Eclairage

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Chapeau de l'article

Nous avons tous tendance à penser que, quand on met quelque chose en commun, ça tourne mal… Notre histoire économique et agricole a d’ailleurs intégré ce raisonnement. Le grand "mouvement des enclosures" a progressivement transformé et découpé nos paysages au long des siècles passés. Pour être bien gérées, pensons-nous, les terres doivent être clôturées et attribuées. Aujourd’hui, il ne s’agit plus seulement de terres mais de tout ce qui est susceptible de générer un profit. On assisterait à un second mouvement des enclosures. Faut-il se résoudre à cet imaginaire et à cette évolution des choses ?

«Le premier qui, ayant enclos un terrain, s’avisa de dire : Ceci est à moi, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile. Que de crimes, de guerre, de meurtres, que de misères et d’horreurs n’eût point épargnés au genre humain celui qui, arrachant les pieux, ou comblant le fossé, eût crié à ses semblables : Gardez-vous d’écouter cet imposteur ; vous êtes perdus, si vous oubliez que les fruits sont à tous, et que la terre n’est à personne». Ainsi commence le second Discours du philosophe Jean-Jacques Rousseau (Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes). Bien sûr, il s’agit d’un effet d’éloquence, pour donner de la force à une idée qui sera ensuite développée et nuancée (1). Pourtant, aujourd’hui, cette idée forte, qu’on pourrait appeler la "tragédie de la propriété" semble totalement oubliée, et même carrément inversée.

 

Auteur
Guillaume Lohest
Numéro de revue
124
Page
46
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Chapeau de l'article

La vie est impossible à définir, elle oscille comme une balançoire, d'un élan à un autre élan contraire, toujours en mouvement, ou presque, accélérée, ralentie, rêveuse, vertigineuse, suspendue. Et sur cette balançoire, vous, moi, tant que ça dure. Descendre et remonter, d'une maison à une cabane, d'une cabane à une maison, nous n'allons rien faire d'autre dans ces lignes, rien définir d'impossible, rien d'autre qu'osciller d'un sac de pâtes à une herbe sauvage, d'une arme à une larme, de la détresse au ravissement, de cette vie-ci à cette vie-là.

Auteur
Guillaume LOHEST
Numéro de revue
167
Page
52
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Chapeau de l'article

Le pitch. "Je ne veux pas d'enfant, combien de fois l'ai-je répété, c'est impossible, l'avenir ne le permet pas, on court à la catastrophe." Dans la première partie de cette nouvelle - cf. votre Valériane précédent, "Si on allait au Canada?", Lisa et Théo ont décidé de se séparer car elle veut un enfant, lui non. Cette décision a été prise lors d'une conversation sur Messenger. L'un des deux changera-t-il d'avis? Voici les courriers qu'ils se sont échangés ensuite.

Auteur
Guillaume LOHEST
Numéro de revue
161
Page
52
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Chapeau de l'article

Cet été, dans le Sud de la France, j'ai été témoin d'un événement qui ressemble fortement à celui qui est raconté dans cette nouvelle. Les noms des lieux, les caractères des personnages et l'esprit général de cet événement ont été modifiés, si bien qu'il s'agit d'une pure fiction. Certaines questions qui entourent cette petite histoire, pourtant, demeurent valables dans la réalité comme dans la fiction.

Auteur
Guillaume Lohest
Numéro de revue
157
Page
52
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Combien de fois l’ai-je entendu ? Des dizaines, certainement : "Le problème, c’est que ce sont des gens comme Monsanto et compagnie qui tirent les ficelles… On ne vit plus dans une démocratie… Ils vont nous interdire de faire notre potager, vous allez voir. Vous êtes bien naïf, jeune homme !" J’ai dû apprendre à m’y habituer. Lors des débats et conférences sur les semences paysannes ou sur la décroissance que j’ai été amené à animer ces dernières années, je pouvais à l’avance me préparer à répondre à ce type d’interventions. Inmanquablement, elles sortaient de la bouche de l’un ou l’autre des participants.
En mon for intérieur, j’ai baptisé ce phénomène la "constante complotiste". Une chose m’a frappé, à la longue : ces prises de parole ne sont jamais des questions, jamais des propositions d’action ni même les témoignages d’une inquiétude, mais des sentences qui ne souffrent aucune objection. Elles sont l’expression d’une vision du monde : quelque part, un petit nombre de personnes très puissantes tirent les ficelles. Leur prolifération est certainement le symptôme d’un grand désarroi collectif et politique face à une époque en plein bouleversement. Proposer des pistes alternatives pour sortir de ce désarroi ne doit pas nous empêcher de refuser ses symptômes les plus désolants.

Auteur
Guillaume Lohest
Numéro de revue
116
Page
38