Dossiers

Catégorie de l'article
Chapeau de l'article

A l'époque, en 2006, nous vous avions beaucoup vanté les merveilleuses qualités de notre nouveau bâtiment en ballots de paille. Aujourd'hui, chaque jour qui passe, nous y vivons et nous y travaillons. La technique quant à elle, servant à souhait le local et l'écologique, fait son petit bonhomme de chemin, même si trop de bâtisseurs subissent encore l'influence néfaste de la célèbre fable des "trois petits cochons".
Le présent dossier veut donc d'abord vous rassurer : non, notre beau bâtiment ne s'est pas envolé, comme fétu de paille, la première bourrasque venue ; non, il n'est pas parti en fumée comme une vieille grange ; non, il n'est pas devenu l'empire des mulots, des araignées et de toutes les petites bêtes qui rampent… Oui, le voisinage quotidien du bois, de la paille et de l'argile est sans doute plus vivable, pour nous autres humains, que celui du béton, du fer et du plexiglas…
Nous avons ensuite voulu vous montrer en quoi une pratique qui paraissait complètement farfelue, il y a peu de temps encore, a très rapidement évolué. La paille, aujourd'hui, fait le bonheur de nombreux auto-constructeurs car elle marie parfaitement leur souci d'écologie à leurs désirs de confort et de convivialité. Mais la paille, de nos jours, séduit aussi de nombreux professionnels qui ne sauraient demeurer plus longtemps insensibles à ses immenses qualités et à son coût qui défie toute concurrence. Les filières industrielles, intégrant des pans de murs préfabriqués, font leur apparition sur le marché…
Ne rêvons pas : l'épeautre et le seigle n'ont pas encore détrôné le béton. Mais aujourd'hui, chaque jour qui passe, les nécessités vitales d'isoler et de consommer local donnent un peu plus de crédibilité à ce véritable don de la nature…

Auteur
Dominique Parizel et Hamadou Kandé
Numéro de revue
88
Catégorie de l'article
Chapeau de l'article

Electrotechnicien et économiste, Gérard Magnin avait rejoint l'ADEME - Agence Française pour la Maîtrise de l'Energie - en 1985, comme délégué régional de Franche-Comté. Il anima ensuite, pendant plus de vingt ans, l'association de villes européennes, Energy Cities. Nommé au Conseil d'Administration d'EDF (Electricité de France) en 2014, il en démissionna, dès juillet 2016, afin de manifester son désaccord avec l'investissement dans deux réacteurs nucléaires, à Hinkley Point en Angleterre, et plus généralement à propos d'une stratégie qui déplace toujours plus le curseur de l'entreprise dans la direction unique du nucléaire...

Auteur
Dominique Parizel
Numéro de revue
157
Page
8
Catégorie de l'article
Chapeau de l'article

Des activités à multiples facettes qui se nouent autour de la question du pain…

"Quoi, mon pain, qu'est-ce qu'il a mon pain ? ", vous lance du regard cette personne qui vous croise en sortant de la boulangerie… Vous aimeriez la rassurer, lui dire que tout va bien, alors qu'elle-même, confusément, vous a avoué d'une seule œillade que quelque chose la tracasse. Mais nul ne saurait dire quoi exactement... Ce n'est pourtant pas que le pain soit devenu subitement mauvais, immangeable comme un pain de guerre à la sciure de bois. Non, ce n'est pas cela. Pourtant une foule d'indices vous confirment le malaise : une collègue intolérante au gluten, un cousin qui ne digère plus le pain complet, une voisine qui ne jure plus que par celui qu'elle fait elle-même… Et encore, clame-t-elle, pas avec n'importe quelle farine…
Mais le pain, vous dites-vous, c'est traditionnellement la base de notre alimentation, c'est un des symbole les plus puissants de notre culture, c'est ce qu'on nous a toujours appris à partager. Toute solidarité passe par là : "il prit le pain, le rompit, etc." Même si vous n'y croyez pas, la force d'un tel geste ne saurait vous échapper. Alors, que se passe-t-il dans notre monde ? Sur le long terme, la faim de pain, en France, est passée de six cents grammes par jour et par personne, au début du XXe siècle, à seulement cent trente grammes aujourd'hui, nous apprend le grand historien du pain Steven Kaplan (1). Son image bascule autour de 1914 quand il perd son statut d'objet de survie pour devenir un simple produit d'accompagnement… Mais parle-t-on encore bien du même pain ? Là est toute la question. La chute de la consommation de pain, nous dit encore Kaplan, est à la fois quantitative et qualitative ; elle est due à une "désaffection sensorielle" consécutive à "un travail de banalisation" du pain auquel furent progressivement ajoutés additifs et produits chimiques…
Cette grave question du pain paraît emblématique du destin de toute notre alimentation et c'est bien pourquoi elle travaille tout autant nos consciences… que nos tubes digestifs. Mais que faire ? Voilà toute la question que nous posons dans ce bref dossier : point d'action possible sans une prise de conscience préalable fondée sur une information complète et judicieusement recoupée. Mais que pourrait vraiment valoir cette prise de conscience si elle ne débouche pas sur une transformation radicale de nos habitudes et de nos mœurs alimentaires ? Or pareille métamorphose, on le sait, ne peut plus uniquement reposer sur une simple modification de nos habitudes de consommation. Retrouver la clé de la cité du grain, la recette, le savoir-faire et le tour de main qui est celui de l'artisan, redevenir l'artisan de notre propre nourriture… Là serait-il le salut ?

(1) Steven L. Kaplan, Le retour du bon pain, Perrin, 2002.

Auteur
Dominique Parizel
Catégorie de l'article
Chapeau de l'article

La langue est compliquée ! Le français avait forgé l'adjectif "obsolète", grosso modo synonyme de "désuet", d'abord pour ce qui était strictement réservé au langage : on parlait d'un mot ou d'une tournure obsolète. Lentement, le sens s'étendit pour convenir à toute chose périmée. Apparurent ensuite, sous l'influence de l'anglais, l'adjectif "obsolescent" et le substantif "obsolescence" qui s'appliquaient à un concept nouveau, quoi que tout proche. Tout deux désignaient, en effet, le vieillissement technologique de l'équipement industriel, s'appliquant à des appareils ni cassés, ni hors d'usage mais simplement dépassés par une nouvelle génération qui, religion du progrès oblige, étaient nécessairement meilleurs. Longtemps, les critères de cette amélioration parurent évidents : meilleures performances, meilleur rendement…

Aujourd'hui, comme nos dirigeants doivent à toute force soutenir la croissance économique, l'obligation nous est intimée de consommer même si nous n'en avons aucune envie. Et même le seul snobisme n'est plus toujours un argument suffisant pour nous faire acquérir massivement le dernier smartphone à tout faire ou la dernière berline aux gadgets dignes de James Bond. Et même la matraquage publicitaire le plus intensif s'avère parfois bien impuissant à nous ensevelir sous des kyrielles de choses en tous genres. D'où la dernière idée qu'on prête à l'économie capitaliste : ce que vous achetez aujourd'hui tombera inéluctablement en panne demain, non pas à cause d'un mauvais usage dont vous seriez responsable ou d'une usure mécanique lente mais normale, mais simplement parce que son fabriquant aura décidé unilatéralement qu'il est temps que vous passiez à autre chose, c'est-à-dire à la nouvelle gamme, à la nouvelle génération - au présent révolutionnaire qui sera évidemment lui-même dépassé demain - qu'il avait justement prévu de mettre sur le marché avant même de vous vendre le tout nouveau déchet dont vous devez maintenant vous débarrasser au plus vite pour ne pas avoir l'air, vous-même, du dernier des ringards, des désuets, des obsolètes…

Peut-être une telle fuite en avant a-t-elle encore du sens aux yeux de certains économistes ? Le consommateur, lui, aspire à souffler un peu. Il passerait bien son tour dans cette course infernale pourtant vouée aux gémonies, depuis longtemps déjà, par les écologistes qui - bien avant les autres - avaient pris conscience des limites de la biosphère et de sa capacité à absorber les montagnes de déchets ainsi produites. Nombre d'entre eux trouvent même plus intéressant d'interroger les mécanismes qui sont à l’œuvre, d’en mesurer les conséquences et de trouver des solutions. Ainsi naquirent les Repair Cafés car, entre une seconde vie et un déchet déclassé, il s'en faut parfois de quelques tour de vis…

Auteur
Guillaume Lohest
Numéro de revue
110
Catégorie de l'article
Chapeau de l'article

Vous ne l’ignorez pas, tel sera bien le thème de votre salon Valériane 2008 qui aura lieu les 5, 6 et 7 septembre prochains à Namur Expo ! Pour beaucoup d’entre nous – et plus encore quand le coût des denrées vient à augmenter – , l’élevage de la volaille reste un pan important de la qualité de vie. Bien souvent, c’est aussi une véritable passion que la vie moderne, hélas, ne nous laisse plus assez le temps de vivre harmonieusement. Pourtant, l’œuf – nous le verrons – demeure une merveille nutritionnelle, même s’il fut trop souvent décausé pour des raisons qu’il nous faut aujourd’hui reconsidérer avec circonspection…

Disons-le pourtant tout net : nous n’aurons de cesse de vous encourager, tout au long de ce dossier, à consommer des œufs, à consommer de la viande de volaille – bio, locale et, si possible, auto-produite – car nous n’omettrons pas non plus de vous rappeler à quel point la grande aviculture mondialisée est, de plus en plus, un véritable fléau qui casse les marchés locaux et ruine la biodiversité. Bref, une fois encore, veillons à re- localiser la production pour le plus grand bien des petits producteurs de chez nous, pour la plus grande joie des éleveurs particuliers, pour sauvegarder nos races locales, pour garantir la qualité optimale et la saveur de notre alimentation… Bref, pour notre santé et pour celle de la terre !

Auteur
Francis Giot
Numéro de revue
73