Entre Hamoir, les pieds dans l’Ourthe, et Harzé, perché sur les premiers contreforts de l’Ardenne, Xhignesse et Xhoris (le X initial est muet !) balisent une longue ascension que bien des randonneurs ou cyclistes ont vouée aux gémonies ! Or donc, les uns comme les autres auraient pu se ménager une halte bienvenue dans chacune de ces deux localités : l’occasion de se recueillir devant les vestiges de la foi de nos aïeux ou de frissonner au souvenir d’un suppôt de Satan…
La capitale de l’Europe peut se targuer d’abriter un tilleul qui passe pour cinq fois séculaire. Sans doute cet âge présumé paraît-il excessif, mais ce n’est pas un mince exploit d’avoir survécu plus de trois siècles malgré l’essor tentaculaire de la métropole. Longue vie à cet ancêtre toujours vert !
De tous les feuillus de la Gaule chevelue, le tilleul pourrait être le plus longévif. Du moins, si l’on exclut le chêne pédonculé. Trois à quatre siècles constituent toutefois un âge déjà respectable pour un tilleul. En témoignent de bons vieux sujets rustiques dispersés en rase campagne, balisant des carrefours de haute ancienneté, dressés au sommet d’éminences ou à proximité de fermes castrales et fortifiées, où ils ont pu être assujettis à l’exercice de la justice.
Arbres au gibet ou des pendus : en Wallonie, une quinzaine d’arbres au moins sont associés aux lieux patibulaires. Certains sont d’authentiques contemporains de la justice d’Ancien Régime. Le marronnier de Boirs, lui, démontre que démêler légende et vérité exige patience et minutie…
Pilier du maillage bocager et auxiliaire du jardinier, support de dévotions ou de superstitions ancestrales, protectrice des âmes simples comme des cœurs fatigués, l’aubépine assure encore le gîte et le couvert à une faune bariolée et illustre à merveille l’étendue des services offerts par certaines de nos plantes indigènes…