Semences

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La plupart des jardiniers achètent leurs semences potagères. Ils ne sont donc pas toujours conscients du travail d’observation qui est nécessaire pour maintenir un socle de caractéristiques propres aux variétés traditionnelles et patrimoniales qu’ils utilisent. Cette observation particulière ne peut avoir lieu que grâce à une importante démarche préalable de caractérisation de la variété considérée.

La caractérisation préconisée par l’UPOV (Union internationale pour la Protection des Obtentions Végétales) peut se définir comme une méthode internationale et standardisée qui permet la description des variétés et donc la distinction de leurs caractères propres au sein des autres variétés d’une même espèce. La caractérisation vise notamment à mettre en exergue les éléments marquants de la diversité phénotypiques, comme la taille, la forme, la couleur des feuilles et des fruits, la période de maturité, l’architecture des plants ou des grappes de fruits.

L’UPOV prévoit des fiches de description – dites fiches UPOV – qui permettent de compiler ces différentes observations pour une large gamme d’espèces. L’objectif poursuivi par l’UPOV est principalement de fournir un guide de caractéristiques à observer en vue de permettre l’inscription des variétés considérées au Catalogue officiel, ou en vue de l’obtention d’un COV (Certificat d’obtention végétale).

Auteur: Par Philippe Delwiche et Marlène Moreau
Numéro de revue: 137
Page: 38
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Le samedi 2 février : des formations et des échanges !
Le travail autour des semences libres et reproductibles se structure au sein de notre Maison de la Semence citoyenne. Et pour preuve : quinze personnes obtiendront prochainement le titre de “Jardiniers Semenciers de Nature & Progrès”, un peu à l’image de ce qui se fit jadis pour les Maîtres composteurs ou encore à l’image des Maîtres Maraîchers bruxellois, tous de véritables ambassadeurs en leur domaine…

Vous l’aurez compris, au-delà de ce titre, c’est bien une réserve d’”ambassadeurs de la semence” que nous souhaitons créer. Le profil de nos candidats est très varié : militants de la semence actifs au sein de grainothèques, de mouvements de la transition, de potagers collectifs ou d’autres réseaux d’échange, ou tout simplement citoyens souhaitant mettre un peu de temps à disposition afin de sensibiliser aux enjeux autour des semences et d’accompagner la transmission de savoir-faire ancestraux… Tout ceci est de bon augure pour notre travail de sensibilisation et d’échange autour des variétés de semences “citoyennes” à pollinisation ouverte, librement reproductibles, adaptées à notre terroir – agriculture locale, à faibles intrants… – et qui, de par leur plus grande variabilité génétique, sont de facto plus résilientes pour faire face aux changements climatiques qui, au-delà de s’annoncer, se concrétisent déjà…

Auteur: Marlène Moreau
Numéro de revue: 135
Page: 20
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Plus que jamais d’une brûlante actualité, la question des semences vient de faire l’objet d’une thèse de doctorat auprès du Département des Sciences et Gestion de l’Environnement de l’Université de Liège. Cette thèse s’intitule “Construction d’une demande de justice écologique. Le cas des semences non-industrielles.” Nous avons eu l’occasion de nous entretenir avec son auteur, Corentin Hecquet, qui sera d’ailleurs présent au Salon Valériane, à Namur, début septembre…

Que nous dit-il ? Qu’en matière de semences végétales, le cadre réglementaire européen impose une norme de standardisation dite DHS, pour distinction – homogénéité – stabilité, indispensable pour inscrire la semence concernée au catalogue qui autorise sa mise sur le marché. Ceci concerne essentiellement l’industrie semencière car, malgré l’instauration d’un régime dérogatoire, peu de praticiens de la “biodiversité cultivée” enregistrent aujourd’hui leurs variétés. La thèse envisage donc quatre cas d’étude – BioNatur (Brésil), Semailles (Belgique), Kokopelli (France), et Kaol Kozh (Bretagne – France) – montrant les stratégies variées et parfois même opposées que développent ces praticiens – ambiguïté, essaimage, désobéissance, contournement… – afin de mettre en circulation leurs semences et de rendre visibles leurs revendications face à l’injustice générée par la DHS. Par manque de reconnaissance et d’ouverture à la participation, tout leur travail formule une véritable demande de justice écologique. Leurs stratégies ne déverrouillent pas le système semencier conventionnel mais, conclut Corentin Hecquet, l’effritent tout de même considérablement…

Auteur: Propos recueillis par Dominique Parizel
Numéro de revue: 138
Page: 20

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