Notre environnement est innondé de millions de substances issues de la chimie industrielle. Apparues massivement après la Seconde Guerre mondiale, l'immense majorité d'entre elles n'ont jamais été évaluées. Elles sont soupçonnées, études scientifiques à l'appui, de jouer un rôle prépondérant dans l'augmentation du nombre de maux chroniques de notre époque : cancer, diabète, obésité, asthme, etc. Le débat est très compliqué à cause des imbrications entre experts, indutries et pouvoirs publics. Quelques journalistes, associations et scientifiques réalisent un travail d'information remarquable. Et nous, citoyens ? Qu'en faisons-nous ?
Les êtres humains peuvent-ils encore se fier à leurs cinq sens ? Ont-ils jamais pu s'y fier ? Imaginons la matinée normale d'une jeune femme enceinte : elle se lève, prend une douche, déjeune. Le soleil entre dans sa cuisine. Elle sort se promener dans la campagne alentour. La région est magnifique, l'air lui semble pur et sain. De retour à la maison, elle vide un grand verre d'eau fraîche du robinet… Elle est heureuse, elle se sent pleine de vie et de santé. Voilà ce que lui disent ses cinq sens. Mais changeons de lunettes et observons-la d'un point de vue plus strictement scientifique.
Bien sûr, le film de Marie Devuyst n'est pas un mode d'emploi qui enseigne le "fin mot" des blés anciens ; c'est une rencontre avant tout avec un groupe de personnes qui a choisi de s'y intéresser et de les multiplier. Parcours croisés, lit-on sur le site Internet www.quandlevent.be, d’un agriculteur, une agronome, un paysan-boulanger et deux meuniers... Quand le vent est au blé est le témoignage de leur passion, de leur engagement. Avec l'étonnante force de séduction que leur confère ce beau film...
Bien sûr, les militants du bon pain et du bon blé savent déjà de quoi je parle. Reste à tous les autres, qui souffrent peut-être d'enzymes mal placés ou de gluten en excès, à se laisser emporter par ce vent vivifiant. Mais s'il faut changer de pain, c'est avant tout de blé qu'il faut changer. Et s'il faut changer de blé, c'est peut-être surtout de vie, ou d'une autre vie, que nous avons besoin... L'heure n'est plus, dès lors, à la récrimination, à la critique des innombrables lacunes de la "vie moderne". Le moment est venu d'entrer positivement, résolument, dans autre chose. C'est, en substance, ce que nous dit Marie Devuyst que nous avons eu le plaisir de rencontrer. Ecoutons-la parler...
Des semences... et des gens qui se les échangent
"Je m'appelle Marie Devuyst. Je suis bruxello-wallonne, francophone, j'ai trente-quatre ans. Faire des films est mon métier. J'ai suivi les cours de Sint-Lukas, une école flamande de Bruxelles, une école artistique disposant d'une section Arts audio-visuels. On y apprend à utiliser les outils mais surtout à avoir un regard, à être un auteur...
Les protagonistes de mon film, je les ai rencontrés il y a un peu plus de trois ans, à la Ferme du Hayon, à Sommethonne, en Gaume. Marc Van Overschelde y organisait un week-end autour des blés anciens et du pain à l'ancienne. Il y avait convié une série de collègues et d'amis... J'avais été mise au courant par des potes qui trouvaient tout cela très intéressant. Mon intérêt à moi n'était pas directement le pain, mais plutôt la rencontre de personnes capables de faire quelque chose avec des semences, en allant à contre-courant de l'agro-industrie et des cadenas qu'elle cherche à poser sur le monde de la semence. Ces personnes, petit à petit, tissaient un réseau autour de ces bonnes semences-là, seules à même de nous donner encore du bon pain, du pain de qualité bénéfique pour nos santés... A ce moment, je ne savais pas du tout que j'allais en faire un film ; j'allais juste voir mes amis et peut-être leur rendre service, accessoirement, en faisant quelques images puisque j'avais ma caméra avec moi... Au pire, cela nous ferait des images souvenirs et, au mieux, eh bien, il y aurait peut-être plus. Mais j'avais décidé d'en juger ultérieurement... Il ne m'a pas fallu longtemps pour me rendre compte que tout cela avait vraiment un intérêt. Un intérêt qui tenait aux semences mais, plus encore, aux gens qui se les échangeaient...
Qu'est-ce qui fut décisif ? C'est la passion qui fut décisive, la passion que ces gens mettaient dans ces questions-là. Celle de Marc, évidemment, parce que cela faisait déjà plusieurs années qu'il cultivait des blés anciens. Assister à la naissance d'un projet m'intéressa beaucoup, démarrer avec eux et observer où cela porrait aller. C'était la première fois, en effet, que Marc distribuait des graines à d'autres personnes... Avant cela, il se bornait à les cultiver chez lui, en micro-parcelles expérimentales, et avec quelques grandes parcelles. Or j'assistais au moment où il estimait enfin en savoir suffisamment pour transmettre ses connaissances à d'autres, pour proposer aux gens que cela intéressait de multiplier autant qu'ils pouvaient... Cette année-là, ils ne furent que cinq à repartir avec des graines mais c'est pourtant là que tout a commencé à essaimer. C'est donc une histoire de rencontres avant tout qui m'a donné envie de faire ce film ; c'est aussi le fait de sentir naître la curiosité de personnes découvrant des céréales différentes permettant de faire du pain différent."
Que nos membres végétariens - ou petits mangeurs de viande - nous pardonnent mais l'agriculture wallonne repose en grande partie sur l'élevage viandeux et bon nombre d'entre nous apprécient à leur juste valeur les produits de qualité qu'il nous donne. Malheureusement, l'avenir semble sombre pour nos colis de viande…
97% des wallons mangent occasionnellement ou régulièrement de la viande ! L’approvisionnement direct auprès des producteurs représente plus de 10% des achats totaux des ménages et est en constante progression. Le consommateur veut du lien, du local, du bio, de la qualité, des élevages à taille humaine dans le respect de l’animal… Et demain ? Une menace plane pour nos éleveurs : la disparition des abattoirs locaux ! La Wallonie comptait soixante abattoirs en 1985. Aujourd’hui, il en reste une trentaine…
Quel avenir pour le circuit court ?
Certains abattoirs se spécialisent dans certaines espèces, d’autres n’acceptent plus les petits lots d’animaux. La moitié seulement sont certifiés bio. Abattre ses bêtes s'apparente, pour nos éleveurs, au parcours du combattant ! Si rien n’est fait pour enrayer la dynamique actuelle, il ne subsistera plus en Wallonie, d’ici une ou deux dizaines d’années, que deux ou trois abattoirs. Mais de quels abattoirs parle-t-on ? De structures géantes, couplées à des industries de transformation de la viande. Des structures puissantes grâce au monopole dont elles jouiront. Des structures qui seront plus que jamais confrontées à la concurrence internationale étant donné la mondialisation galopante que nous vivons.
Comment subsisteront nos petits éleveurs en circuit court, nos colis de viande fermiers, si les abattoirs leur ferment leurs portes ? Demain… Des élevages immenses tournés vers l’industrie ? Des camions chargés de bêtes parcourant des centaines de kilomètres dans toute la Wallonie ? Une viande en barquettes disponible uniquement dans les supermarchés ? Quel choix aura encore le consommateur ?
Nature & Progrès monte aux créneaux !
Il est encore temps de tout changer. Ensemble, éleveurs et consommateurs, recherchons des solutions pour aller vers l’agriculture que nous voulons. Notre projet "Echangeons sur notre agriculture" a l’ambition de faire changer la dynamique actuelle en réfléchissant à une multiplication des possibilités d’abattage de proximité : à la ferme, dans des structures mobiles ou dans une multiplicité de petits abattoirs locaux…
Vous avez été nombreux, le 13 juin dernier, à venir écouter nos éleveurs et transformateurs lors de la journée d’information sur la transformation artisanale bio. Ils nous ont fait part de leurs difficultés et ont lancé un appel à l’aide. "Les abattoirs, ce n’est pas très sexy, mais il faut s’y intéresser !" Nature & Progrès a organisé des visites d’abattoirs et d’éleveurs en juillet et en août afin de mieux comprendre la fragilité des structures existantes et de développer des solutions d’abattage de proximité pour nos éleveurs.
Mais nous ne sommes pas seuls ! Via le Collège des producteurs, les éleveurs wallons ont soulevé le problème de l’abattage dans toutes les filières : bovine, porcine, ovine, caprine, avicole, cunicole et même en aquaculture ! Un groupe de travail a été mis en place, en juillet, par les services opérationnels du Collège des producteurs, avec le Service Public de Wallonie, Diversiferm, Biowallonie, le CER Groupe, Wagralim et d’autres structures encore, et nous y participons.
Nature & Progrès soutiendra cette initiative et continuera son travail de recherche et de négociations avec le secteur agricole et les politiques. Consomm’acteurs, les problématiques agricoles nous concernent tous !
De nos maisons aux décharges à ciel ouvert des pays du Sud Global, smartphones, ordinateurs, aspirateurs robots, tous ces équipements électriques et électroniques qui ravissent les consommateurs et remplissent nos maisons et nos tiroirs...Que deviennent-ils, une fois qu'ils ne fonctionnent plus? Zoom sur le destin de no DEEE.
Il fut un temps, celui de nos grands-pères, voire de nos arrières grands-pères, où beaucoup de familles, dans nos campagnes, détenaient quelques ruches comme elles détenaient quelques poules. L’on produisait ainsi le miel de la famille, comme on en produisait les œufs, comme on élevait un cochon pour la Saint-Martin, le tout avec plus d’ingéniosité que de moyens. C’était l’apiculture de Grand-Papa…