Il a l’estomac aux aguets et l’esprit parfaitement à jeun. Ses papilles s’éveillent lentement, sa langue sautille et un léger filet de salive lui humecte le palais. Ses yeux s’arrondissent sous les lunettes et ses narines lentement s’écartent. Un fumet fugace lui entre jusqu’aux poumons. Il est analysé, catalogué. François respire à nouveau, très doucement. Cette fois, ça y est : il va goûter !
Que dire encore de lui que vous ne sachiez déjà ? De la couleur de ses yeux à la pointure de ses godasses, de la plume de son chapeau aux poches secrètes de son vieux sac à dos, il n’est culture de par le vaste monde qui n’ait gardé souvenir de lui... Les Congolais le nomment ‘boula matari’, les Suisses allemands ‘Zwiebelknöpfli’, les Portugais ‘bombom de figo’, les Italiens ‘patate al pesto’… Partout on en raffole, en somme !
Les apprentis sorciers, ils sont capables de tout ! C’est qu’ils vous feraient du bioplastique à base d’orange, du biocarburant à base d’épinards, du biorêve à base de pavot… Et, pire encore, du biogaz à base de haricots ! Fort heureusement, notre globe-trotter passait par là, nous rappelant que la plus grande préoccupation des êtres humains, partout de par le monde, la seule qui leur cause vraiment du souci, c’est le besoin de manger ! Manger les oranges, les épinards, le pavot, les haricots…
Vive la bonne vieille Europe, se dit soudain notre bourlingueur. Et comme pour prouver que tout peut reprendre vie au fond de ce formidable creuset, le voilà qui nous explique ce qu’ont fait les Italiens du poivron américain, les Britanniques de la mangue indienne et les Allemands de la livèche venue de la Perse lointaine. Les Français, quant à eux, même fauchés comme les blés, ne sont jamais à cours d’oseille…
D’ici et d’ailleurs
Libérant sans crier gare la suavité extrême ou la plus franche des brûlures, les plantes qui sont dans la nature ont, semble-t-il, entrepris d’initier nos papilles à la plus folle diversité de goûts et de saveurs. Osons donc l’aventure ; découvrons-les, apprenons-les, marions-les, mélangeons-les. Laissons-les pétarader sous nos langues et s’en aller sans crainte à la conquête de nos palais ! Nous ne sommes pas seuls : François Couplan nous guide…