Dans un monde visiblement plus chaud, moins technologique, où la voiture a disparu...ni revolvers, ni guerres, ni zombies. Le petit village de Castigny semble tirer son épingle du jeu. Tout le monde y est jardinier, arboriculteur, réparateur ou menuisier. Vingt ans auparavant, une mère y a perdu la tête, un fils est parti sur les mers. Le voici de retour.
Le jardin, c’est le paradis !
L’attrait pour le jardinage, aujourd’hui, n’est pas anodin. S’il concerne souvent une volonté de se réapproprier une alimentation biologique et locale, il ne se réduit pas à cette dimension utilitaire. Le jardin nourrit, mais encore : il rassemble, fait rêver, épanouit, guérit, mobilise. On le voit en ville comme à la campagne. Il est l’ami de l’économe et du poète, du militant et du solitaire, du survivaliste, du pédagogue et du designer. C’est tout cela que cette rubrique se propose d’explorer.
Troisième volet : le jardin dans la culture et dans les arts… et l’art des jardins !
Impossible de passer à côté : le jardin est partout dans notre culture. Dans les textes littéraires, sur les toiles des peintres, au cinéma, dans les récits mythologiques et religieux. En premier lieu, on pense bien sûr au jardin d’Eden, qui abrite l’arbre de vie, l’arbre de la connaissance du bien et du mal auquel goûteront Adam et Ève. Cela leur vaudra d’être chassés de ce paradis originel, condamnés à cultiver la terre pour en tirer leur nourriture "à force de peine".
On connaît la suite. Naîtront Caïn et Abel, le laboureur et le berger. L’histoire tourne mal, le premier tue le second, et ainsi de suite jusqu’au déluge. Nous n’allons bien sûr pas ici nous lancer dans l’exégèse de ces récits inépuisables. Mais reconnaissons que leur portée n’est pas seulement religieuse. Elle est symbolique, au sens large. À ce titre, donner un aperçu du jardin dans notre histoire culturelle est indispensable, car cela fournit du sens. Sans mots, sans récits, sans culture, sans agriculture, les êtres humains ne seraient pas ce qu’ils sont devenus.
Or il semble que le thème du jardin soit un motif important de nos grands récits et de notre histoire culturelle. Sans s’alourdir sur l’étymologie, qui n’a pas vocation à tout expliquer, pensons néanmoins à la racine commune des deux significations actuelles du mot "culture", que Cicéron a été le premier à appliquer en-dehors de l’activité agricole : « Un champ, si fertile soit-il, ne peut être productif sans culture, et c'est la même chose pour l'humain sans enseignement. » Le jardin est donc inséparable des civilisations humaines agricoles et sédentaires.
“Le plus précieux, le plus beau, le plus utile et le plus équilibrant”
L’attrait pour le jardinage aujourd’hui n’est pas anodin. S’il concerne souvent une volonté de se réapproprier une alimentation biologique et locale, il ne se réduit pas à cette dimension utilitaire. Le jardin nourrit, mais encore : il rassemble, fait rêver, épanouit, guérit, mobilise. On le voit en ville comme à la campagne. Il est l’ami de l’économe et du poète, du militant et du solitaire, du survivaliste, du pédagogue et du designer. C’est tout cela que cette rubrique se propose d’explorer.
Premier volet : le jardin philosophe.
Longtemps, j’ai cru que le jardinage ne me concernait pas. C’était l’affaire de mon père, de mes grands-parents. Je les avais bien aidés un peu, enfant, puis adolescent, à bêcher et à semer. Mais rien qu’un peu. Je trouvais ça beau, le potager, mais beau comme un paysage de vacances, autrement dit ça m’arrangeait bien de ne pas y mettre trop souvent les pieds. “Les bons légumes du jardin”..., j’étais vaguement influencé par cette douce propagande familiale, mais pas outre-mesure : s’il fallait choisir entre une salade d’endives crues et une pizza surgelée, entre un navet croquant et un Twix… Bon. Ne me forcez pas aux aveux. Je sais ce qu’il serait de bon goût d’affirmer entre ces pages, mais je vous dois d’être honnête.
Mes récoltes, de vraies richesses ?
L’attrait pour le jardinage, aujourd’hui, n’est pas anodin. S’il concerne souvent une volonté de se réapproprier une alimentation biologique et locale, il ne se réduit pas à cette dimension utilitaire. Le jardin nourrit mais encore : il rassemble, fait rêver, épanouit, guérit, mobilise. On le voit, en ville comme à la campagne. Il est l’ami de l’économe et du poète, du militant et du solitaire, du survivaliste, du pédagogue et du designer. C’est tout cela que cette rubrique se propose d’explorer.
Deuxième volet : quelle est la valeur d’un potager ?
“Vous n’êtes pas obligés, vous autres, de passer par l’argent”, écrit Jean Giono, en 1938, dans sa Lettre aux paysans sur la pauvreté et la paix. Et il poursuit, détaillant son idée : “Vous pouvez, du jour au lendemain, sans efforts, être libres et autonomes. Sans aucun argent, votre table peut être toujours abondamment chargée des meilleures nourritures. Il vous est impossible de mourir de faim. Il s’agit de savoir si vous considérez toujours qu’être riche c’est avoir beaucoup de ces petits morceaux de papier sur lesquels on imprime des chiffres ; et si vous continuez à dire qu’il est pauvre celui qui, sans argent, a une cave pleine de bon vin, un grenier plein de blé, une resserre pleine de légumes, une étable pleine de moutons, une basse-cour pleine de poules, un clapier plein de lapins, le monde autour de lui et le temps libre dans ses deux mains (1).”
Les récits de fiction peuvent-ils nous aider dans nos façons d’envisager l’avenir de nos territoires, nos modes de production et de consommation, nos techniques, nos modèles de société ? À quoi bon se raconter des catastrophes probables ? Que signifient les récits apocalyptiques ? Ont-ils quelque chose à apporter aux luttes écologistes actuelles ? On parlera ici du pouvoir de l’imagination, de catastrophes, de fin du monde, de littérature et de techniques.