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Nouveaux OGM : demande à la Commission du respect intégral de la législation sur les OGM

Nouveaux OGM : demande des ONG à la Commission du respect intégral de la législation des OGM

Le 17 septembre 2020, une lettre commune co-signée par Greenpeace EU, les Amis de la Terre Europe (FoEE), la fédération internationale des mouvements d’agriculture biologique (IFOAM), la Coordination Européenne Via Campesina (ECVC), Slowfood et de nombreuses associations nationales dont en Belgique Nature & Progrès, VELT, CNCD-11.11.11, MAP, IEW, UNAB, Bioforum Vlaanderen, FIAN Belgique, Rencontre des Continents, Terre en Vue, FUGEA, Quinoa, Libère Terre, Boerenforum, Vitale Rassen, Collective Garden, Wervel et Natagora a été envoyée à la Commissaire à la Santé Stella Kyriakides. Il lui est demandé de ne pas affaiblir la législation européenne relative aux OGM pour les nouveaux OGM produits par les nouvelles techniques de génie génétique.

Lors d’une conférence de presse de présentation de la Stratégie de la Commission « De la ferme à la Table » en mai dernier, la Commissaire à la Santé Stella Kyriakides a déclaré que la Commission réalisait une étude à la demande du Conseil qui examine « le potentiel des nouvelles techniques génomiques afin d’améliorer la durabilité tout au long de la chaîne d’approvisionnement alimentaire ». Elle a ajouté qu’il « pourrait y avoir une modification de la législation existante relative aux OGM à l’issue de cette étude ». Toutefois le Conseil n’a pas mandaté la Commission sur ce point. Il a plutôt soulevé les questions pratiques liées à l’application des règles communautaires sur les OGM telles qu’interprétées par l’Arrêt de la Cour de Justice Européenne de juillet 2018 qui dit que les nouveaux OGM sont des OGM à part entière et doivent dès lors relever de la réglementation OGM existante. Cet arrêt va à l’encontre de la volonté du lobby des biotechnologies pour qui les nouveaux OGM ne seraient pas des OGM.

Dans notre lettre, nous exprimons à la Commissaire notre inquiétude qu’elle puisse envisager un régime de réglementation distinct et léger pour ces nouvelles techniques de production d’organismes génétiquement modifiés. A l’inverse, nous lui demandons de favoriser le respect intégral de l’Arrêt de la Cour de Justice Européenne mais aussi  de renforcer la législation relative aux OGM notamment  en matière de traçabilité et d’étiquetage. Ceci  pour assurer le droit des  consommateurs de choisir des denrées alimentaires végétales « sans OGM » ou  « issues d’animaux nourris sans OGM ». La demande des co-signataires porte également sur le respect des règles démocratiques lors de décisions relatives aux autorisations communautaires des OGM.

Voici les éléments-clés repris dans la lettre :

Risques environnementaux et sanitaires des nouveaux OGM

Il est fort peu probable que les nouvelles techniques de génie génétique contribuent à réduire les impacts négatifs de l’agriculture sur l’environnement et les effets délétères des changements climatiques sur l’agriculture. Les promesses de réduction de  l’utilisation des pesticides et de production de cultures résistantes à la sécheresse sont faites par l’industrie depuis l’avènement des premiers OGM. Elles n’ont pu être tenues en grande partie parce que des rendements stables dans un climat instable dépendent de pratiques culturales saines avec des semences localement adaptées. Ces pratiques peuvent difficilement être réalisées par des multinationales dans un modèle d’agriculture industrialisé et très exigeant en intrants. De plus, il existe de nombreuses preuves scientifiques d’erreurs génétiques liées à l’application de ces nouvelles technologies en agriculture. Les erreurs génétiques peuvent se retrouver à l’endroit choisi du chromosome pour y introduire la modification voulue mais également en divers autres endroits des chromosomes. Ces erreurs peuvent notamment occasionner la production de nouvelles toxines et de substances allergisantes, des altérations de la valeur nutritionnelle, la perturbation du fonctionnement des écosystèmes, … La Commission devrait être plus attentive aux impacts sur la santé et l’environnement de ces nouveaux OGM.

Pour une limitation du monopole des multinationales productrices de pesticides, d’OGM et de semences.

A l’instar des anciens OGM, les droits de propriété intellectuelle sur les nouvelles technologies OGM sont aux mains d’un nombre très limité de compagnies multinationales. Ceci augmente les coûts de production des cultures, les concentrations des semenciers et bloque le développement souhaité des variétés adaptées localement par les agriculteurs et petits semenciers. La Commission devrait être attentive aux conséquences de la concentration des semenciers, aux droits des agriculteurs et évaluer de façon critique les bénéfices sociétaux de ces nouveaux OGM.

Pour un renforcement du droit de savoir et de choisir  des consommateurs

Dans la Stratégie « De la ferme à la table », la Commission promet aux consommateurs de pouvoir « faire des choix informés quant à la qualité et à la durabilité de son alimentation ». Un nouveau cadre d’étiquetage couvrira « les aspects nutritionnels, climatiques, environnementaux et sociaux des produits alimentaires ». Nous nous réjouissons de ces intentions. Toutefois, nous suggérons à la Commission de combler une lacune relative aux règles d’étiquetage pour les OGM en vertu de laquelle le lait, les œufs, le beurre, le fromage et la viande des animaux nourris aux OGM ne sont pas étiquetés. La plupart des consommateurs ignore cette importante contribution des OGM dans le cadre de l’alimentation des animaux en Europe. Ils choisiraient certainement d’éviter ce genre de nourriture s’ils étaient tenus informés. La Commission devrait donc renforcer la règlementation européenne d’étiquetage pour les produits alimentaires issus d’animaux nourris sans OGM.

Pour une application intégrale aux nouveaux OGM de la législation européenne relative aux OGM

La Cour de Justice Européenne a déclaré qu’une exclusion de l’actuelle législation sur les OGM de ces nouvelles techniques OGM « compromettrait l’objectif de protection voulu par la Directive et irait à l’encontre du Principe de Précaution qu’elle a pour objet d’appliquer ». A la lumière de cet arrêt, toute proposition que la Commission ferait pour alléger la réglementation pour les nouveaux OGM remettrait en question le principe selon lequel l’Union Européenne possède des normes de sécurité alimentaire de haut niveau. Nous demandons donc  à la Commission de mettre entièrement en application l’arrêt de la Cour de Justice Européenne, plutôt que de proposer d’amender la Directive européenne sur les OGM.

Les ONGs environnementales appellent la Belgique à adopter les stratégies de l’Europe sur la biodiversité, l’alimentation et l’agriculture

Les ONGs environnementales appellent la Belgique à adopter les stratégies de l’Europe sur la biodiversité, l’alimentation et l’agriculture

© Unsplash

 

Aujourd’hui, la Commission européenne a présenté sa feuille de route en matière de biodiversité et d’alimentation et d’agriculture (“de la Ferme à la Fourchette”) d’ici à 2030. Ces deux stratégies sont des éléments clés du “Green Deal” européen. Une coalition d’associations environnementales (Greenpeace, IEW, Natagora, Nature & Progrès, WWF) salue les mesures prises en faveur de politiques durables, alors que la pandémie de COVID-19 a mis en évidence les liens étroits entre les écosystèmes sains et la préservation de la santé humaine.

Ramener la nature dans nos vies

La Commission européenne montre qu’elle tire des enseignements de la crise sanitaire, en proposant des mesures qui peuvent transformer notre relation déséquilibrée avec la nature en une relation saine. Selon la coalition des organisations environnementales belges, les deux stratégies sont susceptibles de transformer profondément les politiques communautaires en matière de nature, d’alimentation et d’agriculture, et d’inverser la tendance sur la crise de la biodiversité en cours. La coalition déplore néanmoins le manque d’ambition de la Commission européenne sur certains points, comme la nécessaire limitation du soutien à l’élevage industriel, les faibles mesures sur la pollution de l’air et de l’eau par les nutriments ou la limitation insuffisante de l’usage des antibiotiques.

Dans le même temps, la coalition se félicite de la nouvelle vague d’objectifs nécessaires sur une multitude de sujets qui vont impacter positivement les politiques fédérales et régionales, tels que les zones protégées (au moins 30% de la terre et 30% de la mer de l’UE), l’agriculture biologique (au moins 25% des terres agricoles de l’UE), la réduction des pesticides chimiques (moins 50% en volume et en toxicité), la part de surface agricole dédiée à la diversité de la nature (minimum 10%), etc. La stratégie biodiversité prévoit aussi de présenter des objectifs contraignants de restauration de la nature en 2021. La restauration des écosystèmes naturels contribuera non seulement à résoudre la crise de la biodiversité – un million d’espèces sont menacées de disparition, mais aussi à atténuer le changement climatique et à s’y adapter.

Selon la coalition, les deux stratégies sont une base solide et ambitieuse pour migrer vers une société saine pour les humains et la nature. Elles pourraient accélérer la transition vers des systèmes alimentaires et agricoles durables et équitables au sein de l’Union Européenne. Et permettraient de restaurer l’équilibre entre la production alimentaire, les ressources naturelles disponibles tout en redonnant son rôle à la nature dans notre société. De cette façon, l’Europe espère répondre à la demande d’aliments sains, durables et abordables en tenant compte des intérêts des agriculteurs. Enfin, les deux stratégies devraient jouer un rôle important dans l’amélioration de la résilience économique et environnementale de l’Europe.

La coalition appelle la Belgique à soutenir les stratégies de l’Europe

Ces deux stratégies guideront les politiques nationales et régionales des Etats Membres de l’Union Européenne, dont la Belgique. La coalition appelle les parlementaires et les ministres belges à soutenir activement ces stratégies, aux niveaux fédéral et régional. Nous appelons nos gouvernements à adopter ces nouveaux objectifs européens de façon transversale, dans le cadre des politiques agricoles, commerciales, économiques et environnementales. Et nous demandons d’adapter les politiques au regard des ambitions de transition écologique, de protection de la biodiversité et de résilience de nos systèmes alimentaires qui ressortent clairement des deux stratégies européennes. Concrètement, au niveau des régions de la Belgique, la réforme de la Politique Agricole Commune (PAC) est et restera le jalon principal en 2020-2021 pour le secteur agricole. Sa réforme devra conduire à l’utilisation de pratiques durables afin de contribuer à la mise en œuvre des objectifs de deux stratégies européennes.

Citations des membres de la coalition

Alors que l’UE se tourne vers la relance post-crise Covid19, la stratégie européenne ‘De la ferme à la Fourchette’ est un outil essentiel pour construire un système alimentaire et agricole plus résilient, sain et durable pour l’homme et la nature». Monica Schuster, Chargée des politiques alimentation et agriculture, WWF-Belgique

Ces stratégies pourraient faire une réelle différence et changer la trajectoire actuelle des crises de la biodiversité et du climat. La commission européenne a présenté aujourd’hui ce qui devrait être la nouvelle norme pour la planète”. Emmanuelle Beguin, Responsable Politique Agricole, Natagora

Les crises actuelles doivent être une opportunité pour diminuer l’impact de notre alimentation sur le réchauffement global, tout en faisant face à ses conséquences, dont les agriculteurs sont les premières victimes. La Commission nous invite à considérer globalement le réchauffement global et la perte de biodiversité, l’alimentation et l’agriculture. Ensemble nous trouverons des solutions”. Sébastien Snoeck, Expert agriculture durable, Greenpeace Belgique

Pour que les discours ambitieux puissent se transformer dès maintenant en actes pour ceux qui nous nourrissent et celle qui nous abrite, notre planète”. Julie Van Damme, Chargée de mission Ruralité, Inter-Environnement Wallonie

La stratégie “De la ferme à la Fourchette “ une chance à saisir pour un renouveau de notre agriculture, de notre alimentation. La fonction première de l’agriculture est de nourrir tout en respectant l’environnement c’est possible les agriculteurs bios le montrent chaque jour”. Marc Fichers, Secrétaire général, Nature & Progrès

La société civile européenne veut protéger la santé et l’environnement contre les pesticides

La société civile européenne veut protéger la santé publique et l’environnement contre les pesticides

Au milieu de la crise du Covid-19, la société civile européenne se lève pour protéger la santé publique et l’environnement contre les pesticides tout en rétablissant la biodiversité et en soutenant les petits agriculteurs.

Alors que les États membres de l’Union européenne sont aux prises avec la crise du Covid-19, l’agro-industrie tire profit de la situation en agissant pour adoucir considérablement le pacte vert pour l’Europe de la Présidente von der Leyen. La société civile européenne, réunie dans le cadre de l’Initiative citoyenne européenne « Sauvons les abeilles et les agriculteurs », demande à la Commission européenne de maintenir des objectifs ambitieux pour protéger la santé de la population, l’environnement et soutenir la transition de l’agriculture européenne vers l’agroécologie.

Le 29 avril 2020, la Commission européenne devait publier sa politique alimentaire de l’UE (De la ferme à la table) et sa politique environnementale (Biodiversité). Ces documents politiques devaient fixer, pour la première fois, des objectifs ambitieux et obligatoires dans l’UE dans les deux domaines politiques précités. Toutefois, ceux-ci ont été reportés pour la seconde fois avec la nouvelle date limite potentielle du 20 mai. Entre-temps, des documents divulgués ont montré que l’objectif ambitieux initial de rendre les réductions de l’utilisation des pesticides obligatoires dans les États membres s’est érodé au fil du temps. Aussi, le risque de se retrouver avec des documents politiques faibles est très important à tel point que cela pourrait sérieusement ternir les ambitions de rendre l’alimentation et l’agriculture de l’UE plus durables, ainsi que sur le point de « reprise verte » après le Covid-19.

L’élaboration des deux documents a été présentée dans le cadre de la publication du pacte vert pour l’Europe en décembre 2019 par la présidente nouvellement élue Ursula von der Leyen. Un plan aussi ambitieux pour protéger le climat, l’environnement et les générations futures est une initiative sans précédent de la part de la Commission européenne et cette dernière a largement été soutenue par les organisations de la société civile.

L’initiative a déclenché une importante réaction dans les coulisses de l’industrie agroalimentaire pour ternir les ambitions de l’exécutif européen. Le secteur agricole conventionnel et les entreprises agrochimiques ont été aidés à la fois par les partis conservateurs au Parlement européen et par les principaux fonctionnaires de la Commission européenne.

Aujourd’hui, les membres de l’Initiative citoyenne européenne « Sauvons les abeilles et les agriculteurs », dont Nature & Progrès Belgique fait partie, exigent que la Commission européenne s’en tienne à la publication de politiques fortes de « De la ferme à l’assiette » et « Biodiversité ». Nous avons recueilli plus de 300 000 signatures dans toute l’Union européenne et nous continuerons à recueillir le soutien des citoyens pour éliminer progressivement l’utilisation de pesticides synthétiques dans l’UE, restaurer la biodiversité dans les zones agricoles et utiliser les subventions de la politique agricole commune pour mettre l’agriculture de l’UE sur la voie de l’agroécologie. La crise du Covid-19 a montré, une fois de plus, la vulnérabilité de l’agriculture et des systèmes alimentaires mondialisés et l’agroécologie est le seul moyen de relocaliser nos productions tout en respectant la santé de la population et l’environnement.

Signez l’Initiative citoyenne européenne Sauvons les abeilles et les agriculteurs
Signez notre appel pour une Wallonie sans pesticides

Marc Fichers, Secrétaire général de Nature & Progrès
marc.fichers@natpro.be

Crise du COVID : Vers des systèmes alimentaires sains, durables et résilients

Crise du Covid : vers des systèmes alimentaires sains, durables et résiliants

Une coalition de cinq associations, Nature & Progrès, Natagora, Inter-environnement Wallonie, WWF et Greenpeace se réunissent pour demander un nouveau contrat social entre citoyens et agriculteurs afin de rendre notre alimentation plus autonome, durable pour l’homme et la nature et résiliente face aux crises.

La pandémie liée au COVID-19 a ébranlé nos sociétés et notre quotidien à toutes et tous. Notre système alimentaire n’y a pas échappé. Les appels aux États à maintenir leurs marchés ouverts pour ne pas perturber les chaînes d’approvisionnement se multiplient ces derniers jours, mais les conséquences du confinement sont déjà là : pénurie de main d’œuvre saisonnière, angoisse des consommateurs qui vident les supermarchés, augmentation du prix de certaines denrées, ruée vers les filières locales, secteur agroalimentaire et export en berne. Le système va-t-il tenir le coup ?

Toute crise naît de la rencontre de deux facteurs: d’une part, un terrain vulnérable, et d’autre part un élément déclencheur qui met le feu aux poudres. L’épidémie de COVID-19 ne fait que mettre en lumière la vulnérabilité de notre système alimentaire. En effet, alors que l’agriculture wallonne a le potentiel de nourrir la Wallonie, la région de Bruxelles et bien au-delà, elle ne répond qu’à 17% de ses besoins en fruits et légumes et seuls 9% des céréales produites en Wallonie sont destinées à l’alimentation humaine. Elle dépend encore des importations de matières premières (intrants chimiques, pétrole, soja pour l’élevage industriel) et de la demande des marchés étrangers pour écouler une grande partie de productions excédentaires (viande bovine, lait et pommes de terres par exemple). Dans le même temps, la concentration du commerce de détail limite les débouchés et uniformise les conditions de production (90% de la distribution belge est aux mains de huit groupes internationaux). Cette crise nous met face aux limites de nos marchés agricoles mondialisés, régis par des économies d’échelles et des prix aux consommateurs toujours plus bas. Ces mêmes prix n’intègrent pas les externalités négatives de ces modes de production, c’est-à-dire les coûts cachés liés aux impacts sur l’homme et la planète (biodiversité, émissions de gaz-à-effet de serre, pesticides chimiques, bien-être des producteurs, travailleurs, santé des consommateurs etc.).

Alors oui, célébrons aujourd’hui nos agriculteurs wallons pour leur travail et leur persévérance en ces temps difficiles. Et si la crise se transformait en crise alimentaire, pourront-ils réorienter leurs productions et nous nourrir? Nous avons plus que jamais besoin d’eux. Soyons créatifs: préparons la transition à venir de notre agriculture vers des systèmes alimentaires durables, sains et plus résilients face aux crises.

Une transition urgente vers un système alimentaire durable et résilient

On doit relocaliser un certain nombre d’activités chez nous. Je salue le retour des consommateurs vers une agriculture de proximité. Nous avons des produits de très grande qualité près de chez nous“, tweetait Willy Borsus le 24 mars. La question d’une plus grande autonomie pour nos agriculteurs et notre alimentation est dans toutes les têtes. Les solutions sont déjà en marche. Depuis le début de la crise, la demande en aliments issus des circuits courts a doublé voire triplé. Des producteurs bio et agroécologiques s’organisent en coopératives pour mettre sur pied des nouvelles filières d’approvisionnement. La question est là: comment permettre à la majorité des agriculteurs de répondre en priorité à la demande alimentaire locale en produits sains et de qualité, et d’être moins dépendants des marchés mondiaux ?

Ne sous-estimons pas les enjeux environnementaux dans cette réflexion. Dans son approche «Une seule santé» (One Health), la communauté internationale souligne que la santé humaine, la santé animale et la santé de la Nature ne font qu’une. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, l’évolution des maladies infectieuses est sensible aux perturbations des écosystèmes et de la biodiversité. Il s’agit de retrouver un équilibre entre la production et les ressources disponibles. Enfin, la nature et la biodiversité, en dehors du bien-être qu’elles nous apportent à tous, peuvent remplacer les services rendus par les engrais et pesticides, et permettre ainsi aux agriculteurs de réduire leur dépendance aux marchés. Elles méritent de retrouver leur place dans toutes les fermes wallonnes.

Quels sont les points d’attention pour les prochains mois ?

Nous devons tirer les leçons de la crise actuelle, et saisir l’opportunité d’établir un nouveau contrat social entre citoyens et agriculteurs afin de rendre notre alimentation plus autonome, durable pour l’homme et la nature et résiliente face aux crises.

Voici les points que la coalition souhaite porter à l’attention du gouvernement :

  • Le gouvernement wallon vient d’annoncer la création d’une task force agriculture et alimentation. Passée la gestion des problèmes d’approvisionnement à court-terme, l’essentiel sera de tirer les enseignements de la crise. C’est pour cela que nous appelons à un débat public avec toutes parties prenantes sur l’avenir de notre système alimentaire en Wallonie
  • La politique de relance devra, comme annoncé au niveau européen, être un plan de sortie de crise aligné sur le Green Deal. En particulier pour le secteur agricole et alimentaire, l’alignement sur la stratégie Farm to Fork, dont la pertinence ne vient que d’être exacerbée par la crise en cours, sera un enjeu majeur.
  • L’élaboration du plan stratégique de la Politique Agricole Commune (ci-après PAC) pour la Wallonie est et restera le jalon principal en 2020-2021 pour le secteur agricole. La PAC, en orientant nos systèmes de production agricole, a une influence déterminante sur notre alimentation, notre santé, nos paysages et les biens publics que sont le climat et la biodiversité. Le plan stratégique proposé devra être lu au regard de cet enjeu central de transition écologique, de protection de la biodiversité et de résilience de nos systèmes alimentaires de la fourche à la fourchette.
  • Au-delà de la PAC, une approche de politique économique devrait être mise en œuvre pour accélérer la transition vers des systèmes alimentaires durables et résilients, que ce soit en stimulant l’investissement dans les filières stratégiques, en appliquant le principe de pollueur-payeur et en créant des incitants pour les modèles vertueux (ex. bonus à l’agroécologie, au bio, aux coopératives de producteurs etc.). Notamment, la Déclaration de Politique Régionale wallonne prévoit 30% de bio en 2030, ce qui devra amener à une augmentation de la capacité de transformation et de commercialisation des productions agricoles au niveau régional.

La Wallonie a d’immenses atouts à valoriser dans cette nouvelle donne, que ce soit son patrimoine naturel remarquable, la diversité ou l’expérience de ses agriculteurs. Elle peut devenir un modèle en Europe. Nous serons là pour contribuer à ce changement. Prenons soin de nous.

Signataires:
Emmanuelle Beguin, Responsable Politique Agricole, Natagora
Marc Fichers , Secrétaire général, Nature & Progrès
Sylvie Meekers,  Directrice générale, Inter-Environnement Wallonie
Monica Schuster , Chargée des politiques alimentation et agriculture , WWF Belgique
Sébastien Snoeck, Expert agriculture durable,  – Greenpeace Belgique

Pour une autonomie alimentaire, pensons aux producteurs BIO Nature & Progrès

Pour une autonomie alimentaire, pensons aux producteurs Nature & Progrès

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Pour une autonomie alimentaire, pensons aux producteurs Nature & Progrès


Avec la fermeture des jardineries et pépinières, il est, à l’heure actuelle, difficile de se lancer dans la mise en place d’un jardin potager. Pourtant, il est plus que jamais temps de développer notre autonomie alimentaire. Heureusement, les producteurs et maraichers BIO de Nature & Progrès ayant un magasin à la ferme proposent des semences et plants.

Où vous les procurer ?

Parmi les producteurs de Nature & Progrès, vous pouvez notamment acheter des plants de légumes à repiquer en province de Liège à la Ferme de Targnon à Esneux et chez Les pieds verts à Lierneux. En province de Namur, vous en retrouverez entre autres chez Les Compagnons du Samson à Gesves, à la Ferme Champignol à Philippeville et chez A veyou l’porê à Ohey. Cette liste est non exhaustive. N’hésitez pas à contacter les producteurs Nature & Progrès proches de chez vous pour en savoir plus.

Quant aux semences biologiques, la marque Les Semailles est vendue dans la plupart des magasins bio et magasins à la ferme.

Revenons à l’essentiel : l’autonomie alimentaire !

Notre société a longtemps cru que l’alimentation devait passer par les grandes surfaces, ce qui est faux. En Wallonie, l’approvisionnement des supermarchés est une réelle problématique au vu de la distance que parcourent de nombreux aliments. La crise sanitaire actuelle est une nouvelle preuve de la complexité des modes de distribution alimentaire. Peut-être aura-t-elle pour conséquence positive une ouverture vers une autonomie alimentaire plus ancrée dans notre mode de vie ?

« Depuis 40 ans, l’association Nature & Progrès Belgique plaide pour plus d’autonomie alimentaire. Et cela ne passe pas par la capacité de se rendre dans une grande surface pour acheter un produit importé, mais bien par celle de produire des fruits et légumes de base chez soi. Il en va ensuite de savoir les cuisiner et les échanger » indique Marc Fichers, Secrétaire général de Nature & Progrès.

L’association de producteurs et de consommateurs espère que les citoyens redécouvriront l’importance d’acheter chez le producteur. En cette période troublée, nous prenons conscience que l’aliment n’est pas un bien de consommation comme un autre. Il y a 20 ans, après la crise de la dioxine, Nature & Progrès avait mis en avant le refus du bio anonyme avec la campagne « Mes aliments ont un visage ». Nous devrions toujours être au courant de qui cultive et élève les produits biologiques que nous consommons. En effet, l’objectif n’est pas uniquement commercial. L’aliment est le lien entre le producteur et le consommateur.

Retrouvez la liste des producteurs et maraichers BIO de Nature & Progrès sur le site dédié au Label.

En 2017, le glyphosate a été réautorisé sur base de fraude

En 2017, le Glyphosate a été réautorisé sur base de fraude

En 2019, un scandale a éclaté en Allemagne concernant le laboratoire LPT-Hambourg dont d’anciens employés ont témoigné de fraudes dans des études toxicologiques réglementaires. Une instruction pénale a été ouverte contre ce laboratoire. Au moins 14% des nouvelles études fournies dans le cadre du renouvellement du glyphosate en 2017 proviennent de ce laboratoire, ce qui met en évidence le manque de fiabilité du système : l’industrie produit elle-même les études qui permettent d’évaluer ses produits.

Des animaux morts remplacés par des animaux vivants en cours d’étude, des tumeurs rapportées comme de simples inflammations, voici les pratiques du laboratoire afin de favoriser les intérêts des commanditaires des études.

Suite à la mise à jour de fraudes au sein du laboratoire LPT-Hambourg par une enquête de la télévision publique allemande ARD, les ONGs PAN Germany, Global2000 et Corporate Europe Observatory ont souhaité déterminer le niveau d’implication de ce laboratoire dans la ré-évaluation du glyphosate en 2017. Au minimum une nouvelle étude sur 7 fournie par Monsanto provenait de ce laboratoire. LPT-Hambourg est un laboratoire doté de la certification BPL (Bonnes Pratiques de Laboratoire), ce qui est vu par les autorités comme une garantie de probité et de fiabilité.

Martin Dermine, du Pesticide Action Network Europe indique : « Si le glyphosate a été reconnu « cancérigène probable » par l’OMS mais pas par les autorités européennes et belges, c’est parce que les études académiques démontrant sa toxicité ne sont pas certifiées BPL. Seules les études de l’industrie ont cette certification coûteuse et obligatoire et, bizarrement, elles ne démontrent pas de toxicité. »

Depuis de nombreuses années, les ONGs se battent pour que les études académiques soient systématiquement prises en compte car elles mettent en évidence une toxicité que les tests règlementaires ne démontrent pas.

Martin Dermine d’ajouter : « Les autorités européennes et belges favorisent les intérêts de l’industrie des pesticides au détriment de la santé des citoyens par ce système de certification. Il suffit de regarder le site fytoweb, le SPF y fait l’apologie de la certification BPL comme étant un système garantissant la « transparence et la qualité » alors que l’enquête d’ARD et de nos collègues démontrent clairement le fait qu’on ne doit pas laisser entre les mains de l’industrie le soin de produire ses propres études réglementaires. Le système n’est pas fiable. »

Et en Belgique, qu’en est-il exactement ?

En 2017, alors que l’autorisation du glyphosate arrivait à échéance, notre Ministre fédéral de l’Agriculture avait plaidé pour un phasing out, justifiant sa décision par le fait que ce temps allait être mis à profit dans le développement des alternatives. Nous sommes en 2020 et rien n’a encore bougé alors que le glyphosate est loin d’être nécessaire et que les alternatives existent déjà. Nous pouvons donc nous demander pourquoi rien n’a été fait en ce sens.

De plus, alors que l’administration fédérale devrait aider à la réduction des pesticides, cette dernière a préféré publier un dossier de justification du glyphosate. Ne mâchons pas nos mots, c’est une honte de prendre parti de la sorte lorsque l’on sait que les études prouvent la dangerosité et le caractère cancérigène probable du glyphosate.

Marc Fichers, de Nature & Progrès, nous indique : « En agissant de la sorte, nous piégeons les agriculteurs. En effet, en leur laissant croire que le produit sera réautorisé et en faisant fi des dangers de ce dernier, nous leur faisons perdre un temps précieux d’adaptation de leur méthode de travail. Lorsque le glyphosate sera définitivement interdit pour l’usage professionnel – car oui, cela va arriver – nos agriculteurs n’auront pas pu mettre à profit cette période pour se préparer. »

Le parlement fédéral autrichien a voté en 2019 la sortie du glyphosate. Le gouvernement du Luxembourg a confirmé l’abandon de cet herbicide en 2020. La France a suspendu les autorisations pour la majorité des herbicides à base de glyphosate (75% des volumes utilisés) car il existe des doutes sur la génotoxicité du produit.

Martin Dermine de conclure : « Il est inacceptable que le Luxembourg, l’Autriche et la France avancent dans la protection de leur population et pas la Belgique : ces mêmes produits interdits en France pour protéger la santé des citoyens sont toujours autorisés en Belgique, que fait le SPF ? ».

Contact PAN Europe, Martin Dermine, +32 486 32 99 92, martin@pan-europe.info
Contact Nature & Progrès, Marc Fichers, +81 32 30 52, marc.fichers@natpro.be

Belgique, 2ème Etat à atteindre son quorum pour l’ICE « Sauvons les abeilles et les agriculteurs »

La Belgique devient le 2ème Etat européen à atteindre son quorum pour l’ICE « Sauvons les abeilles et les agriculteurs »

Ce mercredi 5 février, le nombre de signatures belges à l’Initiative Citoyenne Européenne (ICE) « Sauvons les abeilles et les agriculteurs » a atteint le seuil des 15.750 signatures. Ce chiffre était nécessaire pour faire de notre pays le deuxième pays européen à atteindre le quorum obligatoire dans 7 Etats permettant la validation de l’initiative.

En novembre 2019, une centaine d’ONGs européennes – dont Nature & Progrès et le PAN Europe – a lancé la récolte de signatures pour l’Initiative Citoyenne Européenne « Sauvons les abeilles et les agriculteurs ». Cette démarche vise à demander à la Commission européenne et au Parlement européen d’agir en faveur d’une évolution de l’agriculture vers des pratiques libres de pesticides de synthèse et d’une restauration de la biodiversité dans les systèmes agricoles. Elle demande également aux pouvoirs publics d’accompagner la transition des agriculteurs vers des pratiques agroécologiques.

Conditions d’acceptation d’une ICE

Pour être acceptée, une ICE doit atteindre 1 million de signatures validées et obtenir un quorum dans 7 Etats membres. L’Allemagne a rapidement atteint ce dernier avec 72.000 signatures et la Belgique lui a emboîté le pas hier.

Marc Fichers, Secrétaire général de Nature & Progrès Belgique indique : « Nous ne pouvons pas prédire la date de fin de l’utilisation des pesticides mais nous remarquons que de plus en plus de citoyens veulent leur tourner le dos. Il est nécessaire de l’entendre pour pouvoir mettre rapidement en place les conditions de la transition. »

Nature & Progrès demande à ce que les moyens financiers octroyés à la recherche et à l’optimalisation des pesticides chimiques de synthèse soit ré-alloués au développement des alternatives. Ces dernières existent, l’agriculture BIO le prouve chaque jour.

Martin Dermine, coordinateur chez PAN Europe d’ajouter : « Malgré l’essor de l’agriculture biologique et la grande demande des consommateurs, la Belgique est le deuxième plus gros consommateur de pesticides de l’UE. Il est grand temps que nos décideurs politiques reconnaissent qu’il y a une attente importante parmi les citoyens pour favoriser un mode de production agricole qui soit en phase avec l’environnement ».

En tant que membres de l’ICE, Nature & Progrès Belgique et PAN Europe demandent au Ministre fédéral de l’agriculture d’agir au niveau européen dans le cadre de la réforme de la Politique Agricole Commune (PAC) pour conditionner les subsides agricoles aux pratiques qui vont vers une suppression progressive de l’utilisation des pesticides de synthèse et vers une restauration de la biodiversité. L’argent public doit être utilisé pour soutenir des pratiques vertueuses plutôt que d’assurer la rentabilité de l’industrie agrochimique.

Les deux associations demandent également aux Ministres fédéraux et régionaux de stopper les dérogations pour les néonicotinoïdes tueurs d’abeilles et d’accélérer la conversion vers l’agriculture biologique en Belgique.

 

Faites un pas de plus pour la Wallonie

Le printemps approche à grands pas. Le choix de passer aux alternatives aux pesticides doit se faire maintenant s’il l’on veut éviter que des hectares de cultures soient pollués une fois de plus. En 2017, Nature & Progrès a lancé sa campagne « Vers une Wallonie sans pesticides ». L’association est heureuse de voir que la démarche a été suivie avec l’ICE pour recouvrir, cette fois, l’entièreté de l’Europe.

Si ce n’est pas encore fait, signez vite l’appel européen et l’appel pour la Wallonie.

Les pesticides chimiques de synthèse, on n’en veut plus !

 

Ce lundi 25 novembre est marqué par le lancement d’une nouvelle Initiative Citoyenne Européenne qui s’intitule « Sauvons les abeilles et les agriculteurs ». Mise en place par une centaine d’ONGs européennes – à l’initiative de PAN Europe et de Nature & Progrès – son but est le suivant : sortir des pesticides chimiques de synthèse sur 15 ans en modifiant les pratiques agricoles afin qu’elles soient à nouveau compatibles avec les abeilles et l’environnement en général. Lorsque nous aurons récolté un million de signatures validées à travers l’UE en un an, la Commission européenne et le Parlement européen seront obligés d’en tenir compte.

 

Cette nouvelle Initiative Citoyenne Européenne présente 3 requêtes :

  • Tout d’abord, elle demande de proposer un acte juridique pour éliminer les pesticides chimiques de synthèse d’ici à 2035.
  • Ensuite, elle souhaite également que la Commission européenne mobilise les ressources financières et humaines pour conduire l’Union Européenne vers l’agro-écologie, une agriculture qui respecte les besoins des générations futures. Il faut cesser d’orienter les moyens financiers de recherche vers le chimique.
  • Enfin, la restauration de la biodiversité et le soutien des agriculteurs dans leur transition vers une agriculture biologique sont également des éléments-clés.

 

Les ICE ont déjà porté leurs fruits par le passé !

En 2017, une ICE “Stop glyphosate” a contribué à réduire la durée de ré-approbation du glyphosate. Elle a aussi entraîné une réforme d’une législation européenne qui obligera bientôt l’industrie des pesticides à publier les données brutes des études de toxicité de leurs produits.

 

Cette initiative européenne est déjà ancrée dans les territoires

Les initiatives citoyennes contre les pesticides se multiplient au sein de l’Union européenne. En effet, les citoyens sont de plus en plus au courant de l’impact négatif de ces produits chimiques de synthèse sur notre santé et sur l’environnement. L’année passée, rien qu’en Bavière (dans le Sud-Est de l’Allemagne), une initiative populaire a recueilli 1,7 million de signatures manuscrites (les gens se déplaçaient pour les abeilles et pour une autre agriculture). En France, le mouvement Nous voulons des Coquelicots a récolté près d’un million de signatures pour sa pétition. Dans le village de Mals in Vinschgau dans le Tyrol du Sud, un référendum a remporté une proposition du conseil communal en faveur de l’interdiction des pesticides sur tout le territoire communal, y inclus les zones agricoles.

 

Nature & Progrès en Wallonie

En Wallonie, Nature & Progrès, association ayant pour but de rassembler producteurs et consommateurs, est le membre francophone belge partenaire de cette ICE. L’asbl défend depuis 40 ans le fait que les pesticides chimiques de synthèse n’ont pas d’avenir. Les alternatives existent, le BIO le prouve au quotidien. C’est pourquoi elle mène depuis 2 ans la campagne « Vers une Wallonie sans pesticides, nous y croyons ». Le succès est grandissant car sa communauté s’élargit de jour en jour.

« Avec d’autres associations européennes dont le PAN Europe, nous avons décidé de lancer un appel européen relatif aux pesticides chimiques de synthèse. C’est une belle victoire pour nous ! Nous nous réjouissons, une fois de plus, de porter notre campagne au niveau européen à travers cette initiative citoyenne de grande envergure », Marc Fichers – secrétaire général de Nature & Progrès.

Martin Dermine – coordinateur à Pesticide Action Network Europe, co-initiateur de cette ICE – nous précise, qu’à l’heure actuelle, près de la moitié du budget de l’Union européenne est dédié à soutenir un modèle agricole qui détruit l’environnement via l’utilisation massive de pesticides, d’engrais chimiques ou encore de soja OGM importé d’Amazonie. Les citoyens en sont conscients et n’en veulent plus !

 

Comment signer ?

Si nous récoltons un million de signatures d’ici la fin novembre 2020, la Commission Européenne sera dans l’obligation de prendre cette demande en compte. Pour signer l’initiative, rendez-vous sur www.sauvonslesabeillesetlesagriculteurs.eu.

Le Salon BIO Valériane : un bilan positif et un thème sur les abeilles concluant – 9 septembre 2019

Le Salon Valériane, organisé par l’association Nature & Progrès, ferme ses portes ce dimanche soir sur une 35ème édition plus que réussie !
En trois jours, plus de 22.000 visiteurs ont franchi les portes de Namur Expo pour rendre visite à plus de 300 exposants.

Le thème : les Abeilles, notre Avenir !

Pour cette 35ème édition, le thème était placé sous le signe des abeilles, ces pollinisateurs indicateurs de l’état de l’environnement. Tout un « Village des Abeilles » a donc été mis en place avec des acteurs du secteur apicole : associations, produits de la ruche, cosmétiques BIO, etc. Diverses conférences et ateliers sur le sujet ont également rassemblé de nombreux participants.

Le Plan Bee, grande campagne lancée en 2018 par Nature & Progrès, fut un réel succès. Ce projet vise à étudier la faisabilité agronomique, apicole et économique de semer et planter des fleurs attractives pour les abeilles sur des surfaces de 10 à 15 ha pour produire du miel. Des centaines de sachets de semences ont été vendus par ramener la biodiversité dans nos espaces verts.

Simonette à bicyclette, marque de produits visant à réduire les déchets, était représentée dans le Village des Abeilles. L’exposant en est à sa deuxième année au Salon : « Valériane est le premier Salon auquel nous avons participé et nous avons eu d’excellents retours. Nous vendons notamment des films réutilisables à base de cire d’abeille et nous proposons de les réenduire ici sur place. Des acheteurs de l’édition précédente sont déjà revenus pour ce service. Le public est fidèle et varié ! »

Les nouveautés cette année

Nous l’avions promis, cette édition 2019 annonçait des nouveautés. Parmi elles, le Village Ecobioconstruction a accueilli un espace dédié à l’Habitat léger. Ce type de logement est notamment représenté par les tiny houses, les yourtes et les roulottes. Les participants ont d’ailleurs pu assister et participer à la construction d’une tiny house durant toute la durée du Salon.

Guillaume Grawez d’Ecowez nous précise : « Grâce à la promotion du Village Ecobioconstruction en amont du Salon, de nombreux visiteurs sont venus nous rendre visite avec des questions bien précises. Ils ont préparé leur venue avec des projets concrets en tête. »

Le nouvel espace Foodtruck a également ravi les papilles de nos visiteurs. Il s’agissait bien évidement de restauration 100% BIO où il était possible déguster une glace, une part de tarte, un bon café ou une bière.

Les stands de Nature & Progrès

Cette année, une quinzaine de producteurs BIO de Nature & Progrès (le label BIO expliqué) se sont rassemblés dans le Village des Producteurs. A tour de rôles, ils se sont relayés pour vous faire déguster leurs produits, tous BIO et locaux bien évidement. Le public a été conquis par ce label qui réunit chaque année de plus en plus de producteurs wallons. A l’heure actuelle, ils sont 70 à être labellisés Nature & Progrès Belgique.

Les produits des exposants étaient variés : nourriture BIO, matériel de cuisine à basse température, vêtements équitables, zéro déchet, slow cosmétiques, associations de protection de l’environnement, produits de la ruche, …. Il y en avait pour tous les goûts !

En plus de ces 300 exposants, une série de conférences, ateliers et tables rondes ont eu lieu. N’oublions pas l’Espace citoyens. Les membres des Locales de Nature & Progrès étaient sur place pour échanger avec les visiteurs sur les enjeux de la société. Nos jardiniers conseil ont également été d’une aide précieuse pour répondre à toutes vos questions sur le jardinage. Enfin, Nature & Progrès ne serait rien sans ses bénévoles. Ce sont plus de 150 personnes qui tout le weekend se relaient pour faire le succès du salon ! Merci à eux !

En résumé, Valériane, c’est une ambiance familiale, particulière et chaleureuse au sein des allées de Namur EXPO. Nous vous donnons déjà rendez-vous l’année prochaine pour la 36ème édition.

80 personnes présentes à la visite du Plan Bee à Ciney – 27 août 2019

Le Plan Bee, semons des fleurs pour des sucres d’abeilles

Le « Plan Bee » est un projet mis en place par Nature & Progrès et qui s’inscrit dans le cadre de la campagne « Vers une Wallonie sans pesticides, nous y croyons ». Il étudie la faisabilité du développement de cultures de plantes mellifères sur grandes surfaces sans utilisation de pesticides. L’objectif est de produire du miel et de diversifier la production de sucre en Wallonie, tout en y développant la biodiversité.

Pour mener à bien ce projet, la Société Wallonne des Eaux a mis un terrain de 13 ha à disposition de Nature & Progrès pour y semer des fleurs mellifères. Le Plan Bee a également pu être réalisé grâce à l’aide du Ministre wallon de l’Environnement Carlo Di Antonio.

Ce samedi 24 août 2019 a eu lieu une visite guidée ouverte au grand public de cette parcelle située à Ciney. Un premier rendez-vous concluant avait déjà été organisé en juillet pour les membres ayant participé, de près comme de loin, à cette initiative. Cette fois-ci, ce sont plus de 80 personnes venues de tous horizons qui nous ont rendu visite. Le moins que l’on puisse dire est que tout le monde a passé un agréable moment au milieu des insectes et des fleurs mellifères.

Le concours photo

Un concours photo a également été mis en place durant la visite de la parcelle Plan Bee. Nos participants s’en sont donnés à cœur joie pour illustrer les insectes et les fleurs. Les plus beaux d’entre eux seront exposés au Salon Valériane ces 6, 7 et 8 septembre prochains.

Catherine Buysens, agronome responsable du projet, nous précise « En ce moment, le trèfle incarnat rouge, le trèfle blanc et la centaurée des prés sont tous les trois en fleur. La dominance de couleur est donc un mélange de rouge, de blanc, de violet et de bleu. Quelques tournesols ont également pris place sur la parcelle. »

En savoir plus sur le projet Plan Bee

En Wallonie, la betterave sucrière en agriculture conventionnelle est l’une des cultures les plus consommatrices en pesticides. Fort de ce constat, l’association Nature & Progrès encourage les agriculteurs qui le souhaitent à utiliser des méthodes alternatives à l’utilisation des pesticides.

Constatant la disparition de plantes sauvages et d’une partie de la biodiversité de nos campagnes, les acteurs de l’asbl se sont questionnés sur la possibilité de produire du sucre tout en apportant de la biodiversité dans nos campagnes. Le projet « Plan Bee » est le résultat de cette concertation. L’idée est d’implanter des cultures de fleurs mellifères sur des parcelles et d’y installer des ruches et valoriser les plantes cultivées via le fourrage et les semences.

Nature & Progrès rassemble une large communauté de personnes autour de ce projet. Elle se compose d’agriculteurs, apiculteurs, semenciers, chercheurs ou encore de citoyens bénévoles pour conseiller, réaliser les semis, récolter le miel, etc.

Avancement du projet Plan Bee

Sur le terrain de Ciney mis à disposition par la SWDE, l’implantation des cultures de plantes mellifères a débuté avec le semis d’une parcelle de 6 hectares. Deux apiculteurs y ont installé leurs ruches.

Des haies mellifères et arbres qui entourent le terrain apportent également du pollen et du nectar aux abeilles. Le site fera l’objet d’un suivi rigoureux afin d’analyser la faisabilité apicole agronomique et économique de la culture de fleurs mellifères.

Contact

Marc Fichers, secrétaire général – marc.fichers@natpro.be
Catherine Buysens, agronome/chargée de projets – catherine.buysens@natpro.be
Laura Vlémincq, chargée de communication – laura.vlemincq@natpro.be

Le Plan Bee, semons des fleurs pour des sucres d’abeilles – 22 juillet 2019

Le Plan Bee, semons des fleurs pour des sucres d’abeilles

Visite du site Plan Bee par Catherine Buysens @ Nature & Progrès

Le « Plan Bee » est un projet mis en place par Nature & Progrès et qui s’inscrit dans le cadre de la campagne « Vers une Wallonie sans pesticides, nous y croyons ». Il étudie la faisabilité du développement de cultures de plantes mellifères sur grandes surfaces sans utilisation de pesticides. L’objectif est de produire du miel et de diversifier la production de sucre en Wallonie, tout en y développant la biodiversité.

Pour mener à bien ce projet, la Société Wallonne des Eaux a mis un terrain de 13 ha à disposition de Nature & Progrès pour y semer des fleurs mellifères. Le Plan Bee a également pu être réalisé grâce à l’aide du Ministre wallon de l’Environnement Carlo Di Antonio.

Ce vendredi 19 juillet 2019 a eu lieu une visite guidée du site situé à Ciney. 50 personnes y ont participé et ont pu voir la mise en place du projet. Après un discours d’accueil de Catherine Buysens (agronome responsable du projet) et Marc Fichers (Secrétaire général de l’asbl), ils ont eu droit à des explications sur l’initiative et ses avancements au travers d’un parcours au milieu des fleurs mellifères. Pour les plus curieux, Dominique Hereng, apiculteur présent sur place, faisait une démonstration d’extraction de miel.

Catherine Buysens nous précise « En quelques semaines, le terrain a beaucoup évolué. On observe actuellement une dominance de violet, grâce à la phacélie et la bourrache. On voit également déjà quelques touches de blanc avec le sarrasin et le trèfle blanc. On remarque aussi de nombreux insectes. Papillons, coccinelles, bourdons, abeilles et criquets ont trouvé leur place. »

Nature & Progrès rassemble une large communauté de personnes autour de ce projet. Elle bénéficie de l’aide d’agriculteurs, d’apiculteurs, de semenciers, de chercheurs ou encore de citoyens bénévoles pour conseiller, réaliser les semis, récolter le miel, entretenir le terrain, etc.

En savoir plus sur le projet Plan Bee

En Wallonie, la betterave sucrière en agriculture conventionnelle est l’une des cultures les plus consommatrices en pesticides. Fort de ce constat, l’association Nature & Progrès encourage les agriculteurs qui le souhaitent à utiliser des méthodes alternatives à l’utilisation des pesticides.

Constatant la disparition de plantes sauvages et d’une partie de la biodiversité de nos campagnes, les acteurs de l’asbl se sont questionnés sur la possibilité de produire du sucre tout en apportant de la biodiversité dans nos campagnes. Le projet « Plan Bee » est le résultat de cette concertation. L’idée est d’implanter des cultures de fleurs mellifères sur des parcelles et d’y installer des ruches et valoriser les plantes cultivées via le fourrage et les semences.

Nature & Progrès rassemble une large communauté de personnes autour de ce projet. Elle se compose d’agriculteurs, apiculteurs, semenciers, chercheurs ou encore de citoyens bénévoles pour conseiller, réaliser les semis, récolter le miel, etc.

Avancement du projet Plan Bee

Sur le terrain de Ciney mis à disposition par la SWDE, l’implantation des cultures de plantes mellifères a débuté avec le semis d’une parcelle de 6 hectares. Deux apiculteurs y ont installé leurs ruches.

Des haies mellifères et arbres qui entourent le terrain apportent également du pollen et du nectar aux abeilles. Le site fera l’objet d’un suivi rigoureux afin d’analyser la faisabilité apicole agronomique et économique de la culture de fleurs mellifères.

Contact

Marc Fichers, secrétaire général – marc.fichers@natpro.be
Catherine Buysens, agronome/chargée de projets – catherine.buysens@natpro.be
Laura Vlémincq, chargée de communication – laura.vlemincq@natpro.be

Mercosur, une opportunité pour les artisans de la viande – 9 juillet 2019

Après une vingtaine d’années de négociations, un accord a été signé pour le Mercosur, un traité économique liant l’Union européenne, l’Argentine, le Brésil, l’Uruguay et le Paraguay. Le secteur agricole européen se mobilise car il craint la distorsion de concurrence occasionnée par la réduction des droits de douane sur les produits agricoles américains (notamment 99.000 tonnes annuelles de viande bovine prévue à destination de l’Europe). Cette importation potentielle représente 1,4 % de la production européenne, déjà suffisante pour couvrir les besoins des citoyens européens.

Mettons un visage sur notre alimentation

Pour Nature & Progrès, association de producteurs et de consommateurs défendant l’agriculture biologique, l’accord Mercosur est une raison de plus, pour les consommateurs européens, de délaisser les produits anonymes, et notamment les plats préparés industriels (cf. l’épisode des lasagnes à viande de cheval !) pour se rapprocher des producteurs locaux. La Wallonie, par ses herbages, est une terre propice à un élevage de qualité et elle accueille un savoir-faire artisanal reconnu, tant chez les éleveurs que chez les bouchers.

De plus en plus d’éleveurs se dirigent vers le bio et font le choix de proposer aux consommateurs locaux leur viande en direct. À ce jour, selon les statistiques de l’AFSCA[i], la Wallonie compte 93 boucheries à la ferme, un chiffre en progression ces dernières années. De nombreux éleveurs passent par des bouchers pour la réalisation de colis de viande vendus à la ferme. Différents sites internet référençant les producteurs locaux permettent de les découvrir.

« Dépassons la peur de ce traité en agissant :
renforçons le lien entre production locale et consommation locale
et sachons ce que nous mangeons ! »

Les artisans de la viande BIO Nature & Progrès

Le label Nature & Progrès Belgique regroupe une septantaine de producteurs et transformateurs biologiques wallons. Parmi eux, une vingtaine élèvent des bovins et proposent de la viande en direct au consommateur.

Chez les producteurs BIO de Nature & Progrès, les animaux pâturent les prairies à la belle saison tandis que le foin et quelques céréales cultivées à la ferme subviennent à leurs besoins en hiver.  Les éleveurs de Nature & Progrès ont développé une maîtrise de leur filière, notamment au niveau de la transformation (boucheries à la ferme, colis de viande) et de la vente. Le dernier maillon sur lequel ils travaillent est celui de l’abattage : l’association mène depuis 5 ans des travaux sur l’abattage à la ferme pour optimiser le bien-être animal et la qualité de la viande.

Le label compte également un boucher artisanal travaillant « à l’ancienne » : depuis le choix de l’animal chez l’éleveur bio et les conseils d’alimentation jusqu’à la transformation de la viande, selon des méthodes privilégiant les qualités nutritionnelles et gustatives.

Cartographie des producteurs BIO de Nature & Progrès proposant de la viande en circuit court

Orange : éleveur proposant des colis de viande
Vert : éleveur ayant une boucherie à la ferme
Bleu : boucher


[i] http://www.afsca.be/bo-documents/inter_NombreProducteursFermiers.PDF

Pas de béton pour nos cochons ! – 4 février 2019

Ce début 2019 voit naître, en Flandre, la désormais autoproclamée plus grande porcherie bio belge. Les porcs de la société Biovar.be sont destinés au groupe ColruytNature & Progrès est interpellée par l’apparition de ces nouveaux élevages de porcs « tout béton » à la limite de la certification biologique et s’éloignant dangereusement de la philosophie bio.

Des élevages minimalistes

Nature & Progrès, association de producteurs et de consommateurs biologiques, est frappée par ce nouveau modèle de porcherie « tout béton », où tant les espaces intérieurs qu’extérieurs directs sont artificialisés. Pourtant, la réglementation européenne précise que « des aires d’exercice permettent aux porcins de satisfaire leurs besoins naturels et de fouir. Aux fins de cette dernière activité, différents substrats peuvent être utilisés » (R889/2008, Art 11, point 6). Les substrats en question ne sont pas définis, mais le bon sens veut que des surfaces en béton ne soient pas adaptées. Les quelques brins de paille servant de litière aux porcs sont évidemment insuffisants pour leur permettre d’assouvir leur besoin naturel de fouir.

Quelques brins de paille pour fouir, voici ce que propose l’élevage industriel de porcs. Image issue du site biovar.be.

Sur son site internet (biovar.be), l’élevage se dit pourtant « plus que bio », notamment en ce qui concerne le bien-être animal. « Chaque animal a le libre choix de manger, de boire et de bouger à tout moment », ce qui est bien heureux et par ailleurs obligatoire selon la réglementation biologique. « Chaque promenade extérieure offre une vue imprenable via une séparation en mezzanine ouverte », on voit en effet une vue imprenable sur quelques mètres carrés de béton et des hautes barrières en plastique. « Toutes les catégories d’animaux vivent en groupe », ce qui est aussi une obligation de la réglementation, le cochon étant un animal sociable.

Vous le comprenez dans le discours de Biovar.be, l’associé de Colruyt, tout est dans la communication et dans l’application au minimum des règles du bio. C’est contraire à l’esprit du Bio qui guide les choix de nos agriculteurs.

Le parcours extérieur (aire « de promenade ») des porcelets et sa « vue imprenable » dans l’élevage de porcs Biovar.be. Image issue du site biovar.be.

L’élevage biologique de porcs selon Nature & Progrès

« La production biologique est un système global de gestion agricole et de production alimentaire qui allie les meilleures pratiques environnementales, un haut degré de biodiversité, la préservation des ressources naturelles, l’application de normes élevées en matière de bien-être animal […] » (Règlement européen R834/2007 relatif à l’agriculture biologique).

Pour Nature & Progrès, un élevage biologique doit respecter les besoins naturels des animaux : ces derniers ont besoin de fouir, comportement inné lié à leur régime alimentaire et à leur mode de vie. L’accès à des terres ou à d’importantes couches de paille est donc recommandé pour laisser les animaux assouvir leur instinct. Conservons un élevage lié au sol dans notre région où les prairies sont dominantes ! Selon la Bio de Nature & Progrès, les cochons sont élevés à l’extérieur et rentrent quand les conditions sont défavorables. Dans le modèle industriel, les cochons sont à l’intérieur et peuvent parfois sortir « en promenade ». Une différence de philosophie marquante !

A la Ferme des Crutins, les porcs sont élevés en plein air. Photo : Sylvie La Spina – Nature & Progrès.

Nature & Progrès prône pour des élevages de porcs ou de volailles en diversification et non en activité principale. En effet, pour tirer un revenu suffisant de ce type d’élevage, il est incontournable d’élever un grand nombre d’animaux, ce qui est difficilement compatible avec le bien-être animal, la prévention des maladies, l’autonomie des fermes (en amont et en aval de l’élevage) et les aspects écologiques (gestion des fumiers). Les porcs ont la faculté de valoriser les « déchets » de production tels que le son des céréales ou le petit lait de fromagerie. C’est dans ce sens qu’un élevage porcin s’associe avec les activités de fermes biologiques liées au sol, en polyculture élevage.

A la ferme de Stée, les porcs valorisent le petit lait issu de la transformation des laits de vaches, brebis et chèvres en délicieux fromages. Les éleveurs ont développé une boucherie pour proposer la viande de porcs au magasin de la ferme. Photo : Sylvie La Spina – Nature & Progrès.

Bien-être des porcs Pour un animal, pouvoir exprimer les comportements propres à son espèce est une des composantes cruciales de son bien-être. Les porcs explorent leur environnement et manipulent des objets pour la recherche d’endroits attractifs pour se coucher, pour l’acquisition de connaissances générales sur leur domaine vital, et pour la recherche de nourriture. Parmi ces activités, la recherche de nourriture, ou « fouille alimentaire », est un comportement majeur : quand les porcs domestiques peuvent vivre en liberté dans un cadre boisé, ils passent 75 % de leur temps actif à effectuer des comportements de fouille alimentaire, même quand ils sont nourris à satiété. Les fouilles consistent à pâturer, retourner, trouver et renifler des objets. Ce comportement a évolué au cours des millénaires, permettant aux porcs de trouver de la nourriture toute l’année. La sélection naturelle a favorisé ceux qui fouissaient le plus et ces comportements sont maintenant fixés, y compris chez le porc domestique moderne. Pour amener les porcs à combler leurs besoins de fouille, les éleveurs doivent mettre à leur disposition des substrats incitant ce comportement, idéalement comestibles, pouvant être mâchonnés, et pouvant être fouillés avec le groin. Si les besoins d’exploration et de fouille ne sont pas rencontrés, les porcs expriment leur frustration en mordant ce qui se trouve à leur portée, notamment la queue de leurs congénères. La caudophagie est plus fréquente dans des élevages sur caillebotis que dans des élevages plein air ou sur une importante couche de paille. En plein air, les cochons se rouleront dans la boue pour se protéger des parasites et du soleil. En effet, ils sont sensibles aux coups de soleil et nécessitent, quand il fait chaud, de réguler leur température. Une couche de boue leur permet de se rafraichir plus efficacement que des bains d’eau.

Une volonté d’industrialisation du bio

Dans le cadre de la révision du règlement bio européen, les pressions se font d’ores et déjà sentir pour officialiser un mode d’élevage « tout béton » dans le secteur bio dès 2021. L’idée est de ne plus fournir qu’un caillebotis extérieur aux animaux, donc aller vers le 100 % béton. Pour les producteurs et consommateurs de Nature & Progrès, ce sera un grand NON !

Le développement d’élevages biologiques intensifs et à grande échelle est lié au souhait des grandes surfaces (ici, Colruyt) d’offrir de la viande biologique locale au consommateur, au prix le plus bas possible, grâce à une filière intégrée et à des économies d’échelle. Ces circuits gérés par des investisseurs sont plus faciles à mettre en place que ceux de groupements d’éleveurs. En effet, pour travailler avec les grandes surfaces, il est nécessaire de fournir des produits standardisés, avec régularité. Pour nos producteurs artisanaux wallons, cette démarche est ardue et tend à appauvrir la spécificité de nos élevages. Pour cette raison notamment, Nature & Progrès prône le circuit court et la préservation de l’artisanat tant dans les métiers de l’élevage que dans ceux de la boucherie. Nous nous posons également la question de l’opportunité pour un distributeur de s’investir dans le développement d’outils de production agricole. La production agricole doit rester dans des fermes familiales et nourricières, et les grandes enseignes doivent se cantonner à faire leur job : distribuer.

Les éleveurs de porcs Bio de Nature & Progrès
Chez les producteurs Bio labellisés Nature & Progrès, l’élevage de porcs n’est pas une activité dominante. Elle est toujours associée à d’autres activités d’élevage ou de culture, et souvent à la transformation fromagère. En effet, le petit lait issu de la production de fromages est donné aux cochons qui valorisent ce « déchet » en viande. Les éleveurs sont pour la plupart en autonomie au niveau de l’alimentation de leurs cochons : de surfaces de céréales sont cultivées à leur égard pour compléter la ration.   La Ferme des Crutins, Pierre Pirson à Sugny. La Ferme à l’Arbre de Liège, Famille Paque à Lantin. La Ferme Dorloû à Ellezelles. La Ferme de Jambjoule à Rochefort. La Ferme de la Sarthe à Mettet. La Ferme du Moulin à Chièvres. La Fromagerie de Stée à Ciney. Le Domaine de Graux à Tournai. Le Chèvrefeuille à Haillot. La Ferme de l’Esclaye à Beauraing. Les pousses vertes à Rochefort. La Ferme du Hayon à Meix-devant-Virton (arrêt temporaire – peste porcine africaine)

Sources :

Site internet de Biovar.be (www.biovar.be)

Site internet du projet européen Welfare Quality  (http://www.welfarequality.net/en-us/home/)

“les porcs doivent avoir un accès permanent à une quantité suffisante de matériaux permettant des activités de recherche et de manipulation suffisantes, tels que la paille, le foin, la sciure de bois, le compost de champignons, la tourbe ou un mélange de ces matériaux qui ne compromette pas la santé des animaux “(Directive UE 2008/120/CE, Annexe 1, par.4). �7

Lettre ouverte à la Commission européenne – 29 novembre 2018

Lettre ouverte à la Commission européenne: le secteur des denrées alimentaires et des aliments pour animaux « sans OGM » se félicite de la décision de la Cour européenne de Justice (CEJ) d’assurer la sécurité juridique d’une production « sans OGM » et exige sa sauvegarde
Bruxelles / Berlin / Vienne – 75 entreprises européennes de l’alimentation humaine et animale sans OGM de 10 pays européens saluent dans une lettre ouverte au président de la Commission, Juncker, et au commissaire à la santé, Andriukaitis, les objectifs juridiques clairs résultant de l’arrêt de la Cour de justice européenne sur les nouvelles méthodes de génie génétique du 25 juillet 2018. Ils demandent à la Commission de l’UE de mettre en œuvre rapidement les mesures requises suite à la décision de la CJE visant à préserver la production « sans OGM » en Europe. Les sociétés signataires, dont les détaillants Edeka, Rewe et SPAR, ont réalisé un chiffre d’affaires de 14,2 milliards d’euros en 2017 et ont employé 833 000 personnes.
Les entreprises appellent la Commission européenne à garantir la protection du marché intérieur européen contre les produits fabriqués en dehors de l’Europe en utilisant de nouvelles méthodes d’ingénierie génétique. Elle  doit veiller à ce que des méthodes de détection soient disponibles pour les produits fabriqués à l’aide des processus du nouveau génie génétique. Elle doit garantir l’étiquetage, la traçabilité et des contrôles efficaces pour l’importation de produits agricoles en provenance des pays où les plantes produites avec de nouvelles méthodes de génie génétique sont cultivées. En outre, un registre mondial de transparence est proposé, qui couvrirait tous les organismes génétiquement modifiés (OGM) dans le monde, anciens et nouveaux.
La Commission européenne doit mettre fin aux tentatives actuelles de lobbying visant à assouplir la législation européenne en vigueur sur les OGM: « L’Europe n’a pas besoin d’une nouvelle législation européenne en matière d’OGM. L’Europe a besoin d’une mise en œuvre adéquate de la législation européenne en vigueur sur les OGM », déclare Heike Moldenhauer aux signataires. . « L’arrêt de la Cour de justice des Communautés européennes parle d’un langage sans équivoque: les processus du nouveau génie génétique sont également soumis à la législation de l’UE sur les OGM; le principe de précaution, l’évaluation des risques et l’obligation d’étiquetage s’appliquent donc sans restriction. »
Avec un assouplissement de la législation de l’UE sur les OGM, les denrées alimentaires et les aliments pour animaux produits à l’aide de nouveaux procédés de génie génétique seraient mis sur le marché sans être testés et invisibles pour les fabricants, les distributeurs et les consommateurs. « Nous ne voulons en aucun cas mettre involontairement des OGM en circulation et ainsi mettre en danger le niveau élevé de confiance des consommateurs dans nos produits contrôlés « sans OGM ». Par conséquent, une traçabilité qui fonctionne de manière fiable, avec des systèmes de vérification valables, est indispensable », expliquent les entreprises dans leur lettre ouverte.

Le « sans -OGM » est une norme de qualité européenne importante.
La production de denrées alimentaires et celle d’aliments non génétiquement modifiés  pour animaux sont devenues entre-temps une norme de qualité et un facteur de marché européen important. La décision de la CJE contribue à la sécurisation des investissements substantiels dans les processus de certification et permet une croissance ultérieure.
À l’heure actuelle, sept pays de l’UE ont des systèmes d’étiquetage « sans OGM » et d’autres pays envisagent de les introduire. L’Allemagne et l’Autriche sont les leaders sur le marché européen. En 2018, les sociétés organisées au sein de l’association allemande Aliments sans génie génétique (VLOG) généreront un chiffre d’affaires supérieur à sept milliards d’euros avec plus de 9 000 produits. Les sociétés membres de l’ARGE Gentechnik-frei autrichien réalisent un chiffre d’affaires annuel d’environ 1,5 milliard d’euros avec plus de 3 500 produits. En Allemagne, 50% du lait, 60% de la viande de volaille et 70% des œufs sont produits « sans OGM ». En Autriche, l’ensemble de la production de lait et d’œufs (depuis 2010) et toutes les volailles (depuis 2012) sont issus d’animaux nourris sans OGM.
Le label « sans OGM » donne aux consommateurs la liberté de choix, en particulier pour les produits d’origine animale, ce qu’ils n’auraient pas autrement en raison d’une lacune dans la législation de l’UE. En effet, seuls les aliments génétiquement modifiés sont soumis à un étiquetage, mais pas les produits dérivés d’animaux ayant mangé des OGM, tels que le lait, la viande et les œufs. Les produits issus de l’agriculture et de la production alimentaire fabriqués « sans OGM » sont basés sur des processus de certification complets, qui nécessitent un effort logistique et financier considérable.

Lien vers la lettre ouverte et les entreprises signataires

Contact presse UE : Heike Moldenhauer, VLOG Conseiller en politique européenne, Mobile +49 152 53 69 29 11, Email : h.moldenhauer@ohnegentechnik.org
Contact presse Allemagne : Alexander Hissting, Directeur général VLOG, Mobile +49 177 41 42 042, Courriel : a.hissting@ohnegentechnik.org
Contact presse Autriche : Florian Faber, directeur général ARGE Gentechnik-frei, Mobile +43 664 381 95 02, courriel : f.faber@gentechnikfrei.at

Heike Moldenhauer
Conseiller politique de l’UE
Verband Lebensmittel ohne
Gentechnik e.V. (VLOG)
Association alimentaire sans
Ingénierie génétique
Friedrichstr. 153 A
10117 Berlin
Tél .: +49 30 2359 945 80 ; Fax: +49 30 2359 945 01
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Les citoyens pour le respect de la SCIENCE dans la réglementation des pesticides – 31 octobre 2018

Les citoyens pour le respect de la SCIENCE dans la réglementation des pesticides. Une COALITION européenne réclame : une science rigoureuse, une nourriture saine et un environnement sain

L’Union européenne a l’une des meilleures réglementations pour les pesticides dans le monde-en théorie. Mais elle n’est pas mise en œuvre dans la pratique. UNE nouvelle coalition, « Les citoyens pour le respect de la science dans la réglementation des pesticides« , a lancé ce manifeste pour appeler à la réforme. Nous demandons aux groupes et aux particuliers de s’inscrire à l’appui de cette initiative.

Cette action  survient à un moment crucial, lorsque la Commission européenne examine la législation sur les pesticides dans le cadre de son programme REFIT. En outre, le comité phytosanitaire du Parlement européen, convoqué par les députés concernés à la suite de la controverse sur la ré approbation du glyphosate, présentera ses recommandations pour la réforme du processus d’autorisation des pesticides à la fin du 2018.

Le règlement européen sur les pesticides privilégie explicitement la protection de la santé humaine et animale et de l’environnement. Il s’appuie sur le principe de précaution pour veiller à ce que les matières actives ou produits pesticides mis sur le marché ne nuisent pas à la santé humaine ou animale ou à l’environnement. Toutefois, les règles ne sont pas appliquées correctement et le système de réglementation permet aux intérêts privés de prendre le pas sur la santé et l’environnement.

Les principaux conflits d’intérêts persistent dans le système de réglementation des pesticides. Par exemple, l’industrie effectue ses propres tests de sécurité et est fortement impliquée dans la conception des méthodes d’évaluation des risques. Les groupes d’experts de l’autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), qui effectuent l’examen par les pairs du dossier de candidature et publient un avis sur le respect des critères d’approbation du pesticide, continuent d’inclure des personnes ayant des liens financiers avec l’industrie agro-chimique. Les papiers de Monsanto, documents internes de Monsanto divulgués dans les litiges  relatifs au caractère cancérigène du Glyphosate aux Etats-Unis, montrent comment l’industrie peut activement subvertir la science. Il est maintenant clair que l’industrie doit être maintenue à distance des tests de sécurité, de l’évaluation des risques et de la gestion des risques.

Nous réclamons une révision des procédures d’évaluation des pesticides au niveau européen.

Veuillez trouver le communiqué signé par 118 organisations européennes ainsi que sa traduction en français.

Contact Presse :

Marc FICHERS, 0473/65.36.32 ou marc.fichers@natpro.be
Xavier DELWARTE , 0476/42.39.02 ou x.delwarte@iew.be

La présence de pesticides dans l’air ambiant en Wallonie est inadmissible ! – 17 mai 2018

Ce mardi, l’ISSEP ( Institut Scientifique de Service Public )  a sorti ses premières conclusions de l’étude EXPOPESTEN, première étude à évaluer la présence de plusieurs pesticides dans l’air ambiant en Wallonie.

Dans la situation actuelle, cette étude montre que  les produits pulvérisés sur le champ se retrouvent dans notre environnement. Pour Nature & Progrès, ceci est totalement inadmissible.

L’agriculture wallonne est l’une des plus intensives en termes d’utilisation des pesticides, notamment en raison du développement des cultures comme la pomme de terre qui nécessitent de 15 à 25 traitements annuels alors qu’elles représentent 12,5 % des surfaces cultivées. Par ailleurs, l’aménagement du territoire régional favorise de nombreuses interfaces entre habitats et zones de pulvérisation, dont des prairies en bordure de village qui sont aujourd’hui labourées. Ces différents facteurs contribuent largement au fait que les riverains de zones agricoles sont particulièrement exposés.

Pour Nature & Progrès, il est urgent :

  •  de limiter, sur les terrains jouxtant les lieux d’habitation, l’implantation des cultures les plus utilisatrices de pesticides, comme la pomme de terre ;
  • d’instaurer en bordures des lieux d’habitation de vraies bandes « tampons » sans aucun traitement. Ces bandes tampons sont en outre des outils concrets en faveur de la biodiversité ;
  • d’informer les riverains en amont de pulvérisations afin qu’ils puissent se protéger, ainsi que leurs familles et animaux.

Outre de telles dispositions, il est indispensable, au niveau fédéral, de retirer les agréations des pesticides les plus problématiques pour la santé (perturbateurs endocriniens, cancérigènes possibles, …) ainsi que les substances les plus volatiles.

Au niveau régional, il est essentiel de mettre en place un plan plus détaillé et plus ambitieux de réduction de l’utilisation des pesticides par l’agriculture. Nature & Progrès souhaite la mise en place de mesures plus drastiques encore pour la sécurité de l’ensemble des wallons et de la préservation de la biodiversité en Wallonie.

Les alternatives aux pesticides existent ! On ne veut pas moins de pesticides, on n’en veut plus du tout! Aujourd’hui de plus en plus d’agriculteurs font le choix de travailler sans pesticides. Quelle BIOnne idée !

Contact presse :

Marc FICHERS, secrétaire général de Nature & Progrès Tél. 081/32.30.52 – GSM. 0473/65.36.32

Exposition des riverains aux pesticides – 25 avril 2018

Exposition des riverains aux pesticides : le Gouvernement wallon doit dès à présent proposer des mesures de protection !

Ce jeudi, le Gouvernement wallon se penchera sur un projet d’arrêté du Ministre Carlo Di Antonio visant à réduire l’exposition des riverains aux pesticides. Ce projet introduit un cadre réglementaire pour des mesures reconnues depuis longtemps comme relevant de la « bonne pratique agricole ». Le texte prévoit une révision, au second semestre 2018, qui doit permettre d’aller plus loin, sur base, notamment, des résultats d’une importante étude en cours sur l’exposition des riverains. Inter-Environnement Wallonie, Nature & Progrès, Natagora & Test-Achat appellent le Gouvernement wallon à agir dès à présent au regard de l’exposition importante des riverains de zones agricoles.

L’agriculture wallonne est l’une des plus intensives en termes d’utilisation des pesticides, notamment en raison du développement des cultures comme la pomme de terre qui nécessitent de 15 à 25 traitements annuels alors qu’elles représentent 12,5 % des surfaces cultivées. Par ailleurs, l’aménagement du territoire régional favorise de nombreuses interfaces entre habitats et zones de pulvérisation, dont des prairies en bordure de village qui sont aujourd’hui labourées. Ces différents facteurs contribuent largement au fait que les riverains de zones agricoles sont particulièrement exposés.

Des études ont mis en évidence les liens entre l’exposition des riverains et certaines maladies : Parkinson, leucémie chez l’enfant en cas d’exposition prénatale, nombreux troubles de neuro-développement et de croissance fœtale, … S’il faut regretter l’absence d’étude spécifique en Belgique, cela ne justifie pas l’inaction : les pesticides incriminés en Californie ou en France sont susceptibles de produire les mêmes effets en Wallonie. Nos associations considèrent qu’il est urgent d’agir au regard des études existantes démontrant dans des situations comparables des incidences sur la santé des riverains.

Le projet du Ministre, dont le contenu a été dévoilé ce jour dans la presse, intègre certaines « bonnes pratiques » dans la Loi. Rien de plus. Il s’agit de l’utilisation de moyens techniques assurant une réduction de 50 % de la dérive de pesticides et l’interdiction de pulvériser dès lors que la vitesse du vent atteint 15 km/h. Ces « bonnes pratiques agricoles » ont été reconnues comme nécessaires et pertinentes tant au niveau européen que belge par l’ensemble du secteur dans le cadre d’une étude européenne. Les faire entrer dans un cadre réglementaire permettra de mettre fin aux abus constatés sur le terrain.

En complément, le Ministre proposera au Gouvernement d’interdire les traitements à moins de 50 mètres des lieux d’accueil d’enfants et de personnes vulnérables (écoles, crèches, …) durant leur horaire d’occupation. Cette mesure constitue un premier pas dans la bonne direction et devra être évaluée sur base de l’étude en cours.

Ces propositions, nécessaires, restent néanmoins clairement insuffisantes pour les associations qui appellent le gouvernement :

  • à limiter, sur les terrains jouxtant les lieux d’habitation, l’implantation des cultures les plus utilisatrices de pesticides, comme la pomme de terre ;
  • à instaurer en bordures des lieux d’habitation de vraies bandes « tampons » sans aucun traitement. Ces bandes tampons sont en outre des outils concrets en faveur de la biodiversité ;
  • à informer les riverains en amont de pulvérisations afin qu’ils puissent se protéger, ainsi que leurs familles et animaux.

Outre de telles dispositions, il est indispensable, au niveau fédéral, de retirer les agréations des pesticides les plus problématiques pour la santé (perturbateurs endocriniens, cancérigènes possibles, …) ainsi que les substances les plus volatiles. Au niveau régional, il est essentiel de mettre en place un plan détaillé et ambitieux de réduction de l’utilisation des pesticides par l’agriculture.

Contacts presse :

Lionel Delvaux, chargé de mission « agriculture », Inter-Environnement Wallonie, 0497 76 60 11
Julie Frère, porte-parole, Test-Achats, 0495 52 82 35
Marc Fichers, Secrétaire général, Nature&Progrès, 0473 65 36 32
Philippe Funcken, Secrétaire général, Natagora, 0487 97 17 11

Abattage à la ferme – L’agro-industrie se remet en question, le circuit-court avance ! – 21 mars 2018

Suite aux rencontres citoyennes et au dossier sur l’abattage de proximité réalisés par Nature & Progrès, un groupe rassemblant éleveurs, citoyens et chercheurs s’est mis en place pour avancer sur la concrétisation de ces techniques en Wallonie. La première réunion de ce groupe s’est tenue hier dans les bureaux de Nature & Progrès.

C’est le manque de lieux d’abattage de proximité qui a motivé une vingtaine de personnes, éleveurs, citoyens et chercheurs, à se réunir en vue de concrétiser l’abattage à la ferme en Wallonie. En effet, de nombreux éleveurs en circuit court peinent à trouver des lieux d’abattage proches de la ferme, ce qui engendre des transports plus longs pour le bétail. Par ailleurs, certains d’entre eux souhaitent également reprendre en mains la mise à mort de leurs animaux, et leur fournir les conditions les plus idéales pour éviter le stress, optimisant à la fois le bien-être animal et la qualité de la viande. L’abattage de proximité constitue donc une alternative intéressante qui permet d’éviter le transport des animaux en les abattant sur le lieu même de leur élevage. L’étude de Nature & Progrès a mis en évidence deux possibilités déjà pratiquées par d’autres pays européens : l’abattage à la ferme et le camion d’abattage mobile.

L’abattage à la ferme est réalisé en Allemagne, sous conditions, pour les bovins vivant toute l’année à l’extérieur, soit des animaux qui ne sont pas facilement manipulables. La bête est alors abattue dans le pâturage, où un enclos a éventuellement été délimité. Mais l’abattage à la ferme pourrait aussi être envisagé pour des animaux habitués à l’homme, comme des vaches laitières en fin de vie. L’abattage à la ferme nécessite une adaptation de la législation. En effet, actuellement, la loi précise que, sauf dans certains cas précis (animaux accidentés, gibier d’élevage), les animaux doivent arriver vivants à l’abattoir. Dans le cas de l’abattage à la ferme, après la mise à mort et la saignée, les animaux sont transportés à l’abattoir – endéans un laps de temps défini pour garantir la qualité de la viande – où la dépouille est ensuite prise en charge.

Le camion d’abattage constitue quant à lui une structure mobile qui se déplace de ferme en ferme. Il comprend tout le nécessaire pour fonctionner comme un abattoir classique. Les camions circulant en Allemagne, en Suède et bientôt en France ont trouvé des solutions afin de gérer l’approvisionnement en eau et en sources d’énergie ainsi que l’élimination des déchets. Ces structures nécessitent un investissement important par rapport à l’abattage à la ferme où seule une remorque pour le transport de la dépouille est nécessaire. En raison de l’opportunité que représente le camion d’abattage pour le bien-être animal, il est autorisé par la réglementation européenne qui invite les états membres à légiférer eux-mêmes sur le sujet.

Si les conditions sanitaires encadrant l’abattage ont fortement évolué en Europe ces dernières décennies, provoquant notamment la fermeture d’établissements n’ayant pu se mettre aux normes, c’est en raison de l’épisode de la crise de la vache folle dans les années 1990. Aujourd’hui, les législations encadrant l’élevage, notamment la suppression des farines animales, ont évolué afin d’éliminer cette maladie des troupeaux, le dernier cas belge datant de 2006, soit il y a douze ans. Il convient donc de réévaluer les conditions d’agrément des lieux d’abattage afin de permettre la multiplication des structures nécessaires à une bonne couverture géographique de la Wallonie.

La première réunion du groupe de travail sur l’abattage à la ferme a permis d’établir son fonctionnement et de fixer ses premiers objectifs en vue de concrétiser ces techniques en Wallonie.

Éleveurs, consommateurs et chercheurs travailleront à des propositions concrètes permettant de cadrer le processus d’abattage à la ferme. En effet, un cadre permettant à la fois une mise à mort digne et le respect des normes sanitaires doit être garanti de manière au moins aussi stricte que dans un processus standard d’abattage. Ceci nécessite la définition, en collaboration avec l’AFSCA, d’un protocole précis et contrôlable.

Le groupe souhaite également avancer sur la concrétisation du camion d’abattage. Tout comme les abattoirs « classiques » sont partiellement financés par les fonds publics, un investissement sera nécessaire pour une structure mobile qui répondra aux besoins de nombreux éleveurs en circuit court ainsi qu’aux hautes attentes en matière de bien-être animal de la part des consommateurs, prêts à contribuer aux frais de fonctionnement quotidiens.  Par ailleurs, les différents acteurs du groupe sont convaincus que le camion d’abattage se présente comme un outil complémentaire, et non un substitut, aux abattoirs fixes qui garderont leur utilité.

Nature & Progrès est enthousiaste quant à la progression du processus de concrétisation de l’abattage de proximité. C’est un réel enjeu pour le développement de filières viande de qualité en Wallonie, valorisant les savoir-faire des éleveurs et des bouchers et fournissant au consommateur une viande de qualité, présentant une plus-value éthique et riche en valeurs.

Nature & Progrès et le Pan Europe saluent la plainte de Bruxelles devant la Cour Européenne de justice concernant le glyphosate – 16 mars 2018

Nature & Progrès et le Pan Europe sont aujourd’hui présents au cabinet de la Ministre Bruxelloise Céline Frémault afin de débattre de la décision de recours contre la décision de la Commission européenne de reconduire le glyphosate.

Nature & Progrès et le PAN tiennent à saluer la décision de la région bruxelloise dans ce dossier. Reconnaissons que la position de la Ministre s’inscrit d’une part dans une demande des citoyens et d’autre part dans une situation politique belge qui va vers la sortie du glyphosate. En effet, pour rappel, la région wallonne et la région bruxelloise ont interdit l’utilisation de glyphosate et le gouvernement fédéral plaide pour une sortie de la molécule avec un phasing-out de 5 ans .

En effet, Sur décision du Gouvernement wallon, l’utilisation de produits phytopharmaceutiques contenant du glyphosate est depuis ce 1er juin 2017 interdite en Wallonie pour les particuliers.

Le Gouvernement régional wallon a jugé indispensable d’appliquer le principe de précaution face aux incertitudes scientifiques concernant le glyphosate.

Depuis octobre 2016 et la révision du décret « Pesticides », la Wallonie peut en effet restreindre ou interdire sur son territoire l’utilisation de pesticides contenant des substances actives présentant un risque pour la protection de l’environnement, pour la santé humaine ou pour la conservation de la nature.

Nature & Progrès et le Pan Europe attendent du gouvernement wallon un engagement fort à la suite de la décision de la ministre bruxelloise. En effet, de nombreuses études critiques sur le Roundup ont été publiées confirmant son caractère dangereux pour la santé et l’environnement.  Il n’est dès lors plus à démontrer que la décision prise par la Commission de ré-autoriser pour 5 ans le glyphosate était irresponsable !

Nature & Progrès et le Pan demandent à ce que dès 2018, des mesures soient prises pour une interdiction européenne de la licence d’utilisation avec phasing-out de 3 ans.

Profitons de ces années de sortie pour travailler sur les alternatives : encourageons nos agriculteurs à développer des techniques alternatives au glyphosate. Les alternatives existent ! ( www.walloniesanspesticides.com )

Depuis le début de l’année 2017, Nature & Progrès a lancé sa campagne «  Vers Une Wallonie sans pesticides, nous y croyons ! ». Notons qu’en Belgique, le glyphosate est avant tout un herbicide de confort et non de nécessité. Au niveau agricole il est principalement utilisé pour le traitement après récolte ou en pré-semis. Les techniques alternatives de désherbage existent en l’occurrence le travail du sol qui est tout aussi efficace que le désherbage chimique et de plus favorise la vie du sol et limite les possibilités d’érosion.

Dans quelques semaines, les terres labourées sont préparées pour le semis. Elles ne pourront donc contenir d’adventices….

I y a certes la méthode Round Up, peu chère pour l’agriculteur mais très chère pour l’environnement et le portefeuille du citoyen ! En effet, dans ce cas, la terre de culture est traitée dans sa globalité alors que les adventices ne sont présents que sur une petite partie.

La méthode efficace et respectueuse du sol est de passer plusieurs fois sur la terre en la travaillant superficiellement afin de déchausser les adventices et de les épuiser.

Dès lors, Nature & Progrès et le Pan Europe demandent au ministre fédéral de l’agriculture de tout mettre en œuvre pour sortir le glyphosate de nos campagnes. Pour ce faire, il faut interdire son usage sur des parcelles partiellement couvertes ( c’est-à-dire plus de glyphosate en pré-semis ni en déchaumage). Il fait également organiser la promotion des techniques alternatives.

Enfin, Nature & Progrès pense qu’il faut répercuter sur les firmes qui commercialisent le glyphosate, les coûts engendrés par la pollution de notre environnement . Ce n’est pas aux citoyens à prendre en charge les dégâts causés par cette molécule !

Nous défendons l’idée d’un environnement qui répond à la demande des citoyens et l’idée d’une démarche participative.

Travaillons ensemble pour faire évoluer notre région qui sera donc la première à œuvrer en ce sens et dont l’expertise pourra dès lors être valorisée. Sans oublier le levier potentiel que la Wallonie deviendra pour l’Europe.

Nature & Progrès a la volonté de rassembler tous ceux qui désirent opter pour une Wallonie sans pesticide pour travailler ensemble à la recherche et au développement d’alternatives permettant de libérer notre région des pesticides.

Contact presse : Marc FICHERS, secrétaire général de Nature & Progrès Tél. 081/32.30.52 – GSM. 0473/65.36.32

Veviba : une opportunité de réorienter la filière viande ! – 16 mars 2018

L’affaire Veviba est à présent aux mains des enquêteurs et de la justice. Les premiers tentent d’établir avec exactitude les faits, tandis que les seconds se chargeront d’établir les responsabilités des acteurs  du litige. L’affaire ne s’arrête pourtant pas ici. En effet, citoyens, éleveurs et politiques doivent à présent se tourner vers l’avenir. Que faire de l’abattoir et des ateliers de transformation de viande de Bastogne ? Comment éviter qu’un nouveau scandale se reproduise à l’avenir ? Que faire pour que la plus-value de la transformation reste aux mains des producteurs ?

Deux solutions sont mises sur la table par les responsables politiques : une meilleure implication des éleveurs via la prise de parts dans l’entreprise Veviba et une refonte de l’Agence Fédérale pour la Sécurité de la Chaîne Alimentaire (AFSCA).

Nature & Progrès applaudit la volonté de remettre les outils de transformation dans les mains des éleveurs : cela a toujours été notre demande. En effet, l’implication des producteurs pourra mettre fin à l’opacité des structures dénoncées par le secteur de la production agricole. Elle permettra également de redistribuer de manière plus équitable la plus-value réalisée sur la transformation de la viande.

Néanmoins, la création d’une coopérative de gestion de Veviba impliquant les éleveurs ne peut, seule, être garante de la bienveillance de l’entreprise. En effet, les faiblesses des coopératives de grande ampleur ont déjà été mises en évidence dans d’autres filières agricoles. Dans le secteur laitier, par exemple, de nombreux éleveurs dénoncent la difficulté de pouvoir faire valoir leur avis dans la laiterie où ils sont coopérateurs. L’esprit coopératif ne peut, en effet, être respecté que dans des structures de taille raisonnable, ce qui est loin d’être le cas d’une société gérant 30 % du marché belge de la viande. L’affaire Veviba a finalement montré que c’est surtout la concentration de la filière qui est à l’origine de l’opacité de l’outil, ouvrant la porte à la fraude et rendant les grandes entreprises, notamment celles qui intègrent plusieurs outils de la chaîne de transformation, plus difficilement contrôlable par les autorités sanitaires.

Concentration de la filière viande

La Belgique a perdu un quart de ses abattoirs en quarante ans, il en reste aujourd’hui 41 actifs dans le pays. Les unités de transformation de la viande connaissent une évolution similaire avec une perte de 12 % des structures en à peine 7 ans. Cette diminution des acteurs s’accompagne d’un agrandissement des structures et des flux.

Nature & Progrès soutient l’idée d’une production locale pour une consommation locale et y ajoute  le développement d’outils locaux de transformation de taille raisonnable, aux mains des différents partenaires de la filière : éleveurs, bouchers et consommateurs.

Il est donc nécessaire de redéployer un réseau de lieux d’abattage et de transformation de petites et moyennes tailles en Wallonie. L’abattoir de Bastogne doit rester un outil de proximité. Afin d’assurer une couverture optimale de la région, de nouvelles structures d’abattage doivent être créées et l’opportunité que représente l’abattage à la ferme doit être concrétisée. Des sites de transformation doivent être accolés aux outils d’abattage afin de permettre aux éleveurs de faire découper et transformer la viande sur place et la proposer ensuite au consommateur local en vente directe ou par l’intermédiaire de bouchers.

La Wallonie a besoin de bouchers ! Il est donc urgent de valoriser davantage ce métier et de renforcer l’offre de formation dans ce domaine.

Quelques chiffres sur le réseau d’abattage en Wallonie (hors abattoirs à la boucherie) (2016)

Nom Commune Accès pts éleveurs Bio Bovins Caprins / Ovins Porcins
Lovenfosse Aubel 0 1 0 0 1
PQA Malmedy * 1 0 0 1
Abattoir com. Virton Virton 1 1 1 1 1
Abattoir de Charleroi Charleroi 1 1 1 1 1
Abattoir com. Ath Ath 1 1 1 1 1
AIMAC Chimay 0 1 1 1 1
Abattoir com. Aubel Aubel 1 1 1 1 0
Abattoir Mosbeux-Gofin Aywaille 1 1 1 1 0
AMB-Veviba Bastogne 1 1 1 1 0
Pegri Schlachthof St Vith 1 1 1 0 0
Euro Meat Group Mouscron 1 1 1 0 0
Wama Beef Ciney 1 1 1 0 0
Abattoir com. Gedinne Gedinne 1 1 1 1 1
Interc Abattoirs de Liège Liège 1 0 1 1 0
Lanciers Rochefort 1 0 1 0 0
13 9 7

* Uniquement pour les coopérateurs.

Volailles

Nom Commune Accès pts éleveurs Bio Volailles
Fournipac* Sclayn 1 1 1
Plukon Mouscron 0 1 1
Volailles Damien Pipaix 1 1 1
Ardenne Volaille Bertrix 1 1 1

* Fermeture imminente : pas de renouvellement du permis d’exploitation

Nature & Progrès soutient également l’idée d’une refonte de l’AFSCA. Le modèle de fonctionnement de l’Agence doit évoluer et s’adapter aux spécificités de la Wallonie : la coexistence d’acteurs industriels et artisanaux sur le territoire. En effet, la Wallonie connait une réelle explosion du nombre de producteurs fermiers, soit des agriculteurs qui transforment à la ferme leur lait, leur viande ou leurs fruits et légumes. Si l’Agence doit continuer à assurer la sécurité sanitaire des aliments, elle doit aussi participer au développement économique des filières alimentaires belges et wallonnes en travaillant à des solutions permettant à chaque entreprise, industrielle ou artisanale, d’avancer. Une telle évolution des missions de l’Agence nécessite une réelle restructuration impliquant les différents acteurs de la filière. La nouvelle agence Afsca doit être composée d’une branche traitant les structures industrielles et d’une branche traitant les structures artisanales, ces dernières étant un moteur de développement économique de notre région.

Quelques chiffres sur les producteurs fermiers (01/03/2018, source : AFSCA)

Province Nombre de producteurs fermiers
Région de Bruxelles-Capitale 3
Anvers 112
Brabant Flamand 121
Flandre Occidentale 275
Flandre Orientale 185
Limbourg 68
Total Région flamande 761
Brabant Wallon 82
Hainaut 389
Liège 137
Luxembourg 120
Namur 179
Total Région wallonne 907
Total Belgique 1671

La Wallonie est le terreau d’une alimentation de qualité, brillant notamment par la préservation de son artisanat et de son savoir-faire. Le développement de filières locales impliquant éleveurs, bouchers et consommateurs est une opportunité d’avenir pour la région.

Par S La Spina, Agronome chez Nature & Progrès
Contact Presse : Marc Fichers 081/ 32.30.52

Affaire Veviba : relocalisons la filière viande ! – 12 mars 2018

La fraude découverte au sein de l’entreprise Veviba, géant de l’agro-alimentaire, soulève de nombreuses questions sur le secteur de la viande. En effet, le groupe Verbist, propriétaire de Veviba, représente 30 % du marché belge de la viande. La fraude a donc des retombées sur une part importante des éleveurs et des consommateurs du pays.

Les structures actives dans la filière viande ont eu tendance, ces dernières années, à se concentrer. En une trentaine d’années, la Wallonie a perdu la moitié de ses abattoirs, principalement des petites structures publiques ou des abattoirs de boucheries artisanales. Il en reste actuellement une trentaine, dont certains sont spécialisés dans une ou deux espèces animales. Le manque de lieux d’abattage est criant dans certaines provinces, notamment pour les volailles, les porcs et les ovins[i]. Un phénomène similaire s’observe pour les ateliers de transformation de la viande (actuellement une trentaine en Wallonie) et les boucheries (actuellement 1.000, environ, en Wallonie).

Cette tendance à la réduction des opérateurs et à l’accroissement des volumes par entreprise permet de réaliser des économies d’échelle et tourne ces industries vers de nouveaux marchés, notamment à l’export. Les grandes structures, dont le poids économique est important, sont également plus difficiles à contrôler. Notre viande est-elle encore dans les mains des éleveurs ? Dans celle des bouchers de proximité ? Et des consommateurs ? L’affaire Veviba n’est-elle pas l’occasion de réévaluer la filière ?

Nature & Progrès prône une relocalisation de la filière viande

Cette relocalisation doit avoir lieu dans l’espace, en mettant à disposition des éleveurs, des bouchers et des consommateurs des outils de proximité : lieux d’abattage, ateliers de transformation et espaces de commercialisation. Nombreux sont en effet les éleveurs qui souhaitent réduire les trajets nécessaires entre la ferme et l’abattoir, quitte même à reprendre en mains l’abattage au niveau de la ferme[ii]. Les boucheries de proximité sont également en déclin (-15 % entre 2008 et 2014[iii]) face au développement des grandes surfaces liées aux industries agroalimentaires. Le renforcement d’une production locale pour une consommation locale permettrait de préserver la richesse du métier de la boucherie et d’assurer la fraîcheur de la viande proposée au consommateur : pas besoin de congeler des lots de viande dans l’attente d’un marché à l’export favorable pour les écouler !

Cette relocalisation doit également concerner la gestion des outils : éleveurs, bouchers et consommateurs souhaitent, ensemble, redevenir maîtres de leur filière afin d’assurer la qualité des produits et d’établir un partenariat de confiance. L’éleveur attend du boucher de mettre en valeur, à travers ses techniques de transformation, la qualité de son travail et est fier de proposer son produit fini à un consommateur local plutôt qu’à un marché anonyme. Le boucher peut, grâce à une relation privilégiée avec l’éleveur, guider la finition de l’élevage en vue de donner à la viande, grâce aux techniques qu’il maîtrise, la meilleure qualité nutritionnelle, gustative et sanitaire à offrir au consommateur local. Enfin, le consommateur peut soutenir le savoir-faire de ces deux métiers, l’élevage et la boucherie, à travers l’achat de viande locale dont la qualité est garantie, et par cette occasion, redevenir acteur de la filière et non un simple acheteur.

Valorisons les acteurs de la filière !

Etre éleveur, ce n’est pas fournir des animaux engraissés à une industrie qui l’enverra sur un marché que je ne connais pas et avoir pour seul retour sur le travail les chiffres de consommation de viande. Etre éleveur, c’est choisir son abattoir de proximité, collaborer avec un artisan boucher et vendre sa viande à l’institutrice, au journaliste ou au garagiste et leur famille qui sont mes voisins.

Etre boucher, ce n’est pas faire la même découpe, le même mouvement, chaque jour, dans une industrie ou défilent des carcasses anonymes. C’est collaborer avec un éleveur, choisir sa bête, la découper et travailler la viande pour réaliser une diversité de produits que dégusteront les habitants de mon village.

Etre consommateur, ce n’est pas empiler des barquettes de viande dans une charrette de supermarché avant de payer à la caisse. Être consommateur, c’est découvrir et rencontrer les artisans de ma région, visiter l’éleveur et le boucher qui produiront ma viande de qualité, celle que j’aurai choisie à mon goût et selon mes convictions et affinités pour devenir acteur de mon alimentation.

Ne serait-il pas nécessaire de réintégrer ces valeurs dans la formation des éleveurs, bouchers et citoyens ?

Multiplions donc les outils de proximité et de taille raisonnable et plus sûrs au niveau sanitaire, issus du partenariat de producteurs, de bouchers et de consommateurs. Applaudissons, encourageons et soutenons les initiatives de diversification des éleveurs telles que les boucheries à la ferme, l’offre de colis de viande et la création de hall-relais. Le nombre de producteurs fermiers de viande est en croissance : on en compte aujourd’hui 208 en Belgique dont 63 en Wallonie. Les éleveurs proposant des colis de viande ne cessent également de se multiplier. Nature & Progrès est convaincue que cette évolution ne peut que contribuer à la valorisation du travail des éleveurs et du métier de la boucherie, et renforcera les liens et la confiance entre les artisans et les amateurs d’une viande de qualité.

Contacts

Boucher artisanal travaillant en tandem avec les éleveurs :

Éleveurs bio locaux proposant de la viande en circuit court :

Province Volailles-lapins Bouchers à la ferme
Hainaut 4 17
Brabant Wallon 1 2
Namur 0 12
Liège 3 15
Luxembourg 0 9
Wallonie 8 55
Belgique 11 197

Producteurs fermiers de viande, chiffres du 1er mars 2018. Source : AFSCA.

Par Sylvie La Spina, agronome 

[i] Lire à ce sujet le dossier de Nature & Progrès : « Réflexions et pistes pour développer les possibilités d’abattage de proximité pour nos éleveurs wallons en circuits courts » : https://agriculture-natpro.be/2015/11/02/retrouvez-notre-compte-rendu-sur-la-question-de-labattage-de-proximite-pour-les-eleveurs-en-circuits-courts/

[ii] Lire à ce sujet le dossier de Nature & Progrès : « Potentialités de l’abattoir mobile et du tir en prairie pour les élevages wallons » : https://agriculture-natpro.be/2017/02/17/dossier-potentialites-de-labattage-a-la-ferme-pour-les-elevages-wallons/

[iii] Référence : Etude SOGEPA « Le secteur de la viande en Wallonie » : http://www.sogepa.be/assets/72be2827-a9b9-4365-b5dc-948725c5415d/sogepa-etudeviande-bd.pdf

Réaction au scandale sanitaire chez Veviba – 9 mars 2018

Nouveau scandale dans le secteur agricole qui bouleverse autant les consommateurs que les éleveurs. Les uns parce que de la viande à risque pour leur santé a été volontairement mise sur le marché dans le but d’un profit financier. Les autres frustrés par l’image négative que cette nouvelle crise donne au fruit de leur travail, la viande, un aliment issu d’un travail important de soins quotidiens apportés à des animaux, un métier déjà assez difficile.

N’est-ce pas le moment de rappeler au consommateur que des circuits alternatifs existent. Qu’il est aujourd’hui possible de se procurer de la viande en direct chez de nombreux éleveurs qui ont développé, soit des boucheries à la ferme, soit des colis de viande préparés par un partenaire boucher. Que cette relation de confiance entre producteur et consommateur apporte une meilleure garantie de la qualité de l’aliment, au centre de cette relation.

De nombreux éleveurs sont en difficultés dans des circuits qu’ils ne maîtrisent plus : après l’élevage, il y a le marchand, l’abattoir, l’industrie, la grande surface… Où ira donc la viande issue de leur bête et quel prix leur en donnera-t-on ? Le circuit court est une solution proposée aux éleveurs pour se réapproprier la maîtrise de leur filière, redévelopper un contact avec le citoyen et être (encore plus) fier de la qualité de l’aliment qu’il produit.

Ce nouveau scandale lié à l’industrie agro-alimentaire n’est-elle pas l’occasion d’encourager ces voies de diversification, sans doute bien plus bénéfiques, tant pour l’éleveur que pour le consommateur ?

Retrouvez tous les signataires de la charte de Nature & Progrès

Contact Presse

Marc FICHERS, secrétaire général de Nature & Progrès
Tél. 081/32.30.52 – GSM. 0473/65.36.32

Se passer des pesticides : Nous croyons qu’ensemble, c’est possible ! – 9 mars 2018

Nature & Progrès se réjouit que la Wallonie œuvre vers un territoire délivré des pesticides avec le projet Générations Terre.

Oui, pour notre santé et celle de la terre : l’avenir de l’agriculture passe par le développement des alternatives pour remplacer les produits phytosanitaires .

Le bio ne cesse d’augmenter et répond à une demande forte des consommateurs et des producteurs
Les agriculteurs BIO ont mis au point des techniques permettant de cultiver sans pesticides.

Dans notre campagne «  Vers une Wallonie sans pesticides, nous y croyons ! », Nature & Progrès propose la mise en place d’alternatives aux pesticides sur le territoire de la Wallonie. ( www.walloniesanspesticides.com )
Nous saluons la démarche de Générations Terre qui fonctionne sur le mode « Territoire ».
En effet le moment est venu de penser en ces termes. C’est un fait : les alternatives aux pesticides se développent.

Aujourd’hui de plus en plus de citoyens font le choix de travailler sans pesticides. Dès 2019, les communes opteront également pour ce choix.

Continuons à libérer notre environnement des pesticides !

C’est possible le glyphosate, par exemple, est avant tout un herbicide de confort et non de nécessité. Il peut être facilement remplacé par des techniques non chimiques .
Au niveau agricole il est principalement utilisé pour le traitement après récolte ou en pré-semis. Les techniques alternatives de désherbage existent en l’occurrence le travail du sol qui est tout aussi efficace que le désherbage chimique et de plus favorise la vie du sol et limite les possibilités d’érosion.

Le projet de Nature & Progrès  « Vers une Wallonie sans pesticides nous y croyons » dépasse largement la sphère agricole et la sphère bio, c’est un véritable projet de société pour la Wallonie.

Nous défendons l’idée d’un environnement qui répond à la demande des citoyens et l’idée d’une démarche participative.

Travaillons ensemble pour faire évoluer notre région qui sera donc la première à œuvrer en ce sens et dont l’expertise pourra dès lors être valorisée. Sans oublier le levier potentiel que la Wallonie deviendra pour l’Europe.

Nature & Progrès a la volonté de rassembler tous ceux qui désirent opter pour une Wallonie sans pesticide pour travailler ensemble à la recherche et au développement d’alternatives permettant de libérer notre région des pesticides.

Des prairies sans pesticides, c’est possible ! – 2 mars 2018

Dans le cadre de la campagne « Vers une Wallonie sans pesticides, nous y croyons ! », Nature & Progrès Belgique désire cheminer vers une Wallonie sans pesticides. Pour y arriver, Nature & Progrès met en avant les alternatives aux pesticides chimiques de synthèse. Il ne s’agit pas ici de réduire les doses de pesticides, d’améliorer les conditions d’utilisation mais bien d’opter pour un choix radical d’alternatives pour qu’à l’avenir notre environnement soit libéré des pesticides. On ne veut pas moins de pesticides, on n’en veut plus du tout! Aujourd’hui de plus en plus d’agriculteurs font le choix de travailler sans pesticides. En effet, l’agriculture bio, ne cesse d’augmenter en nombre de fermes (11,8% des fermes Wallonnes) et en surfaces (9,7% de la SAU). Le plan stratégique pour le développement de l’agriculture biologique en Wallonie à l’horizon 2020 a pour objectif d’atteindre 18% de la surface agricole utile (SAU) en agriculture bio. Mais qu’en est-il des 82% restant ?  Les techniques alternatives aux pesticides se développent principalement dans le secteur bio (désherbage mécanique, utilisation de variétés résistantes aux maladies, …).

Nature Progrès, défenseur du secteur bio, souhaite toutefois œuvrer à la diffusion de ces techniques alternatives en dehors du secteur bio. Il restera toujours une agriculture non-bio. Toutefois, si nous voulons protéger les cultures bio des contaminations par les pesticides chimiques de synthèse et favoriser les insectes, microorganismes et plantes utiles dans nos campagnes, l’ensemble de l’agriculture doit être libérée des pesticides. Cependant, dans certaines cultures « pesticivores », les techniques alternatives ne suffissent pas. Parfois, il est aussi nécessaire d’aller vers d’autres systèmes agricoles.

Le projet « Vers une Wallonie sans pesticides, nous y croyons ! » n’a pas d’équivalent en Europe. En effet, les politiques jusqu’ici définies dans les autres pays parlaient de réduction des pesticides et cela n’a pas amélioré la situation de notre environnement, de notre santé ou de la rentabilité de l’agriculture: on parle de réduire les quantités de produits utilisées (mais en travaillant parfois avec des produits plus nocifs à de faibles doses !), de travailler sur les conditions de pulvérisation pour limiter les dérives dans l’environnement,… Finalement, la recherche d’alternatives pour se passer purement et simplement des produits passent au second plan.

Le projet dépasse largement la sphère agricole et la sphère bio, c’est un véritable projet de société pour la Wallonie.

Nature & Progrès défend l’idée d’un environnement qui répond à la demande des citoyens et l’idée d’une démarche participative. Travaillons ensemble pour faire évoluer notre région qui sera donc la première à œuvrer en ce sens et dont l’expertise pourra dès lors être valorisée. Sans oublier le levier potentiel que la Wallonie deviendra pour l’Europe. Nature & Progrès a la volonté de rassembler tous ceux qui désirent opter pour une Wallonie sans pesticide pour travailler ensemble à la recherche et au développement d’alternatives permettant de libérer notre région des pesticides.

Actuellement, nous remarquons que 34% des surfaces en Wallonie sont recouvertes de forêts et/ou de cultures en agriculture biologique où l’utilisation des pesticides chimiques de synthèse est déjà interdite. 19% sont des terres bâties non concernées par les pesticides ou bientôt libérées des pesticides (espaces publics et jardins). Nature & Progrès souhaite continuer à œuvrer à la conscientisation en vue d’élargir les surfaces sans pesticides chimiques de synthèse. Si l’application de pesticides dans toutes nos prairies s’arrêtait, nous passerions de 52% à 72% de surfaces sans pesticides. Les autres cultures agricoles devraient suivre ensuite. Après les prairies, il faudrait libérer les 3% de cultures de maïs et les 11% de cultures de céréales, ce qui nous ferait passer de 72% à 87% du territoire wallon sans pesticides. Enfin, il nous resterait 13% de surfaces d’autres cultures pour arriver à une Wallonie libérée des pesticides. Ce projet est naturellement très ambitieux. Si nous pouvions déjà commencer par quelques territoires libérées des pesticides, cela serait déjà un bon début.

Nature & Progrès entame une série de rencontres en ferme entre producteurs et consommateurs pour proposer les alternatives aux pesticides.
Des rencontres en ferme ont eu lieu fin 2017 sur les alternatives aux pesticides en prairie.
Un premier colloque aura lieu ce vendredi 16 mars à Surice pour parler des alternatives aux pesticides en prairie ainsi que de présenter la suite de notre campagne.

Pour plus d’infos et vous inscrire au colloque, rdv sur www.walloniesanspesticides.com.
Les dates et lieux des prochaines rencontres en ferme seront bientôt disponibles sur le site.

Nature & Progrès veut relever le défi d’une Wallonie libérée des pesticides.
Nous croyons qu’ensemble, c’est possible !

Contact presse :
Marc FICHERS, secrétaire général de Nature & Progrès
Tél. 081/32.30.52 – GSM. 0473/65.36.32

Anne-Sophie GODART, chargée de communication de Nature & Progrès
Tél. 081/32.30.53 – GSM. 0479/27.64.74

Semons des fleurs pour des sucres d’abeille – 23 février 2018

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Nous croyons que l’avenir de nos régions est sans pesticides.
C’est d’ailleurs ce que nous portons dans notre campagne « Vers une Wallonie sans pesticides, nous y croyons ! » qui vise à proposer les alternatives aux pesticides dans nos cultures.

Aujourd’hui de plus en plus d’agriculteurs font le choix de travailler sans pesticides. En effet, l’agriculture bio, ne cesse d’augmenter en nombre de fermes (11,8% des fermes Wallonnes) et en surfaces (9,7% de la SAU). Le plan stratégique pour le développement de l’agriculture biologique en Wallonie à l’horizon 2020 a pour objectif d’atteindre 18% de la surface agricole utile (SAU) en agriculture bio. Mais qu’en sera-t-il des 82% restant ?
Les techniques alternatives aux pesticides se développent principalement dans le secteur bio (désherbage mécanique, …).
Nature & Progrès, défenseur du secteur bio, souhaite toutefois œuvrer à la diffusion de ces techniques alternatives en dehors du secteur bio. En effet, si nous voulons protéger les

cultures bio des contaminations par les pesticides chimiques de synthèse et favoriser les insectes, microorganismes et plantes utiles dans nos campagnes, l’ensemble de l’agriculture doit être libéré des pesticides. Par contre, dans certaines cultures « pesticivores », les techniques alternatives ne suffisent pas, ce qui fait que par exemple la culture de betterave sucrière est très compliquée en bio. Il est parfois donc nécessaire de changer de modèle agricole et diversifier la production agricole en optant pour des cultures « non-pesticivores ». De plus, nous constatons que même en bio, certaines cultures ne laissent plus de place aux fleurs sauvages source de nourriture pour nos pollinisateurs comme nos abeilles mellifères. Pourtant, ces dernières produisent du miel, une façon de diversifier la production de sucre dans nos régions tout en respectant l’environnement et en augmentant la biodiversité.

Nature et Progrès propose donc son « Plan Bee » : Etudier la faisabilité agronomique, apicole et économique de semer et planter des plantes mellifères sur des surfaces de 10 à 15 ha pour produire du miel afin de diversifier la production de sucres en Wallonie tout en respectant l’environnement et en augmentant la biodiversité dans nos campagnes. D’ailleurs, en plus d’avoir un pouvoir sucrant plus élevé que le sucre de betterave, le miel a des propriétés nutritionnelles nettement meilleures que lui.

Une végétation permanente et non permanente permettant de nourrir les abeilles mellifères toute la saison doit être mise en place. Pour cela Nature et Progrès recherche des surfaces agricole de 10 à 15 ha pour y semer des plantes annuelles, bisannuelles et vivaces (phacélie, trèfle blanc, colza, pissenlit, coquelicot, centaurée, bleuet, sainfoin,…). et ainsi augmenter la proportion de miel produite dans les champs quand une étude française montre qu’en milieu agricole, 75% de la nourriture des abeilles provient des ligneux tellement les champs, prairies et leurs abords sont pauvres en plantes nectarifères. Si possible, si l’environnement proche contiendra contient déjà des arbres ou arbustes mellifères comme le saule marsault, le pommier, le cerisier, le tilleul, le châtaignier, le cornouiller, l’aubépine,… pour diversifier les sources de nectar et de pollen et garantir une disponibilité sans interruption tout le long de la saison. Nature et Progrès fait donc un appel aux terres agricoles de 10 à 15 ha pour implanter des cultures de fleurs mellifères et donner accès à des apiculteurs pour y installer des ruches.

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Si vous voulez soutenir le projet mais que vous ne possédez pas de grandes surfaces, il est possible de participer au projet en semant des fleurs sur des plus petites surfaces pour nourrir ces pollinisateurs indispensable dans nos campagnes. L’abeille mellifère ou domestique est bien connue de tous, notamment en raison des produits dérivés de la ruche (miel, propolis, pollen, etc.). A côté d’elle, environ 400 autres espèces d’abeilles répertoriées en Belgique jouent un rôle tout aussi essentiel que celui de l’abeille mellifère en matière de pollinisation. Cette biodiversité fonctionnelle rend une multitude de services à nos écosystèmes. Parmi ces abeilles, outre l’abeille mellifère, on distingue deux grands groupes d’espèces : les bourdons et les abeilles sauvages solitaires et sociales. Nature et Progrès propose donc de soit semer des fleurs pour nourrir les pollinisateurs en général ou soit de semer des fleurs pour nourrir les abeilles mellifères en vue de produire du miel. Un environnement sain et équilibré avec un flore mellifère normale peut héberger 2 ruches/ha. La mise en place de cultures dédiées à la production de miel, avec un potentiel de production nettement supérieur (les légumineuses sont considérées comme pouvant produire quelques centaines de kilo de miel/ha) pourrait permettre d’augmenter la densité de ruches mais nous veillerons à ne pas dépasser ces 2 ruches/ha pour limiter la pression sur les pollinisateurs sauvages.

Pour toute autre façon de participer au projet, rendez-vous sur https://walloniesanspesticides.com/planbee/ ou sur notre Page Facebook .

Le projet dépasse donc largement la sphère agricole et la sphère bio, c’est un véritable projet de société pour la Wallonie. Nature & Progrès défend l’idée d’un environnement qui répond à la demande des citoyens et l’idée d’une démarche participative. Travaillons ensemble pour faire évoluer notre région qui sera donc la première à œuvrer en ce sens et dont l’expertise pourra dès lors être valorisée.

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