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Mercosur, une opportunité pour les artisans de la viande – 9 juillet 2019

Après une vingtaine d’années de négociations, un accord a été signé pour le Mercosur, un traité économique liant l’Union européenne, l’Argentine, le Brésil, l’Uruguay et le Paraguay. Le secteur agricole européen se mobilise car il craint la distorsion de concurrence occasionnée par la réduction des droits de douane sur les produits agricoles américains (notamment 99.000 tonnes annuelles de viande bovine prévue à destination de l’Europe). Cette importation potentielle représente 1,4 % de la production européenne, déjà suffisante pour couvrir les besoins des citoyens européens.

Mettons un visage sur notre alimentation

Pour Nature & Progrès, association de producteurs et de consommateurs défendant l’agriculture biologique, l’accord Mercosur est une raison de plus, pour les consommateurs européens, de délaisser les produits anonymes, et notamment les plats préparés industriels (cf. l’épisode des lasagnes à viande de cheval !) pour se rapprocher des producteurs locaux. La Wallonie, par ses herbages, est une terre propice à un élevage de qualité et elle accueille un savoir-faire artisanal reconnu, tant chez les éleveurs que chez les bouchers.

De plus en plus d’éleveurs se dirigent vers le bio et font le choix de proposer aux consommateurs locaux leur viande en direct. À ce jour, selon les statistiques de l’AFSCA[i], la Wallonie compte 93 boucheries à la ferme, un chiffre en progression ces dernières années. De nombreux éleveurs passent par des bouchers pour la réalisation de colis de viande vendus à la ferme. Différents sites internet référençant les producteurs locaux permettent de les découvrir.

« Dépassons la peur de ce traité en agissant :
renforçons le lien entre production locale et consommation locale
et sachons ce que nous mangeons ! »

Les artisans de la viande BIO Nature & Progrès

Le label Nature & Progrès Belgique regroupe une septantaine de producteurs et transformateurs biologiques wallons. Parmi eux, une vingtaine élèvent des bovins et proposent de la viande en direct au consommateur.

Chez les producteurs BIO de Nature & Progrès, les animaux pâturent les prairies à la belle saison tandis que le foin et quelques céréales cultivées à la ferme subviennent à leurs besoins en hiver.  Les éleveurs de Nature & Progrès ont développé une maîtrise de leur filière, notamment au niveau de la transformation (boucheries à la ferme, colis de viande) et de la vente. Le dernier maillon sur lequel ils travaillent est celui de l’abattage : l’association mène depuis 5 ans des travaux sur l’abattage à la ferme pour optimiser le bien-être animal et la qualité de la viande.

Le label compte également un boucher artisanal travaillant « à l’ancienne » : depuis le choix de l’animal chez l’éleveur bio et les conseils d’alimentation jusqu’à la transformation de la viande, selon des méthodes privilégiant les qualités nutritionnelles et gustatives.

Cartographie des producteurs BIO de Nature & Progrès proposant de la viande en circuit court

Orange : éleveur proposant des colis de viande
Vert : éleveur ayant une boucherie à la ferme
Bleu : boucher


[i] http://www.afsca.be/bo-documents/inter_NombreProducteursFermiers.PDF

Pas de béton pour nos cochons ! – 4 février 2019

Ce début 2019 voit naître, en Flandre, la désormais autoproclamée plus grande porcherie bio belge. Les porcs de la société Biovar.be sont destinés au groupe ColruytNature & Progrès est interpellée par l’apparition de ces nouveaux élevages de porcs « tout béton » à la limite de la certification biologique et s’éloignant dangereusement de la philosophie bio.

Des élevages minimalistes

Nature & Progrès, association de producteurs et de consommateurs biologiques, est frappée par ce nouveau modèle de porcherie « tout béton », où tant les espaces intérieurs qu’extérieurs directs sont artificialisés. Pourtant, la réglementation européenne précise que « des aires d’exercice permettent aux porcins de satisfaire leurs besoins naturels et de fouir. Aux fins de cette dernière activité, différents substrats peuvent être utilisés » (R889/2008, Art 11, point 6). Les substrats en question ne sont pas définis, mais le bon sens veut que des surfaces en béton ne soient pas adaptées. Les quelques brins de paille servant de litière aux porcs sont évidemment insuffisants pour leur permettre d’assouvir leur besoin naturel de fouir.

Quelques brins de paille pour fouir, voici ce que propose l’élevage industriel de porcs. Image issue du site biovar.be.

Sur son site internet (biovar.be), l’élevage se dit pourtant « plus que bio », notamment en ce qui concerne le bien-être animal. « Chaque animal a le libre choix de manger, de boire et de bouger à tout moment », ce qui est bien heureux et par ailleurs obligatoire selon la réglementation biologique. « Chaque promenade extérieure offre une vue imprenable via une séparation en mezzanine ouverte », on voit en effet une vue imprenable sur quelques mètres carrés de béton et des hautes barrières en plastique. « Toutes les catégories d’animaux vivent en groupe », ce qui est aussi une obligation de la réglementation, le cochon étant un animal sociable.

Vous le comprenez dans le discours de Biovar.be, l’associé de Colruyt, tout est dans la communication et dans l’application au minimum des règles du bio. C’est contraire à l’esprit du Bio qui guide les choix de nos agriculteurs.

Le parcours extérieur (aire « de promenade ») des porcelets et sa « vue imprenable » dans l’élevage de porcs Biovar.be. Image issue du site biovar.be.

L’élevage biologique de porcs selon Nature & Progrès

« La production biologique est un système global de gestion agricole et de production alimentaire qui allie les meilleures pratiques environnementales, un haut degré de biodiversité, la préservation des ressources naturelles, l’application de normes élevées en matière de bien-être animal […] » (Règlement européen R834/2007 relatif à l’agriculture biologique).

Pour Nature & Progrès, un élevage biologique doit respecter les besoins naturels des animaux : ces derniers ont besoin de fouir, comportement inné lié à leur régime alimentaire et à leur mode de vie. L’accès à des terres ou à d’importantes couches de paille est donc recommandé pour laisser les animaux assouvir leur instinct. Conservons un élevage lié au sol dans notre région où les prairies sont dominantes ! Selon la Bio de Nature & Progrès, les cochons sont élevés à l’extérieur et rentrent quand les conditions sont défavorables. Dans le modèle industriel, les cochons sont à l’intérieur et peuvent parfois sortir « en promenade ». Une différence de philosophie marquante !

A la Ferme des Crutins, les porcs sont élevés en plein air. Photo : Sylvie La Spina – Nature & Progrès.

Nature & Progrès prône pour des élevages de porcs ou de volailles en diversification et non en activité principale. En effet, pour tirer un revenu suffisant de ce type d’élevage, il est incontournable d’élever un grand nombre d’animaux, ce qui est difficilement compatible avec le bien-être animal, la prévention des maladies, l’autonomie des fermes (en amont et en aval de l’élevage) et les aspects écologiques (gestion des fumiers). Les porcs ont la faculté de valoriser les « déchets » de production tels que le son des céréales ou le petit lait de fromagerie. C’est dans ce sens qu’un élevage porcin s’associe avec les activités de fermes biologiques liées au sol, en polyculture élevage.

A la ferme de Stée, les porcs valorisent le petit lait issu de la transformation des laits de vaches, brebis et chèvres en délicieux fromages. Les éleveurs ont développé une boucherie pour proposer la viande de porcs au magasin de la ferme. Photo : Sylvie La Spina – Nature & Progrès.

Bien-être des porcs Pour un animal, pouvoir exprimer les comportements propres à son espèce est une des composantes cruciales de son bien-être. Les porcs explorent leur environnement et manipulent des objets pour la recherche d’endroits attractifs pour se coucher, pour l’acquisition de connaissances générales sur leur domaine vital, et pour la recherche de nourriture. Parmi ces activités, la recherche de nourriture, ou « fouille alimentaire », est un comportement majeur : quand les porcs domestiques peuvent vivre en liberté dans un cadre boisé, ils passent 75 % de leur temps actif à effectuer des comportements de fouille alimentaire, même quand ils sont nourris à satiété. Les fouilles consistent à pâturer, retourner, trouver et renifler des objets. Ce comportement a évolué au cours des millénaires, permettant aux porcs de trouver de la nourriture toute l’année. La sélection naturelle a favorisé ceux qui fouissaient le plus et ces comportements sont maintenant fixés, y compris chez le porc domestique moderne. Pour amener les porcs à combler leurs besoins de fouille, les éleveurs doivent mettre à leur disposition des substrats incitant ce comportement, idéalement comestibles, pouvant être mâchonnés, et pouvant être fouillés avec le groin. Si les besoins d’exploration et de fouille ne sont pas rencontrés, les porcs expriment leur frustration en mordant ce qui se trouve à leur portée, notamment la queue de leurs congénères. La caudophagie est plus fréquente dans des élevages sur caillebotis que dans des élevages plein air ou sur une importante couche de paille. En plein air, les cochons se rouleront dans la boue pour se protéger des parasites et du soleil. En effet, ils sont sensibles aux coups de soleil et nécessitent, quand il fait chaud, de réguler leur température. Une couche de boue leur permet de se rafraichir plus efficacement que des bains d’eau.

Une volonté d’industrialisation du bio

Dans le cadre de la révision du règlement bio européen, les pressions se font d’ores et déjà sentir pour officialiser un mode d’élevage « tout béton » dans le secteur bio dès 2021. L’idée est de ne plus fournir qu’un caillebotis extérieur aux animaux, donc aller vers le 100 % béton. Pour les producteurs et consommateurs de Nature & Progrès, ce sera un grand NON !

Le développement d’élevages biologiques intensifs et à grande échelle est lié au souhait des grandes surfaces (ici, Colruyt) d’offrir de la viande biologique locale au consommateur, au prix le plus bas possible, grâce à une filière intégrée et à des économies d’échelle. Ces circuits gérés par des investisseurs sont plus faciles à mettre en place que ceux de groupements d’éleveurs. En effet, pour travailler avec les grandes surfaces, il est nécessaire de fournir des produits standardisés, avec régularité. Pour nos producteurs artisanaux wallons, cette démarche est ardue et tend à appauvrir la spécificité de nos élevages. Pour cette raison notamment, Nature & Progrès prône le circuit court et la préservation de l’artisanat tant dans les métiers de l’élevage que dans ceux de la boucherie. Nous nous posons également la question de l’opportunité pour un distributeur de s’investir dans le développement d’outils de production agricole. La production agricole doit rester dans des fermes familiales et nourricières, et les grandes enseignes doivent se cantonner à faire leur job : distribuer.

Les éleveurs de porcs Bio de Nature & Progrès
Chez les producteurs Bio labellisés Nature & Progrès, l’élevage de porcs n’est pas une activité dominante. Elle est toujours associée à d’autres activités d’élevage ou de culture, et souvent à la transformation fromagère. En effet, le petit lait issu de la production de fromages est donné aux cochons qui valorisent ce « déchet » en viande. Les éleveurs sont pour la plupart en autonomie au niveau de l’alimentation de leurs cochons : de surfaces de céréales sont cultivées à leur égard pour compléter la ration.   La Ferme des Crutins, Pierre Pirson à Sugny. La Ferme à l’Arbre de Liège, Famille Paque à Lantin. La Ferme Dorloû à Ellezelles. La Ferme de Jambjoule à Rochefort. La Ferme de la Sarthe à Mettet. La Ferme du Moulin à Chièvres. La Fromagerie de Stée à Ciney. Le Domaine de Graux à Tournai. Le Chèvrefeuille à Haillot. La Ferme de l’Esclaye à Beauraing. Les pousses vertes à Rochefort. La Ferme du Hayon à Meix-devant-Virton (arrêt temporaire – peste porcine africaine)

Sources :

Site internet de Biovar.be (www.biovar.be)

Site internet du projet européen Welfare Quality  (http://www.welfarequality.net/en-us/home/)

“les porcs doivent avoir un accès permanent à une quantité suffisante de matériaux permettant des activités de recherche et de manipulation suffisantes, tels que la paille, le foin, la sciure de bois, le compost de champignons, la tourbe ou un mélange de ces matériaux qui ne compromette pas la santé des animaux “(Directive UE 2008/120/CE, Annexe 1, par.4). �7

Lettre ouverte à la Commission européenne – 29 novembre 2018

Lettre ouverte à la Commission européenne: le secteur des denrées alimentaires et des aliments pour animaux « sans OGM » se félicite de la décision de la Cour européenne de Justice (CEJ) d’assurer la sécurité juridique d’une production « sans OGM » et exige sa sauvegarde
Bruxelles / Berlin / Vienne – 75 entreprises européennes de l’alimentation humaine et animale sans OGM de 10 pays européens saluent dans une lettre ouverte au président de la Commission, Juncker, et au commissaire à la santé, Andriukaitis, les objectifs juridiques clairs résultant de l’arrêt de la Cour de justice européenne sur les nouvelles méthodes de génie génétique du 25 juillet 2018. Ils demandent à la Commission de l’UE de mettre en œuvre rapidement les mesures requises suite à la décision de la CJE visant à préserver la production « sans OGM » en Europe. Les sociétés signataires, dont les détaillants Edeka, Rewe et SPAR, ont réalisé un chiffre d’affaires de 14,2 milliards d’euros en 2017 et ont employé 833 000 personnes.
Les entreprises appellent la Commission européenne à garantir la protection du marché intérieur européen contre les produits fabriqués en dehors de l’Europe en utilisant de nouvelles méthodes d’ingénierie génétique. Elle  doit veiller à ce que des méthodes de détection soient disponibles pour les produits fabriqués à l’aide des processus du nouveau génie génétique. Elle doit garantir l’étiquetage, la traçabilité et des contrôles efficaces pour l’importation de produits agricoles en provenance des pays où les plantes produites avec de nouvelles méthodes de génie génétique sont cultivées. En outre, un registre mondial de transparence est proposé, qui couvrirait tous les organismes génétiquement modifiés (OGM) dans le monde, anciens et nouveaux.
La Commission européenne doit mettre fin aux tentatives actuelles de lobbying visant à assouplir la législation européenne en vigueur sur les OGM: « L’Europe n’a pas besoin d’une nouvelle législation européenne en matière d’OGM. L’Europe a besoin d’une mise en œuvre adéquate de la législation européenne en vigueur sur les OGM », déclare Heike Moldenhauer aux signataires. . « L’arrêt de la Cour de justice des Communautés européennes parle d’un langage sans équivoque: les processus du nouveau génie génétique sont également soumis à la législation de l’UE sur les OGM; le principe de précaution, l’évaluation des risques et l’obligation d’étiquetage s’appliquent donc sans restriction. »
Avec un assouplissement de la législation de l’UE sur les OGM, les denrées alimentaires et les aliments pour animaux produits à l’aide de nouveaux procédés de génie génétique seraient mis sur le marché sans être testés et invisibles pour les fabricants, les distributeurs et les consommateurs. « Nous ne voulons en aucun cas mettre involontairement des OGM en circulation et ainsi mettre en danger le niveau élevé de confiance des consommateurs dans nos produits contrôlés « sans OGM ». Par conséquent, une traçabilité qui fonctionne de manière fiable, avec des systèmes de vérification valables, est indispensable », expliquent les entreprises dans leur lettre ouverte.

Le « sans -OGM » est une norme de qualité européenne importante.
La production de denrées alimentaires et celle d’aliments non génétiquement modifiés  pour animaux sont devenues entre-temps une norme de qualité et un facteur de marché européen important. La décision de la CJE contribue à la sécurisation des investissements substantiels dans les processus de certification et permet une croissance ultérieure.
À l’heure actuelle, sept pays de l’UE ont des systèmes d’étiquetage « sans OGM » et d’autres pays envisagent de les introduire. L’Allemagne et l’Autriche sont les leaders sur le marché européen. En 2018, les sociétés organisées au sein de l’association allemande Aliments sans génie génétique (VLOG) généreront un chiffre d’affaires supérieur à sept milliards d’euros avec plus de 9 000 produits. Les sociétés membres de l’ARGE Gentechnik-frei autrichien réalisent un chiffre d’affaires annuel d’environ 1,5 milliard d’euros avec plus de 3 500 produits. En Allemagne, 50% du lait, 60% de la viande de volaille et 70% des œufs sont produits « sans OGM ». En Autriche, l’ensemble de la production de lait et d’œufs (depuis 2010) et toutes les volailles (depuis 2012) sont issus d’animaux nourris sans OGM.
Le label « sans OGM » donne aux consommateurs la liberté de choix, en particulier pour les produits d’origine animale, ce qu’ils n’auraient pas autrement en raison d’une lacune dans la législation de l’UE. En effet, seuls les aliments génétiquement modifiés sont soumis à un étiquetage, mais pas les produits dérivés d’animaux ayant mangé des OGM, tels que le lait, la viande et les œufs. Les produits issus de l’agriculture et de la production alimentaire fabriqués « sans OGM » sont basés sur des processus de certification complets, qui nécessitent un effort logistique et financier considérable.

Lien vers la lettre ouverte et les entreprises signataires

Contact presse UE : Heike Moldenhauer, VLOG Conseiller en politique européenne, Mobile +49 152 53 69 29 11, Email : h.moldenhauer@ohnegentechnik.org
Contact presse Allemagne : Alexander Hissting, Directeur général VLOG, Mobile +49 177 41 42 042, Courriel : a.hissting@ohnegentechnik.org
Contact presse Autriche : Florian Faber, directeur général ARGE Gentechnik-frei, Mobile +43 664 381 95 02, courriel : f.faber@gentechnikfrei.at

Heike Moldenhauer
Conseiller politique de l’UE
Verband Lebensmittel ohne
Gentechnik e.V. (VLOG)
Association alimentaire sans
Ingénierie génétique
Friedrichstr. 153 A
10117 Berlin
Tél .: +49 30 2359 945 80 ; Fax: +49 30 2359 945 01
www.ohnegentechnik.org
www.twitter.com/OhneGentechnik;  www.facebook.com/OhneGentechnik

Les citoyens pour le respect de la SCIENCE dans la réglementation des pesticides – 31 octobre 2018

Les citoyens pour le respect de la SCIENCE dans la réglementation des pesticides. Une COALITION européenne réclame : une science rigoureuse, une nourriture saine et un environnement sain

L’Union européenne a l’une des meilleures réglementations pour les pesticides dans le monde-en théorie. Mais elle n’est pas mise en œuvre dans la pratique. UNE nouvelle coalition, « Les citoyens pour le respect de la science dans la réglementation des pesticides« , a lancé ce manifeste pour appeler à la réforme. Nous demandons aux groupes et aux particuliers de s’inscrire à l’appui de cette initiative.

Cette action  survient à un moment crucial, lorsque la Commission européenne examine la législation sur les pesticides dans le cadre de son programme REFIT. En outre, le comité phytosanitaire du Parlement européen, convoqué par les députés concernés à la suite de la controverse sur la ré approbation du glyphosate, présentera ses recommandations pour la réforme du processus d’autorisation des pesticides à la fin du 2018.

Le règlement européen sur les pesticides privilégie explicitement la protection de la santé humaine et animale et de l’environnement. Il s’appuie sur le principe de précaution pour veiller à ce que les matières actives ou produits pesticides mis sur le marché ne nuisent pas à la santé humaine ou animale ou à l’environnement. Toutefois, les règles ne sont pas appliquées correctement et le système de réglementation permet aux intérêts privés de prendre le pas sur la santé et l’environnement.

Les principaux conflits d’intérêts persistent dans le système de réglementation des pesticides. Par exemple, l’industrie effectue ses propres tests de sécurité et est fortement impliquée dans la conception des méthodes d’évaluation des risques. Les groupes d’experts de l’autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), qui effectuent l’examen par les pairs du dossier de candidature et publient un avis sur le respect des critères d’approbation du pesticide, continuent d’inclure des personnes ayant des liens financiers avec l’industrie agro-chimique. Les papiers de Monsanto, documents internes de Monsanto divulgués dans les litiges  relatifs au caractère cancérigène du Glyphosate aux Etats-Unis, montrent comment l’industrie peut activement subvertir la science. Il est maintenant clair que l’industrie doit être maintenue à distance des tests de sécurité, de l’évaluation des risques et de la gestion des risques.

Nous réclamons une révision des procédures d’évaluation des pesticides au niveau européen.

Veuillez trouver le communiqué signé par 118 organisations européennes ainsi que sa traduction en français.

Contact Presse :

Marc FICHERS, 0473/65.36.32 ou marc.fichers@natpro.be
Xavier DELWARTE , 0476/42.39.02 ou x.delwarte@iew.be

La présence de pesticides dans l’air ambiant en Wallonie est inadmissible ! – 17 mai 2018

Ce mardi, l’ISSEP ( Institut Scientifique de Service Public )  a sorti ses premières conclusions de l’étude EXPOPESTEN, première étude à évaluer la présence de plusieurs pesticides dans l’air ambiant en Wallonie.

Dans la situation actuelle, cette étude montre que  les produits pulvérisés sur le champ se retrouvent dans notre environnement. Pour Nature & Progrès, ceci est totalement inadmissible.

L’agriculture wallonne est l’une des plus intensives en termes d’utilisation des pesticides, notamment en raison du développement des cultures comme la pomme de terre qui nécessitent de 15 à 25 traitements annuels alors qu’elles représentent 12,5 % des surfaces cultivées. Par ailleurs, l’aménagement du territoire régional favorise de nombreuses interfaces entre habitats et zones de pulvérisation, dont des prairies en bordure de village qui sont aujourd’hui labourées. Ces différents facteurs contribuent largement au fait que les riverains de zones agricoles sont particulièrement exposés.

Pour Nature & Progrès, il est urgent :

  •  de limiter, sur les terrains jouxtant les lieux d’habitation, l’implantation des cultures les plus utilisatrices de pesticides, comme la pomme de terre ;
  • d’instaurer en bordures des lieux d’habitation de vraies bandes « tampons » sans aucun traitement. Ces bandes tampons sont en outre des outils concrets en faveur de la biodiversité ;
  • d’informer les riverains en amont de pulvérisations afin qu’ils puissent se protéger, ainsi que leurs familles et animaux.

Outre de telles dispositions, il est indispensable, au niveau fédéral, de retirer les agréations des pesticides les plus problématiques pour la santé (perturbateurs endocriniens, cancérigènes possibles, …) ainsi que les substances les plus volatiles.

Au niveau régional, il est essentiel de mettre en place un plan plus détaillé et plus ambitieux de réduction de l’utilisation des pesticides par l’agriculture. Nature & Progrès souhaite la mise en place de mesures plus drastiques encore pour la sécurité de l’ensemble des wallons et de la préservation de la biodiversité en Wallonie.

Les alternatives aux pesticides existent ! On ne veut pas moins de pesticides, on n’en veut plus du tout! Aujourd’hui de plus en plus d’agriculteurs font le choix de travailler sans pesticides. Quelle BIOnne idée !

Contact presse :

Marc FICHERS, secrétaire général de Nature & Progrès Tél. 081/32.30.52 – GSM. 0473/65.36.32

Exposition des riverains aux pesticides – 25 avril 2018

Exposition des riverains aux pesticides : le Gouvernement wallon doit dès à présent proposer des mesures de protection !

Ce jeudi, le Gouvernement wallon se penchera sur un projet d’arrêté du Ministre Carlo Di Antonio visant à réduire l’exposition des riverains aux pesticides. Ce projet introduit un cadre réglementaire pour des mesures reconnues depuis longtemps comme relevant de la « bonne pratique agricole ». Le texte prévoit une révision, au second semestre 2018, qui doit permettre d’aller plus loin, sur base, notamment, des résultats d’une importante étude en cours sur l’exposition des riverains. Inter-Environnement Wallonie, Nature & Progrès, Natagora & Test-Achat appellent le Gouvernement wallon à agir dès à présent au regard de l’exposition importante des riverains de zones agricoles.

L’agriculture wallonne est l’une des plus intensives en termes d’utilisation des pesticides, notamment en raison du développement des cultures comme la pomme de terre qui nécessitent de 15 à 25 traitements annuels alors qu’elles représentent 12,5 % des surfaces cultivées. Par ailleurs, l’aménagement du territoire régional favorise de nombreuses interfaces entre habitats et zones de pulvérisation, dont des prairies en bordure de village qui sont aujourd’hui labourées. Ces différents facteurs contribuent largement au fait que les riverains de zones agricoles sont particulièrement exposés.

Des études ont mis en évidence les liens entre l’exposition des riverains et certaines maladies : Parkinson, leucémie chez l’enfant en cas d’exposition prénatale, nombreux troubles de neuro-développement et de croissance fœtale, … S’il faut regretter l’absence d’étude spécifique en Belgique, cela ne justifie pas l’inaction : les pesticides incriminés en Californie ou en France sont susceptibles de produire les mêmes effets en Wallonie. Nos associations considèrent qu’il est urgent d’agir au regard des études existantes démontrant dans des situations comparables des incidences sur la santé des riverains.

Le projet du Ministre, dont le contenu a été dévoilé ce jour dans la presse, intègre certaines « bonnes pratiques » dans la Loi. Rien de plus. Il s’agit de l’utilisation de moyens techniques assurant une réduction de 50 % de la dérive de pesticides et l’interdiction de pulvériser dès lors que la vitesse du vent atteint 15 km/h. Ces « bonnes pratiques agricoles » ont été reconnues comme nécessaires et pertinentes tant au niveau européen que belge par l’ensemble du secteur dans le cadre d’une étude européenne. Les faire entrer dans un cadre réglementaire permettra de mettre fin aux abus constatés sur le terrain.

En complément, le Ministre proposera au Gouvernement d’interdire les traitements à moins de 50 mètres des lieux d’accueil d’enfants et de personnes vulnérables (écoles, crèches, …) durant leur horaire d’occupation. Cette mesure constitue un premier pas dans la bonne direction et devra être évaluée sur base de l’étude en cours.

Ces propositions, nécessaires, restent néanmoins clairement insuffisantes pour les associations qui appellent le gouvernement :

  • à limiter, sur les terrains jouxtant les lieux d’habitation, l’implantation des cultures les plus utilisatrices de pesticides, comme la pomme de terre ;
  • à instaurer en bordures des lieux d’habitation de vraies bandes « tampons » sans aucun traitement. Ces bandes tampons sont en outre des outils concrets en faveur de la biodiversité ;
  • à informer les riverains en amont de pulvérisations afin qu’ils puissent se protéger, ainsi que leurs familles et animaux.

Outre de telles dispositions, il est indispensable, au niveau fédéral, de retirer les agréations des pesticides les plus problématiques pour la santé (perturbateurs endocriniens, cancérigènes possibles, …) ainsi que les substances les plus volatiles. Au niveau régional, il est essentiel de mettre en place un plan détaillé et ambitieux de réduction de l’utilisation des pesticides par l’agriculture.

Contacts presse :

Lionel Delvaux, chargé de mission « agriculture », Inter-Environnement Wallonie, 0497 76 60 11
Julie Frère, porte-parole, Test-Achats, 0495 52 82 35
Marc Fichers, Secrétaire général, Nature&Progrès, 0473 65 36 32
Philippe Funcken, Secrétaire général, Natagora, 0487 97 17 11

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