler, des tensions peuvent facilement arriver, notamment lors de nouvelles arrivées. Quelques gouttes d’huiles essentielles peuvent ainsi suffire pour éviter un trop plein d’agressivité entre les animaux.

 

Pour en savoir plus…

Si vous désirez en savoir plus sur le sujet, Nature & Progrès vous suggère le livre « Le guide terre vivante des huiles essentielles ». Les fêtes approchent à grands pas, cela pourrait être une belle idée de cadeau pour vos proches.

Retrouvez-le en vente dans notre librairie située à Jambes (Rue de Dave, 520) ou sur notre boutique en ligne.

Le jeudi 7 novembre 2019, Nature & Progrès était présente sur Vivacité pour une chronique sur le sujet. Réécoutez-la ici.

 

 

 

Protection des abeilles : vote favorable de la commission Environnement

Protection des abeilles :
vote favorable de la Commission Environnement

© Adobe Stock, tous droits réservés

La Commission européenne a récemment introduit un projet de modification du règlement de l’Union européenne n°546/2011 en ce qui concerne l’évaluation de l’impact des produits phytopharmaceutiques sur les abeilles domestiques. Ce projet aurait pour conséquence de maintenir des niveaux de protection des abeilles scandaleusement faibles face aux pesticides nocifs.

Le 17 octobre 2019, nous avons invité les parlementaires nationaux à s’opposer à ce projet et à veiller à ce que le respect de loi européenne soit réintroduit. Nous avons obtenu gain de cause : le vote en ENVI du 21 octobre a fait état de 62 votes en notre sens contre 4 (et 7 abstentions.

La commission Environnement invite désormais la plénière à s’opposer au projet de la Commission européenne. Le Parlement peut bloquer cette proposition s’il obtient la majorité absolue de ces membres.

Voilà le courrier que nous avons envoyé aux parlementaires le 17 octobre.

Objet. Abeilles sans protection – veuillez soutenir l’objection au projet de réglementation de la Commission relatif à l’évaluation de l’impact des pesticides sur les abeilles – Vote en ENVI le lundi 21 octobre.

Madame la Députée/Monsieur le Député,

A travers cette lettre, l’asbl Nature & Progrès Belgique vous invite à soutenir l’objection proposée envers le projet de réglementation de la Commission européenne de modification du règlement de l’Union européenne n°546/2011 en ce qui concerne l’évaluation de l’impact des produits phytopharmaceutiques sur les abeilles domestiques.

Le projet de réglementation sera soumis au vote de la commission ENVI du Parlement le 21 octobre 2019.

Si la séance plénière du Parlement opte pour l’adoption de cette décision, cela mettra véritablement fin au projet de la Commission européenne de maintenir des niveaux de protection des abeilles scandaleusement faibles face aux pesticides nocifs, qui d’ailleurs reposent sur des données scientifiques obsolètes. Nous vous invitons, au nom des centaines de milliers de citoyens à travers l’Europe[i], à exiger la mise en œuvre des normes les plus élevées possibles pour protéger les abeilles des pesticides, comme le stipule le règlement sur les pesticides 1107/2009/CE publié dans le Document de Guidance de 2013 sur les Abeilles de l’EFSA.[ii]

Les abeilles et autres insectes d’Europe sont menacés. En Allemagne, les scientifiques ont recensé des pertes de plus de 75% du nombre total d’insectes dans les zones protégées au cours des 27 dernières années.[iii] Aux Pays-Bas, des données détaillées montrent que plus de 50% des espèces d’abeilles sauvages sont menacées d’extinction[iv]. L’une des principales causes de ces développements est l’agriculture industrielle qui expose les abeilles à des pesticides nocifs.[v]

Le Document de Guidance de 2013 sur les Abeilles est la norme scientifique la plus récente en matière d’évaluation des risques liés aux pesticides sur les abeilles. Il comprend une évaluation des effets aigus et chroniques des pesticides sur les abeilles à la fois domestiques et sauvages. Ces directives ont permis à l’EFSA de fournir une évaluation complète des risques liés à l’utilisation de trois pesticides néonicotinoïdes, ce qui a ensuite permis à l’Union européenne d’imposer sa très appréciée interdiction en 2018 à toutes les utilisations de ces pesticides en extérieur.

Tant la Commission que l’EFSA ont déclaré à plusieurs reprises qu’elles soutenaient le Document de Guidance de 2013 sur les Abeilles. Mais les États membres ont bloqué son application au sein du Comité Permanent des Végétaux, Animaux, Denrées alimentaires et Aliments pour animaux. Entre-temps, les anciennes lignes directrices de 2002, qui ont été co-rédigées par l’industrie des pesticides[vi] et qui reposent sur une science “obsolète”, sont toujours en vigueur, selon la Commission[vii] et l’EFSA[viii].

Les citoyens européens sont conscients de l’importance de l’application d’essais de pré-homologation robustes des pesticides pour inverser le déclin des pollinisateurs et exigent l’adoption immédiate et intégrale des guidances de l’EFSA de 2013.

L’Union européenne doit protéger les abeilles en Europe et l’environnement contre les pesticides dangereux sur base des “connaissances scientifiques et techniques actuelles”[ix], conformément au règlement de l’Union européenne sur les pesticides (règlement (CE) n ° 1107/2009). Les États membres et la Commission européenne n’ayant pas appliqué la réglementation, il incombe désormais aux députés de s’opposer à ces projets inacceptables et de faire en sorte que le respect de la loi européenne ainsi que la protection des abeilles en Europe soient réintroduits.

Cordialement,

[i] 238,000 people have signed the SumOfUs petition for full implementation of the Bee Guidance document http://sumofus.org/bee-guidance

[ii] EFSA (2013). EFSA Guidance Document on the risk assessment of plant protection products on bees (Apis mellifera, Bombus spp. and solitary bees). EFSA Journal 2013; 11(7):3295

[iii] Hallmann CA et al. (2017). More than 75 percent decline over 27 years in total flying insect biomass in protected areas. PLoS ONE 12(10)

[iv] Reemer, M. (2018). Basisrapport voor de Rode Lijst Bijen, EIS Kenniscentrum Insecten Leiden.

[v] Sánchez-Bayo, F., & Wyckhuys, K. A. (2019). Worldwide decline of the entomofauna: A review of its drivers. Biological Conservation, 232, 8-27.

[vi] Pesticide Action Network (2018). Industry writing its own rules and CEO and BeeLife European Beekeeping Coordination (2010): Is the future of bees in the hand of pesticide lobby?

[vii] Response to Greenpeace and others from Commissioner Vytenis Andriukaitis, 31/01/2017

[viii] EFSA (2012). Scientific Opinion on the science behind the development of a risk assessment of Plant Protection Products on bees (Apis mellifera, Bombus spp. and solitary bees). EFSA Journal 10 (5), 1–275 (2012).

[ix] Regulation (EC) No 1107/2009, Article 4; ANNEX II, Point 3.8.3; Articles 11 and 36

Chronique : La lacto-fermentation des légumes

Chronique :
La lacto-fermentation des légumes

© Adobe Stock, tous droits réservés

Le jeudi 3 octobre 2019, Nature & Progrès était présente sur Vivacité pour une chronique sur la lacto-fermentation.

Réécoutez-là ici !

La lacto-fermentation, c’est quoi ? 

C’est une technique de conservation des aliments très appréciée pour deux raisons :

  • Premièrement, elle donne un petit goût original aux aliments ;
  • Deuxièmement, les aliments lactofermentés sont connus pour leurs propriétés nutritives et digestives.

Quelle est la période idéale pour lactofermenter ses légumes ?

C’est maintenant ! Le début de l’automne est l’occasion parfaite pour récolter les derniers légumes de son potager et se préparer un stock de vitamines pour l’hiver.

Et si vous n’avez pas de potager, sachez qu’il est toujours plus intéressant d’acheter ses légumes chez le producteur au moment de la récolte et de les fermenter, plutôt que de se les procurer en hiver.

Comment procéder ?

Au niveau du matériel, il vous suffit de vous munir de quelques bocaux en verre. Il vous faudra également du sel : environ 30 grammes pour un 1 KG de légumes.

Tout d’abord, coupez vos légumes finement. Ensuite, placez-les dans un récipient avec de l’eau et le sel. Une fois que vous aurez bien malaxez le tout, il faut laisser fermenter la préparation durant quelques jours. Une fois cette étape achevée, il vous suffit de fermer correctement votre bocal.

Le plus important pour une lacto-fermentation réussie, c’est de veiller à la température de conservation. Il s’agit de laisser vos bocaux 1 semaine à 20°C, et ensuite 1 mois à moins de 18°C.

Quel légume choisir pour une première expérience ?

Nous vous conseillons de commencer par le chou blanc pour réaliser la traditionnelle choucroute appréciée de tous. Pourquoi ? Car ce légume est riche en vitamine C et particulièrement digeste. Pour un plat savoureux, nous vous conseillons la variété de chou appelée le QUINTAL, et BIO c’est encore mieux ! Si vous réalisez votre lacto-fermentation maintenant, vous pourrez la déguster en famille pour la nouvelle année 2020 !

Envie d’en savoir plus ? Participez à nos ateliers Nature & Progrès

Si le sujet vous intéresse, Nature & Progrès organise fréquemment des ateliers sur la lacto-fermentation. Retrouvez toutes les dates et informations pratiques sur notre agenda en ligne.

Nous vous invitons également à parcourir le livre « Garder les fruits et légumes » aux Editions Nature & Progrès. Il vous explique de manière simple et précise comment réaliser vos lacto-fermentations à la perfection !

Marche à suivre pour réaliser sa propre choucroute

De toutes les méthodes de conservation des aliments, la lacto-fermentation est la plus économique et la plus écologique car non consommatrice d’énergie. La choucroute, facile à réussir, est un aliment très digeste, sain et particulièrement bénéfique pour la santé.

La conservation idéale

La lacto-fermentation améliore la qualité des aliments alors que toutes les autres techniques de conservation ne peuvent empêcher une altération inexorable de ceux-ci avec le temps. Pendant la fermentation, les micro-organismes transforment les sucres en acide lactique. Cette acidification empêche le développement des germes responsables de la putréfaction, ce qui assurera la conservation. Mais ces micro-organismes ont d’autres effets bienfaisants. Ils détruisent les nitrates présents dans les légumes lors de la récolte. Ils améliorent la digestibilité des aliments : il est indéniable que le chou lacto-fermenté est bien plus digeste que le chou non fermenté. Il en va également de même pour bien des légumes de la famille des légumineuses ainsi que pour les céréales. Enfin, et ce n’est pas le moindre avantage, ce processus de fermentation participe à l’augmentation des vitamines présentes dans le chou. Ainsi, la choucroute contient plus de vitamine C que le chou avec lequel elle est fabriquée. Elle possède même, à l’issue de la fermentation, plus de vitamine C que bien des fruits. Lors de la fermentation de la plupart des légumes, les micro-organismes synthétisent également de nombreuses vitamines du groupe B et, entres autres, la vitamine B 12.

Les règles indispensables pour réussir

La propreté du matériel : pots, pierres, bocaux et ustensiles doivent être soigneusement nettoyés avant l’utilisation avec de l’eau bouillante.

Le matériel

Les pots à joint d’eau, dit « hydrauliques », sont les seuls fiables et ne demandent pas une surveillance constante. L’eau à renouveler dans le joint est le seul entretien nécessaire pendant les longs mois de conservation. L’avantage de ces pots, par rapport aux pots sans joint, se situe dans le fait que le gaz carbonique, qui se forme pendant la fermentation, reste à l’intérieur du pot et, étant plus lourd que l’air, élimine peu à peu l’oxygène. L’absence d’oxygène empêche les levures de se développer. Le bruit ‘blub’ est provoqué par l’air puis par le gaz carbonique qui s’échappent du pot. Il intervient dans les heures qui suivent la mise en pot du chou et indique que la fermentation est commencée. La curiosité, l’envie de soulever le couvercle “ pour voir ” est déconseillée car elle aura le désavantage d’amener de l’air dans le pot. Une première ouverture ne se fera qu’après la fin de la première phase de fermentation afin de vérifier que les pierres restent bien couvertes de jus.

Le nettoyage des choux

Les choux doivent être propres. Cependant, les feuilles indemnes de souillures ne seront pas lavées car elles sont recouvertes des micro-organismes indispensables au démarrage de la fermentation. Voici donc une raison importante pour lacto-fermenter les choux issus du jardinage ou du maraîchage biologiques.

La préparation des choux

Les feuilles de choux sont coupées en lamelles et les trognons sont éventuellement râpés mais plus finement. Cela favorise le contact avec le sel et les épices et permet une meilleure extraction du jus qui contient le sucre. Celui-ci se transformera en acide lactique.

La préparation du chou râpé

Une bonne extraction du jus du chou grâce à l’action du sel constitue un facteur essentiel de réussite de la choucroute. La pratique nous amène à mélanger préalablement l’ensemble du chou râpé avec l’ensemble du sel et des épices. Le tout est disposé dans une grande bassine en plastique et pesé afin d’ajouter le sel et les épices nécessaires (voir § suivants). L’ensemble est brassé afin d’être bien homogénéisé. On laisse agir le sel sur le chou pendant dix à quinze minutes et on commence un léger tassement afin de bien mettre en contact le sel et le chou et faciliter ainsi l’extraction du jus. Ensuite, on laisse reposer ½ heure avant la mise en pot.

Le sel

Des raisons diététiques font souvent poser la question de l’utilité du sel. Le chou est le seul légume supportant la lacto-fermentation sans sel mais cela demande alors une maîtrise parfaite ; la moindre petite entorse aux règles prescrites fera échouer la fermentation. Il est donc vivement conseillé d’ajouter du sel. Les quantités nécessaires varient entre 5 et 8 grammes de sel par kilo de chou si l’on veut déguster sa choucroute sans la rincer et si l’on désire boire le jus sans grimace.

Le sel va inactiver les enzymes et empêcher la décomposition du chou. Il protège les protéines de la destruction jusqu’à ce que l’acide lactique prenne le relais dans cette protection. Il intervient également dans la formation des arômes. Une insuffisance de sel pourrait permettre aux levures de se développer et conduire ainsi vers une fermentation alcoolique et vers la pourriture. Fabriquer sa choucroute sans apports de sel est possible mais demande une très grande maîtrise des techniques de lacto-fermentation.

Les épices et les plantes aromatiques

Elles donnent arômes et saveurs à la choucroute. Les nombreuses substances actives présentes dans les épices ont, en outre, le pouvoir d’empêcher la pourriture du chou pendant les premiers jours de fermentation. De ce point de vue, les épices les plus efficaces sont l’ail, les baies de genévrier, les clous de girofle, le piment et le poivre. Aromates et épices sont aussi souvent ajoutés afin de faciliter la digestion. Ainsi, les baies de genévrier et le cumin pour la choucroute ou la sarriette pour les légumineuses.

Le conditionnement des légumes dans le pot

Une fois la ½ heure passée, le mélange de chou râpé, de sel et d’épices est transféré vers le pot par couches successives de 3 ou 4 cm qui sont fortement tassées. Cela permet de libérer une importante quantité de jus qui est normalement suffisante pour couvrir le chou râpé et les pierres de couverture. Le jus présent au fond de la bassine est également ajouté dans le pot. Il arrive cependant, lors des années peu pluvieuses, que les légumes râpés ne libèrent pas assez de jus. Il faut alors ajouter un peu d’eau que l’on a préalablement fait bouillir afin d’éliminer le chlore s’il s’agit de l’eau de distribution. L’eau est ensuite salée (5 à 10 gr. de sel par litre d’eau) et refroidie.

Le vigoureux (très, très vigoureux) tassement du chou dans le pot permet également d’éliminer l’air présent entre les lamelles de chou car il entraînerait la pourriture. La lacto-fermentation est une fermentation anaérobie : elle doit se réaliser sans aucun contact avec l’air.

Tasser, tasser, tasser et encore tasser 

Quelques ateliers pratiques de préparation de choucroute nous ont permis de constater l’étonnement des participants lorsque la phase du tassement du chou dans le pot est abordée. Celui-ci doit, en effet, être extrêmement vigoureux et plusieurs fois répété pour chaque couche de chou râpé. Cette pratique permet au sel de bien s’incruster dans la chair du chou. Le sel aide ainsi à l’extraction du jus qui rempli les interstices et permet l’élimination de l’air. Si du jus manque pour recouvrir les pierres qui sont posées sur le dessus de la choucroute, il faut enlever la choucroute du pot et recommencer le tassement en opérant par couches successives. Il faut une année exceptionnellement sèche pour que le chou ne contienne pas assez de jus et qu’un léger apport d’eau soit nécessaire pour couvrir la pierre.

Evitons la présence de petits morceaux de choux flottant en surface 

Des petits flotteurs de chou en contact avec l’air pourrait permettre un début de fermentation aérobie et donc de pourriture. On évite cela en disposant quelques feuilles entières de chou sur la dernière couche de chou tassé. On pratique sur ces feuilles quelques entailles au couteau afin de permettre le passage du gaz carbonique. Les pierres sont ensuite déposées sur le tout afin de maintenir une bonne pression sur la choucroute. 3 ou 4 centimètres de liquide doivent recouvrir les pierres car une fermentation aérobie pourrait également démarrer depuis celles-ci. Les petits flotteurs présents en surface sont retirés à l’aide d’une écumoire. Les parois intérieures du pot ainsi que la gorge sont ensuite nettoyées de toute présence de morceaux de chou ou de jus.

N’oublions pas de remplir régulièrement le joint hydraulique d’eau.

Si la choucroute a été fabriquée lors d’un atelier, il est nécessaire de vérifier à la maison si le jus recouvre toujours les pierres et si des morceaux de choux ne flottent pas à la surface.

 

Le voyage du pot à travers la maison

Trois phases demandant des températures différentes sont nécessaires à l’élaboration de la choucroute.

1ère phase : température entre 20 et 22° C pendant 2 jours, parfois 3 si le démarrage a été lent. La fermentation lactique doit débuter immédiatement après le tassement du chou râpé dans le pot. Il s’agit d’un processus biologique très complexe qui ne devra pas s’arrêter et la température ne pourra pas descendre en dessous de 20°C. Pendant cette phase commence la production de l’acide lactique et des levures qui participeront à la formation des arômes. Le bruit de l’air puis du gaz carbonique qui s’échappent du pot doit s’effectuer dans les deux à quatre heures qui suivent la fin de la préparation du pot. Il indique le début de fermentation et rassure sur la bonne marche du processus de fermentation.

 

2ème phase : température entre 15 et 18° C pendant 15 à 20 jours. A partir de ce moment, la flore microbienne change et l’acidification s’intensifie. L’acide lactique va se former plus rapidement. Le pH va s’approcher de 4 et cette acidité inhibe la flore bactérienne initiale. Tout ce processus exige plus de temps et les températures plus basses mentionnées ci-dessus. A partir de cette étape, veillons à toujours maintenir le niveau d’eau dans le joint du couvercle. Plus on allonge cette 2ème phase, plus l’acidification s’intensifie. Pour les personnes qui désirent une choucroute plus douce, on arrêtera donc la 2ème phase après 10 à 15 jours. Dans ce cas, la choucroute se conservera cependant moins longtemps (milieu moins acide) et devra être consommée dans les 2 à 3 mois qui suivent.

 

3ème phase : stockage du pot à une température idéale comprise entre 1 et 10° C. La fermentation est terminée mais les arômes vont continuer à évoluer. Une température de stockage plus élevée n’est pas nocive mais ne permettra pas une conservation aussi longue. Après une ou deux semaines, la consommation peut commencer.

Si l’on prend attention aux températures idéales renseignées pour les 3 phases de production de la choucroute, on comprendra qu’il ne faut jamais commencer sa choucroute trop tôt dans l’année car des températures trop élevées risqueraient d’induire des fermentations brutales avec débordement de la choucroute hors des pots. Dans nos régions, la période idéale se situe de novembre à décembre.

Enfin, nous dégustons notre choucroute

La première dégustation peut avoir lieu environ deux mois après la mise en œuvre. Après chaque prélèvement, il faut veiller à égaliser tous les légumes dans le jus, replacer délicatement les feuilles de surface, déposer les pierres et tasser à nouveau en exerçant une pression sur les pierres afin d’éliminer l’air. Le jus doit toujours recouvrir les pierres de 3 à 4 centimètres.

En prélevant la choucroute, on prélève également beaucoup de jus et celui-ci pourrait manquer pour recouvrir les pierres alors que de nouveaux apports d’eau salée ne sont plus recommandés. La choucroute prélevée pourra être disposée dans une passoire disposée sur une assiette creuse. On la pressera légèrement afin d’en récolter le jus et celui-ci sera reversé dans le pot.

Retirer ensuite les petits morceaux de choucroute qui flottent en surface et sont donc en contact avec l’air. Les bords intérieurs du pot sont nettoyés à l’aide d’un essuie-tout. Rappelons encore que les pierres ou les morceaux de choucroute en contact avec l’air peuvent permettre le démarrage de moisissures néfastes pour la conservation ainsi que pour le bon goût de la choucroute.

Le jus

Il s’agit d’un aliment de choix qui sera récolté dans un bocal lorsque toute la choucroute sera consommée et conservé au frigo. Il pourra également être stocké afin de démarrer la fermentation de légumes pauvres en sucre. L’ail, si bénéfique à la santé mais qui nous donne une haleine parfois difficile à faire accepter par notre entourage pourra être lacto-fermenté dans le jus de choucroute. Les sulfures d’allyle qu’il contient sont décomposées lors de la fermentation et n’incommoderont plus.

Matériel nécessaire :

Pot à joint d’eau de 5, 10, 15, ou 20 litres*

Essuies de vaisselle

Râpe à choucroute ou mandoline râpant assez fin

Grand couteau pour la découpe en quatre des choux et le nettoyage des trognons.

Grande bassine (qui peut accueillir votre quantité de chou coupé)

Balance pour peser le chou et pour le sel

Pilon (facultatif)

 

Ingrédients 

Variétés de choux recommandées

Il faut choisir des choux cabus blancs à pomme très serrée afin de pouvoir râper les pommes sans les laver afin de préserver les micro-organismes présents sur les feuilles. Le chou doit être bien serré, comme cela il est exempt de terre et ne doit pas être lavé et d’office est plus facile à couper

 

Ingrédients pour un pot de 10 litres :

  • Choux blancs BIO pommés nettoyés: 7 kilos. Il faut pour cela 8 à 9 kilos de choux non nettoyés. Les trognons finement râpés peuvent être incorporés.
  • Epices indispensables:
    • Sel : 5 à 8 grammes de sel par kilo de chou râpé pour un premier essai sans prendre le risque de rater la choucroute. Il est cependant possible de la réussir sans ajout de sel mais le résultat n’est pas garanti !
    • Baies de genévrier: 3 cuillères à soupe.
    • Poivre noir: 2 cuillères à soupe de grains non moulus.
    • Thym: 3 ou 4 branches réparties entre les couches.
    • Laurier: 3 ou 4 feuilles.
  • Epices facultatives:
    • Cumin: 2 cuillères à café.
    • Coriandre : 2 cuillères à café de grains non moulus
    • Cardamome en graine: 1 graine par kilo de choucroute.
    • Clous de girofle à utiliser avec parcimonie : 2 à 4 clous.
    • Ail: 3 à 4 éclats entiers ou râpés. Des quantités plus importantes (8 à 10 éclats) peuvent être apportées sans modifier le goût de la choucroute.
    • Feuilles de framboisier et / ou de cassis : quelques feuilles. Riches en bactéries lactiques, elles facilitent le démarrage d’une bonne fermentation et apportent aux légumes un goût délicieux.
  • 1 ou 2 pommes apportent un peu de douceur à la choucroute. Après découpe, il est nécessaire de les incorporer directement dans le jus afin d’éviter qu’elles ne s’oxydent et brunissent.
  • 1 ou 2 oignons découpés en lamelles sont aussitôt placés dans le pot et recouverts de jus sous peine de perdre rapidement leurs qualités nutritives. Ils favorisent un bon démarrage de la fermentation lactique. La lacto-fermentation les rend tout à fait digeste pour ceux qui ne les supportent ni crus, ni cuits.
  • L’eau: si le chou ne rend pas assez de jus (entre autres lors des années peu pluvieuses), on ajoute de l’eau salée afin que les pierres soient bien recouvertes. Mélangée à 5 à 10 grammes de sel par litre, cette eau ne devra pas être prise directement du robinet car le chlore ou autres agents désinfectants pourrait tuer les micro-organismes présents sur les feuilles de chou et indispensables au démarrage de la lacto-fermentation. On utilisera donc une eau bouillie et aérée quelques temps à l’avance ou une eau douce naturelle.

Impliquons la société dans l’évolution de notre agriculture !

Impliquons la société dans l’évolution de notre agriculture !

© Adobe Stock, tous droits réservés

Depuis plusieurs dizaines d’années, la place du consommateur dans les évolutions du modèle agricole a été amoindrie. Les producteurs se sont raréfiés, la production agricole ne vise plus nécessairement l’alimentation locale – voire l’alimentation humaine tout court ! , l’industrie alimentaire a globalement pris le relais des fermes pour la transformation des produits agricoles, la grande distribution s’est chargée d’acheminer des produits standardisés et anonymisés vers les consommateurs.

Face à la mondialisation et à la guerre des prix, les acteurs visent l’optimisation économique, mettant parfois entre parenthèses les aspects environnementaux (ex : utilisation de pesticides, augmentation des transports de denrées alimentaires), sanitaires (ex : utilisation d’additifs technologiques, appauvrissement nutritionnel des aliments), de sécurité alimentaire (ex : délocalisation de productions agricoles) ou sociaux (ex : dumping social).

Le consommateur prend conscience de ces évolutions « par surprise ».
Le scandale de la lasagne à la viande de cheval a illustré comment les produits transformés peuvent être opaques avec des ingrédients faisant le tour d’un continent, passant entre différentes mains. Les reportages montrent que les pains « cuits sur place » dans certaines enseignes, donnant l’impression d’être fabriqués de manière artisanale et locale, sont en réalité des pâtons surgelés issus de l’importation.

Des articles mettent en évidence que la fameuse bière belge, reconnue au patrimoine de l’Unesco, ne contient quasiment plus d’orge et de houblon locaux. La société remet en question les orientations de notre agriculture, de notre alimentation, de nos paysages, de notre ruralité.

La réaction du monde agricole face à ces questionnements citoyens est diverse. Certains s’offusquent que des personnes ne connaissant pas assez « le terrain », « le métier », « les réalités » puissent donner un avis. « Le consommateur ne sait pas que nous faisons déjà beaucoup pour l’environnement », clame-t-on, tandis que les lobbies agricoles œuvrent à maintenir le glyphosate et les néonicotinoïdes « indispensables » aux cultures, sans chercher à développer les alternatives existantes ou à en développer de nouvelles. D’autres producteurs accueillent volontiers les préoccupations des consommateurs et créent ensemble de nouveaux modèles agricoles.

C’est ainsi que naissent, il y a un demi-siècle, Nature & Progrès et le mouvement de l’agriculture biologique, portés par des producteurs et des consommateurs ensemble. Ils étaient convaincus des effets néfastes des pesticides, de la nécessité de garder des fermes autonomes proposant des aliments aux consommateurs plutôt que des matières premières aux usines. Ils ont développé ensemble des cahiers des charges, devenus lois, des circuits de commercialisation courts, des filières rassemblant les acteurs… Ce modèle a pris de l’ampleur jusqu’à être aujourd’hui considéré comme une référence pour le développement de notre agriculture. On n’a jamais autant parlé de bio, de local et de circuit court.

De nombreux consommateurs s’impliquent dans les questions agricoles. Le projet « Echangeons sur notre agriculture » de Nature & Progrès propose depuis 5 ans aux citoyens et aux producteurs de se rencontrer pour discuter de problématiques agricoles. Et il ne faut pas croire que ces consommateurs sont à court d’idées ! En explorant la crise du secteur laitier en 2016, tandis que les producteurs se concentraient sur des pistes pour améliorer la production et la stabilité des marchés, les consommateurs se sont intéressés aux pistes permettant de mieux valoriser le lait, notamment à travers une transformation dans des produits de meilleure valeur ajoutée comme des fromages wallons. Ces réflexions ont inspiré des éleveurs, déléguant jusque là la valorisation du lait à leur laiterie.

Dans d’autres dossiers également, les consommateurs ont fait part de leur vision de l’agriculture. Des bovins mixtes à l’herbe, un abattage à la ferme , un redéploiement des moulins et de micromalteries pour valoriser les céréales alimentaires wallonnes, ou encore, des zones nourricières protégées, réservées à la production alimentaire et garantissant une meilleure autonomie wallonne…

Impliquer les consommateurs dans l’évolution de l’agriculture, c’est garantir un modèle agricole en accord avec notre société, c’est renouer avec une production locale pour une consommation locale, c’est instaurer une relation de confiance entre producteurs et consommateurs et mieux, un véritable partenariat entre un consomm’acteur heureux, offrant un prix juste au producteur pour la qualité de l’aliment qu’il lui fournit, et un producteur heureux et fier de remplir sa mission nourricière mais aussi toutes les autres : entretenir nos paysages, développer notre biodiversité et tisser les liens sociaux de nos villages.

Greenpeace : Préserver le climat de l’impact de l’élevage industriel

Greenpeace : Préserver le climat de l’impact de l’élevage industriel

© Adobe Stock, tous droits réservés

La position de Nature & Progrès

Cette étude confirme ce que nous avons dit déjà en 2010 lors de notre colloque « Agriculture biologique et changement climatique » !
L’option à adopter n’est pas de ne plus manger de viande !
C’est de consommer une viande locale, respectueuse de l’environnement et biologique !

Les négociations pour la prochaine PAC commencent ; Une occasion de réorienter l’agriculture dans ce sens.

Prière de plus opposer homme et animal… Il faut cesser de nourrir les animaux avec des céréales nobles…

Rappelons que 24 % des céréales sont utilisées pour les agrocarburants,
que 3 % sont panifiables et que le reste sert à nourrir les animaux…
C’est une honte !

Voilà donc un beau potentiel pour notre région qu’est le développement de farines locales et de viandes locales nourries à l’herbe !

Communiqué de Greepeace

La Belgique, terre d’accueil LOW COST pour les pesticides ?

La Belgique, terre d’accueil
LOW COST pour les pesticides ?

© Adobe Stock, tous droits réservés

La Belgique est un des pays qui réclame le moins de frais de dossiers aux producteurs de pesticides qui demandent une nouvelle autorisation. Cela leur coûte 1 000 €.

Contre 40.000 € chez nos voisins français, ou encore 28000€ aux Pays-Bas, il va s’en dire que la différence est colossale !

Nous sommes donc en droit de nous poser une question :

Quel est le coût sociétal d’un pesticide autorisé ?

C’est le contribuable belge qui paie in fine cette différence et aux vues de la consommation des produits phytopharmaceutiques en Belgique, l’addition est salée !

Qu’attendons-nous pour réclamer un territoire délivré des pesticides chimiques de synthèse ?

Outre les arguments environnementaux ou relatifs à la santé, c’est aujourd’hui à votre portefeuille que les pesticides s’attaquent !

Et enfin… l’administration qui a en charge le contrôle de dossiers d’agrément des pesticides se plaint souvent du manque d’agent : cherchez l’erreur …

La demande de dérogation de 120 jours pour les néonicotinoïdes est un mauvais signal… [Partie 1 ]

La demande de dérogation de
120 jours pour les néonicotinoïdes est un mauvais signal…
[Partie 1 ]

© Adobe Stock, tous droits réservés

Depuis l’annonce de l’interdiction des néonicotinoïdes, un vent de panique souffle comme si l’avenir de l’agriculture était suspendu à une seule molécule chimique, interdite de surcroît …

Le ministre fédéral de l’agriculture a même été jusqu’à demander une dérogation de 120 jours à l’Europe, pour pouvoir utiliser ce produit, et ce sans consultation aucune !!!

La dérogation de 120 jours est une astuce qui permet à un Etat membre de continuer à pouvoir utiliser un produit même si l’Europe en a interdit l’usage, même si cette interdiction a été motivée par une interminable liste d’études qui ont montré les dangers par la santé et l’environnement et que les défenseurs de la molécule ont eu tout le temps de faire entendre leur voix.

Malgré cela des Etats membres peuvent déroger à l’interdiction pour 120 jours par an ce qui est bien suffisant pour couvrir toute la période culturale…

Autoriser ce qui est interdit est un mauvais signal pour les agriculteurs, qui s’entêtent dans ces pratiques désuètes basées sur le recours systématique aux pesticides, un risque pour notre santé et notre environnement.

Preuve en est la dernière intoxication de masse survenue en France

Article de RCF sur l’intoxication au metam-sodium dans la mâche landaise

L’abattage à la ferme

L’abattage à la ferme

Ce 21 septembre 2018, Nature & Progrès posait ses valises à la ferme BIO Hérin à Nassogne !
Nous y donnions une conférence de presse sur l’abattage à la ferme et le tir au pré.

Régulièrement, des éleveurs nous interpellent car ils rencontrent des difficultés pour trouver un lieu d’abattage pour les animaux qu’ils valorisent en circuit court. Depuis trente ans, la Wallonie a perdu la moitié de ses abattoirs, certains n’abattent plus que certaines espèces d’animaux, certains sont privatisés et refusent les petits abattages pour le circuit court. Trouver un abattoir est donc devenu un parcours du combattant pour les éleveurs, quelle que soit l’espèce d’ongulé en question.
Pourtant, la demande pour de la viande bio et en circuit court augmente sans cesse. Le nombre de producteurs bio progresse, tout comme le nombre de boucheries à la ferme et le nombre d’éleveurs proposant des colis de viande.

En bio, on élève des races un peu spéciales par rapport au Blanc-Bleu conventionnel qui, par ses besoins de césariennes, n’est pas élevé en bio. On élève des races plus rustiques, à tempérament un peu plus sauvage, ou parfois des races à longues cornes comme les Salers que vous pouvez voir ici. Ces races sont plus sensibles au stress, n’ont pas l’habitude d’être manipulées, certaines vivent en permanence à l’extérieur, et les races à longues cornes ne passent pas dans les couloirs d’abattage. Il est urgent d’adapter le secteur de l’abattage à ces nouvelles évolutions.

Abattre à la ferme est une solution et une réelle opportunité pour notre agriculture. Cette méthode d’abattage permet d’optimiser le bien-être animal en évitant de manipuler et de transporter les animaux et elle permet d’optimiser la qualité de la viande en évitant ces stress. 95 % des éleveurs qui désirent abattre à la ferme travaillent en circuit court, et veulent donc offrir une viande de la meilleure qualité possible aux consommateurs avec qui ils sont en lien direct. L’abattage à la ferme permet aussi une meilleure autonomie des éleveurs et mieux, une reprise en mains de cette étape critique de leur élevage.

A l’heure actuelle, les préoccupations en matière de bien-être animal sont croissantes, et il est nécessaire d’offrir de nouvelles possibilités pour que les producteurs et les consommateurs puissent ensemble développer ce mode d’abattage. Car l’abattage à la ferme est défendu par les producteurs, par les consommateurs, par des vétérinaires et chercheurs qui y voient une alternative, une diversification possible pour la filière viande.

Interdiction des néonicotinoïdes : Plus de place au doute !

Interdiction des néonicotinoïdes : Plus de place au doute !

© Adobe Stock, tous droits réservés

Vote sur l’interdiction des néonicotinoïdes : parce que le doute n’est plus permis… !

Le 27 avril, dans deux jours, les Etats membres de l’Union Européenne devront se prononcer sur l’interdiction des néonicotinoïdes.

Présentés dans les années 90 comme une avancée majeure pour les agriculteurs et la sécurité des citoyens, l’imidaclopride, la clothianidine et le thiamethoxam se sont rapidement révélés avoir un effet désastreux sur l’environnement.

Suite à de nombreuses publications scientifiques démontrant les dangers posés par l’usage des néonicotinoïdes, en 2017, la Commission Européenne a exprimé la volonté d’interdire tout usage en champ de ces 3 néonicotinoïdes. Cette proposition sera soumise au vote des Etats membres ce 27 avril. Nous attendons toujours, à quelques heures du vote,un positionnement fort de la Belgique…

Très récemment, fin mars, l’EFSA a publié les conclusions d’une importante étude concernant l’impact des néonicotinoïdes sur les insectes. Les conclusions sont alarmantes pour le futur de la biodiversité en Wallonie ! Faut-il le rappeler, il est urgent de rétablir la biodiversité dans nos campagnes !

Lors de la restriction de l’autorisation des 3 néonicotinoïdes imidaclopride, clothianidine et thamethoxam en 2013, la Commission Européenne, dans son règlement d’interdiction 485/2013, a demandé aux producteurs de ces substances, Bayer et Syngenta, de fournir des données confirmatives concernant la toxicité de ces substances sur les pollinisateurs autres que les abeilles, le risque lié à l’exposition des abeilles à du nectar/pollen contaminé sur culture successive, le risque lié à l’exposition au nectar/pollen des adventices, l’exposition chronique, etc.

Bayer a fourni des informations pour l’imidaclopride et la clothianidine tandis que Syngenta n’a quasiment rien fourni comme informations. Sur base de cela, l’EFSA a publié en novembre 2016 une opinion sur ces données confirmatives et indiquait que pour l’imidaclopride et la clothianidine, il n’y avait pas d’utilisation sûre prouvée des néonicotinoïdes.

Il en est de même pour le thiamethoxam de Syngenta vu que la compagnie n’a pas fourni de preuves de l’innocuité de son produit sur les abeilles. Sur base de cela, la Commission Européenne a fourni en mars 2017 aux Etats membres une proposition d’interdiction de ces 3 substances.
Un certain nombre d’Etats membres a demandé à attendre une nouvelle opinion de l’EFSA sur de nouvelles données scientifiques (notamment celles de la littérature scientifique indépendante) sur la toxicité de ces 3 néonics sur les abeilles. Ces avis ont été publiés en février 2018. L’EFSA y confirmait qu’il n’y avait pas d’utilisation sûre des pesticides pour les abeilles.

Détail intéressant de ces études: dans de nombreuses études, les contrôles négatifs (par exemple de pollen, qui ne doivent donc pas contenir de résidus de pesticides) sont contaminés par des néonicotinoïdes: on les retrouve partout dans l’environnement. Ce qui est remarquable, c’est qu’une grande partie de ce dernier rapport concerne les bourdons car de plus en plus de données sont disponibles.

Les bourdons semblent plus susceptibles aux néonicotinoïdes que les colonies d’abeilles mellifères (notamment parce qu’ils ont de plus petites colonies donc une moindre résilience).
Pour ce qui concerne la betterave sucrière, c’est particulièrement la contamination du nectar/pollen via les cultures successives qui est mise en cause et aucune utilisation sûre n’a été mise en évidence car les néonicotinoïdes restent actifs dans le sol pour les cultures suivantes : après betterave on cultive une céréale suivie d’une moutarde très visitée par les abeilles.

Sur base de ce nouvel avis sans appel, la Commission a discuté de ce nouveau rapport à la réunion du Comité permanent sur les produits phytos (là où les Etats membres votent sur les autorisations/interdictions de pesticides) et normalement le vote sur la proposition d’interdiction de toute utilisation en plein champ de néonicotinoïdes devait avoir lieu fin mai mais la Commission voulant avancer le tempo, elle va faire voter sa proposition dans un autre Comité permanent ce vendredi 27.

Alors aujourd’hui, l’Allemagne, l’Angleterre, la France, l’Autriche, le Luxembourg et l’Irlande se sont déjà positionnés POUR l’interdiction…

La Belgique toujours pas…
Nous attendons une position ferme et définitive…
Le doute n’est plus permis !

Des réductions qui n’ont de drastiques que le NOM !

Des réductions qui n’ont de drastiques que le NOM !

© Photo by Unsplash, tous droits réservés

Des réductions qui n’ont de drastiques que le NOM !

Nature & Progrès déplore les mesures insuffisantes reprises dans ce projet d’arrêté. En effet, les mesures exposées n esont rien de plus que des pratiques de bon sens ! cela ne changera rien aux pratiques habituelles qui faut il  le rappeler sont responsables de dérives dans l’environnement

Les applications actuelles des pesticides se font avec dérives puisque nous retrouvons des pesticides dans l’environnement et cela est nocif pour la biodiversité et pour notre santé !

Revenons sur les éléments développés dans cet article:

1) L’obligation d’utiliser des buses qui réduisent les dérives de minimum 50%

Les buses qui réduisent les dérives de 50% devraient être la norme pour les traitements en plein champs et en zones d’habitats, il faudrait opter pour un minimum de 75% de réduction de dérive. C’est aberrant de continuer à pulvériser avec du matériel qui ne régule pas la dérive !

2) L’interdiction de pulvériser lorsque la vitesse du vent est supérieure à15km/h

QUI pulvérise lorsque le vent est supérieur ? Les études mettent en avant l’aberration de traiter lorsque le vent est supérieur !

zertgyh

Les champs qui continuent à être traités aux pesticides ne peuvent être source de pollution!

Le Gouvernement doit prendre pour protéger les riverains des dérives de pesticides, faut il le rappeler ce sont des poisons!

Les pesticides utilisés pour traiter les champs doivent rester sur les terrains traités. Nous plaidons donc pour  la mise en œuvre de techniques de pulvérisations anti-dérives.

Si pulvérisations il y a, elles doivent être réalisées sans dérives. Pensons à la qualité de vie des riverains !

3) Est-il normal de terminer une pulvérisation à la limite des pelouses quand on voit les dérives de pulvérisation?  Il faut une interdiction de traitement autour des habitations !

Nous demandons la mise en place, le long des zones d’habitat, de bandes tampons de 10 mètres de large consacrées à des cultures ne demandant pas de traitement aux pesticides. Ces cultures servant donc à isoler des zones d’habitation les terrains traités aux pesticides.

Aucun riverain ne demande à ce qu’on traite les cultures placées près de chez lui ! 

Des abeilles ou du sucre ?

Des abeilles ou du sucre ?

© Unsplash, tous droits réservés

Dans les années 90, une nouvelle famille d’insecticides a été mise sur le marché: les néonicotinoïdes. Présentés à l’époque comme une avancée majeure pour les agriculteurs et la sécurité des citoyens, l’imidaclopride, la clothianidine et le thiamethoxam se sont rapidement révélés avoir un effet désastreux sur l’environnement.

 Leur utilisation a rapidement mené à des hécatombes dans le secteur apicole. Dès leur autorisation sur tournesol en France au milieu des années 90, les apiculteurs ont constaté une hausse importante des mortalités dans leurs colonies d’abeilles exposées à ces insecticides. En 2013 et suite à une mobilisation massive des apiculteurs, des associations environnementales et des citoyens, l’utilisation des néonicotinoïdes a été restreinte aux cultures non-visitées par les abeilles. Ce fut une avancée importante dans la protection de l’environnement mais il a été démontré depuis que les caractéristiques particulières de ces molécules remettent en cause cette distinction entre cultures attractives pour les abeilles ou non.

En effet, les néonicotinoïdes sont des substances actives à très faibles doses et qui persistent souvent plus de 10 ans dans les sols avant de se dégrader. De plus, le fait que ce soit les semences (betteraves, chicorée,…) qui soient traitées fait que plus de 90% de l’insecticide reste dans le sol et n’est pas absorbé par la plante. Les sols sont donc contaminés, tout comme les eaux de surfaces suite au ruissellement des sols. Les cultures suivantes, telles que le colza, plante hautement attrayante pour les abeilles, seront donc contaminées et les abeilles seront à nouveau exposées aux néonicotinoïdes, avec les conséquences que l’on connaît. Outre la disparition des abeilles et des bourdons, les papillons et le monde des insectes en général sont en déclin. Il en est de même pour les oiseaux insectivores qui manquent de ressources alimentaires.

 Suite à de nombreuses publications scientifiques démontrant les dangers posés par l’usage des néonicotinoïdes, en 2017, la Commission Européenne a exprimé la volonté d’interdire tout usage en champ de ces 3 néonicotinoïdes. Cette proposition nécessite d’être approuvée par les Etats membres. Ces derniers voteront donc ce 27 avril. L’Allemagne a déjà déclaré qu’elle se prononcerait en faveur de cette proposition. Alors qu’en 2013, la Belgique avait soutenu la proposition de restriction, cette fois, étonnamment,  notre pays s’apprête à voter contre cette proposition d’interdiction visant à protéger nos abeilles.

 En effet, le secteur betteravier a joué un lobbying massif aux niveaux belges et européen afin d’obtenir une dérogation à l’interdiction. Pourtant l’Autorité européenne de sécurité des aliments (l’EFSA) a clairement indiqué qu’il n’existait pas d’utilisation sûre des néonicotinoïdes sur betterave, notamment de par le risque posé par les résidus laissés dans les champs pour les cultures suivantes.

 Contrairement aux messages fréquemment véhiculés, il existe des alternatives aux néonicotinoïdes, même pour les betteraves. Illégales de par leur toxicité maintenant clairement avérée pour les abeilles, maintenir ces substances donnerait un signal négatif au secteur betteravier fortement dépendant de l’agrochimie. En effet, ces poisons sont de moins en moins efficaces car les insectes visés (notamment les pucerons) deviennent résistants. Cela nécessitera d’augmenter les doses ou de développer de nouveaux insecticides plus puissants encore. Et l’histoire se répètera… Pensons également à la mise en place d’un soutien aux agriculteurs qui développent des alternatives aux néonicotinoïdes.

 En Belgique, le secteur betteravier bio est inexistant, écrasé pour une industrie sucrière reposant sur un modèle d’agriculture intensive. Pourtant dans certains pays (Autriche, Suisse), le secteur de la betterave bio se porte bien. Dans le nord de la France, il est en développement également. Étant entendu que depuis la fin des quotas betteraviers, le marché de la betterave s’est effondré, notre pays ne devrait-il pas s’orienter vers une production respectueuse des abeilles et de notre santé en phase avec la demande des consommateurs ?

Pour finir, la majeure partie de la production issue de la betterave à sucre ne nourrit pas la population  alors que son coût environnemental (pesticides, engrais chimiques, érosion des sols) est énorme.

Nature & Progrès Belgique, Natagora, IEW et le PAN Europe soutiennent un modèle d’agriculture familiale et écologique. Suivant l’exemple de la France ou du Royaume Uni, nous demandons au ministre fédéral de l’agriculture Denis Ducarme, de soutenir la proposition européenne d’interdiction en plein champ des néonicotinoïdes. Nous soutenons également l’utilisation des terres agricoles pour une production de qualité, durable et nourricière.

Pour Nature & Progrès, Marc Fichers
Pour le Pan Europe, Martin Derminne
Pour IEW, Christophe Schoune
Pour Natagora, Philippe Funcken

Des études alarmantes montrent une disparition inquiétante des insectes et des oiseaux.

Durant ces quelques semaines, plus de 50.000 hectares sont en train d’être semés pour les betteraves. En Belgique, le secteur betteravier BIO est inexistant, écrasé pour une industrie sucrière reposant sur le modèle de l’agriculture intensive.

Nature & Progrès dans l’émission CACTUS

Nature & Progrès dans l’émission CACTUS

© Adobe Stock, tous droits réservés

Nature & Progrès intervenait hier dans l’émission Cactus sur Canal C.

Le scandale Véviba a secoué l’opinion publique ces dernières semaines, et a révélé quelques dérives dans le domaine de la production de viande.

Nous revenons sur ce dossier avec Marc Fichers, secrétaire général de Nature & Progrès.

L’occasion d’évoquer avec lui le rôle de l’Afsca, mais aussi d’élaborer des pistes de solution pour une production de viande plus respectueuse, plus raisonnée, et favorisant les circuits courts.

Pour revoir l’émission dans son intégralité

La mâche

La mâche

© Photo de Hector Bermudez, tous droits réservés

Avec la laitue et la chicorée, la mâche constitue la troisième grande famille de salades. Ces rosettes de feuilles rondes, d’un beau vert foncé et brillant, sont charnues et croquantes.

Originaire du bassin méditerranéen, la mâche fait figure de salade hivernale de référence sur les étals, même si elle se consomme tout au long de l’année.

Son goût subtil et raffiné vous régale lorsqu’elle est crue, en salade, mais aussi cuite, en velouté et en accompagnement.

 

Installer vos plantes aromatiques BIO !

Installer vos plantes aromatiques BIO !

© Photo par Erol Ahmed, tous droits réservés

Mars est un bon mois pour mettre en place vos aromatiques bio préférées à l’intérieur…Et ce, afin de profiter très vite de leurs parfums au jardin et de leurs saveurs en cuisine !

Pour la ciboulette et le persil, supportant mal les repiquages, il est préférable de les semer directement en place (attendez alors la fin avril) sachant qu’ils rattraperont aisément les autres dans leur croissance.

Que pouvez-vous mettre en pot dès à présent ?

  • Aneth
  • Basilic
  • Ciboulette
  • Coriandre (coriandre vietnamien + simple)
  • Estragon9a7d353006572d9efb5ca0d63ce8836e
  • Laurier sauce
  • Menthe
  • Persil
  • Romarin
  • Sauge
  • Sariette
  • Thym

Où faire pousser ses plantes aromatiques d’intérieur ?

A peu près partout, tant qu’il y a un minimum de lumière et que l’endroit est aéré. Vous herbes-aromatiques-balcon-4pouvez les placez dans n’importe quelle pièce, un bord de fenêtres, sur un meuble, une étagère… Idéalement, il faudrait qu’elles puissent avoir entre 6h et 8h de soleil par jour.

Attention, si des tâches apparaissent sur les feuilles, cela est probablement du à un excès de lumière.

Récolter et conserver les aromatiques

Ne pas couper la base de la plante. Lors de la récole des plantes aromatiques, il ne faut pas couper trop court la plante, cela risquerait de freiner leur repousse. Coupez de préférence à 1/3 de la tige en partant de la base.

Soyez patient… Les plantes aromatiques poussent relativement vite. Alors pas de précipitation : ne prélevez pas sur des plants trop jeunes et cueillez au fur et à mesure de vos besoins (quelques feuilles suffisent pour parfumer vos plats).

L’astuce Zéro déchet !Macaron_texte_ZeroDechet_RVB.jpg

Congeler dans un pot en verre. Pour bien conserver ses herbes aromatiques fraiches et préserver toutes leurs saveurs, il suffit de les congeler. Pour cela, ciselez vos herbes, mettez les dans un petit bocal en verre (type pot de moutarde, pt de confiture, etc.) et placez les au congélateur pour une période de quatre à six mois.

Moins de 10 % de céréales wallonnes dans nos assiettes

Moins de 10 % de céréales wallonnes dans nos assiettes

© Photo par Wesual, tous droits réservés

Manger local est à présent dans l’ère du temps. Produits laitiers, viande, légumes… Mais qu’en est-il de nos céréales ? Si nous pouvons acheter notre pain chez le boulanger du village, les farines utilisées sont-elles produites localement ? Et le grain ? Et pour nos fameuses bières, les nombreuses brasseries belges utilisent-elles du malt issu d’orge local ? La réponse : très peu !

Notre bière belge… pas si belge que ça !

Elle est blanche, blonde, ambrée, brune… Fruitée, trappiste, d’abbaye ou de saison… Mais est-elle vraiment locale, cette fameuse bière belge reconnue au patrimoine mondial de l’Unesco ? Si le secteur de la brasserie et celui de la malterie sont largement développés en Belgique et en Wallonie, il en est tout autrement de la production des matières premières, notamment l’orge brassicole. Moins d’un pourcent de l’orge de brasserie utilisée pour la fabrication de bière est belge (essentiellement wallonne), un déclin drastique en à peine une quinzaine d’années. Cette tendance alarmante s’explique beer-2695358_1920par le fait que l’orge de brasserie doit répondre à des normes de qualité très strictes (une fois sur quatre, la récolte est déclassée), que le rendement de cette culture est moindre que celui de l’orge fourrager (escourgeon) et que le prix donné pour l’orge de brasserie est à peine supérieur à celui donné pour l’escourgeon et ne compense pas la diminution de rendement. A ce train-là, il en est fini de cultiver de l’orge de brasserie en Wallonie ! Autre point faible de la filière : la concentration des malteries (elles ne sont plus que six) et leur privatisation par de grands groupes : il n’en reste que deux qui maltent à façon en Belgique. Et enfin, les malteries travaillent généralement avec de grands lots d’orge brassicole qui doivent être homogènes et elles fournissent des grands lots de malts, ce qui est peu adapté aux caractéristiques des producteurs (petites parcelles de culture) et des microbrasseries (demandant de petits lots de malts) qui sont par ailleurs nombreuses et en plein développement.

Moins d’un pourcent de l’orge de brasserie utilisée pour la fabrication de bière est belge (essentiellement wallonne), un déclin drastique en à peine une quinzaine d’années.

Et le pain ?
Vous le choisissez au levain ou à la levure, blanc ou demi-gris, avec ou sans épeautre, croustillant ou moelleux… Mais le choisissez-vous wallon ? En effet, seulement 15 % du froment traité par le secteur de la meunerie est belge ou wallon. La difficulté semble être similaire à celle de l’orge de brasserie : des normes de qualité très exigeantes pour qualifier le froment de panifiable, et une faible valorisation de celui-ci. En réalité, le cultivateur ne saura même pas comment sera utilisé le grain qu’il fournira à sonwheat-8762_1920 négociant, et une étude wallonne a montré que seulement 6 % du froment wallon est utilisé pour l’alimentation humaine. Par ailleurs, il est bon de savoir que 98 % de la mouture du froment est réalisée en Flandre dans des moulins dits industriels et seulement 2 % en Wallonie ou subsistent quelques moulins artisanaux travaillant notamment sur meule de pierre pour fournir une farine de qualité supérieure. Mais le savoir-faire de la meunerie et les moulins tendent à disparaitre !

Seulement 6 % du froment wallon est utilisé pour l’alimentation humaine.
Comment développer des filières wallonnes, du grain au pain ou à la bière ?
Et si on revalorisait le prix donné pour les céréales destinées à l’alimentation humaine en Wallonie ? Des labels de qualité différenciée, mettant en avant des filières locales, peuvent-ils aider à une meilleure rémunération des cultures alimentaires ? Les normes bread-2864703_1920de qualité pour l’orge de brasserie ou le froment panifiable, si difficiles à atteindre dans nos régions fraiches et humides, sont-elles incontournables ? Quelles possibilités de développement de micromalteries afin de répondre aux demandes des microbrasseries wallonnes et permettre aux fermiers de valoriser de plus petits lots d’orge brassicole ? Quelles possibilités de renforcement de la meunerie artisanale wallonne ? Il est important de répondre à la demande de boulangers pour de la farine de qualité, notamment issue de variétés de blés rustiques et d’une mouture artisanale. Ici aussi, des outils travaillant à petite échelle sont nécessaires pour assurer le lien entre petit producteur et petits transformateurs artisanaux.

Quelle part de farines wallonnes dans mon pain ?
EtRencontres céréales avril 2018.jpg le reste !
Une autonomie en céréales à 100 % n’est pas un but en soi : on ne cultivera vraisemblablement jamais de riz en Belgique et il n’est pas nécessaire de strictement faire une croix sur les produits importés. Mais d’autres possibilités existent et peuvent être développées : flocons d’avoine et de seigle, pâtes alimentaires à base d’épeautre, farines de céréales diverses… En effet, à côté du froment, il existe d’autres céréales intéressantes tant pour leurs propriétés nutritionnelles que pour leur facilité de culture, notamment leur rusticité : résistance aux maladies, potentialités de culture en sols pauvres… Oui, on peut aussi cultiver des céréales pour l’alimentation humaine dans des zones aussi inhospitalières que l’Ardenne ! D’ailleurs… on le faisait encore il y a moins d’un siècle !

On en parle ?
Le projet « Echangeons sur notre agriculture » vous proposera cette réflexion dans le cadre de ses prochaines activités.

  • Le lundi 16 avril à Marche-en-Famenne, nous inviterons Mme Van Stappen, chercheuse du CRAW, à nous présenter les débouchés des céréales wallonnes et à discuter des possibilités de renforcer notre autonomie alimentaire.
  • Le mardi 17 avril à Louvain-la-Neuve, nous inviterons Mr Sinnaeve, chercheur au CRAW, à discuter avec nous de la qualité du froment pour la boulangerie et des possibilités d’utiliser des blés « hors-normes » pour la fabrication de pain. Mme Cara de la Boulangerie Legrand nous fera part de son expérience.
  • Le jeudi 19 avril à Ellezelles, nous inviterons Mme Louppe, chargée de projet à Socopro, à nous présenter la filière brassicole belge et wallonne et à discuter avec nous des possibilités de développement de filières 100 % locales.
  • Le lundi 23 avril à Tintigny, nous inviterons Mme Tielemans, chargée de projet au Parc Naturel Haute Sûre Forêt d’Anlier à nous présenter la marque « Epeautre d’Ardenne » et à discuter avec nous des possibilités de valorisation de céréales en qualité différenciée.
  • Le mardi 24 avril à Angleur, nous inviterons Mr Godin, chercheur au CRAW, à discuter avec nous de la qualité de l’orge de brasserie et des possibilités de développer des micromalteries en Wallonie pour le développement de filières brassicoles 100 % wallonnes.
  • Le jeudi 26 avril à Vielsalm, nous inviterons Mr Winandy, chargé de mission à Diversiferm, à nous présenter le secteur de la meunerie et discuterons avec lui des possibilités de développement des moulins et du métier de meunier en Wallonie.

240_F_27197018_0LNOse8WBfwbwEXTyI7BbWBaaDPYJTe9

Infos pratiques et inscriptions

Par la suite, des visites d’initiatives auront lieu fin mai et début juin afin d’explorer le potentiel de développement de filières céréalières 100 % wallonnes. Infos à suivre…

Pin It on Pinterest