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Les ambassadeurs de l’éco-construction (première partie)

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Titre de l'article: Les ambassadeurs de l’éco-construction (première partie)
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ls ont rénové ou construit leur maison,
aujourd’hui ils sont ambassadeurs de l’éco-construction

En 2013, Nature & Progrès met en place un réseau d’ambassadeurs de l’éco-construction entre la Belgique et la France. Le but ? Rassembler des personnes porteuses de mêmes valeurs, faire connaitre les matériaux locaux et sensibiliser de nouveaux citoyens à ces modes de constructions.
Aujourd’hui, le pari est réussi. Plus d’une vingtaine d’ambassadeurs motivés et engagés forment ce réseau. Une plus-value sociale à son chantier ? Evidemment, tous le confirment ! Dans ce dossier, focus sur sept ambassadeurs : comment en sont-ils arrivé à vouloir bâtir – de leurs propres mains – leur maison avec des techniques “de chez nous” ? Voici les deux premiers…

Baptiste et Sophie, artisans d’une maison bio et autonome

Depuis 2006, Baptiste et Sophie transforment, à Schaltin près de Namur, une ancienne étable en habitation écologique. A terme, elle devrait leur permettre de vivre en quasi-autonomie. Propriété auparavant des grands-parents de Baptiste, le bâtiment, racheté à plusieurs, a été partagé en deux parcelles. Baptiste, assistant social à la Croix-Rouge, et sa compagne Sophie, assistante sociale et criminologue, y habitent un espace de cent mètres carrés avec un terrain d’un hectare et demi.
“Au départ, j’avais de très vagues idées sur la façon de m’y prendre… C’est une connaissance, qui nous a mis en contact avec l’architecte Jean-Marie Delhaye. Celui-ci a conçu le projet avec nous et a joué le rôle de déclencheur, en m’expliquant les différentes possibilités et matériaux à utiliser. Un ami également architecte, Hervé Barbeaux, nous a aussi conseillé en cours de projet.”
Nichée au bout d’une ruelle étroite de la commune de Schaltin, le corps de ferme occupé par Baptiste, Sophie et leur petite fille d’un an – avec bientôt l’arrivée d’un second enfant – s’offrait, en 2006, comme une belle opportunité de reconstruction écologique… Dès le début, Baptiste s’est attelé à la tâche, à son rythme, pour transformer l’endroit en un lieu d’habitation viable avec des matériaux écologiques. Rien d’intransigeant toutefois dans la démarche.
“La question des coûts des matériaux entre aussi en ligne de compte… Mais il est vrai qu’en posant au départ certains choix de construction, on s’est pris au jeu pour la suite”, raconte Sophie. D’autant que “faire tout soi-même revient souvent moins cher et ce qui est le plus écologique peut aussi être plus facile à mettre en œuvre, même si cela prend plus de temps”, témoigne Baptiste qui a pu obtenir de diminuer son temps de travail pour mieux se consacrer à sa maison et à sa famille.
Prenant le temps de chercher des conseils et de consulter divers ouvrages, ils se sont lancés dans la mise en œuvre de plusieurs techniques : isolation du sol de cette ancienne étable – donc sans véritable fondation – selon la technique du hérisson qui permet de drainer l’humidité avec du gravier, une chape à la chaux hydraulique surmontée d’une plaque de liège, la réalisation de chaux-chanvre pour isoler, par l’intérieur, les façades extérieures orientées au nord, l’application de plâtre sans radon pour les revêtements intérieurs et d’enduit d’argile ou de plâtre sur les murs…
A l’étage, d’autres procédés et matériaux ont été utilisés : murs en argile et roseaux, plancher de bois issus des scieries locales, enduit à la chaux lissée à base de liant minéral pour assurer l’imperméabilité de la salle de bain. Tandis qu’à proximité, une construction attenante en cours de finition, en ossature bois et isolée en paille, est formée de grandes baies vitrées pour accueillir bientôt la salle à manger et une chambre à l’étage…
L’extérieur quant à lui, est constitué d’un bardage et de piliers en bois de mélèze apparents. “Puis il restera encore à installer des panneaux solaires thermiques avec un poêle-bouilleur pour assurer le chauffage de tout l’habitat avec une dizaine de radiateurs”. Avec un approvisionnement en eau assuré par une citerne de quinze mille litres et, bien sûr, un jardin potager pour l’alimentation, la maison tend vers une autonomie des ressources.
“C’est une chouette aventure, mais il faut s’accrocher”, lance néanmoins Baptiste qui, prudent, n’annonce pas d’échéance pour l’achèvement de tous ses projets. La date de fin des travaux n’est pas fixée, bien qu’espérée pour… 2017 ! “Il n’y a pas vraiment de planification, c’est en fonction de mes disponibilités…”

Auteur: Carl Hocquart, Rémy Talarico et Pauline Feron
Numéro de revue: 112
Page: 56

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