Nous vous avons longuement exposé - dans le dossier de Valériane n°83 notamment - quel est l'état actuel du bâti wallon et bruxellois, et quelle urgence il y a à l'isoler de manière efficace. Car bien malin serait, en effet, celui qui pourrait aujourd'hui nous dire de quoi sera fait notre avenir énergétique…
Mais, très concrètement, que fait Nature & Progrès face à une telle situation ? Dans un premier temps, nous avons noué le dialogue, tous azimuts, avec les citoyens, les candidats bâtisseurs, les professionnels… Point d'orgue de la démarche : une rencontre très constructive, lors du salon Valériane, avec le Ministre en charge du logement et de l'énergie…
Apparaît, dans un second temps, la nécessité d'informer, mais de façon claire et complète, sans pour autant submerger de détails ceux qui entreprennent la démarche et en sont juste à s'initier. C'est la raison d'être des quelques fiches que nous avons élaborées - et que vous trouverez ci-après. Nous espérons évidemment pouvoir les diffuser largement afin qu'elles jouent pleinement leur rôle d'incitant. Et que partout se fasse le déclic isolatio
Le sol sur lequel nous vivons, cette couche humique que nous appelons communément la "terre", est un petit monde animé d’une vie très intense et très organisée dont la population hétéroclite va du ver à la bactérie, en passant d’innombrables espèces d’insectes. Son respect, la stimulation de la vie qu’il recèle, est le principe de base de l’agriculture biologique. Nul ne peut prétendre cultiver bio s’il n’a pas en lui cette préoccupation première.
Les innombrables expédients, inventés par l’agriculture productiviste industrielle, n’ont évidemment pas de place dans cette vision car ils visent, hélas, à l’asservissement total de sols ravalés au rang de matière minérale inerte et interchangeable. S’il faut nourrir l’humain, il faut évidemment être déterminé à le faire le mieux possible, cette volonté essentielle ne peut reposer que sur l’optimisation des pratiques de culture et d’élevage que nous ont légué cent siècles d’agriculture ; c’est ce que nous allons nous employer à montrer dans ce dossier. Tout le reste n’est que miroir aux alouettes. Le sol vivant n’est pas une option !
Première partie: bien connaître son sol
La vie du sol est un des aspects centraux de la culture biologique. Nous abordions déjà ce sujet essentiel, il y a un peu plus de deux ans, dans les pages de Valériane n°130. Voici donc une nouvelle approche de cette question fondamentale, abordée via le regard d’un des jardiniers les plus chevronnés de notre association…
Nous vous en parlions dans notre précédent dossier relatif à l'industrialisation du bio - voir Valériane n°150 - : l'agriculture biologique est, de plus en plus, présentée comme une simple technique agricole, une méthode parmi d'autres qui revendique ses propres pratiques... Nature & Progrès a voulu répondre à la volonté de nombreux agriculteurs biologiques qui, dans la continuité des pionniers, veulent aller beaucoup plus loin et se réclamer d'une véritable éthique agricole. Ce dossier a donc pour ambition de préciser la nature exacte du fossé qui se creuse à présent dans le bio, entre la technique et l'éthique, mais surtout de vous présenter, et de vous rendre toujours plus familiers, ces femmes et ces hommes qui n'ont d'autre ambition que de produire, pour vous, les meilleurs aliments possibles...
"Chérie, qu'allons-nous manger ce soir ?" La demande vous paraîtra anodine mais nous n'ignorons pas les difficultés qu'elle soulève. Certes, les apports de la diététique font désormais partie de notre bagage, aussi notre assiette sera-t-elle saine et équilibrée. Elle n'en reste pas moins régie par un système complexe d'implications si dense que nous peinons à nous le représenter. Et cent personnes différentes décriront cent systèmes différents… Mais qu'importe : à chacun de nos repas, nous répondons globalement en tenant compte de préceptes incontournables à nos yeux et de relations multiples qui structurent cet ensemble ; nous évitons de poser des choix éparpillés, sans liens et sans logique d'ensemble...
Nous nous sommes donc risqués à une représentation du "système assiette" qui régit nos choix. Il est par nature incomplet, évolutif. Cette seule réflexion a déjà modifié notre attitude face au contenu de nos repas, et elle se modifiera encore chaque fois qu'un élément neuf s'en viendra interagir, bouleverser les équilibres précaires qui inspiraient nos choix...