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Les pesticides chimiques de synthèse, on n’en veut plus !

 

Ce lundi 25 novembre est marqué par le lancement d’une nouvelle Initiative Citoyenne Européenne qui s’intitule « Sauvons les abeilles et les agriculteurs ». Mise en place par une centaine d’ONGs européennes – à l’initiative de PAN Europe et de Nature & Progrès – son but est le suivant : sortir des pesticides chimiques de synthèse sur 15 ans en modifiant les pratiques agricoles afin qu’elles soient à nouveau compatibles avec les abeilles et l’environnement en général. Lorsque nous aurons récolté un million de signatures validées à travers l’UE en un an, la Commission européenne et le Parlement européen seront obligés d’en tenir compte.

 

Cette nouvelle Initiative Citoyenne Européenne présente 3 requêtes :

  • Tout d’abord, elle demande de proposer un acte juridique pour éliminer les pesticides chimiques de synthèse d’ici à 2035.
  • Ensuite, elle souhaite également que la Commission européenne mobilise les ressources financières et humaines pour conduire l’Union Européenne vers l’agro-écologie, une agriculture qui respecte les besoins des générations futures. Il faut cesser d’orienter les moyens financiers de recherche vers le chimique.
  • Enfin, la restauration de la biodiversité et le soutien des agriculteurs dans leur transition vers une agriculture biologique sont également des éléments-clés.

 

Les ICE ont déjà porté leurs fruits par le passé !

En 2017, une ICE “Stop glyphosate” a contribué à réduire la durée de ré-approbation du glyphosate. Elle a aussi entraîné une réforme d’une législation européenne qui obligera bientôt l’industrie des pesticides à publier les données brutes des études de toxicité de leurs produits.

 

Cette initiative européenne est déjà ancrée dans les territoires

Les initiatives citoyennes contre les pesticides se multiplient au sein de l’Union européenne. En effet, les citoyens sont de plus en plus au courant de l’impact négatif de ces produits chimiques de synthèse sur notre santé et sur l’environnement. L’année passée, rien qu’en Bavière (dans le Sud-Est de l’Allemagne), une initiative populaire a recueilli 1,7 million de signatures manuscrites (les gens se déplaçaient pour les abeilles et pour une autre agriculture). En France, le mouvement Nous voulons des Coquelicots a récolté près d’un million de signatures pour sa pétition. Dans le village de Mals in Vinschgau dans le Tyrol du Sud, un référendum a remporté une proposition du conseil communal en faveur de l’interdiction des pesticides sur tout le territoire communal, y inclus les zones agricoles.

 

Nature & Progrès en Wallonie

En Wallonie, Nature & Progrès, association ayant pour but de rassembler producteurs et consommateurs, est le membre francophone belge partenaire de cette ICE. L’asbl défend depuis 40 ans le fait que les pesticides chimiques de synthèse n’ont pas d’avenir. Les alternatives existent, le BIO le prouve au quotidien. C’est pourquoi elle mène depuis 2 ans la campagne « Vers une Wallonie sans pesticides, nous y croyons ». Le succès est grandissant car sa communauté s’élargit de jour en jour.

« Avec d’autres associations européennes dont le PAN Europe, nous avons décidé de lancer un appel européen relatif aux pesticides chimiques de synthèse. C’est une belle victoire pour nous ! Nous nous réjouissons, une fois de plus, de porter notre campagne au niveau européen à travers cette initiative citoyenne de grande envergure », Marc Fichers – secrétaire général de Nature & Progrès.

Martin Dermine – coordinateur à Pesticide Action Network Europe, co-initiateur de cette ICE – nous précise, qu’à l’heure actuelle, près de la moitié du budget de l’Union européenne est dédié à soutenir un modèle agricole qui détruit l’environnement via l’utilisation massive de pesticides, d’engrais chimiques ou encore de soja OGM importé d’Amazonie. Les citoyens en sont conscients et n’en veulent plus !

 

Comment signer ?

Si nous récoltons un million de signatures d’ici la fin novembre 2020, la Commission Européenne sera dans l’obligation de prendre cette demande en compte. Pour signer l’initiative, rendez-vous sur www.sauvonslesabeillesetlesagriculteurs.eu.

Le Salon BIO Valériane : un bilan positif et un thème sur les abeilles concluant – 9 septembre 2019

Le Salon Valériane, organisé par l’association Nature & Progrès, ferme ses portes ce dimanche soir sur une 35ème édition plus que réussie !
En trois jours, plus de 22.000 visiteurs ont franchi les portes de Namur Expo pour rendre visite à plus de 300 exposants.

Le thème : les Abeilles, notre Avenir !

Pour cette 35ème édition, le thème était placé sous le signe des abeilles, ces pollinisateurs indicateurs de l’état de l’environnement. Tout un « Village des Abeilles » a donc été mis en place avec des acteurs du secteur apicole : associations, produits de la ruche, cosmétiques BIO, etc. Diverses conférences et ateliers sur le sujet ont également rassemblé de nombreux participants.

Le Plan Bee, grande campagne lancée en 2018 par Nature & Progrès, fut un réel succès. Ce projet vise à étudier la faisabilité agronomique, apicole et économique de semer et planter des fleurs attractives pour les abeilles sur des surfaces de 10 à 15 ha pour produire du miel. Des centaines de sachets de semences ont été vendus par ramener la biodiversité dans nos espaces verts.

Simonette à bicyclette, marque de produits visant à réduire les déchets, était représentée dans le Village des Abeilles. L’exposant en est à sa deuxième année au Salon : « Valériane est le premier Salon auquel nous avons participé et nous avons eu d’excellents retours. Nous vendons notamment des films réutilisables à base de cire d’abeille et nous proposons de les réenduire ici sur place. Des acheteurs de l’édition précédente sont déjà revenus pour ce service. Le public est fidèle et varié ! »

Les nouveautés cette année

Nous l’avions promis, cette édition 2019 annonçait des nouveautés. Parmi elles, le Village Ecobioconstruction a accueilli un espace dédié à l’Habitat léger. Ce type de logement est notamment représenté par les tiny houses, les yourtes et les roulottes. Les participants ont d’ailleurs pu assister et participer à la construction d’une tiny house durant toute la durée du Salon.

Guillaume Grawez d’Ecowez nous précise : « Grâce à la promotion du Village Ecobioconstruction en amont du Salon, de nombreux visiteurs sont venus nous rendre visite avec des questions bien précises. Ils ont préparé leur venue avec des projets concrets en tête. »

Le nouvel espace Foodtruck a également ravi les papilles de nos visiteurs. Il s’agissait bien évidement de restauration 100% BIO où il était possible déguster une glace, une part de tarte, un bon café ou une bière.

Les stands de Nature & Progrès

Cette année, une quinzaine de producteurs BIO de Nature & Progrès (le label BIO expliqué) se sont rassemblés dans le Village des Producteurs. A tour de rôles, ils se sont relayés pour vous faire déguster leurs produits, tous BIO et locaux bien évidement. Le public a été conquis par ce label qui réunit chaque année de plus en plus de producteurs wallons. A l’heure actuelle, ils sont 70 à être labellisés Nature & Progrès Belgique.

Les produits des exposants étaient variés : nourriture BIO, matériel de cuisine à basse température, vêtements équitables, zéro déchet, slow cosmétiques, associations de protection de l’environnement, produits de la ruche, …. Il y en avait pour tous les goûts !

En plus de ces 300 exposants, une série de conférences, ateliers et tables rondes ont eu lieu. N’oublions pas l’Espace citoyens. Les membres des Locales de Nature & Progrès étaient sur place pour échanger avec les visiteurs sur les enjeux de la société. Nos jardiniers conseil ont également été d’une aide précieuse pour répondre à toutes vos questions sur le jardinage. Enfin, Nature & Progrès ne serait rien sans ses bénévoles. Ce sont plus de 150 personnes qui tout le weekend se relaient pour faire le succès du salon ! Merci à eux !

En résumé, Valériane, c’est une ambiance familiale, particulière et chaleureuse au sein des allées de Namur EXPO. Nous vous donnons déjà rendez-vous l’année prochaine pour la 36ème édition.

80 personnes présentes à la visite du Plan Bee à Ciney – 27 août 2019

Le Plan Bee, semons des fleurs pour des sucres d’abeilles

Le « Plan Bee » est un projet mis en place par Nature & Progrès et qui s’inscrit dans le cadre de la campagne « Vers une Wallonie sans pesticides, nous y croyons ». Il étudie la faisabilité du développement de cultures de plantes mellifères sur grandes surfaces sans utilisation de pesticides. L’objectif est de produire du miel et de diversifier la production de sucre en Wallonie, tout en y développant la biodiversité.

Pour mener à bien ce projet, la Société Wallonne des Eaux a mis un terrain de 13 ha à disposition de Nature & Progrès pour y semer des fleurs mellifères. Le Plan Bee a également pu être réalisé grâce à l’aide du Ministre wallon de l’Environnement Carlo Di Antonio.

Ce samedi 24 août 2019 a eu lieu une visite guidée ouverte au grand public de cette parcelle située à Ciney. Un premier rendez-vous concluant avait déjà été organisé en juillet pour les membres ayant participé, de près comme de loin, à cette initiative. Cette fois-ci, ce sont plus de 80 personnes venues de tous horizons qui nous ont rendu visite. Le moins que l’on puisse dire est que tout le monde a passé un agréable moment au milieu des insectes et des fleurs mellifères.

Le concours photo

Un concours photo a également été mis en place durant la visite de la parcelle Plan Bee. Nos participants s’en sont donnés à cœur joie pour illustrer les insectes et les fleurs. Les plus beaux d’entre eux seront exposés au Salon Valériane ces 6, 7 et 8 septembre prochains.

Catherine Buysens, agronome responsable du projet, nous précise « En ce moment, le trèfle incarnat rouge, le trèfle blanc et la centaurée des prés sont tous les trois en fleur. La dominance de couleur est donc un mélange de rouge, de blanc, de violet et de bleu. Quelques tournesols ont également pris place sur la parcelle. »

En savoir plus sur le projet Plan Bee

En Wallonie, la betterave sucrière en agriculture conventionnelle est l’une des cultures les plus consommatrices en pesticides. Fort de ce constat, l’association Nature & Progrès encourage les agriculteurs qui le souhaitent à utiliser des méthodes alternatives à l’utilisation des pesticides.

Constatant la disparition de plantes sauvages et d’une partie de la biodiversité de nos campagnes, les acteurs de l’asbl se sont questionnés sur la possibilité de produire du sucre tout en apportant de la biodiversité dans nos campagnes. Le projet « Plan Bee » est le résultat de cette concertation. L’idée est d’implanter des cultures de fleurs mellifères sur des parcelles et d’y installer des ruches et valoriser les plantes cultivées via le fourrage et les semences.

Nature & Progrès rassemble une large communauté de personnes autour de ce projet. Elle se compose d’agriculteurs, apiculteurs, semenciers, chercheurs ou encore de citoyens bénévoles pour conseiller, réaliser les semis, récolter le miel, etc.

Avancement du projet Plan Bee

Sur le terrain de Ciney mis à disposition par la SWDE, l’implantation des cultures de plantes mellifères a débuté avec le semis d’une parcelle de 6 hectares. Deux apiculteurs y ont installé leurs ruches.

Des haies mellifères et arbres qui entourent le terrain apportent également du pollen et du nectar aux abeilles. Le site fera l’objet d’un suivi rigoureux afin d’analyser la faisabilité apicole agronomique et économique de la culture de fleurs mellifères.

Contact

Marc Fichers, secrétaire général – marc.fichers@natpro.be
Catherine Buysens, agronome/chargée de projets – catherine.buysens@natpro.be
Laura Vlémincq, chargée de communication – laura.vlemincq@natpro.be

Le Plan Bee, semons des fleurs pour des sucres d’abeilles – 22 juillet 2019

Le Plan Bee, semons des fleurs pour des sucres d’abeilles

Visite du site Plan Bee par Catherine Buysens @ Nature & Progrès

Le « Plan Bee » est un projet mis en place par Nature & Progrès et qui s’inscrit dans le cadre de la campagne « Vers une Wallonie sans pesticides, nous y croyons ». Il étudie la faisabilité du développement de cultures de plantes mellifères sur grandes surfaces sans utilisation de pesticides. L’objectif est de produire du miel et de diversifier la production de sucre en Wallonie, tout en y développant la biodiversité.

Pour mener à bien ce projet, la Société Wallonne des Eaux a mis un terrain de 13 ha à disposition de Nature & Progrès pour y semer des fleurs mellifères. Le Plan Bee a également pu être réalisé grâce à l’aide du Ministre wallon de l’Environnement Carlo Di Antonio.

Ce vendredi 19 juillet 2019 a eu lieu une visite guidée du site situé à Ciney. 50 personnes y ont participé et ont pu voir la mise en place du projet. Après un discours d’accueil de Catherine Buysens (agronome responsable du projet) et Marc Fichers (Secrétaire général de l’asbl), ils ont eu droit à des explications sur l’initiative et ses avancements au travers d’un parcours au milieu des fleurs mellifères. Pour les plus curieux, Dominique Hereng, apiculteur présent sur place, faisait une démonstration d’extraction de miel.

Catherine Buysens nous précise « En quelques semaines, le terrain a beaucoup évolué. On observe actuellement une dominance de violet, grâce à la phacélie et la bourrache. On voit également déjà quelques touches de blanc avec le sarrasin et le trèfle blanc. On remarque aussi de nombreux insectes. Papillons, coccinelles, bourdons, abeilles et criquets ont trouvé leur place. »

Nature & Progrès rassemble une large communauté de personnes autour de ce projet. Elle bénéficie de l’aide d’agriculteurs, d’apiculteurs, de semenciers, de chercheurs ou encore de citoyens bénévoles pour conseiller, réaliser les semis, récolter le miel, entretenir le terrain, etc.

En savoir plus sur le projet Plan Bee

En Wallonie, la betterave sucrière en agriculture conventionnelle est l’une des cultures les plus consommatrices en pesticides. Fort de ce constat, l’association Nature & Progrès encourage les agriculteurs qui le souhaitent à utiliser des méthodes alternatives à l’utilisation des pesticides.

Constatant la disparition de plantes sauvages et d’une partie de la biodiversité de nos campagnes, les acteurs de l’asbl se sont questionnés sur la possibilité de produire du sucre tout en apportant de la biodiversité dans nos campagnes. Le projet « Plan Bee » est le résultat de cette concertation. L’idée est d’implanter des cultures de fleurs mellifères sur des parcelles et d’y installer des ruches et valoriser les plantes cultivées via le fourrage et les semences.

Nature & Progrès rassemble une large communauté de personnes autour de ce projet. Elle se compose d’agriculteurs, apiculteurs, semenciers, chercheurs ou encore de citoyens bénévoles pour conseiller, réaliser les semis, récolter le miel, etc.

Avancement du projet Plan Bee

Sur le terrain de Ciney mis à disposition par la SWDE, l’implantation des cultures de plantes mellifères a débuté avec le semis d’une parcelle de 6 hectares. Deux apiculteurs y ont installé leurs ruches.

Des haies mellifères et arbres qui entourent le terrain apportent également du pollen et du nectar aux abeilles. Le site fera l’objet d’un suivi rigoureux afin d’analyser la faisabilité apicole agronomique et économique de la culture de fleurs mellifères.

Contact

Marc Fichers, secrétaire général – marc.fichers@natpro.be
Catherine Buysens, agronome/chargée de projets – catherine.buysens@natpro.be
Laura Vlémincq, chargée de communication – laura.vlemincq@natpro.be

Mercosur, une opportunité pour les artisans de la viande – 9 juillet 2019

Après une vingtaine d’années de négociations, un accord a été signé pour le Mercosur, un traité économique liant l’Union européenne, l’Argentine, le Brésil, l’Uruguay et le Paraguay. Le secteur agricole européen se mobilise car il craint la distorsion de concurrence occasionnée par la réduction des droits de douane sur les produits agricoles américains (notamment 99.000 tonnes annuelles de viande bovine prévue à destination de l’Europe). Cette importation potentielle représente 1,4 % de la production européenne, déjà suffisante pour couvrir les besoins des citoyens européens.

Mettons un visage sur notre alimentation

Pour Nature & Progrès, association de producteurs et de consommateurs défendant l’agriculture biologique, l’accord Mercosur est une raison de plus, pour les consommateurs européens, de délaisser les produits anonymes, et notamment les plats préparés industriels (cf. l’épisode des lasagnes à viande de cheval !) pour se rapprocher des producteurs locaux. La Wallonie, par ses herbages, est une terre propice à un élevage de qualité et elle accueille un savoir-faire artisanal reconnu, tant chez les éleveurs que chez les bouchers.

De plus en plus d’éleveurs se dirigent vers le bio et font le choix de proposer aux consommateurs locaux leur viande en direct. À ce jour, selon les statistiques de l’AFSCA[i], la Wallonie compte 93 boucheries à la ferme, un chiffre en progression ces dernières années. De nombreux éleveurs passent par des bouchers pour la réalisation de colis de viande vendus à la ferme. Différents sites internet référençant les producteurs locaux permettent de les découvrir.

« Dépassons la peur de ce traité en agissant :
renforçons le lien entre production locale et consommation locale
et sachons ce que nous mangeons ! »

Les artisans de la viande BIO Nature & Progrès

Le label Nature & Progrès Belgique regroupe une septantaine de producteurs et transformateurs biologiques wallons. Parmi eux, une vingtaine élèvent des bovins et proposent de la viande en direct au consommateur.

Chez les producteurs BIO de Nature & Progrès, les animaux pâturent les prairies à la belle saison tandis que le foin et quelques céréales cultivées à la ferme subviennent à leurs besoins en hiver.  Les éleveurs de Nature & Progrès ont développé une maîtrise de leur filière, notamment au niveau de la transformation (boucheries à la ferme, colis de viande) et de la vente. Le dernier maillon sur lequel ils travaillent est celui de l’abattage : l’association mène depuis 5 ans des travaux sur l’abattage à la ferme pour optimiser le bien-être animal et la qualité de la viande.

Le label compte également un boucher artisanal travaillant « à l’ancienne » : depuis le choix de l’animal chez l’éleveur bio et les conseils d’alimentation jusqu’à la transformation de la viande, selon des méthodes privilégiant les qualités nutritionnelles et gustatives.

Cartographie des producteurs BIO de Nature & Progrès proposant de la viande en circuit court

Orange : éleveur proposant des colis de viande
Vert : éleveur ayant une boucherie à la ferme
Bleu : boucher


[i] http://www.afsca.be/bo-documents/inter_NombreProducteursFermiers.PDF

Pas de béton pour nos cochons ! – 4 février 2019

Ce début 2019 voit naître, en Flandre, la désormais autoproclamée plus grande porcherie bio belge. Les porcs de la société Biovar.be sont destinés au groupe ColruytNature & Progrès est interpellée par l’apparition de ces nouveaux élevages de porcs « tout béton » à la limite de la certification biologique et s’éloignant dangereusement de la philosophie bio.

Des élevages minimalistes

Nature & Progrès, association de producteurs et de consommateurs biologiques, est frappée par ce nouveau modèle de porcherie « tout béton », où tant les espaces intérieurs qu’extérieurs directs sont artificialisés. Pourtant, la réglementation européenne précise que « des aires d’exercice permettent aux porcins de satisfaire leurs besoins naturels et de fouir. Aux fins de cette dernière activité, différents substrats peuvent être utilisés » (R889/2008, Art 11, point 6). Les substrats en question ne sont pas définis, mais le bon sens veut que des surfaces en béton ne soient pas adaptées. Les quelques brins de paille servant de litière aux porcs sont évidemment insuffisants pour leur permettre d’assouvir leur besoin naturel de fouir.

Quelques brins de paille pour fouir, voici ce que propose l’élevage industriel de porcs. Image issue du site biovar.be.

Sur son site internet (biovar.be), l’élevage se dit pourtant « plus que bio », notamment en ce qui concerne le bien-être animal. « Chaque animal a le libre choix de manger, de boire et de bouger à tout moment », ce qui est bien heureux et par ailleurs obligatoire selon la réglementation biologique. « Chaque promenade extérieure offre une vue imprenable via une séparation en mezzanine ouverte », on voit en effet une vue imprenable sur quelques mètres carrés de béton et des hautes barrières en plastique. « Toutes les catégories d’animaux vivent en groupe », ce qui est aussi une obligation de la réglementation, le cochon étant un animal sociable.

Vous le comprenez dans le discours de Biovar.be, l’associé de Colruyt, tout est dans la communication et dans l’application au minimum des règles du bio. C’est contraire à l’esprit du Bio qui guide les choix de nos agriculteurs.

Le parcours extérieur (aire « de promenade ») des porcelets et sa « vue imprenable » dans l’élevage de porcs Biovar.be. Image issue du site biovar.be.

L’élevage biologique de porcs selon Nature & Progrès

« La production biologique est un système global de gestion agricole et de production alimentaire qui allie les meilleures pratiques environnementales, un haut degré de biodiversité, la préservation des ressources naturelles, l’application de normes élevées en matière de bien-être animal […] » (Règlement européen R834/2007 relatif à l’agriculture biologique).

Pour Nature & Progrès, un élevage biologique doit respecter les besoins naturels des animaux : ces derniers ont besoin de fouir, comportement inné lié à leur régime alimentaire et à leur mode de vie. L’accès à des terres ou à d’importantes couches de paille est donc recommandé pour laisser les animaux assouvir leur instinct. Conservons un élevage lié au sol dans notre région où les prairies sont dominantes ! Selon la Bio de Nature & Progrès, les cochons sont élevés à l’extérieur et rentrent quand les conditions sont défavorables. Dans le modèle industriel, les cochons sont à l’intérieur et peuvent parfois sortir « en promenade ». Une différence de philosophie marquante !

A la Ferme des Crutins, les porcs sont élevés en plein air. Photo : Sylvie La Spina – Nature & Progrès.

Nature & Progrès prône pour des élevages de porcs ou de volailles en diversification et non en activité principale. En effet, pour tirer un revenu suffisant de ce type d’élevage, il est incontournable d’élever un grand nombre d’animaux, ce qui est difficilement compatible avec le bien-être animal, la prévention des maladies, l’autonomie des fermes (en amont et en aval de l’élevage) et les aspects écologiques (gestion des fumiers). Les porcs ont la faculté de valoriser les « déchets » de production tels que le son des céréales ou le petit lait de fromagerie. C’est dans ce sens qu’un élevage porcin s’associe avec les activités de fermes biologiques liées au sol, en polyculture élevage.

A la ferme de Stée, les porcs valorisent le petit lait issu de la transformation des laits de vaches, brebis et chèvres en délicieux fromages. Les éleveurs ont développé une boucherie pour proposer la viande de porcs au magasin de la ferme. Photo : Sylvie La Spina – Nature & Progrès.

Bien-être des porcs Pour un animal, pouvoir exprimer les comportements propres à son espèce est une des composantes cruciales de son bien-être. Les porcs explorent leur environnement et manipulent des objets pour la recherche d’endroits attractifs pour se coucher, pour l’acquisition de connaissances générales sur leur domaine vital, et pour la recherche de nourriture. Parmi ces activités, la recherche de nourriture, ou « fouille alimentaire », est un comportement majeur : quand les porcs domestiques peuvent vivre en liberté dans un cadre boisé, ils passent 75 % de leur temps actif à effectuer des comportements de fouille alimentaire, même quand ils sont nourris à satiété. Les fouilles consistent à pâturer, retourner, trouver et renifler des objets. Ce comportement a évolué au cours des millénaires, permettant aux porcs de trouver de la nourriture toute l’année. La sélection naturelle a favorisé ceux qui fouissaient le plus et ces comportements sont maintenant fixés, y compris chez le porc domestique moderne. Pour amener les porcs à combler leurs besoins de fouille, les éleveurs doivent mettre à leur disposition des substrats incitant ce comportement, idéalement comestibles, pouvant être mâchonnés, et pouvant être fouillés avec le groin. Si les besoins d’exploration et de fouille ne sont pas rencontrés, les porcs expriment leur frustration en mordant ce qui se trouve à leur portée, notamment la queue de leurs congénères. La caudophagie est plus fréquente dans des élevages sur caillebotis que dans des élevages plein air ou sur une importante couche de paille. En plein air, les cochons se rouleront dans la boue pour se protéger des parasites et du soleil. En effet, ils sont sensibles aux coups de soleil et nécessitent, quand il fait chaud, de réguler leur température. Une couche de boue leur permet de se rafraichir plus efficacement que des bains d’eau.

Une volonté d’industrialisation du bio

Dans le cadre de la révision du règlement bio européen, les pressions se font d’ores et déjà sentir pour officialiser un mode d’élevage « tout béton » dans le secteur bio dès 2021. L’idée est de ne plus fournir qu’un caillebotis extérieur aux animaux, donc aller vers le 100 % béton. Pour les producteurs et consommateurs de Nature & Progrès, ce sera un grand NON !

Le développement d’élevages biologiques intensifs et à grande échelle est lié au souhait des grandes surfaces (ici, Colruyt) d’offrir de la viande biologique locale au consommateur, au prix le plus bas possible, grâce à une filière intégrée et à des économies d’échelle. Ces circuits gérés par des investisseurs sont plus faciles à mettre en place que ceux de groupements d’éleveurs. En effet, pour travailler avec les grandes surfaces, il est nécessaire de fournir des produits standardisés, avec régularité. Pour nos producteurs artisanaux wallons, cette démarche est ardue et tend à appauvrir la spécificité de nos élevages. Pour cette raison notamment, Nature & Progrès prône le circuit court et la préservation de l’artisanat tant dans les métiers de l’élevage que dans ceux de la boucherie. Nous nous posons également la question de l’opportunité pour un distributeur de s’investir dans le développement d’outils de production agricole. La production agricole doit rester dans des fermes familiales et nourricières, et les grandes enseignes doivent se cantonner à faire leur job : distribuer.

Les éleveurs de porcs Bio de Nature & Progrès
Chez les producteurs Bio labellisés Nature & Progrès, l’élevage de porcs n’est pas une activité dominante. Elle est toujours associée à d’autres activités d’élevage ou de culture, et souvent à la transformation fromagère. En effet, le petit lait issu de la production de fromages est donné aux cochons qui valorisent ce « déchet » en viande. Les éleveurs sont pour la plupart en autonomie au niveau de l’alimentation de leurs cochons : de surfaces de céréales sont cultivées à leur égard pour compléter la ration.   La Ferme des Crutins, Pierre Pirson à Sugny. La Ferme à l’Arbre de Liège, Famille Paque à Lantin. La Ferme Dorloû à Ellezelles. La Ferme de Jambjoule à Rochefort. La Ferme de la Sarthe à Mettet. La Ferme du Moulin à Chièvres. La Fromagerie de Stée à Ciney. Le Domaine de Graux à Tournai. Le Chèvrefeuille à Haillot. La Ferme de l’Esclaye à Beauraing. Les pousses vertes à Rochefort. La Ferme du Hayon à Meix-devant-Virton (arrêt temporaire – peste porcine africaine)

Sources :

Site internet de Biovar.be (www.biovar.be)

Site internet du projet européen Welfare Quality  (http://www.welfarequality.net/en-us/home/)

“les porcs doivent avoir un accès permanent à une quantité suffisante de matériaux permettant des activités de recherche et de manipulation suffisantes, tels que la paille, le foin, la sciure de bois, le compost de champignons, la tourbe ou un mélange de ces matériaux qui ne compromette pas la santé des animaux “(Directive UE 2008/120/CE, Annexe 1, par.4). �7

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