La menace des nouveaux OGM

La menace des nouveaux OGM

La résistance s’organise !

Le lobby des biotechnologies ne désarme pas !

Il est déjà à l’œuvre pour déréglementer les “nouveaux OGM”. Mais de quoi s’agit-il concrètement ? Les réglementations européennes relatives aux OGM sont, depuis longtemps, une grosse épine dans le pied des industries des biotechnologies.

Etant donné le rejet des OGM par les consommateurs – il existe de facto un moratoire en Europe -, l’invisibilité semble devenue vitale pour garantir le succès commercial de produits issus des nouvelles technologies de modifications du génome.

Elles sont déjà et sont ainsi appelées à rester des “OGM cachés” !

Un dossier réalisé par Catherine Wattiez, Dr.Sc.

L’apiculteur et les abeilles, une histoire de passion !

L’apiculteur et les abeilles, une histoire de passion !

Dominique Hereng est apiculteur et professeur. Passionné par les abeilles, il n’a pas hésité lorsque l’association Nature & Progrès lui a proposé de placer cinq de ses ruches sur le terrain du Plan Bee à Ciney.

Qu’est-ce que le Plan Bee ?

Le Plan Bee, de l’association Nature & Progrès, a pour objectif de diversifier la production de sucre en implantant des fleurs mellifères sur des terrains de 10 à 15 ha en Wallonie. Début 2018, à Ciney, l’association s’est vue mettre à disposition, par la SWDE, un terrain de 13 hectares pour y semer des plantes annuelles, bisannuelles et vivaces afin de nourrir des ruchers sur ces surfaces pour produire du miel.

Un partenariat gagnant-gagnant

L’apiculteur a déjà pu, grâce à ce projet, récolter environ 250 kg de miel. Comme il le dit, les abeilles sont à l’hôtel car elles bénéficient d’une nourriture située à proximité de la ruche. Cette collaboration avec Nature & Progrès permet à des apiculteurs comme Dominique Hereng de produire du miel tout en favorisant le retour de nos abeilles dans les campagnes wallonnes.

Envie de nous rejoindre ?

Nature & Progrès recherche des apiculteurs pour installer des ruches sur de nouveaux sites étudiés par le Plan Bee à Orp-Jauche, Gerpinnes et Pont-à-Celles ! Si vous souhaitez nous rejoindre dans cette belle aventure, consultez notre site internet.

 

Rédaction : Annabelle Bietheres

En 2017, le glyphosate a été réautorisé sur base de fraude

En 2017, le Glyphosate a été réautorisé sur base de fraude

En 2019, un scandale a éclaté en Allemagne concernant le laboratoire LPT-Hambourg dont d’anciens employés ont témoigné de fraudes dans des études toxicologiques réglementaires. Une instruction pénale a été ouverte contre ce laboratoire. Au moins 14% des nouvelles études fournies dans le cadre du renouvellement du glyphosate en 2017 proviennent de ce laboratoire, ce qui met en évidence le manque de fiabilité du système : l’industrie produit elle-même les études qui permettent d’évaluer ses produits.

Des animaux morts remplacés par des animaux vivants en cours d’étude, des tumeurs rapportées comme de simples inflammations, voici les pratiques du laboratoire afin de favoriser les intérêts des commanditaires des études.

Suite à la mise à jour de fraudes au sein du laboratoire LPT-Hambourg par une enquête de la télévision publique allemande ARD, les ONGs PAN Germany, Global2000 et Corporate Europe Observatory ont souhaité déterminer le niveau d’implication de ce laboratoire dans la ré-évaluation du glyphosate en 2017. Au minimum une nouvelle étude sur 7 fournie par Monsanto provenait de ce laboratoire. LPT-Hambourg est un laboratoire doté de la certification BPL (Bonnes Pratiques de Laboratoire), ce qui est vu par les autorités comme une garantie de probité et de fiabilité.

Martin Dermine, du Pesticide Action Network Europe indique : « Si le glyphosate a été reconnu « cancérigène probable » par l’OMS mais pas par les autorités européennes et belges, c’est parce que les études académiques démontrant sa toxicité ne sont pas certifiées BPL. Seules les études de l’industrie ont cette certification coûteuse et obligatoire et, bizarrement, elles ne démontrent pas de toxicité. »

Depuis de nombreuses années, les ONGs se battent pour que les études académiques soient systématiquement prises en compte car elles mettent en évidence une toxicité que les tests règlementaires ne démontrent pas.

Martin Dermine d’ajouter : « Les autorités européennes et belges favorisent les intérêts de l’industrie des pesticides au détriment de la santé des citoyens par ce système de certification. Il suffit de regarder le site fytoweb, le SPF y fait l’apologie de la certification BPL comme étant un système garantissant la « transparence et la qualité » alors que l’enquête d’ARD et de nos collègues démontrent clairement le fait qu’on ne doit pas laisser entre les mains de l’industrie le soin de produire ses propres études réglementaires. Le système n’est pas fiable. »

Et en Belgique, qu’en est-il exactement ?

En 2017, alors que l’autorisation du glyphosate arrivait à échéance, notre Ministre fédéral de l’Agriculture avait plaidé pour un phasing out, justifiant sa décision par le fait que ce temps allait être mis à profit dans le développement des alternatives. Nous sommes en 2020 et rien n’a encore bougé alors que le glyphosate est loin d’être nécessaire et que les alternatives existent déjà. Nous pouvons donc nous demander pourquoi rien n’a été fait en ce sens.

De plus, alors que l’administration fédérale devrait aider à la réduction des pesticides, cette dernière a préféré publier un dossier de justification du glyphosate. Ne mâchons pas nos mots, c’est une honte de prendre parti de la sorte lorsque l’on sait que les études prouvent la dangerosité et le caractère cancérigène probable du glyphosate.

Marc Fichers, de Nature & Progrès, nous indique : « En agissant de la sorte, nous piégeons les agriculteurs. En effet, en leur laissant croire que le produit sera réautorisé et en faisant fi des dangers de ce dernier, nous leur faisons perdre un temps précieux d’adaptation de leur méthode de travail. Lorsque le glyphosate sera définitivement interdit pour l’usage professionnel – car oui, cela va arriver – nos agriculteurs n’auront pas pu mettre à profit cette période pour se préparer. »

Le parlement fédéral autrichien a voté en 2019 la sortie du glyphosate. Le gouvernement du Luxembourg a confirmé l’abandon de cet herbicide en 2020. La France a suspendu les autorisations pour la majorité des herbicides à base de glyphosate (75% des volumes utilisés) car il existe des doutes sur la génotoxicité du produit.

Martin Dermine de conclure : « Il est inacceptable que le Luxembourg, l’Autriche et la France avancent dans la protection de leur population et pas la Belgique : ces mêmes produits interdits en France pour protéger la santé des citoyens sont toujours autorisés en Belgique, que fait le SPF ? ».

Contact PAN Europe, Martin Dermine, +32 486 32 99 92, martin@pan-europe.info
Contact Nature & Progrès, Marc Fichers, +81 32 30 52, marc.fichers@natpro.be

La Belgique devient le 2ème Etat européen à atteindre son quorum pour l’Initiative Citoyenne Européenne « Sauvons les abeilles et les agriculteurs »

La Belgique devient le 2ème Etat européen à atteindre son quorum pour l’ICE « Sauvons les abeilles et les agriculteurs »

Ce mercredi 5 février, le nombre de signatures belges à l’Initiative Citoyenne Européenne (ICE) « Sauvons les abeilles et les agriculteurs » a atteint le seuil des 15.750 signatures. Ce chiffre était nécessaire pour faire de notre pays le deuxième pays européen à atteindre le quorum obligatoire dans 7 Etats permettant la validation de l’initiative.

En novembre 2019, une centaine d’ONGs européennes – dont Nature & Progrès et le PAN Europe – a lancé la récolte de signatures pour l’Initiative Citoyenne Européenne « Sauvons les abeilles et les agriculteurs ». Cette démarche vise à demander à la Commission européenne et au Parlement européen d’agir en faveur d’une évolution de l’agriculture vers des pratiques libres de pesticides de synthèse et d’une restauration de la biodiversité dans les systèmes agricoles. Elle demande également aux pouvoirs publics d’accompagner la transition des agriculteurs vers des pratiques agroécologiques.

 

Conditions d’acceptation d’une ICE

Pour être acceptée, une ICE doit atteindre 1 million de signatures validées et obtenir un quorum dans 7 Etats membres. L’Allemagne a rapidement atteint ce dernier avec 72.000 signatures et la Belgique lui a emboîté le pas hier.

Marc Fichers, Secrétaire général de Nature & Progrès Belgique indique : « Nous ne pouvons pas prédire la date de fin de l’utilisation des pesticides mais nous remarquons que de plus en plus de citoyens veulent leur tourner le dos. Il est nécessaire de l’entendre pour pouvoir mettre rapidement en place les conditions de la transition. »

Nature & Progrès demande à ce que les moyens financiers octroyés à la recherche et à l’optimalisation des pesticides chimiques de synthèse soit ré-alloués au développement des alternatives. Ces dernières existent, l’agriculture BIO le prouve chaque jour.

Martin Dermine, coordinateur chez PAN Europe d’ajouter : « Malgré l’essor de l’agriculture biologique et la grande demande des consommateurs, la Belgique est le deuxième plus gros consommateur de pesticides de l’UE. Il est grand temps que nos décideurs politiques reconnaissent qu’il y a une attente importante parmi les citoyens pour favoriser un mode de production agricole qui soit en phase avec l’environnement ».

En tant que membres de l’ICE, Nature & Progrès Belgique et PAN Europe demandent au Ministre fédéral de l’agriculture d’agir au niveau européen dans le cadre de la réforme de la Politique Agricole Commune (PAC) pour conditionner les subsides agricoles aux pratiques qui vont vers une suppression progressive de l’utilisation des pesticides de synthèse et vers une restauration de la biodiversité. L’argent public doit être utilisé pour soutenir des pratiques vertueuses plutôt que d’assurer la rentabilité de l’industrie agrochimique.

Les deux associations demandent également aux Ministres fédéraux et régionaux de stopper les dérogations pour les néonicotinoïdes tueurs d’abeilles et d’accélérer la conversion vers l’agriculture biologique en Belgique.

 

Faites un pas de plus pour la Wallonie

Le printemps approche à grands pas. Le choix de passer aux alternatives aux pesticides doit se faire maintenant s’il l’on veut éviter que des hectares de cultures soient pollués une fois de plus. En 2017, Nature & Progrès a lancé sa campagne « Vers une Wallonie sans pesticides ». L’association est heureuse de voir que la démarche a été suivie avec l’ICE pour recouvrir, cette fois, l’entièreté de l’Europe.

Si ce n’est pas encore fait, signez vite l’appel européen et l’appel pour la Wallonie.

Nature & Progrès recherche des apiculteurs pour mettre des ruches sur ses parcelles Plan Bee

Nature & Progrès recherche des apiculteurs pour mettre des ruches sur ses parcelles Plan Bee

L’étude « Plan Bee » menée par Nature & Progrès a pour objectif d’étudier la faisabilité agronomique, apicole et économique de semer des fleurs sur de grandes surfaces pour produire du miel. Afin de mener à bien ce projet, nous recherchons des apiculteurs désireux de venir placer leurs ruches sur nos différentes parcelles.

Le Plan Bee, c’est quoi ?

Le Plan Bee s’inscrit dans la campagne « Vers une Wallonie sans pesticides, nous y croyons » en proposant une alternative à la culture de betteraves sucrières consommatrice en pesticides. Par ailleurs, il utilise l’abeille comme un indicateur de l’état de l’environnement : l’analyse des pesticides trouvés dans les produits de la ruche est mise en parallèle avec des analyses de l’environnement (eau et sol). De plus, il  fait l’objet d’une convention entre Nature & Progrès et la Société Publique de Gestion des Eaux (SPGE).


Les sites

Le « Plan Bee » concernera 4 sites en 2020. Ils sont tous localisés en Wallonie, dans des zones de captage d’eau de la Société wallonne des Eaux (SWDE).

  1. Le site de Ciney compte 13 hectares, dont 7 ont été semés avec des fleurs mellifères en 2019. L’expérience continue en 2020 ! Deux apiculteurs sont déjà présents sur le site.
  2. Le site d’Orp-Jauche sera semé en automne 2020. L’installation de ruches pendant la saison de butinage 2020 donnera une indication du potentiel mellifère du site avant les premières floraisons prévues au printemps 2021.
  3. Le site de Gerpinnes: Il n’est pas prévu d’y cultiver des fleurs mellifères. Les ruches seront donc un indicateur du potentiel mellifère du site et de son niveau de contamination par des pesticides.
  4. Le site de Pont-à-Celles: Il n’est pas prévu d’y cultiver des fleurs mellifères. Les ruches seront donc un indicateur du potentiel mellifère du site et de son niveau de contamination par des pesticides.


Engagements de l’apiculteur

Les apiculteurs partenaires du Plan Bee installent des ruches sur le site, entretiennent les ruches, effectuent la récolte de miel ainsi que la récolte de produits de la ruche (pollen et pain d’abeilles) nécessaires à l’étude (analyses polliniques permettant de connaitre les fleurs butinées et analyse des pesticides). Les récoltes en vue des analyses seront réalisées en suivant un protocole fourni par Nature & Progrès (fréquence des relevés, taille des échantillons, conservation au congélateur…). L’apiculteur communique à Nature & Progrès les quantités de miel récoltées.


Engagements de Nature & Progrès

Nature & Progrès met à disposition les sites cultivés et non cultivés, et fournit aux apiculteurs tous les résultats d’analyses réalisées sur les produits de la ruche.


Intéressé(e) ?

Merci de nous contacter par mail : info@natpro.be en nous communiquant votre intérêt, vos éventuelles questions et vos coordonnées. Nous reprendrons contact avec vous par téléphone pour discuter du partenariat !

Plus d’infos sur le site internet du Plan Bee

Le néonicotinoïde thiaclopride enfin interdit en Europe

Le néonicotinoïde thiaclopride enfin interdit en Europe

© Plan Bee, tous droits réservés

Le thiaclopride sera interdit dès le printemps prochain dans l’Union européenne après des années de lutte contre cette famille de néonicotinoïde. Réjouissons-nous de cette bonne nouvelle en gardant tout de même à l’esprit que cette décision aurait dû être prise bien plus tôt…

Il y a 5 ans déjà, l’Agence européenne des produits chimiques a classé le thiaclopride comme “toxique pour la reproduction, catégorie 1B». D’une part ravis de cette avancée, nous sommes d’autre part navrés d’avoir eu à supporter ce poison 5 années de trop.

L’avis scientifique de l’EFSA est clair : il y a des préoccupations environnementales liées à l’utilisation de ce pesticide, en particulier son impact sur les eaux souterraines, mais aussi lié à la santé humaine, dans la toxicité pour la reproduction“, a déclaré la Commissaire à la santé Stella Kyriakides.

D’autres néonicotinoïdes sont encore sur le marché belge

Il va de soi qu’il serait incompréhensible de la part de notre pays de ne pas respecter cette décision de l’Union européenne. Mais chat échaudé craint l’eau froide… restons vigilants : il ne faut pas que le Ministre fédéral de l’Agriculture déroge à cette interdiction comme il l’a fait en 2019 envers 3 néonicotinoïdes…

En effet, en avril 2018, après 15 ans de lutte, les Etats membres de l’Union européenne ont adopté la proposition de la Commission interdisant, pour toutes les cultures en plein champ, trois néonicotinoïdes : le clothianidine, l’imidaclopride et le thiaméthoxame. Malgré cette décision et les études prouvant la toxicité des néonicotinoïdes, notre Ministre fédéral de l’Agriculture les a ré-autorisés en cultures de betteraves, chicorées, carottes et laitues.

Nature & Progrès, avec Pesticides Action Network Europe, n’a eu d’autre choix que de porter plainte devant le Conseil d’Etat pour faire annuler cette dérogation. Et nous ne désespérons pas, bien entendu !

Les néonicotinoïdes sont dévastateurs

Les néonicotinoïdes sont des pesticides systémiques très solubles qui imprègnent les racines et les tissus des plantes, ce qui signifie que les résidus ne peuvent pas être éliminés par le lavage des fruits et des légumes.

Le thiaclopride est le quatrième des cinq pesticides néonicotinoïdes dont l’utilisation en Europe a été interdite ou strictement réglementée à la suite de preuves croissantes de la toxicité et des effets dévastateurs sur les abeilles et autres pollinisateurs.

Pour en savoir plus, prenez le temps de parcourir notre étude « Notre histoire avec les néonicotinoïdes ».

Pourquoi faut-il toujours essayer de prolonger les délais d’autorisation lorsque les preuves de nocivité des produits sont là ? Les pesticides, nous n’en voulons plus, à commencer par les plus nocifs pour la santé ! Les alternatives existent, le BIO le prouve au quotidien. 

Marc Fichers

Secrétaire général, Nature & Progrès

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