Larves hideuses et repoussantes, dangereuses urticantes ou gloutonnes "défoliatrices" du potager et du verger, juste bonnes à se gaver toute la journée, etc. Ainsi sont souvent durement jugées les chenilles, qui importunent plus qu’elles n’intriguent. Mais que savons-nous d’elles avant de délibérer de la sorte ?
Il est aujourd'hui d'usage courant d'associer la présence de vers de terre avec une terre de bonne qualité. Par leur activité de fouissage, de brassage et de recyclage de la matière organique, cette petite faune augment la fertilité des sols. Mais qui sont-ils? Faisons connaissance.
Monsanto ? C'est le symbole même de l'agriculture industrielle et chimique qui pollue, accélère la perte de biodiversité et contribue de manière massive au réchauffement climatique. Depuis plus d'une siècle, la multinationale a commercialisé des produits hautement toxiques qui ont durablement contaminé l’environnement et causé la mort de milliers de personnes :
- les PCB qui font partie des douze POP (Polluants organiques persistants) et affectent la fertilité humaine et animale ;
- le 2,4,5 T, un des composants de l’agent orange, contenant de la dioxine, qui fut déversé par au Vietnam et continue de provoquer malformations congénitales et cancers ;
- le lasso, un herbicide aujourd’hui interdit en Europe ;
- le roundup, l’herbicide qui est à l’origine de l’un des plus grands scandales sanitaires et environnementaux de l’histoire moderne.
Ce désherbant, très toxique, est associé aux monocultures d'OGM - principalement de soja, maïs et colza - destinées à l’alimentation animale ou à la production d’agro-carburants. Le modèle agro-industriel promu par Monsanto est à l’origine d’au moins un tiers des émissions de gaz à effet de serre mondiales dues à l’activité humaine ; il est aussi largement responsable de l’épuisement des sols et des ressources en eau, de l’extinction de la biodiversité et de la marginalisation de millions de petits paysans. Il menace la souveraineté alimentaire des peuples par le jeu des brevets sur les semences et de la privatisation du vivant.
Comment ces dommages écologiques et humains ont-ils été passés sous silence ? Grâce à une stratégie systématique d’occultation : lobbying auprès des agences de réglementation et des autorités, mensonges et corruption, financement d’études scientifiques frauduleuses, pression sur les scientifiques indépendants, manipulation des organes de presse, etc.
Du 12 au 16 octobre 2016, à La Haye, le Tribunal sur Monsanto aura pour mission d’évaluer les faits reprochés à la multinationale et de juger les dommages qu'elle a causés. Il prendra appui sur les Principes directeurs relatifs aux entreprises et droits de l’homme adoptés au sein de l’ONU en 2011. Il évaluera les actions de Monsanto au regard du crime d’écocide, dont l’inclusion a été proposée dans le droit international pénal. Il examinera l’opportunité de réformer le Statut de Rome créant la Cour pénale internationale en vigueur depuis 2002 afin d’y inclure le crime d’écocide et de permettre la poursuite des personnes physiques et morales soupçonnées de l’avoir commis.
Les initiateurs du Tribunal contre Monsanto lancent un appel à la société civile, à tous les citoyens et citoyennes du monde, pour qu’ils participent au financement de cette opération exemplaire, à travers une action internationale de crowdfunding. La défense de la sûreté de la planète et des conditions mêmes de la vie est l’affaire de tous ! Seul un sursaut collectif permettra de stopper la machine de destruction qui est en marche !
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Partagez l'information, rejoignez la liste des signataires - à titre personnel ou comme associations -, et participez au crowdfunding
Plus d'infos sur : www.monsanto-tribunalf.org/
Cette année 2016 a été riche en débats dans la sphère politique wallonne. Parmi les mesures visées par nos ministres, l’objectif Wallonie zéro-pesticides suscite de nombreux débats. Les différents acteurs - particuliers, gestionnaires publics et privés, et agriculteurs - adhèreront-ils au mouvement ? Pourquoi le "zéro-pesticides" et pas le "100 % bio" ? Le développement du "zéro-pesticides" est-il une menace pour l’agriculture biologique ? Vouloir supprimer les phytos, est-ce réaliste ? Pourquoi ne pas d’abord les réduire ? Comment faire du "zéro-pesticides" un projet rassembleur pour la Wallonie ? Voici quelques éclairages sur ce projet que soutient Nature & Progrès…
L’agriculture biologique est en plein essor en Wallonie ! Nous fêtons, cette année, les vingt-cinq ans du label bio européen. Depuis 1991, l’agriculture biologique n’a cessé de prendre de l’ampleur en Wallonie : d'une cinquantaine de producteurs, nous sommes passés à plus de mille trois cents, soit un agriculteur wallon sur dix. De 807 hectares, nous en comptons actuellement plus de soixante-trois mille, soit 8,7 % de la surface agricole de notre belle région. Les magasins bio se multiplient dans les villes et les campagnes, tentant de répondre à la demande toujours croissante des consommateurs. Parallèlement, le Centre de recherches agronomiques wallon et l’Agence wallonne pour la promotion d’une agriculture de qualité se sont dotés d’un plan et de moyens spécifiques pour l’agriculture biologique, tandis que les écoles et centres de formation ont intégré le bio dans leurs cursus. C’est indéniable : l’agriculture biologique est aujourd’hui bien implantée en Wallonie ; elle est reconnue comme une pratique agricole d’avenir pour notre planète. Etre vus comme des farfelus, c'est fini ! Les producteurs bio développent des techniques toujours plus innovantes pour se passer des produits de synthèse et stimuler la vie du sol. Ces méthodes inspirent aujourd’hui l’agriculture conventionnelle : désherbage mécanique, compostage, gestion des pâturages... Les filières biologiques s’organisent et se diversifient. Nos politiques soutiennent l’agriculture biologique avec l’objectif d’en doubler les surfaces d’ici 2020. Bref, le développement de la bio est garanti. Pour notre grande satisfaction à tous !
Nous vous parlions, dans Valériane n°124, du désir, de plus en plus partagé, de voir la Wallonie devenir une terre sans pesticides. L'objectif est ambitieux, généreux. Il cherche à épargner bien des souffrances aux Wallons présents et à venir. Mais il y a parfois loin de la coupe aux lèvres et les résistances - comme les bonnes volontés, d'ailleurs - peuvent surgir là où on les attend le moins… Voici donc un premier effort prospectif, un effort d'imagination afin de nous laisser entrevoir ce qui nous attend…
Les pesticides sont bien un problème global de santé publique et d’environnement ; ils ne peuvent pas être réduits à une simple question de résidus dans un produit alimentaire. L’approche scientifique - et surtout toxicologique - demeure pourtant bien celle-là mais nous ne pouvons accepter d’y rester cantonnés, d’autant plus que cette approche est très limitative, qu’aucune réponse satisfaisante n'est apportée à de nombreux aspects de la question : ce qui est relatif aux "cocktails", par exemple, aux métabolites, aux co-formulants ou encore à la bio-accumulation, sans même évoquer strictement les dégâts sur l’environnement… Les pesticides - issus de la chimie organique de synthèse - posent problème depuis leur apparition et ils doivent être bannis pour l'ensemble de ces raisons. Ils sont à ce point toxiques que même la définition traditionnelle du poison - "c’est la dose qui fait le poison" - a dû être reconsidérée, pour prendre en compte notamment les effets des perturbateurs endocriniens.