Piemonte, Lombardia, etcetera…
Depuis quelques années, Valériane met à l’honneur les artisans et les producteurs biologiques d’une région proche. Après le Tarn et le Limousin, cap à présent sur l’Italie dont l’alimentation nous paraît souvent si familière. Pour manger des pâtes et des pizzas, allez-vous objecter ? Non, pas rien que ça. Car il y a, dans ce pays, une telle diversité de terroirs, on y cultive une telle qualité de vie qu’il y a assurément de quoi y trouver des recettes pour chaque palais. Ceci dit, si vous aimez les pâtes et les pizzas, venez quand même, vous serez comblés…
Gertrud Franck était l’épouse d’un producteur allemand de semences. Décédée en 1996, à l’âge de nonante-trois ans, elle voua plus de trente ans de son existence à l’étude d’une manière de jardiner qui soit la plus proche possible de ce que la nature réalise lorsque aucune présence humaine ne la perturbe. Elle chercha à imiter au mieux ce que la nature fait toute seule, c’est-à-dire jamais de sol nu, des plantes qui poussent en s’auto-organisant harmonieusement, et ce sans aucun ajout d’un quelconque produit inventé par l’Homme.
Gertrud Franck est l’auteure d’un livre traduit en français, en 1983, et intitulé Cultures associées au jardin, légumes, herbes, fruits, fleurs. C’est la référence incontournable dans ce domaine ! Un deuxième ouvrage, qui complète le premier, vit également le jour. Il s’agit de Mon jardin sauvage fleuri et productif. Tous deux sont malheureusement épuisés à ce jour ; c’est pourquoi nous vous proposons ici la présentation de cette méthode.
L’utilisation des pesticides par les jardiniers amateurs est devenue une pratique courante dans la deuxième moitié du XXe siècle. Les rayons des jardineries consacrés aux produits phytosanitaires nous montrent que le moindre problème de jardinage a aujourd’hui sa solution chimique.
Mais le tout récent « Appel de Paris » alerte, à nouveau, les autorités et le public sur la gravité de la dégradation de l’environnement et sur les dangers que constituent les pollutions chimiques pour l’Homme. Sur invitation de Nature & Progrès Belgique, le professeur Dominique Belpomme, un des instigateurs de cet appel et cancérologue à l’université Paris-V, est venu donner une conférence à Bruxelles.
« Notre santé, a-t-il dit, et celle plus fragile de nos enfants, est menacée par les quantités et la multiplicité des produits chimiques. Les générations futures sont en danger et, si rien ne change, d’ici un siècle, soit quatre générations pour l’Homme, l’espèce humaine risque de disparaître ! » Il précise que c’est là son avis mais aussi celui de beaucoup d’autres scientifiques signataires de l’appel et dont certain sont bien plus pessimistes encore.
Or les jardiniers bio se passent aisément de ces tueurs sournois ; ils ont développé un savoir-faire propre et simple « pour notre santé et celle de la terre ». Le présent dossier n’a pas d’autre ambition que de faire un bref tour d’horizon de ces précieuses techniques.
Si habiter la ville n’est pas forcément toujours un malheur, posséder un jardin si modeste soit-il est toujours une grande chance. Quel bonheur si en plus du ciel votre petit microcosme vous offre : verdure, fleurs, fruits, légumes, oiseaux et insectes dans le calme et l’apaisement.
Même au cœur de la ville, il est permis d’être amateur de plantes, de vouloir créer un petit paradis de jardin, une illusion de nature entre 4 murs.
« C’est trop petit, on ne peut rien faire à part un jardin de poupées » se lamentent beaucoup de citadins. Pourtant, généreux, précieux, intimes, les petits jardins ne sont pas à court d’idées. Ils peuvent avoir chacun leur personnalité et leurs richesses, s’ouvrir à la vie sauvage, aux fruits ou bien aux légumes du potager.
Cela fait bien des années que Nature & Progrès vous exhorte à jardiner bio ! Sans forfanterie aucune, nous pouvons revendiquer avoir été les premiers à vous dire combien les produits chimiques - engrais et pesticides de synthèse - sont nuisibles pour votre santé. D’autres, il n’y a pas quinze ans de cela, vous laissaient encore volontiers entendre qu’au fond un peu de Roundup sur un coin ou l’autre du jardin, ce serait "ni vu ni connu"… Aujourd’hui, tout cela est carrément interdit et seuls quelques indécrottables pervers osent encore y songer… Nous vous avons ensuite expliqué à quel point un peu de jardinage, bio bien sûr, était de nature à rasséréner anxieux et dépressifs, à resserrer les liens sociaux les plus malmenés. Nous avons montré quelles adaptations techniques pouvaient en permettre la pratique aux moins voyants et aux personnes à mobilité réduite, à tous ceux qui, en fin de compte, souffrent quelque part dans leur corps, puisque "qui peut le plus peut le moins" - on pourrait d’ailleurs presque dire l’inverse, en l’occurrence…
Bref, à l’heure qu’il est, plus personne n’ira évidemment vous déconseiller de jardiner, et gageons également qu’après tout le foin que nous avons fait autour du glyphosate, aucun nigaud n’ira plus vous dire non plus qu’il faut le faire autrement qu’en bio… Et voilà pourtant le moment que choisit Nature & Progrès, à l’occasion de son nouveau salon Valériane, pour s’exclamer : Je jardine bio… Et vous ? A qui peut donc encore s’adresser pareil message ?
A tous les citadins, bien sûr, qui n’ont derrière chez eux que dix ou quinze mètres carrés et qui ne soupçonnent pas qu’on puisse y faire pousser le moindre légume. Et encore moins en faire bonne chère ! Peut-être viendra-t-il un temps cependant où la qualité de notre alimentation dépendra de ce que nous serons en mesure de cultiver nous-mêmes, pour nous-mêmes, tant les circuits habituels de distribution seront voués au produit standard de qualité moyenne et venu on ne sait d’où. Peut-être même autoproduire sera-t-il, un jour, un acte élémentaire de résilience ? Autant, dès lors, ne pas perdre la mémoire à son sujet ; qui peut savoir…
Bien sûr, notre message s’adresse aussi à tous les malheureux qui sont ou se sentent limités dans leur corps, dans leurs os et dans leurs muscles mais que, plus que jamais, tenaille l’envie de mettre les mains dans la terre. Nous leur disons haut et fort : ne renoncez pas, ne renoncez jamais ! Les satisfactions que procure un jardin sont incomparables, aussi exigu soit-il. L’activité physique et le grand air sont des gages de bien-être, le contact avec la terre et le rythme des cultures ouvrent des portes vers la sérénité, le ravissement des papilles et l’art de bien se nourrir sont, par-dessus tout, ce qui réconcilie l’être humain avec sa nature profonde… Il est toujours possible de cultiver, quel que soit le lieu, quoi que veuille le corps… Les quelques interlocuteurs que nous avons rencontrés, dans le cadre de ce bref dossier, vont sans nul doute vous en convaincre…