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Clés de l’autonomie en production laitière

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Titre de l'article: Clés de l’autonomie en production laitière
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Les modèles bio innovants, sources d’inspiration pour l’agriculture wallonne !
Notre précédent article faisait état de la nécessité, pour les éleveurs laitiers, d’aller vers davantage d’autonomie tout au long de la filière. L’élevage en est le premier maillon. Dans le cadre du projet Échangeons sur notre agriculture, citoyens et éleveurs ont visité des fermes bio modèles dans ce domaine. Quelles leçons tirer de leur expérience ? Nous en reprenons ci-dessous les principaux éléments.

Optimiser le pâturage

Optimiser le pâturage est la base de l’autonomie alimentaire des troupeaux laitiers. La prairie doit être vue comme une culture d’herbe plutôt que comme une parcelle “laissée à elle-même”. Une bonne prairie fournit une alimentation équilibrée au bétail. Le soin apporté à son entretien influencera directement la production laitière. La prairie doit fournir de l’herbe riche en quantité suffisante. La richesse de la prairie dépend du milieu – sol, climat -, des pratiques – amendements, fertilisation, semis ou sursemis… – et du stade de végétation. La manière de valoriser cette richesse dépendra, quant à elle, du mode de pâturage appliqué sur les parcelles.

Dany Dubois et Daniel Raucq nous ont montré et expliqué la méthode du pâturage tournant : les vaches laitières pâturent de petites parcelles en tournant tous les un jour et demi à deux jours à peine, ce qui permet de leur fournir en continu de l’herbe riche en quantité. Les génisses et les vaches taries suivent sur les mêmes parcelles car elles ont besoin d’une alimentation moins riche.

Chez René Theissen, la méthode de pâturage est toute différente : il s’agit de maintenir un gazon très court. Les vaches alternent, matin et soir, sur seulement deux très grandes parcelles dans lesquelles l’herbe ne peut dépasser six centimètres de hauteur. L’herbe récoltée par les vaches est moins abondante mais plus riche. Il s’agit, avant tout, de ne pas se faire dépasser par la croissance de l’herbe et donc d’écarter certaines surfaces pour une fauche lorsque la poussée de l’herbe est trop forte. Avec la qualité de ses pâturages, chez René, le “concentré”, c’est l’herbe ! Il ne distribue, à ses vaches, que trois cent cinquante kilos de céréales achetées tandis que les éleveurs en apportent en moyenne… une tonne et demie !
Pour optimiser l’apport par le pâturage, faire coïncider la richesse de l’herbe et les besoins des animaux est un élément-clé. Dans le cas du pâturage tournant, on peut faire passer les laitières avant les génisses et les vaches taries, comme c’est pratiqué dans la ferme de Daniel Raucq. Dans le système de René Theissen, les vêlages sont groupés de janvier à fin avril de manière à faire coïncider le pic de lactation avec la période de l’année où les apports nutritifs de l’herbe sont maximaux. Comme le font, finalement, les herbivores sauvages…

Auteur: Sylvie La Spina
Numéro de revue: 122
Page: 23

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