Comment peut-on encore gaspiller l'eau potable en l'utilisant négligemment aux toilettes ou en remplissant sa piscine, quand partout la terre se craquelle? Dans une Europe en voie d'assèchement, elle est devenue une ressource rare, forcément de plus en plus chère et... source de conflits...
Les retrouvailles avec la terre
Le mouvement des éco villages et de l’exode urbain apparaît comme un vaste champ d’expériences, un laboratoire où se réinvente une vie communautaire à dimension humaine. Son idée force, aller vers un mode de vie respectueux de l’environnement, s’unir avec d’autres pour créer ensemble une vie sociale harmonieuse, diffère fondamentalement avec l’idéal communautaire des années 70, trop fusionnel. Ici chacun est maître chez soi, de sa maison, de son jardin, petit ou grand. Pas question de refaire le monde, du moins pas de cette manière. Il s’agit plutôt de régénérer un mode d’organisation sociale qui a fait ses preuves depuis des siècles : le village. Dans un monde de plus en plus dominé par la loi du marché, qu’il serait plus juste d’appeler la loi des marchands, de telles expériences avec leurs réussites, leurs difficultés, doivent être connues du plus grand nombre. C’est toute l’ambition de ce dossier.
La réduction du travail du sol, allant jusqu'à la suppression du labour ou au semis direct, figure parmi les pratiques de gestion durables des terres et constitue la base de l'agriculture dite "de conservation des sols". SI ce modèle offre beaucoup d'avantages, il a le plus souvent recours aux herbicides pour gérer les adventices, ce que dénoncent les agriculteurs bio.
Une voie du milieu existe-t-elle pour prendre soin de notre terre nourricière? Où en est le développement de l'agriculture biologique de conservation des sols aujourd'hui? Quels freins et quels leviers pour un développement de ces pratiques en Wallonie?
Voici dix ans ou quinze ans, le marché des fibres naturelles et biologiques se révélait aussi ténu qu’un fil de soie et se caractérisait par un grand flou sur les garanties offertes au consommateur. Tel tissu se disait naturel, mais était en réalité traité à un moment ou un autre de son processus de fabrication. Tel autre se paraît de vertus écologiques sans que rien ne vienne réellement étayer cette affirmation. Enfin, les vêtements du commerce équitable tentaient vainement de se frayer un chemin dans la jungle du prêt-à-porter. Aujourd’hui, les choses ont quelque peu changé. Des labels de qualité ont fait leur apparition, des initiatives intéressantes ont vu le jour, mais il reste encore pas mal de coton à filer avant d’en arriver à un véritable marché de la fibre bio.
Nous avions déjà eu le plaisir de collaborer avec elle, il y a un peu plus de deux ans (Valériane n°101). Alors active au sein de l'asbl Ficow, elle nous parlait du paradoxe du mouton wallon, soulignant combien la production locale de viande de mouton est marginale en regard des quantités importées. Aujourd'hui employée par le Collège de Producteurs, Christel Daniaux nous invite à mieux découvrir la filière caprine.
Nous nous intéresserons, dans un premier temps, aux vertus du lait de chèvre qui en feraient un aliment idéal pour tous les allergiques à celui de la vache. Nous ferons ensuite le tour du petit monde caprin wallon avant de prodiguer quelques précieux conseils au producteur amateur.
Rappelons que le Collège de Producteurs est une association de fait qui joue le rôle d’interface entre les producteurs agricoles, les pouvoirs publics et les opérateurs des filières. Au travers de quarante-quatre représentants des producteurs - couvrant onze secteurs de production - et de vingt-deux représentants des organisations actives en amont et en aval, le Collège est acteur de solutions et porte-parole des producteurs wallons dans le cadre de leurs priorités économiques, d’image et de développement.