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Je jardine bio… Et vous ?

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Titre de l'article: Je jardine bio… Et vous ?
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Cela fait bien des années que Nature & Progrès vous exhorte à jardiner bio ! Sans forfanterie aucune, nous pouvons revendiquer avoir été les premiers à vous dire combien les produits chimiques – engrais et pesticides de synthèse – sont nuisibles pour votre santé. D’autres, il n’y a pas quinze ans de cela, vous laissaient encore volontiers entendre qu’au fond un peu de Roundup sur un coin ou l’autre du jardin, ce serait “ni vu ni connu”… Aujourd’hui, tout cela est carrément interdit et seuls quelques indécrottables pervers osent encore y songer… Nous vous avons ensuite expliqué à quel point un peu de jardinage, bio bien sûr, était de nature à rasséréner anxieux et dépressifs, à resserrer les liens sociaux les plus malmenés. Nous avons montré quelles adaptations techniques pouvaient en permettre la pratique aux moins voyants et aux personnes à mobilité réduite, à tous ceux qui, en fin de compte, souffrent quelque part dans leur corps, puisque “qui peut le plus peut le moins” – on pourrait d’ailleurs presque dire l’inverse, en l’occurrence…

Bref, à l’heure qu’il est, plus personne n’ira évidemment vous déconseiller de jardiner, et gageons également qu’après tout le foin que nous avons fait autour du glyphosate, aucun nigaud n’ira plus vous dire non plus qu’il faut le faire autrement qu’en bio… Et voilà pourtant le moment que choisit Nature & Progrès, à l’occasion de son nouveau salon Valériane, pour s’exclamer : Je jardine bio… Et vous ? A qui peut donc encore s’adresser pareil message ?

A tous les citadins, bien sûr, qui n’ont derrière chez eux que dix ou quinze mètres carrés et qui ne soupçonnent pas qu’on puisse y faire pousser le moindre légume. Et encore moins en faire bonne chère ! Peut-être viendra-t-il un temps cependant où la qualité de notre alimentation dépendra de ce que nous serons en mesure de cultiver nous-mêmes, pour nous-mêmes, tant les circuits habituels de distribution seront voués au produit standard de qualité moyenne et venu on ne sait d’où. Peut-être même autoproduire sera-t-il, un jour, un acte élémentaire de résilience ? Autant, dès lors, ne pas perdre la mémoire à son sujet ; qui peut savoir…

Bien sûr, notre message s’adresse aussi à tous les malheureux qui sont ou se sentent limités dans leur corps, dans leurs os et dans leurs muscles mais que, plus que jamais, tenaille l’envie de mettre les mains dans la terre. Nous leur disons haut et fort : ne renoncez pas, ne renoncez jamais ! Les satisfactions que procure un jardin sont incomparables, aussi exigu soit-il. L’activité physique et le grand air sont des gages de bien-être, le contact avec la terre et le rythme des cultures ouvrent des portes vers la sérénité, le ravissement des papilles et l’art de bien se nourrir sont, par-dessus tout, ce qui réconcilie l’être humain avec sa nature profonde… Il est toujours possible de cultiver, quel que soit le lieu, quoi que veuille le corps… Les quelques interlocuteurs que nous avons rencontrés, dans le cadre de ce bref dossier, vont sans nul doute vous en convaincre…

Auteur: Dominique Parizel et Jacques Biston
Numéro de revue: 133

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