Eclairage

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Chapeau de l'article

"Il y a toujours un risque lié à l’énergie nucléaire, et nous devons nous demander si ce risque est acceptable pour la société. Je pense qu’aujourd’hui, il ne l’est plus", a déclaré Willy De Roovere, ancien patron de l'Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire (AFCN), le lundi 24 décembre 2012, sur les ondes de la VRT. En cause : de très nombreuses "fissures" décelées dans l'acier des cuves des réacteurs de Doel 3 et Tihange 2. Qu'en est-il exactement ? Nous l'avons demandé à Christian Steffens, ingénieur industriel, consultant indépendant en énergétique, électricité et électronique, et spécialiste des questions nucléaires...

 

Auteur
Dominique Parizel
Numéro de revue
101
Page
52
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Chapeau de l'article

Il y a la propriété privée et la chose publique. Le Marché et l’État. Nous avons été biberonnés à cette division du monde en deux entités puissantes, souvent concurrentes, capables aussi de s’allier pour le meilleur et pour le pire. Mais la satisfaction de nos besoins passe-t-elle exclusivement par l’usage de biens et de services publics, ou par l’achat et la vente de biens et de services privés ? Non, une autre voie existe : le "commun". Ce paradigme puissant s’applique à de nombreux domaines et pourrait renouveler l’imaginaire politique.
Premier chapitre : les contours de ce concept qui connaît une nouvelle jeunesse.

Le jour où le monde entier apprit la victoire de Donald Trump à l’élection présidentielle américaine, un mercredi à l’aube, j’étais en train de méditer sur la meilleure manière d’aborder avec vous, chers lecteurs, ce magnifique sujet encore inédit dans votre revue Valériane : les communs. J’avais rassemblé un tas de bouquins à côté de mon ordinateur portable, et quelques fruits pour tenir la matinée. Par quoi commencer ? Un peu d’histoire ? Une définition en bonne et due forme ?

Trouver des règles d'usage

Je gambergeais car j’avais promis à votre rédacteur en chef préféré une entrée en matière plus sexy que la morne structure d’un article académique. Par ailleurs, mes deux garçons n’étaient pas encore partis à l’école, une dispute avait éclaté entre eux, qui m’empêchait de me concentrer. Je les ai donc rejoints pour tenter une conciliation. "C’est à moi !", me dit le plus jeune en désignant un petit cheval Playmobil noir avec lequel joue son frère. "Non, c’est à moi !", s’insurge l’autre en écho, "il n’a qu’à prendre le cheval blanc !". Or il se fait que ces figurines, comme la majorité de leurs jouets, ne sont pas attribuées à l’un ou l’autre des enfants mais appartiennent à l’ensemble de la fratrie. Il faut donc trouver, à toutes les heures du jour, des arrangements, des règles d’usage. La tentation est grande, pourtant, d’attribuer définitivement un cheval à chacun, et qu’on n’en parle plus ! Mais tous les parents le savent : ça ne marche pas ainsi. La logique de la vie ne s’en contenterait pas, la fraternité perdrait un peu de son sel et de son sens. Ce matin-là, je le reconnais, ma conciliation échoua. Mais je tenais mon entrée en matière. L’enjeu des communs, c’est celui-là, à d’autres échelles et pour d’autres ressources : gérer ensemble l’usage de choses qui sont communes à un groupe humain. J’ai confisqué, provisoirement, le cheval noir et le cheval blanc, et je les ai posés joyeusement sur mes livres. La documentation première, voyez, c’est l’expérience vécue. Chers lecteurs, je vous promets de ne pas l’oublier tout le long de cette année 2017, dans cette rubrique consacrée aux communs...

 

Auteur
Guillaume Lohest
Numéro de revue
123
Page
48
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Chapeau de l'article

"Parmi les arbres, il y a ceux qui sont tout à fait sauvages (sylvestres) et ceux qui sont plus civilisés (urbaniores). Théophraste inclut le pommier parmi ces derniers; en vérité, c'est en ce sens, le plus civilisé des arbres. Il est aussi inoffensif qu'une colombe aussi beau qu'une rose et aussi précieux que le menu et le gros bétail. On le cultive depuis plus longtemps que tous les autres et il est ainsi plus humanisé. Qui sait, peut-être qu'on finira, comme c'est le cas du chien, par ne plus retrouver ses origines sauvages?"

Auteur
Guillaume LOHEST
Numéro de revue
159
Page
52
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Chapeau de l'article

Homme de laboratoire autant que de terrain, académique qui a travaillé au sein d’une firme phytopharmaceutique, Bruno Schiffers est un homme calme et pondéré. Mais ses propos, alimentés par une expérience de trente ans dans le domaine des pesticides, sont aujourd’hui empreints de doute et d’impatience. Pour lui, la balance coûts/bénéfices des produits phytos, telle qu’on nous l’a vendue avec succès pendant des décennies, ne tient plus la route depuis longtemps…

Auteur
Philippe Lamotte
Numéro de revue
100
Page
44
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Chapeau de l'article

Inaccessibles raisins et tripes peu ragoûtantes
Nous sommes en train de changer d’époque. Le basculement est d’une ampleur difficilement mesurable, à l’échelle géologique. Ce qui s’annonce est aussi impensable pour le cerveau humain que ne pouvaient l’être l’écriture, l’agriculture à venir ou l’extinction passée des dinosaures pour un cerveau de grand singe d’il y a trois millions d’années. Énormité des constats et des déséquilibres planétaires ; pourtant, tout au quotidien semble suivre petit bonhomme de chemin. Cette rubrique sera consacrée à explorer, sous divers angles, la question suivante : pourquoi les gens ne changent-ils pas ? Premier chapitre : hypothèses dans le domaine de la psychologie.
Les premières alertes écologiques datent des années soixante. On peut trouver dans la littérature plus ancienne de nombreux discours précurseurs, et au moins autant de mouvements populaires de défense de "l’environnement" ou de visions opposées au productivisme - par exemple, le mouvement des Luddites au XIXe siècle. Mais mettons que les choses sérieuses commencent aux États-Unis avec les révélations de Rachel Carson (Printemps silencieux, 1962), en France avec la candidature de René Dumont à l’élection présidentielle (1974) et, à l’échelle internationale, avec la publication du rapport Meadows au Club de Rome (Limits to growth, 1972). La naissance de Nature & Progrès, en France (1964) puis en Belgique (1976), date de ces années où l’écologie politique était en train de naître sous les traits de signaux d’alerte, dans le fol espoir d’une bifurcation de modèle de société qui, à l’époque, semblait possible.

Auteur
Guillaume Lohest
Numéro de revue
117
Page
46