Rencontre avec José Gualinga
L’article consacré à la Frontière de Vie, que nous avons publié dans Valériane n°69, méritait incontestablement quelques prolongements. La présence en Belgique de José Gualinga – porte-parole de la communauté indienne Kichwa de Sarayaku, en Equateur – et de son épouse belge, Sabine Bouchat, était une occasion unique d’en savoir un peu plus sur l’esprit de cet extraordinaire projet. Je les ai rencontrés, pour vous, avant la projection de Sang noir, un film de Jacques Dochamps, au cinéma Le Parc, à Liège…
L’île de Bornéo était il y a peu l’un des endroits les plus sauvages de la planète… Mais nous en avons fait une immense plantation de palmiers à huile. Quelques endroits préservés donnent pourtant encore une idée de la beauté primitive de la forêt. Je vous emmène découvrir une flore, une faune et des gens hors du commun.
Il fait très chaud et très humide en cette fin de matinée, lorsque je sors de l’aéroport de Kota Kinabalu. Je m’en doutais : Bornéo se situe presque sur l’équateur, donc ce n’est pas une surprise, mais c’est toujours un choc. J’ai rendez-vous avec Herman, un Suisse qui a décidé de venir passer ici le reste de sa vie. Cuisinier de formation, et grand voyageur pendant ses temps libres, il a rencontré chez les Dusun, un groupe indigène local, une façon de concevoir le monde qui lui convient.
Pour subvenir à ses besoins, il a monté une petite entreprise de vin de riz ou lihing, qui connaît un franc succès tout en lui laissant le temps de mener des groupes dans la forêt. Son parcours m’intéresse et la chose semble réciproque puisque, après avoir dégusté ensemble quelques bouteilles de sa production - excellente, mais puissante… -, il me propose de l’accompagner, le surlendemain, chez des amis indigènes qui vivent encore de manière traditionnelle au fond des bois. Cela ne se refuse pas !
François Couplan nous emmène dans l’île de Bornéo, un des endroits les plus sauvages de la planète, devenu une immense plantation de palmiers à huile. En quête d'une flore, d'une faune et de gens hors du commun, il nous a narré, dans un premier article, un long cheminement sur le flanc des collines avant d'arriver chez Darius et sa famille qui vivent toujours au cœur de la forêt. Nous l'avions ensuite laissé prendre une bonne nuit de sommeil réparateur…
Le lendemain, la fille de Darius, Diana, âgée d’une douzaine d’années, nous emmène à l’exploration des environs. Née dans la forêt, elle en connaît les moindres recoins et se montre une véritable spécialiste des usages des végétaux. J’en suis bluffé ! Après nous avoir conduits à la rivière où elle joue quelque temps dans le courant violent, elle nous propose de cueillir quelques légumes sauvages locaux pour notre repas du soir. Nous récoltons ensemble des feuilles d’Emilia javanica, une cousine du pissenlit que je connaissais déjà d’ailleurs en Asie et les tendres pousses d’une fougère nommée lingkong. Sur le chemin du retour, très raide, Diana coupe à l’aide de sa machette les grandes tiges d’une Zingibéracées (Etlingera coccinea) qu’elle épluche soigneusement : leur moelle à odeur de coriandre entrera dans la préparation du sambal, le condiment que l’on consomme traditionnellement avec le riz…
Les humbles plantes qui nous entourent, bien souvent sans que nous en soyons mêmes conscients, sont riches de vertus insoupçonnées. Elles nous nourrissent, nous soignent et nous offrent, finalement, tout ce dont nous avons réellement besoin. Approchons-les de plus près...
Durant sept mois, deux maraîchers bio et leur enfants, quittent leur petite propriété des Cévennes pour partir au Venezuela. Leur destination : la CECOSESOLA, une coopérative regroupant un service de transport, huit cents petits producteurs et plusieurs micro-entreprises de la transformation. Une expérience humaine étonnante, qui a notamment permis de nourrir la population des quartiers pauvres de Barquissimeto, ville du nord du pays.