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Semences

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La plupart des jardiniers achètent leurs semences potagères. Ils ne sont donc pas toujours conscients du travail d’observation qui est nécessaire pour maintenir un socle de caractéristiques propres aux variétés traditionnelles et patrimoniales qu’ils utilisent. Cette observation particulière ne peut avoir lieu que grâce à une importante démarche préalable de caractérisation de la variété considérée.

La caractérisation préconisée par l’UPOV (Union internationale pour la Protection des Obtentions Végétales) peut se définir comme une méthode internationale et standardisée qui permet la description des variétés et donc la distinction de leurs caractères propres au sein des autres variétés d’une même espèce. La caractérisation vise notamment à mettre en exergue les éléments marquants de la diversité phénotypiques, comme la taille, la forme, la couleur des feuilles et des fruits, la période de maturité, l’architecture des plants ou des grappes de fruits.

L’UPOV prévoit des fiches de description – dites fiches UPOV – qui permettent de compiler ces différentes observations pour une large gamme d’espèces. L’objectif poursuivi par l’UPOV est principalement de fournir un guide de caractéristiques à observer en vue de permettre l’inscription des variétés considérées au Catalogue officiel, ou en vue de l’obtention d’un COV (Certificat d’obtention végétale).

Auteur: Par Philippe Delwiche et Marlène Moreau
Numéro de revue: 137
Page: 38
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« Laitue La Préférée, Laitue Lorthois ou du Trocadéro à graine noire. Laitue de Perpignan (1) ». En présentant ainsi la laitue ‘La Préférée’ en 1947, la maison Vilmorin énumère une liste de variétés différentes, plutôt que des synonymes, mais résume aussi une généalogie de plusieurs siècles, un peu compliquée, puisqu’à partir de 1713 et jusqu’à nos jours, il va être question de deux lignées qui ne sont vraiment distinctes, dans les textes, que par quelques détails et la couleur de la graine. Même les grainetiers, et non des moindres, s’y sont souvent perdus…

En 1986, Jean-Noël Plages signale que “c’est à partir des types ‘Trocadéro’, ‘Attraction’, ‘Sans Rivale’, ‘Lilloise’ qu’a été obtenue la majorité des variétés modernes (2).” Nous verrons qu’à la suite de mutations ou d’hybridations, ces quatre variétés possèdent une ascendance commune, ou partiellement commune, avec notre ‘Perpignane’.

Auteur: Philippe Delwiche
Numéro de revue: 130
Page: 22
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En 1947, en présentant la laitue ‘La Préférée’, la maison Vilmorin expose une généalogie compliquée où il est question de deux lignées qui ne sont vraiment distinctes que par quelques détails et par la couleur de la graine… Pour mieux comprendre l’histoire de cette laitue, nous poursuivons la remontée vers le nord de l’Europe, via la ville de Perpignan, d’une croquante Espagnole dont nous avons fait la connaissance dans Valériane n°130…

En 1856, Vilmorin-Andrieux n’accorde encore que deux lignes à la ‘Perpignane’, dans un paragraphe réunissant les “laitues diverses” : “Perpignane, 1833. Variété intermédiaire entre les laitues de Versailles et blonde d’été (1)”. En 1883, il cite la variété ‘Perpignaner Dauerkopf’ lorsqu’il aborde la description de la laitue ‘Impériale’ qu’il considère comme étant très proche. En 1904, toujours à propos de l’‘Impériale’, il parle de “la Laitue Caladoise et la variété allemande dite Perpignaner Dauerkopf (dont on a fait L. de Perpignan), nous ont toujours paru se rapprocher énormément, toutes deux, de la L. impériale (2).” Selon Vilmorin, la laitue ‘de Perpignan’ serait donc une introduction en provenance d’Allemagne ! Bien plus tard, on la fera américaine : “laitue du Trocadéro à graine blanche (ou Lorthois) d’origine américaine, ‘Big Boston’ (3).”

Vers 1879, F. de la Brugère est le premier à préciser la couleur de la graine pour les deux variétés : la ‘Perpignane verte’ à graine blanche et la ‘Perpignane mouchetée’ à graine noire (4). En 1891, un article d’E.-A. Carrière, consacré à la laitue ‘Lorthois’, permet de découvrir que pour Henry de Vilmorin : “la qualification Trocadéro, elle est parisienne, cette Laitue ayant été remarquée dans les concours de légumes tenus à l’exposition internationale de 1889 (5).” L’explication ne vaut rien, en ce qui concerne la date, puisqu’en 1885, l’édition anglaise du catalogue Vilmorin-Andrieux décrit déjà la “‘Trocadéro Cabbage’ Lettuce” (6).

Auteur: Philippe Delwiche
Numéro de revue: 131
Page: 24
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Titre de l'article: Le Réseau Meuse-Rhin-Moselle
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Ensemble pour la défense et la promotion des semences paysannes et citoyennes

Prochain jalon dans le développement du Réseau Meuse-Rhin-Moselle pour la diversité de la “biodiversité cultivée” : l’organisation, au mois de juin à la Ferme du Hayon, du nouveau forum européen Cultivons la Diversité. Vu la place limitée, ce forum ne sera toutefois ouvert qu’aux acteurs déjà engagés dans le combat pour la semence paysanne et devra se faire exclusivement sur invitation. Contactez-nous cependant si le rendez-vous revêt, pour vous, une importance vraiment trop grande… ou si vous vous sentez l’âme d’une aide bénévole.

A côté de la destruction de l’environnement naturel, l’effet négatif sur le climat, l’érosion des sols agricoles, la pollution chimique et génétique, la diminution de la qualité de nos aliments, l’agriculture industrielle est aussi responsable d’une disparition progressive de la diversité des variétés cultivées, qu’on appelle aussi la “biodiversité cultivée”. En effet, la question des semences utilisées en agriculture n’a pas été épargnée par les phénomènes de globalisation et de standardisation qu’a connus l’agriculture, auxquels on peut encore rajouter la privatisation ainsi que la monopolisation du vivant…

Auteur: Marlène Moreau
Numéro de revue: 125
Page: 21
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Titre de l'article: Libres paysans syriens
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Autant l’annoncer d’emblée : le témoignage que je souhaite partager dans ces pages a pour moi une valeur exceptionnelle. Il est au carrefour de deux enjeux politiques essentiels, deux combats pour l’autonomie et la liberté qui vont ensemble. La sauvegarde et la diffusion des semences paysannes – contre la dépendance à des semences industrielles protégées et déconnectées des terroirs et des agriculteurs – et la lutte pour la liberté et la dignité des peuples, des Syriens en particulier – contre la dictature et contre des visions idéologiques déconnectées du terrain et du vécu des populations locales…

Quand j’ai découvert, sur le site de la radio France Culture, le projet Graines et Cinéma, mis en place par Zoé et Ferdinand Beau, j’ai été touché en plein coeur. Parce qu’il faisait résonner ensemble deux immenses découvertes personnelles, deux intimes coups de foudre : la Syrie et les semences. J’ai tout de suite senti le désir de participer, d’une manière ou d’une autre, à la diffusion de cette initiative. Partager ce coup de coeur dans la revue de Nature & Progrès, association au sein de laquelle j’ai découvert l’univers des semences paysannes, à la suite de Frank Adams puis des rencontres du Réseau Semences Paysannes, à Boulazac en 2012, m’a semblé la moindre des choses…

Je ne suis pas naïf cependant. Je sais bien, comme Zoé, comme ceux qui ont accompagné la révolution syrienne dans la vérité de son émergence populaire, pacifique et authentique, puis dans son abandon, ses récupérations, son écrasement, je sais bien qu’une large partie de l’opinion occidentale n’a jamais pris au sérieux cette révolution pourtant abondamment documentée (1). Les élucubrations de géopolitique et de complots, la hantise de l’intervention américaine en Irak dans l’imaginaire collectif, la focalisation sur l’islamisme, ont créé un écran de fumée rendant invisible, pour beaucoup, l’aspiration massive et légitime d’innombrables Syriens à la liberté et à la dignité. Leur incroyable créativité aussi, leur courage exceptionnel, leur persévérance malgré une adversité inouïe.

La Syrie et les semences ne sont pas pour moi des “sujets” de discussion. Elles font partie de mon histoire personnelle et elles m’ont permis de rencontrer des gens extraordinaires. En me branchant sur Skype pour échanger une petite heure avec Zoé, j’ai un peu le trac. Je sais que je n’en ressortirai pas indemne, comme chaque fois que j’entends parler des semences ou de la Syrie avec des mots justes. Avec le temps, on apprend à distinguer le son creux du prêt-à-penser idéologique, du toc, et les voix chaleureuses de l’engagement inscrit dans des liens humains. La vérité est toujours du côté de ces dernières…

 

Auteur: Une interview de Zoé Beau, du collectif Graines et Cinéma
Guillaume Lohest
Numéro de revue: 124
Page: 23

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