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Pour une Politique Agricole Commune (PAC) au cœur de la transition

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Manifeste – Réforme de la PAC post 2020.

Natagora, Nature et Progrès, Inter-Environnement Wallonie, WWF-Belgique et Greenpeace Belgique, réunies dans la coalition IMPAACTE, appellent à la mise sur pied d’une agriculture wallonne productrice d’une alimentation durable.

La coalition associative justifie l’urgence de son appel par une série de constats :

  • La crise du COVID-19 exige une meilleure autonomie ainsi qu’une résilience accrue de nos systèmes agricoles pour garantir la souveraineté alimentaire en toute circonstance.
  • Les systèmes agricoles et alimentaires jouent un rôle majeur dans les crises de la biodiversité et du climat mais peuvent être en même temps une partie importante de la solution.
  • La Politique Agricole Commune (PAC) actuelle renforce les inégalités de revenus et encourage des pratiques agricoles qui ne sont durables ni pour l‘homme ni pour l’environnement.
  • La reconduction de cette politique n’est pas une option crédible pour atteindre les objectifs que la Wallonie s’est fixée en matière de transition, ni pour atteindre les objectifs du Green Deal (stratégie Farm to Fork et stratégie Biodiversité) au niveau européen.
  • La nouvelle PAC vise notamment à garantir un avenir économique stable aux agriculteurs, mais aussi à accroître le niveau d’ambition écologique de l’agriculture européenne.

La coalition IMPAACTE, demande au Gouvernement wallon d’adopter un plan stratégique PAC qui accélère la transition vers un système agricole et alimentaire sain pour l’homme, durable pour la nature et résilient face aux crises.

Les 4 enjeux prioritaires identifiés par la coalition sont :

 

1. Renforcer le réseau et le maillage écologique

Les milieux agricoles occupent près de la moitié du territoire wallon. Les agriculteurs ont donc un rôle déterminant à jouer dans la préservation de la biodiversité, et ce d’autant plus que la biodiversité des terres agricoles est dans un état très préoccupant.

Le redéploiement du réseau écologique passe par l’imposition d’un pourcentage minimal d’éléments soutenant la biodiversité dans chacune des fermes (objectif de 5%), et par des mesures volontaires pour soutenir les agriculteurs qui vont plus loin, notamment en plantant des haies, des arbres, en installant des bandes aménagées dans les terres cultivées, ou en adoptant un mode de gestion adapté pour les prairies de haute valeur biologique, avec un objectif régional de 10% en terres arables et de 15% en prairies. Il est donc essentiel que le futur plan stratégique réserve un budget conséquent pour ces interventions, via les enveloppes dédiées aux éco-régimes et aux MAEC (Mesures Agro-Environnementales et Climatiques).

 

2. Maintenir les prairies et encourager une transition de l’élevage

La préservation des 320 000 ha de prairies permanentes de Wallonie est cruciale. Ces prairies constituent des stocks de carbone, et doivent être préservées du labour pour empêcher que ce carbone ne retourne subitement dans l’atmosphère. De plus, les prairies extensives abritent une biodiversité remarquable.

La situation économique des élevages bovins wallons est préoccupante et le régime d’aides actuel n’a pas permis de les soutenir efficacement. Face aux crises et notamment la crise climatique, il convient de mieux soutenir les éleveurs adoptant des systèmes d’élevage résilients, afin d’éviter que la disparition des exploitations bovines se poursuive au rythme actuel et compromette la préservation des prairies permanentes à moyen et long terme. Le revers de la médaille est que les bovins émettent de grandes quantités de méthane, un gaz à effet de serre très puissant. Le défi est donc de soutenir fortement les éleveurs pour assurer la pérennité à long terme du secteur, tout en réduisant les troupeaux. IMPAACTE réclame une évolution des aides qui consisterait à remplacer le soutien par tête de bétail par une prime à la prairie permanente, prime d’autant plus importante que la charge en bétail est réduite.

 

3. Soutenir la transition écologique en cultures

La transition écologique vise notamment à répondre aux enjeux de préservation des sols, des ressources en eau et de la biodiversité. Le plan PAC doit permettre d’atteindre les objectifs en vigueur: – 50 % phytos, -50% engrais, -20% perte de nutriments. Les externalités négatives, comme l’érosion ou la pollution des eaux de surfaces, doivent être freinées par l’imposition de normes interdisant les pratiques les plus néfastes. Les pratiques agroécologiques doivent être encouragées via un éco-régime soutenant les agriculteurs s’inscrivant dans cette démarche volontaire.

 

4. Assurer un budget fort à l’agriculture biologique

Des engagements forts pour accroître la part de l’agriculture biologique apparaissent dans l’accord de gouvernement wallon (objectif de 30% en 2030) et dans la stratégie européenne Farm-to-Fork. L’agriculture biologique répond, en partie, à plusieurs besoins environnementaux, comme celui de réduire l’usage des pesticides.

IMPAACTE plaide pour un soutien fort au travers des aides à la conversion et au maintien en agriculture biologique. D’autres aides doivent être conçues pour mieux aider l’agriculture biologique, en particulier les aides à l’investissement, à l’installation des jeunes, à l’échange de connaissances et à l’information. Le développement des filières est essentiel, notamment en activant la possibilité de leur dédier jusqu’à 3% des dotations PAC destinées aux paiements directs.

Pour plus d’information sur les mesures proposées, voir “Note de la coalition sur l’architecture verte du plan stratégique PAC Wallonie”.

Passer à l’action pour atteindre nos objectifs de réduction de CO2

© Adobe Stock, tous droits réservés (CO2)

Nature & Progrès mobilise ses membres pour un tout nouveau projet !

Nature & Progrès est une association de consommateurs et de producteurs dont l’énergie est l’une des principales thématiques. En 2021, nous nous donnons pour objectif de changer les comportements et pousser les citoyens à l’action. Cela dans le but de contribuer à atteindre les objectifs européens de réduction de CO2.

 

Mobilisons-nous pour des comportements responsables… et moins de CO2

L’enjeu climatique et l’enjeu énergétique sont essentiels pour notre futur. C’est pourquoi nous envisageons de mener ce projet de sensibilisation auprès de nos membres sur des thèmes tels que le climat et l’énergie. L’originalité de notre démarche est qu’elle s’appuiera sur nos membres au départ des changements observés lors de la crise de la Covid-19 et des confinements successifs. En effet, nombreux articles de presse et reportages en tous genres ont montré un changement de comportement lors des confinements : augmentation des achats en circuit-court, réalisation de travaux d’isolation dans la maison, diminution des déplacements en voiture, etc. Le succès des magasins de vélos durant l’année 2020 est aussi un bel indicateur de la modification des comportements. Les citoyens ont montré leur envie de découvrir une autre mobilité et la capacité d’allouer leur épargne à d’autres moyens de déplacements.

Ces changements de comportements vont-ils se perpétuer ? Nous l’espérons mais… les données en notre possession à l’heure actuelle semblent montrer que non ! De fait, une part importante de la population est retournée à ses anciennes habitudes – en grande partie -, dès la fin du premier confinement. Dès lors, comment faire pour ancrer ces comportements respectueux de l’environnement et de notre planète dans la durée ? Par l’information, la conscientisation, la connaissance et l’émulation que donne un groupe qui travaille sur ces questions.

 

Un projet avec l’aide de nos groupes locaux

Nature & Progrès possède une grande expérience sur la dynamique de ses groupes locaux, au travers de ses dix-huit locales ! Nous comptons dès lors sur nos bénévoles actifs pour qu’ils sensibilisent leur entourage à des comportements de consommation et de vie plus attentifs aux enjeux climatiques et énergétiques.

Notre intention est de mener un projet de conscientisation vers les membres de notre association et leurs proches, sur les enjeux climatiques et énergétiques à travers des activités locales. L’idée étant de leur donner les clefs pour réduire leur empreinte carbone, au départ des mesures de réduction identifiées comme fédératrices, mobilisatrices et efficientes par Nature & Progrès. Nous voulons le changement des habitudes de vie pour un monde plus durable et respectueux de l’environnement.

 

Réduisons le CO2 : calendrier d’action

Nous prévoyons des animations en quatre phases. Tout d’abord, nous allons organiser des rencontres et animations de groupe sur ces thématiques. Tous ces groupes seront interconnectés – et par conséquent leur impact dupliqué -, grâce aux plateformes sociales.
Ensuite, nous désirons mettre en place une dynamique de changement des comportements des citoyens à petite échelle, en vous donnant les clefs pour agir au niveau local. Ainsi, vous deviendrez de véritables acteurs et ambassadeurs du projet.

Enfin, l’ensemble des conclusions des phases 1 et 2 seront présentées et débattues dans le cadre d’une activité qui rassemblera les acteurs des deux premières phases et un public plus large. Cet évènement sera une véritable caisse de résonnance pour les ambassadeurs du projet. En effet, l’idée est que des citoyens parlent à d’autres citoyens et les impliquent dans le projet. Cet événement sera organisé en septembre 2021. Sa forme sera définie en fonction de l’évolution de la crise sanitaire de la Covid-19.

N’hésitez pas à rejoindre notre groupe Facebook privé. Il a pour but de rassembler les ambassadeurs du projet et d’inciter à l’échange et la rencontre.

Dérogations belges pour usage de néonicotinoïdes sur betteraves portées devant la Cour de Justice de l’UE

Champ de betteraves sucrières

Le Conseil d’Etat vient d’envoyer cinq questions préjudicielles à la Cour de Justice de l’Union européenne. Cela fait suite à trois recours intentés par Nature & Progrès Belgique, le Pesticide Action Network (PAN) Europe et un apiculteur liégeois contre les dérogations fournies par l’Etat belge pour l’usage de néonicotinoïdes, entre autres sur betteraves, en Belgique en 2019, 2020 et 2021.

Lorsqu’en 2018, 76% des Etats membres de l’Union européenne avaient voté en faveur de l’interdiction de l’usage des néonicotinoïdes en plein champ, Denis Ducarme, alors Ministre fédéral de l’agriculture, avait voté contre l’interdiction afin de favoriser le secteur de la betterave sucrière. Pour les saisons 2019, 2020 et 2021, Denis Ducarme et son successeur, David Clarinval ont fourni aux agriculteurs des dérogations pour l’usage de ces substances en culture de betteraves sucrières. A chaque fois, un recours a été déposé au Conseil d’Etat, questionnant la légalité de ces dérogations.

Le Conseil d’Etat a accepté, à la demande des plaignants, d’envoyer 5 questions préjudicielles à la Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE) afin de clarifier les contours de l’article du règlement pesticide donnant la possibilité de fournir des dérogations. La CJUE devra se pencher, entre autres, sur la légalité de ces dérogations alors que des alternatives existent, ainsi que sur le fait qu’elles soient fournies anticipativement (en hiver) et de manière systématique, en l’absence de preuve d’une réelle nécessité (attaque importante de pucerons). En effet, le système est prévu pour des situations d’urgences avérées pour lesquelles il n’y a pas d’alternatives. Le fait que la Belgique fournisse des dérogations pour des produits expressément interdits à cause de leur toxicité excessive sur les abeilles devra également être examiné par la Cour.

Un risque pour nos pollinisateurs

Martin Dermine, expert chez PAN Europe explique “L’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments avait clairement indiqué que ces produits pouvaient présenter un risque pour nos pollinisateurs en culture de betteraves. De nombreuses études démontrent que ces substances intoxiquent les fleurs des cultures suivantes et migrent en-dehors des parcelles traitées pour se retrouver dans le nectar ou le pollen des fleurs sauvages des bords des champs. Il est clair que ces décisions amènent à une intoxication de nos abeilles et bourdons.” Marc Fichers, secrétaire général de Nature & progrès, d’ajouter : “Se passer des néonicotinoïdes est possible : des alternatives existent. Des betteraves bio sont même cultivées en France, en Allemagne et en Autriche. Continuer à déroger à l’interdiction des néonicotinoïdes, c’est laisser croire au secteur de la betterave que l’avenir est dans une culture à base de ces poisons. Alors que les consommateurs cherchent de plus en plus à s’en éloigner…

“La Belgique est un mauvais élève en matière de dérogations”

Le délai de réponse de la CJUE est d’environ 15 mois et sa réponse aux questions préjudicielles aura un impact sur toutes les dérogations fournies au sein de l’UE, ce qui permettra de clarifier les circonstances permettant à un Etat de déroger aux règles européennes en matière de pesticides.

Marc Fichers : “La Belgique est un mauvais élève en matière de dérogations : notre pays a fourni, ces dernières années, de nombreuses dérogations pour des produits interdits dans l’UE, afin de favoriser une agriculture intensive et destructrice de la santé et de l’environnement. En parallèle, on observe un développement important du bio en Wallonie : 1 ferme sur 7 est en bio (selon les chiffres de BioWallonie) avec près de 20.000 ha de grandes cultures. La population est contre ces produits chimiques mais nos politiques acceptent que des produits supposés interdits soient déversés dans notre environnement.

Martin Dermine d’ajouter : “L’envoi de ces questions préjudicielles à la CJUE est une forme de reconnaissance par le Conseil d’Etat qu’au minimum la conformité des pratiques de la Belgique au règlement européen ne s’impose pas de façon indiscutable. Le règlement pesticide permet aux Etats membres de fournir des dérogations pour accélérer la disponibilité de nouveaux pesticides, notamment les pesticides moins toxiques. Il n’y est pas indiqué que des substances interdites parce qu’elles ne respectent pas les conditions de sécurité peuvent être ré-autorisées sous forme de dérogation. A quoi cela servirait-il de les interdire alors ?

PV du CA du 26 novembre 2020

 

 

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L’extranet est seulement accessible aux membres effectifs de Nature & Progrès qui en ont fait la demande.

 

Nouveaux OGM : les citoyens ont le droit de choisir

Nouveaux OGM :
non aux OGM cachés

Image nouveaux OGM

© Unsplash

Nouveaux OGM : non aux OGM cachés

La problématique des nouveaux OGM et de leur déréglementation voulue par le lobby des biotechnologies est un sujet de plus en plus débattu. Nature & Progrès Belgique milite pour un contrôle de ces nouvelles techniques de biotechnologie, sans quoi elles pourraient s’avérer très dangereuses pour l’environnement. Le sujet étant très technique, l’association vient de publier un document d’information vulgarisé : « La problématique des nouveaux OGM » !

Un Arrêt de la Cour de Justice de l’Union européenne du 25 juillet 2018 déclare que les organismes issus de ces nouvelles technologies sont des OGM à part entière. Ils doivent donc être traçables, étiquetés et faire l’objet d’une analyse de risques pour la santé et l’environnement. Ce qui est bien mais… cela ne plait pas aux multinationales des semences et pesticides qui intensifient leur lobbying. Depuis quelques années, elles s’orientent, avec de nouvelles techniques, vers la création de nouveaux OGM et œuvrent déjà à les déréglementer.

Nouveaux OGM : pas de retour en arrière possible…

Les risques liés à ces nouveaux OGM aux techniques pas encore totalement maîtrisées sont réels. Ces nouveaux OGM sont sujets, tout comme les anciens OGM, à des effets non-intentionnels au niveau de leurs gènes. Ces erreurs génétiques peuvent occasionner des effets sanitaires et environnementaux délétères inattendus et non perceptibles immédiatement. Ils risquent également de participer de façon non négligeable à la destruction des écosystèmes en partie responsable de l’émergence de zoonoses pandémiques telles celles que nous vivons actuellement.

Faire ses choix en toute connaissance de cause

Les citoyens européens se sont méfiés dès le départ des OGM et ont choisi de ne pas en consommer directement. Ils ne sont presque pas non plus cultivés en Europe, bien que des OGM soient importés afin de nourrir nos animaux d’élevage. Si la déréglementation des nouveaux OGM l’emporte, ces derniers deviendront des «OGM cachés » pour le sélectionneur, l’agriculteur et pour le citoyen/consommateur. Ils contamineront jusqu’à la filière bio.

« Si les nouveaux OGM devaient rester « cachés », le droit et la liberté des citoyens de savoir et de choisir serait supprimé, ce qui est inacceptable. » – Marc Fichers, secrétaire général

Si les industries technologiques, les acteurs de la recherche et les représentants politiques sont au courant de cette problématique, il est, selon Nature & Progrès, essentiel que les consommateurs le soient aussi ! Ce sont eux qui en définitive mangeront, ou non, des aliments issus de ces nouveaux OGM.

L’association estime qu’il est important de baser le positionnement du consommateur sur la connaissance. Pour ce faire, elle vient de publier un document d’information sur le sujet, à lire et télécharger ici.

« Il est grand temps d’impliquer le grand public dans le débat relatif aux nouveaux OGM et de recourir à cet effet à une vulgarisation de qualité expliquant clairement les risques et les enjeux encourus. Le dossier est technique et difficilement accessible au citoyen non initié.» – Catherine Wattiez, chargée de mission