Donnée essentielle de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire : la terre ! La posséder, c'est non seulement posséder ce qu'elle donne, c'est surtout décider de quelle façon on le lui fait donner, avec quels moyens et à quel prix. Cette donnée échappe souvent au consommateur de produits agricoles qui pense n'avoir à payer que le travail du producteur. Aujourd'hui, plus que jamais, la terre est l'objet d'une spéculation insensée. Avant d'examiner les stratégies de résistance qui se mettent en place au Nord, voyons d'abord brièvement ce qu'il en coûte aux paysans du Sud…
« Nourrir le sol et pas la plante », dit-on en bio. Mais mesure-t-on toujours à sa juste valeur le sens profond de cet adage ? « L’agriculteur et le jardinier bio sont soucieux de maintenir la vie et la fertilité du sol », nous dit-on en prémices de tout discours sur les bonnes pratiques biologiques... Mais qu’est-ce que cela signifie concrètement ? « Travaillez à rendre grumeleuse la structure de votre sol »… Oui, mais pourquoi et comment faire ? « Et, évidemment, faites votre compost… »
Pas facile, tout cela, pas facile…
D’accord. La logique profonde qui sous-tend toute la démarche bio vous échappe encore parfois ? La raison d’être de certaines pratiques vous échappe ? Vous avez des difficultés « à y croire » ? Aucun problème. Le présent dossier, à votre intention, va tout récapituler de fonds en comble. Mais sachez d’emblée admettre une chose, juste une chose : tout part du sol ! Mais, au fond, le sol, qu’est-ce que c’est au juste, le sol ?
2 mai 2024: le bien-être animal est inscrit dans la Constitution belge. Si cette matière gagne du terrain, force est de constater que les animaux d'élevage semblent relativement épargnés par les législations, par rapport aux animaux de compagnie. Les lobbys de l'agro-industrie brandissent des arguments de rentabilité, de concurrence, et prétendent sauver nos éleveurs wallons. L'élevage paysan respectueux des animaux: impossible? Nature & Progrès démontre que non, à travers le modèle qu'elle défend, la bio de ses producteurs et les multiples innovations sur lesquelles ils travaillent: pratiques vétérinaires alternatives, abattage à la ferme et élevage des veaux laitiers sous leur mère. En tant que citoyens, consommateurs - pour la plupart d'entre nous - de produits animaux, nous ne pouvons ignorer ces questions. Explorons ensemble ce sujet afin de nous positionner et d'agir en tant que citoyens responsables.
Arguments pour un étiquetage des denrées alimentaires provenant d’animaux "nourris sans OGM" et expériences avec de tels labels en Europe
Tour & Taxis, 26 janvier 2017
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Nature & Progrès et la question des OGM
Aurions-nous trouvé notre "tête de Turc" ? Nos amis turcs nous pardonneront cette malheureuse expression, plus ou moins synonyme de "bouc émissaire", mais il existait bien naguère, dans nos fêtes foraines, de gros bonshommes enturbannés sur lesquels on venait taper du poing pour mesurer sa force… Ferions-nous la même chose, obstinément, avec les OGM, alors qu'il est très clair désormais qu'aucun consommateur n'en veut ? Taper sur les OGM, vous savez, "cela ne mange pas de pain"…
La question est beaucoup plus intéressante qu'il n'y paraît. Avec elle, nous nous trouvons confrontés, depuis plus de quinze ans, à l'obstination perverse de l'agro-industrie mondiale - et des capitaux qui la soutiennent - à cultiver, envers et contre tout, des plantes que personne ne veut manger. Et, après toutes ces années, après d'interminables errements parmi les arcanes d'une science qui se refuse viscéralement au citoyen, c'est toujours la même vieille et entêtante question qui se pose à nouveau : chimique ou pas chimique ? Comme si un gros demi-siècle d'agriculture biologique n'avait pas déjà apporté une éclatante réponse à cette question.
A l'époque, en 2006, nous vous avions beaucoup vanté les merveilleuses qualités de notre nouveau bâtiment en ballots de paille. Aujourd'hui, chaque jour qui passe, nous y vivons et nous y travaillons. La technique quant à elle, servant à souhait le local et l'écologique, fait son petit bonhomme de chemin, même si trop de bâtisseurs subissent encore l'influence néfaste de la célèbre fable des "trois petits cochons".
Le présent dossier veut donc d'abord vous rassurer : non, notre beau bâtiment ne s'est pas envolé, comme fétu de paille, la première bourrasque venue ; non, il n'est pas parti en fumée comme une vieille grange ; non, il n'est pas devenu l'empire des mulots, des araignées et de toutes les petites bêtes qui rampent… Oui, le voisinage quotidien du bois, de la paille et de l'argile est sans doute plus vivable, pour nous autres humains, que celui du béton, du fer et du plexiglas…
Nous avons ensuite voulu vous montrer en quoi une pratique qui paraissait complètement farfelue, il y a peu de temps encore, a très rapidement évolué. La paille, aujourd'hui, fait le bonheur de nombreux auto-constructeurs car elle marie parfaitement leur souci d'écologie à leurs désirs de confort et de convivialité. Mais la paille, de nos jours, séduit aussi de nombreux professionnels qui ne sauraient demeurer plus longtemps insensibles à ses immenses qualités et à son coût qui défie toute concurrence. Les filières industrielles, intégrant des pans de murs préfabriqués, font leur apparition sur le marché…
Ne rêvons pas : l'épeautre et le seigle n'ont pas encore détrôné le béton. Mais aujourd'hui, chaque jour qui passe, les nécessités vitales d'isoler et de consommer local donnent un peu plus de crédibilité à ce véritable don de la nature…