L’abeille sera la vedette de la 27e édition du salon Valériane Namur. Les visiteurs pourront en découvrir toutes les facettes au travers de conférences et d’animations prévues dès l’entrée du salon par Nature & Progrès, en collaboration avec Apis Bruoc Sella et avec la participation du CARI et de l’Union Royale des Ruchers Wallons.
Depuis peu, les grandes surfaces ne garantissent plus que la viande qui est vendue dans leurs étals provient d’animaux nourris sans OGM (Organisme Génétiquement Modifié). Et il en va de même pour les produits laitiers. Si, dans l’état actuel des choses, cela ne concerne pas – pas encore ! – la viande issue de l’agriculture biologique, le risque s’accroît sérieusement que le consommateur n’ait bientôt plus le choix de manger sans OGM…
Sur l’œuf bio, on a tout entendu ! La bio, anarchique et libertaire, laisserait-elle les poules courir Dieu sait où ? Pire encore, le bio-volatile, ce sauvage, s’en irait-il pondre dans les hautes herbes ou sur la paille des granges ? Ses œufs crottés, couverts de plumes et de fientes, propageraient ainsi la salmonellose et discréditeraient à jamais nos méthodes… Faut-il que la bio soit vraiment une alternative sérieuse pour qu’on s’ingénie à répandre pareilles âneries !
Ce que nous avons appris avec la pomme de terre OGM, dont l'essai a été accepté au printemps 2011, ne nous réjouit pas en ce qui concerne la récente demande d'essai de maïs OGM : procédure officielle non respectée, avis du public ignoré et conflits d'intérêts au sein de l'organe qui est consulté ! Les avis des ministres nous paraissent donc aujourd'hui complètement illégitimes, au point d'envisager une mise sous tutelle de toutes ces instances bien pensantes. Retour sur les faits - l'exemple de la pomme de terre OGM pour laquelle vous avez participé à l'enquête publique - afin d'anticiper ceux qui s'annoncent dans le cas de la récente demande d'essai en plain champ d'un maïs OGM, tout aussi inutile que nuisible.
Marc Dufumier, agronome renommé, professeur émérite à AgroParisTech, conseiller auprès des Nations unies et de la Banque Mondiale, et président de la Plate-forme française pour le commerce équitable a répondu à l'invitation de Nature & Progrès, le vendredi 9 mai dernier. Il venait nous présenter son nouvel ouvrage, 50 idées reçues sur l’agriculture et l’alimentation, paru aux éditions Allary, un livre essentiel pour battre en brèche quelques redoutables a priori concernant notre alimentation. Nous avons eu le plaisir de converser librement avec lui…
Le scientifique et l'agronome qui a beaucoup bourlingué à travers le monde semble maintenant ressentir un grand besoin d'éducation populaire. Est-il aujourd'hui prioritaire de repenser son alimentation avec le consommateur ?
"Mon nouveau livre, explique Marc Dufumier, est d'abord le reflet de convictions politiques personnelles : il va falloir changer le monde et surtout en ce qui concerne l'agriculture, l'alimentation et l'environnement. Je pense qu'une véritable révolution technique est indispensable sans quoi nous allons droit dans le mur. Il ne s'agit nullement d'un retour en arrière mais d'un grand virage à nonante degrés ; ce n'est pas non plus un "grand soir" qui pourrait être violent mais davantage une transition que certains pourront qualifier d'écologique. On ne réussira ce changement drastique que si la grande majorité des consommateurs et des agriculteurs change d'attitude. Pour cela, il faut donc arriver à convaincre ! Dans un premier bouquin - Famine au Sud, Malbouffe au Nord -, je cherchais plus à interpeller les agriculteurs alors que, dans celui-ci, il s'agit plus de s'adresser directement aux consommateurs. La dimension politique est donc importante et ce n'est donc pas seulement le scientifique qui parle, même si mes convictions d'aujourd'hui sont le résultat de travaux menés scientifiquement avec des scientifiques, au sein d'une école - AgroParisTech - qui est loin d'être acquise à de telles idées. L'équipe que j'ai dirigée là-bas l'avait été autrefois par René Dumont, puis par Marcel Mazoyer dont j'ai pris la suite… ce n'est pas un hasard."