Y a-t-il encore un pilote dans l'avion de notre politique alimentaire et agricole? On ne peut plus le nier: nous assistons à la lente agonie de notre modèle alimentaire... Le citoyen en pâtit, jour après jour, et l'agriculteur aussi! Chez nos voisins bataves, la tension monte. Et la police tire... Il est grand temps qu'une politique alimentaire ambitieuse soit mise en place. Et, pourquoi pas, un vrai ministère de l'alimentation?
Les poissons produits par l’aquaculture moderne peuvent-ils être qualifiés de biologiques ? Si la définition de ce terme implique la protection de la santé du consommateur, on peut honnêtement en douter.
De nombreux consommateurs se posent encore des questions sur l’élevage biologique : quelles sont les grandes différences entre un élevage biologique et un élevage conventionnel ? Y a-t-il des nuances entre les normes d’élevage bio belges et wallonnes et les normes européennes ? Il nous a donc semblé intéressant de faire un petit tour de la question et de rappeler quelques notions essentielles…
Notre approche de l'avenir du grand-épeautre aura comme fil d'Ariane un entretien avec Marc Dewalque et sa très riche documentation mise à notre disposition. Nous vous en proposerons une approche en feuilleton, par étape historique et ethnologique, avec un peu de biologie des variétés, ainsi que les potentialités qu’il offre pour le renouveau semencier et cultural…
En visitant, depuis deux ans (1), moulins et meuniers-agriculteurs-boulangers, nous vous avons fait découvrir une partie de la diversité des céréales panifiables encore cultivées en proximité. Vous avez choisi, suite à ces articles, de laisser les pains dans les rayons des grandes surfaces pour retrouver, de plus en plus fréquemment, le chemin d'un vrai boulanger ? Vous restez cependant insatisfait de la transparence affichée à propos des ingrédients réels et des méthodes de panification utilisées ? Vous n'avez dès lors pas d'autre solution que de poser des questions et de dialoguer avec les professionnels en qui vous avez placé votre confiance. Nous espérons contribuer à ce dialogue.
Si vous avez choisi les circuits courts, les fermiers céréaliers bio et leurs boulangeries artisanales, vous avez certainement remarqué des variétés de pains de couleur et de forme inhabituelle, à base de diverses céréales, diversement moulues et diversement panifiées. La panification artisanale permet de travailler des farines considérées comme peu panifiables ou parfois même non-panifiables par les maîtres-meuniers fournisseurs des boulangeries mécanisées. Vous savez maintenant cela comme nous...
Un vrai coup de tonnerre ! Début mars, l’entreprise de découpe et de transformation de viande Veviba - qui exploite l’abattoir de Bastogne - se voit retirer son agrément avec effet immédiat ! Des perquisitions menées par un juge d’instruction, doublées d’un contrôle particulièrement rigoureux de l’Agence Fédérale pour la Sécurité de la Chaine Alimentaire (AFSCA), ont mis au jour de nombreuses irrégularités administratives, sanitaires, sociales…
Reprenons le fil de l’histoire, ainsi que nos médias nous l’ont racontée. On nous parle soudain, mi-mars, de produits "potentiellement dangereux", de viande avariée, de ré-étiquetages massifs… Le Ministre fédéral de l’Agriculture se fâche tout vert au Parlement ; à ses côtés, le patron de l’AFSCA se fait tout petit mais ne perd pas son calme. La presse unanime prédit qu’il se fera virer mais "pas tout de suite", ajoute-t-elle avec prudence… Le Ministre veut un audit de l’Institution fédérale qui contrôle la chaîne alimentaire et promet du changement. La passe d’armes est mémorable également du côté du Parlement wallon : l’opposition, vent debout, fustige le "système" en place tandis que la majorité, indignée, crie au populisme. La Justice, quant à elle, avance avec sérénité, nous dit-on, car il y a bien une instruction ouverte, depuis deux ans, concernant la société Veviba de Bastogne - et une autre société flamande, apprendra-t-on plus tard -, suite à une plainte venue… du Kosovo ! On déplorerait une kyrielle d’étiquetages lamentables pour une bidoche congelée si vieille qu’on aurait pu la prendre pour de la viande… de mammouth !
Quoi d’autre ? Difficile à dire. Mais très vite la vox populi gronde, des récits accablants sont rapportés et la grande distribution - Delhaize et Colruyt - suspend ses contrats. La Fédération Wallonne de l’Agriculture (FWA) demande timidement à monsieur Diederik Verbist - le locataire de l’abattoir de Bastogne - qu’il veuille bien "faire un pas de côté". Les éleveurs attendent patiemment qu’on s’occupe enfin de leurs bêtes ; les perdants dont personne ne dira rien, ce sera eux, une fois de plus… Le citoyen, lui, s’interroge : une telle affaire aurait-elle pu éclater sans la proximité d’importantes échéances électorales ? La vague d’émotion ainsi suscitée fait-elle vraiment nos affaires, à nous autres consommateurs ?