fbpx

Stop au Glyphosate

Fin 2022, l’autorisation du glyphosate a été prolongée d’un an

Le 15 novembre 2022, la Belgique a soutenu la prolongation d’une année du glyphosate, l’herbicide le plus utilisé dans le monde. Il avait été réautorisé en Europe, en 2017, jusqu’au 15 décembre 2022.

Le fédéral a en effet voté en faveur de la décision de la Commission européenne d’autoriser l’herbicide jusque fin 2023, et ce malgré le malaise autour de cet herbicide et en dépit de l’avis scientifique du Conseil supérieur de la santé qui recommandait en 2020 de ne pas attendre l’expiration de l’autorisation (15 décembre 2022) pour mettre fin à l’utilisation du glyphosate.

En 2017, en plein « Monsanto papers », le Ministre belge de l’Agriculture de l’époque avait voté contre son renouvellement pour 5 ans, justifiant sa position par la nécessité d’entamer une transition vers une agriculture sans glyphosate. Cette période transitoire arrivant aujourd’hui à échéance, la Belgique aurait dû s’opposer à la prolongation du glyphosate. A l’inverse, le Ministre actuel, qui se défend d’avoir informé le Ministre de la Santé de sa position, ne s’est pas concerté avec la Ministre de l’Environnement ni avec l’ensemble du gouvernement belge.

De plus, le 12 février 2020, 3 associations européennes (Corporate Europe Observatory, PAN Germany et Global2000) ont publié les résultats d’une recherche mettant en avant le fait qu’un laboratoire allemand (LPT-Hamburg) ayant réalisé des études réglementaires sur le Glyphosate fait l’objet d’une instruction pénale pour fraudes, suite à des dénonciations d’employés et une enquête de la télévision publique ARD. Ces révélations rendent encore plus suspectes les conditions d’analyse du dossier de réévaluation du Glyphosate en 2017. En effet, au moins 14% des études fournie par Monsanto proviennent de ce laboratoire. Nous estimons donc qu’il y a un important manque de fiabilité du système. Cette fraude remet en cause l’ensemble de la procédure d’évaluation des pesticides.

Si la vente de pesticides est de la compétence de l’autorité fédérale, les régions peuvent toutefois prendre l’initiative d’interdire l’utilisation de certains pesticides sur leur territoire :

  • En Région Bruxelles-Capitale : les pesticides contenant du glyphosate ont été interdits en 2016 pour les professionnels et les particuliers
  • En Wallonie : l’utilisation du glyphosate est interdite pour les particuliers depuis le 1er juin 2017
  • En Flandre : voir la page #StopGlyphosate de Velt

Pourquoi l’extension du glyphosate elle est-elle une aberration ?

  • Il est classé « cancérigène probable » : en 2015, le glyphosate a été classé « cancérigène probable » pour l’Homme par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). Selon ces experts, les pesticides à base de glyphosate sont génotoxiques et induisent un stress oxydatif tant chez l’Homme que chez l’animal de laboratoire.
  • Il n’est pas sélectif : il détruit toutes les plantes qui sont pulvérisées. Si le glyphosate est utilisé dans les champs cultivés, les plantes voisines mourront également à cause du brouillard de pesticide.
  • Son processus d’évaluation a souvent été critiqué : par exemple, de nombreuses études scientifiques démontrant la nocivité ne sont pas prises en compte (découvrir un exemple récent).
  • Beaucoup s’en passent déjà : de nombreux propriétaires de jardins, jardiniers écologistes, gestionnaires d’espaces verts publics et agriculteurs bio prouvent qu’il est possible de s’en passer.
Y a-t-il du Glyphosate dans le lait maternel ?

En avril 2014, l’association américaine Moms Across America (MAA) et Sustainable Pulse ont diffusé (1) les résultats d’analyses de Glyphosate, matière active du Roundup, herbicide le plus vendu au monde, réalisées dans le lait de 10 mères américaines ainsi que dans les urines d’adultes et d’enfants américains.

Les concentrations en Glyphosate dans les urines étaient d’environ 8 fois supérieures à celles trouvées lors d’une enquête similaire effectuée dans 18 pays de l’Union européenne par les Amis de la Terre Europe (2) en 2013. Cette différence de concentration peut s’expliquer. L’ exposition est bien plus élevée pour le citoyen américain que pour le citoyen européen à cause de l’augmentation importante aux USA de l’utilisation du Glyphosate sur des cultures alimentaires génétiquement modifiées pour être résistantes au Glyphosate ainsi qu’à cause de la consommation directe de ces organismes génétiquement modifiés par le citoyen américain.

Dans le lait maternel, MAA a trouvé des niveaux élevés de Glyphosate dans 3 échantillons sur les 10 testés (76 µg/l, 99 µg/l et 166 µg/l) bien que la substance ne soit pas lipophile (3). MAA y voit une indication de l’accumulation potentielle du Glyphosate dans le corps humain, ce qui, jusqu’à présent, a toujours été réfuté par les autorités publiques et par l’industrie de la biotechnologie. Pourtant, du glyphosate a été retrouvé, au Danemark, dans les intestins, le foie, les muscles, la rate et les reins de vaches de boucherie (4) et dans divers tissus de porcelets malformés (5).

Les analyses de lait, effectuées pour MAA aux Microbe Inotech Labs à Saint Louis dans le Missouri, sont destinées, selon cette organisation, à susciter des études scientifiques pour clarifier la question de la bioaccumulation du Glyphosate dans le corps humain et dans le lait maternel en particulier.

La question est d’importance dans le contexte particulier du processus de ré-autorisation du Glyphosate actuellement en cours dans l’Union Européenne. L’enjeu est également crucial dans le contexte de la classification par le Centre International de Recherche pour le Cancer (CIRC) de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) du Glyphosate comme « cancérigène probable », classification contestée par l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) (6). 

Aussi, en réponse au MAA, le 23 juillet 2015, M. McGuire (7), professeur associé à la Washington State University, déclarait lors d’une conférence de la Federation of American Society for Experimental Biology que, selon son étude non encore publiée, ni le Glyphosate ni ses métabolites ne sont présents dans le lait maternel. Et ce même si les 41 mères considérées avaient des niveaux détectables de Glyphosate dans les urines. Selon McGuire (8), la méthode analytique utilisée par Microbe Inotech Labs pour MAA serait inappropriée.

Il est toutefois utile de préciser que l’analyse des 41 échantillons de lait fut faite dans les laboratoires de Monsanto (8) à Saint Louis par une méthode mise au point par Monsanto. Les résultats furent vérifiés par Covance Laboratories présentés par McGuire comme totalement indépendants de l’Université et de Monsanto. Pourtant, E. Grossman (9) écrivait dans Civil Eats le 30 juillet 2015 que Covance laboratories a effectué à de nombreuses occasions des tests pour Monsanto.

Selon E. Grossman, il existe très peu de données sur l’exposition de l’homme au Glyphosate. Le Glyphosate n’est inclus ni dans le programme d’analyses de résidus des denrées de la Food and Drug Administration (FDA) ni dans le programme de biomonitoring des Centers for Disease Control and Prévention (CDC).

Il existe un réel besoin d’une science réellement indépendante et hautement crédible relative aux résidus de Glyphosate, aux niveaux d’exposition de l’homme, aux concentrations en Glyphosate dans les divers organes et tissus chez l’homme et l’animal.

L’US Environmental Protection Agency (EPA) prévoit de mener sa propre enquête sur la contamination du lait maternel par le Glyphosate et MAA avec d’autres ONGs annonce la mise en route d’une vaste étude de biomonitoring dont les résultats seront publiés en 2016.

Ceci est heureusement une histoire américaine. Le citoyen US est plus exposé au produit pesticide de par l’importance de la superficie de cultures Roundup résistantes cultivée et de par le fait qu’il consomme directement ces organismes génétiquement modifiés gorgés de Roundup et de Glyphosate.

Restons toutefois vigilants en Europe.

C. Wattiez, Dr. Sc.

NOTE DE BAS DE PAGE

  • 1. http://www.momsacrossamerica.com/glyphosate_testing_results
  • 2. HOPPE H.W . 2013 Determination of Glyphosate residues in human urine samples from 18 European countries. Medical Laboratory Bremen, D-28357 Bremen/Germany, unpublished test report MLHB-2013-06-06 of 12 June 2013. http://www.foeeurope.org/sites/default/files/glyphosate_studyresults_june12.pdf
  • 3. Une substance lipophile est une substance qui a des affinités pour les graisses.
  • 4. Krüger M et al, 2014, Detection of Glyphosate residues in animals and humans, J.Environ. Anal.Toxicol, 4 :2
  • 5. Krüger M et al, 2014, Detection of Glyphosate in malformed piglets, J.Environ. Anal.Toxicol ,4 :5
  • 6. Cf article “Le glyphosate et le Roundup seront-ils re-autorisés au mépris de la santé publique?
  • 7. http://www.sciencedaily.com/releases/2015/07/150723133120.htm
  • 8. Monsanto : multinationale productrice de Glyphosate, de Roundup ainsi que d’organismes génétiquement modifiés résistants au Glyphosate et au Roundup.
  • 9. Journaliste et écrivaine américaine spécialisée dans les sciences environnementales
Pourquoi Infrabel utilise-t-elle le glyphosate pour désherber les chemins de fer ?

Les voies de chemin de fer sont empierrées. Pour des questions de facilité de circulation, il est d’usage de désherber avec du glyphosate. C’est un herbicide efficace qui détruit toutes les plantes qu’il touche. Infrabel demande et obtient ainsi chaque année des dérogations pour pouvoir utiliser le produit.

Pourtant, les alternatives existent ! La SNCF (Société nationale des chemins de fer français) a d’ailleurs développé un train désherbeur performant qui pulvérise de l’acide pélargonique (extrait de géranium). Dans cette démarche non chimique, il est également nécessaire de tolérer une partie d’enherbement.

Pour notre santé et celle de la terre, il est important de renoncer à tout emploi de pesticides chimiques de synthèse sur les voies de chemin de fer. Ces dernières traversent des zones naturelles riches en biodiversité qu’il convient de protéger.

Lien glyphosate-OGM

Le glyphosate n’est pas un pesticide comme les autres. Outre le fait d’être le plus utilisé dans le monde, il est aussi la pierre angulaire de toute la stratégie de l’industrie des organismes génétiquement modifiés (OGM) à utilisation agricole. En effet, environ 80% des plantes transgéniques actuellement cultivées ont été modifiées pour être résistantes à un ou plusieurs herbicides – le glyphosate en grande majorité. 

En route vers les alternatives

Les alternatives aux herbicides, dont le glyphosate, sont nombreuses, comme les différents producteurs rencontrés lors des rencontres en ferme ont pu en témoigner au cours des 5 dernières années. Pour les découvrir, n’hésitez pas à consulter nos brochures techniques et comptes-rendus. 

Dites non au glyphosate

Faites entendre votre voix par e-mail auprès des Ministres compétents en Belgique

 

Nature & Progrès demande aux membres du gouvernement de tenir leurs engagements, conformément à l’accord de gouvernement, et d’adopter une position cohérente et ambitieuse en soutenant activement l’interdiction du glyphosate en Belgique et dans le reste de l’Europe, et la promotion des alternatives non chimiques auprès des agriculteurs. Vous pouvez contacter les Ministres très facilement par e-mail ci-dessous.

David Clarinval

Ministre de l’Agriculture info@clarinval.belgium.be

Franck Vandenbroucke

Ministre de la Santé info@vandenbroucke.fed.be

Zakia Khattabi

Ministre du Climat, de l’Environnement info@khattabi.fed.be

Nos dernières actualités

Nos dernières actions : courriers aux Ministres et Parlementaires

Régulièrement, et parfois en collaboration avec d’autres structures, Nature & Progrès contacte les Ministres et parlementaires compétents sur la question du glyphosate. Certains sont accompagnés des réponses des Ministres concernés.

Nous soutenir de différentes manières

Nature & Progrès est soutenue par des milliers de membres en Wallonie et à Bruxelles.
Cette communauté active et qui partage nos valeurs nous donne plus de poids dans nos actions quotidienne.
Envie d’y prendre part également ?