A l’heure où nous écrivons ces lignes, les producteurs laitiers épandent leur gagne-pain dans les champs pour tenter de se faire entendre. L’Europe, quant à elle, reste complètement sourde aux cris de détresse de ses propres producteurs, préférant les abandonner que de remettre en cause des orientations quelques peu douteuses en ces temps de crise systémique. Pour bien comprendre comment on en est arrivé à une telle situation, il importe de revenir en arrière…
« Au moment où la notion de qualité envahit notre vie quotidienne, les déficiences de l’approche officielle apparaissent de plus en plus nettement à la lumière des « affaires » récentes concernant l’alimentation. La vigilance citoyenne qui s’impose permettra sans doute l’émergence de méthodes nouvelles d’évaluation de la qualité, peu connues, mais à haut potentiel de contenu, comme la cristallisation sensible ou morphocristallisation. » Ainsi s’exprimait Marie-Françoise Tesson lors de sa conférence du 10 avril 2007.
Par crainte du ridicule, par inconscience ou faute d’informations fiables, beaucoup d’agriculteurs conventionnels refusent d’associer leurs problèmes de santé à l’usage des pesticides et négligent de prendre les mesures de sécurité indispensables. En France, les cultivateurs malades qui acceptent de rompre la loi du silence sont cependant de plus en plus nombreux. Un phénomène qui pourrait faire tache d’huile…
A l'occasion de cette seconde édition, nos fougueux compères de la cellule d'action MAP-FUGEA n'ont pas hésité à rentrer "dans le lard" des questions économiques. "Qu'est-ce-qui pourrait bien faire survivre les paysannes et les paysans en pleine économie de marché, hormis les primes ?" était une des questions fondatrices de la réflexion menant aux prix rémunérateurs... Pour aller plus loin, serait-il possible de se demander aussi "comment rendre la nourriture de qualité accessible à tout le monde ?"
A l'heure de la rédaction de cet article, les agriculteurs ont délaissé leurs champs pour rejoindre les routes et les autoroutes. Ce qu'ils réclament avant tout, c'est de pouvoir vivre dignement de leur métier, un métier noble: nourrir les gens. Des mauvaises solutions comme les nouveaux OGM (NGT-nouvelles techniques génomiques), les agriculteurs.rices n'en veulent pas. C'est ce qu'ont clairement exprimé ma FUGEA, syndicat progressiste, et l'UNAB, syndicat d'agriculteurs bio. Pourtant, les législateurs avancent au pas de charge pour déréguler ces nouvelles plantes issues du "progrès".