Bio vous avez dit Bio ?

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Ce début d’année 2019 voit naître, en Flandre, la désormais autoproclamée "plus grande porcherie bio belge". Les porcs de la société Biovar.be sont destinés au groupe Colruyt. Nature & Progrès est évidemment très interpellé par l’apparition de ces nouveaux élevages de porcs "tout béton", à la limite de la certification biologique et s’éloignant dangereusement de la philosophie bio…

Nature & Progrès, association de producteurs et de consommateurs biologiques, est frappée par ce nouveau modèle de porcherie "tout béton" où tant les espaces intérieurs qu’extérieurs directs sont artificialisés. Pourtant, la réglementation européenne précise que "des aires d'exercice permettent aux porcins de satisfaire leurs besoins naturels et de fouir. Aux fins de cette dernière activité, différents substrats peuvent être utilisés" (R889/2008, Art 11, point 6).

Auteur
Par Sylvie La Spina
Numéro de revue
136
Page
47
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Notre industrie betteravière n’a pas été capable de se réformer à temps. Son avenir peut-il encore dépendre de dérogations au sujet d’une molécule chimique mise hors-la-loi par l’Europe ? Qui se permettrait aujourd’hui un raisonnement aussi insensé, au mépris total de la santé publique et de l’environnement, si ce n’est une frange en déroute du monde agricole qui refuse de voir son avenir ailleurs que dans la chimie ? Cette question est de la compétence du Ministre fédéral de l’Agriculture. Aura-t-il le courage politique suffisant pour ramener ces betteraviers sur la voie de la raison ?

Au cas où il n’existerait pas d’autre moyen de combattre un parasite, un Etat membre a la possibilité de déroger, cent vingt jours durant, à l’interdiction par l’Europe d’un produit phytosanitaire. Or, dans le cas des néonicotinoïdes, nul n’aurait, semble-t-il, plus que nous à pâtir de la jaunisse de la betterave, une maladie due à un puceron… Serait-ce là une sortie de secours inespérée pour le secteur betteravier belge qui ne manifeste guère l’intention de modifier ses pratiques en admettant la prohibition des produits toxiques qu’il utilise ? Mais déroger à l’interdiction demeure très dangereux pour notre environnement et oriente les agriculteurs vers un avenir incertain. Raisonnant exclusivement à court terme, nos betteraviers apparemment n’en ont cure…

Auteur
Dominique Parizel et Marc Fichers
Numéro de revue
135
Page
24
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Nature & Progrès, chacun le sait, milite depuis de longues années pour la généralisation de l’agriculture biologique. Dans l’intervalle, nous devons cependant continuer la lutte contre les pesticides qui n’ont de cesse d’empoisonner nos campagnes. Mais, en attendant leur bannissement total, des mesures d’urgence doivent être prises pour protéger les pauvres gens qui habitent dans des zones très exposées. A ce troisième niveau de combat, la France envisage aujourd’hui une initiative intéressante : l’établissement de zones non traitées dans les zones d’habitat. De quoi s’agit-il ?

En France, comme en Wallonie, les pesticides sont agréés avec une attention renforcée pour la santé et pour l’environnement, et les agriculteurs qui utilisent ces produits sont tenus de respecter une réglementation très stricte. Les pesticides, pourtant, se retrouvent massivement dans l’environnement, ainsi que l’a montré l'étude Propulpp (1), coordonnée par l'Institut scientifique de service public (ISSEP). Cette étude a mesuré l'exposition des populations rurales aux pesticides dans les heures et les jours consécutifs aux traitements et, si l'essentiel de la pollution se produit pendant les deux heures qui suivent la pulvérisation, certains produits continuent à se déposer douze heures ou même vingt-quatre heures plus tard. D’autre part, si la pollution diminue au fur et à mesure qu'on s'éloigne du champ, elle est toujours bien présente jusqu’à cinquante mètres de distance. Il n’y a donc plus de doutes que ces produits se retrouvent en bord de champs, dans les jardins des particuliers… Dans des quantités certes minimes, jugent leurs défenseurs qui affichent cependant un refus malsain d’analyser toute forme d’"effet cocktail" occasionnée par les différentes molécules disséminées et leurs métabolites.

Auteur
Par Marc Fichers
Numéro de revue
139
Page
38
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Ancien permanent de Nature & Progrès, Antonio Fernandez Martins - voir, par exemple, son dossier sur les Groupes d'Achats Communs, paru dans Valériane n°57 - a ensuite beaucoup bourlingué, au Brésil notamment, en 2008, où il eut l'occasion de participer à une formation donnée par l'agriculteur suisse Ernst Götsch, connu pou ravoir développé les principes de l'agriculture syntropique, dans l'état de Bahia. Mais de quio peut-il bien s'agir?

Auteur
Dominique PARIZEL
Numéro de revue
160
Page
38
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La précédente révision par l'Europe de la réglementation sur l'agriculture biologique - règlement (CE) n° 834/2007 - avait déjà donné le ton et Nature & Progrès était déjà monté aux créneaux - voir Valériane n°64 ! Nous évoquions alors une simple édulcoration de la bio ; avec ce qui se trame aujourd'hui, c'est - hélas - d'une authentique trahison qu'il faut parler. Car on prétend nous imposer la possibilité de la chimie dans la bio. Rien de moins !

Le 13 octobre dernier, le Parlement européen a accepté de débuter les négociations avec le Conseil au sujet d'une nouvelle législation concernant l'agriculture biologique. Principal leitmotiv du nouveau projet : "assurer aux consommateurs que les produits biologiques qu'ils achètent sont réellement bio" ! Qui ne souscrirait à pareille intention ? Il y a parfois loin de la coupe aux lèvres mais là, c'est carrément la ciguë qu'on va nous faire avaler.

La jolie étiquette cache mal le petit trou par lequel le ver est - à nouveau ! - entré dans le fruit. Car si, en 2007, le règlement européen avait tout simplement aligné la tolérance en matière de pollution "fortuite" par des OGM sur la tolérance existant en matière d’agriculture conventionnelle - nous fûmes contraints d’accepter jusqu’à 0,9 % d’OGM dans la bio ! -, on cherche à présent à nous faire gober la même couleuvre… mais avec les pesticides et la chimie !

 

Auteur
Marc Fichers
Numéro de revue
117
Page
42