Échangeons sur notre agriculture

Catégorie de l'article
Chapeau de l'article

En une cinquantaine d’années, nos élevages ont connu une véritable révolution. Parcourons deux photos de la même ferme à orientation bovine, prises dans cet intervalle. Nous constatons l’agrandissement des troupeaux, la mécanisation de la traite, l’amélioration des techniques de récolte de fourrages... Mais nous constatons surtout que ce ne sont plus les mêmes vaches ! Et que dire de l’élevage des volailles ?
La sélection génétique a transformé nos bêtes en légères poules pondeuses, en imposants poulets de chair, en fines vaches aux mamelles bien remplies et en taureaux musclés et "culards". Une révolution vue comme un progrès, permettant une meilleure productivité et une meilleure rentabilité des fermes... Vraiment ?

Auteur
Sylvie La Spina
Numéro de revue
125
Page
18
Catégorie de l'article
Chapeau de l'article

Quel est l’avenir de l’élevage bovin dans nos régions ? Quelle(s) vache(s) rencontrerons-nous dans les prochaines années dans les vertes prairies wallonnes ? La question fait débat dans le secteur agricole, comme le montre la présence de nombreux éleveurs aux rencontres organisées par Nature & Progrès, dans le cadre du projet "Échangeons sur notre agriculture". Les visites d’élevages biologiques valorisant des races alternatives au duo Holstein - Blanc Bleu Belge ont suscité curiosité et intérêt. Mais Quelles vaches élève-t-on particulièrement en bio ? Et pourquoi s’en inspirer ?
Le cheptel bovin belge compte aujourd’hui 85 % de races hyperspécialisées : Holstein et Blanc Bleu Belge (BBB). Ces races ont été encouragées, notamment, par la politique des quotas en secteur laitier. Pour une quantité de lait fixe, les éleveurs ont tenté de réduire au maximum les bêtes présentes à l’étable en choisissant une race haute productive. Comme cette dernière produit très peu de viande, l’élevage allaitant s’est développé avec une race bien de chez nous, la BBB, où le type culard prédomine. La sélection poussée sur ces deux races a mené à des bêtes déséquilibrées, parfois victimes de tares, de consanguinité, et surtout de dysfonctionnements affectant la reproduction - perte de fertilité, césarienne obligatoire chez la BBB - et le fonctionnement corporel général des bovins - boiteries, mammites... La sélection évolue actuellement en vue de pallier à ces dérives. Les races hyper-spécialisées sont également très exigeantes au niveau de l’alimentation, nécessitant la plupart du temps l’apport de grandes quantités de concentrés pour la valorisation optimale de leurs performances.

Auteur
Sylvie La Spina
Numéro de revue
127
Page
20
Catégorie de l'article
Chapeau de l'article

Nul besoin, pour le lecteur averti que vous êtes, d’insister sur l’importance de la qualité du pain que nous mangeons. Il n’y a pas assez de place dans cette introduction pour énumérer les numéros de notre belle revue qui vantent les mérites d’un pain artisanal fait de farines artisanales ! D’accord. Mais avec quels blés ?

Paru dans Valériane n°131, l’article intitulé "Moins de 10% de céréales wallonnes dans nos assiettes" vous initiait à la problématique des céréales locales. Et quand on connaît la place qu’occupe la pain dans notre alimentation, on peut se demander comment nos céréales peuvent être si peu destinées à fabriquer nos tartines ? Des pistes de redynamisation de la filière céréalière wallonne, le projet Échangeons sur notre agriculture de Nature & Progrès en a développé plusieurs. A ce propos, nous vous invitons à venir discuter avec nous, le 15 novembre prochain - voir encart en fin d’article. Creusons donc encore un peu la question, d’ici là, en compagnie de Georges Sinnaeve, chercheur au Centre de Recherche Agronomique (CRA) de Gembloux, spécialisé en technologie céréalière.

Auteur
Par Mathilde Roda
Numéro de revue
140
Page
28
Catégorie de l'article
Chapeau de l'article

Manger local est dans l’ère du temps : produits laitiers, viande, légumes... Mais qu’en est-il de nos céréales ? Si nous pouvons acheter notre pain chez le boulanger du village ou à la ferme, les farines utilisées sont-elles produites localement ? Et le grain ? Et pour nos fameuses bières, les nombreuses brasseries belges utilisent-elles du malt issu d’orge locale ? La réponse : très très peu !

Elle est blanche, blonde, ambrée, brune... Fruitée, trappiste, d’abbaye ou de saison... Mais est-elle vraiment locale, cette fameuse bière belge reconnue au patrimoine mondial de l’Unesco ? Si le secteur de la brasserie et celui de la malterie sont largement développés en Belgique et en Wallonie, il en est tout autrement de la production des matières premières, notamment l’orge brassicole. Moins d’un pourcent de l’orge de brasserie utilisée pour la fabrication de bière est belge, essentiellement wallonne. Tout comme pour le houblon - voir article dans Valériane n°121 -, la part d’orge locale s’est réduite drastiquement sur à peine une quinzaine d’années !

 

Auteur
Sylvie La Spina
Numéro de revue
131
Page
38
Catégorie de l'article
Chapeau de l'article

J’examine la fresque peinte de couleurs chaudes sur cette roche glacée. Une silhouette familière de cheval, plusieurs dessins de cerfs aux bois immenses et densément ramifiés... Ce qui m’impressionne le plus, ce sont ces deux bêtes à cornes. Des aurochs. Ils ressemblent à nos vaches mais ont quelque chose de plus impressionnant...

A la lueur de la flamme vacillante, ils semblent danser au milieu d’une scène de chasse. Mon regard se perd, mon imagination poursuit sa course. J’entends les cris de nos ancêtres chasseurs-cueilleurs courant tout autour de l’arène, je vois les flèches fuser en direction des deux bêtes apeurées, je ressens même l’euphorie chez les hommes et les femmes pour qui, à cette époque, tuer un tel gibier assurait, pour quelques semaines, la survie de la tribu. Mais qui étaient ces fabuleux animaux qui ont tant impressionnés nos ancêtres au point de stimuler leur talent artistique, dans cette grotte de Lascaux, entre 17.000 et 18.000 ans avant notre ère ?

L’auroch, race disparue de bovidé, ancêtre de nos vaches actuelles, était un objet de fascination pour nos ancêtres. Sa taille est estimée à un mètre quatre-vingt au garrot pour les mâles et un mètre cinquante pour les femelles - nos bovins actuels mesurent environ trente centimètres de moins -, et son poids à près d’une tonne. Les aurochs sont pourvus de cornes impressionnantes, dirigées vers l’avant. Cet animal s’est éteint au XVIIe siècle pour différentes raisons : chasse, réduction de son habitat et multiplication de maladies apportées par l’élevage des bovins domestiques. Il a récemment été reconstitué à partir d’une sélection de races bovines. L’auroch de Heck actuel se rapproche de l’espèce originelle.

 

Auteur
Sylvie La Spina
Numéro de revue
126
Page
23