Une certaine vision de l’économie rurale et de l’« autarcie » - voir en page 56 – suppose que le petit éleveur non-professionnel puisse élever à sa guise – et, par conséquent, abattre – veau, vache, cochon, couvée… Les animaux, en somme, qui lui fourniront sa consommation personnelle. Si, pour les deux premiers, l’affaire semble entendue – on n’échappe plus à l’abattoir ! – , un certain flou artistique semble subsister, dans bien des esprits, en ce qui concerne les deux derniers.
A une époque où règne l’obligation de la « traçabilité » et, surtout, l’obsession sanitaire, n’est-on pas en train de fermer la porte à une large une auto-production, salutaire pour bien des petits budgets ? Le « tout-à-l’économique » n’impose-t-il pas, envers et contre tout, l’obligation de produire la viande industriellement ? On le verra, faire soi-même, un cochon n’a rien d’une sinécure. Quant aux volailles, l’épisode abracadabrant de la grippe aviaire qui n’a pas eu lieu, n’est-il pas en train de sonner le glas des petites basse-cours dans nos jardins ? L’avenir nous le dira. Mais il vaut peut-être mieux s’en préoccuper dès maintenant…
La fête de Pâques arrive d'ici quelques semaines. Le lapin aux grandes oreilles apportera t'il encore aux enfants leurs oeufs colorés? Labeille, engourdie par l'hiver, butinera t'elle toujours les premières fleurs printanières?
SI nous croisons souvent ces animaux domestiqués par nos sociétés depuis des millénaires, leurs populations sauvages régressent. Leur récent classement "en danger" sur la Liste rouge alerte. Tant d'un point de vue éthique que pour assurer la survie de nos populations domestiques, il est nécessaire de repenser nos pratiques agricoles, forestières et cynégétiques.
Qu’est-ce qu’un miel bio ?
Comme pour toute autre denrée alimentaire, la production de miel biologique est sévèrement régis par un règlement européen. Mais vu la raréfaction dans nos régions des zones fleuries sans polluants, on peut affirmer sans courir de gros risques qu’il est pratiquement impossible de produire du miel bio en Wallonie !
Cette année, nous avons décidé de mener une grande enquête sur les possibilités de transition de l'alimentation collective vers des produits bio et locaux. Les écoles, maisons de repos, hôpitaux et autres collectivités sont des acteurs de première ligne de l'alimentation solidaire et durable, pour notre santé et celle de la Terre. Dans ce dossier, nous étudions les leviers qui permettraient de faciliter cette transition.
Ne serait-il pas temps de mettre en place une politique alimentaire ambitieuse et transversale, en imposant et en finançant une alimentation bio locale dans les collectivités? Une telle mesure, si elle peut paraître onéreuse, cumulerait une multitude de retombées positives en matière de santé publique et environnementale, en créant de l'emploi local, tout en favorisant la solidarité.
Nous vous avons longuement expliqué, dans le précédent numéro de Valériane, à quel point le « 100% bio » est désormais une urgence planétaire, et nous vous promettions un complément d’informations au sujet du réchauffement climatique. Le voici, qui ne manquera pas de vous faire frémir !
Vous y verrez d’abord que déforestation, cultures intensives et désertification sont, plus que jamais, étroitement liées. Que les sols arables de notre vieille planète bleue sont littéralement pillés, et le carbone qu’ils recèlent éparpillé. Vous verrez le mépris absolu que le grand capital témoigne toujours aux écosystèmes vitaux… Nous vous emmenons, pour cela, dans la lointaine Indonésie où forêts primaires et tourbières sont saccagées sur l’autel de cette huile de palme que l’industrie glisse, quasiment à notre insu, dans toutes nos cuisines et salles de bains…
Puis, au-delà de l’émotion que suscite cette razzia sans vergogne, nous essayerons de comprendre quels sont vraiment les mécanismes agronomiques qui entrent en jeu ; nous verrons pourquoi l’agriculture mondiale doit changer radicalement, rapidement. Nous verrons également que, si un bon demi-siècle de mauvaises pratiques agricoles porte, indéniablement, une part énorme de responsabilité dans les changements climatiques, ces changements eux-mêmes produiront un choc en retour considérable et modifieront profondément la pratique agricole dans le monde. Autant savoir que rien n’ira plus comme avant. Et il n’est déjà plus temps de se plaindre…