fbpx

Pas d’autonomie sans solidarité

Titre de l'article: Pas d’autonomie sans solidarité
Chapeau de l'article:

Jadis de simples petits guides au format carré, conçus par les éditions Marabout, invitaient clairement le public à auto-produire tout ce qui pouvait être auto-produit. Ils s’intitulaient Je fais tout moi-même ! Aujourd’hui, la volonté d’avancer vers plus de résilience nous incite à ne pas dépendre de ce qui nous aliène. Cela signifie-t-il pour autant qu’il faut s’ingénier à ne jamais dépendre d’autrui ? Sans doute s’agit-il là d’une illusion totale. Et, pour tout dire, d’une grave erreur.
Si la solidarité est, certes, un impératif moral des plus importants, la nécessité de se porter mutuellement assistance naît avant tout du constat lucide que nous ne pouvons pas – tous autant que nous sommes – pourvoir individuellement à l’ensemble des besoins qui sont les nôtres. Nous n’en avons ni les moyens ni même l’envie : nous ne maîtrisons pas le large éventail de connaissances que cela suppose. De plus, snober ainsi nos semblables ne serait certainement pas de nature à nous mettre dans les meilleures dipositions psychologiques et nous serions, à n’en pas douter, les premiers à en souffrir…
Il existe donc deux pistes complémentaires pour faire de nous des êtres plus résilients : réduire nos besoins, d’une part, renforcer nos liens de collaboration et d’échanges de savoirs avec autrui, d’autre part. C’est cette seconde voie que Nature & Progrès – sous le leitmotiv Ensemble, soyons consom’acteurs – met cette année à l’honneur à l’occasion du salon Valériane. Le présent dossier va, quant à lui, s’attacher à montrer comment cet esprit d’échange et de collaboration peut améliorer nos quotidiens. Non sans avoir fait d’abord un petit détour par la case dictionnaire car le sens des mots – et, par conséquent, les réalités qu’ils recouvrent – ne doit évidemment jamais nous faire prendre des vessies pour des lanternes…

—-

L’autonomie n’est pas l’autarcie
Petit tour des mots qui se ressemblent mais ne s’assemblent pas

Les mots sont souvent des faux amis. On croit exprimer une idée forte mais, en fait, on dit exactement le contraire de ce qu’on veut dire. Laissons notre romaniste repréciser l’épaisseur qu’il y a dans le sens des mots. Un peu comme s’il s’agissait d’une bonne tranche de pain paysan, artisanal et bio et pas la vulgaire biscotte industrielle et sans le moindre goût. Cela fait une sacrée différence en bouche, non ?

 

Auteur: Guillaume Lohest
Numéro de revue: 115

Pin It on Pinterest