Nous sommes en train de changer d'ère. D’une ampleur difficilement mesurable, le basculement en cours est tel qu'on parle d'une nouvelle époque géologique : l'anthropocène. Pourtant, tout semble suivre son petit bonhomme de chemin, la pluie et le beau temps, métro boulot dodo, rien de neuf sous le soleil en apparence. Cette rubrique est consacrée à explorer, sous divers angles, la question suivante : pourquoi les gens ne changent-ils pas ? Troisième chapitre : les démarches individuelles et volontaires. Mises ensemble, peuvent-elles, par contagion, modifier les sociétés en profondeur ?
« Soyons le changement que nous voulons voir dans le monde ». La phrase est attribuée à Gandhi et fait florès sur les réseaux sociaux, sur les appuis de fenêtre et en exergue des bouquins. Elle alimente quelques autres citations du même acabit et sert de socle philosophique à un mouvement de pensée et d'action qu'on peut regrouper, grosso modo, sous les vocables de simplicité volontaire ou de sobriété heureuse. L'esprit de ce mouvement, plus que jamais, est incarné par Pierre Rabhi et la légende du colibri qu'il a popularisée :
Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : "Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu !" Et le colibri lui répondit : "Je le sais, mais je fais ma part." (1)
La surpopulation actuelle des sangliers s’avère catastrophique pour l’agriculture wallonne, mais aussi pour le secteur forestier, dont les pertes économiques sont de plus en plus importantes. Mais là n’est peut-être pas encore le plus grave car c’est bien une dramatique perte de biodiversité, dans nos forêts wallonnes, qu’engendrent les pratiques d’une chasse devenue obsolète…
La plupart du temps, ils restent invisibles. Pourtant, ils sont partout. Ou presque. Et cet automne, plus que jamais, ils ont refait parler d’eux. En Wallonie, comme ailleurs en Europe, les populations de sangliers explosent - vingt-trois mille en Wallonie, avec 5% d’augmentation annuelle depuis 1980. Les conséquences pour l’agriculture sont devenues juste insupportables.
« Chez nous, toutes les régions au-delà du sillon Sambre et Meuse sont touchées, incluant les plaines du Condroz et même la périphérie de Charleroi, qui jusqu’ici ne faisaient pas partie de l’aire de répartition du sanglier, explique Didier Vieuxtemps, conseiller à la Fédération Wallonne de l’Agriculture (FWA), les cultivateurs n’en peuvent plus, ils ont été plus de cent cinquante à répondre à notre enquête de terrain lancée récemment au sein de notre hebdomadaire Plein champ. »
Au début du printemps, à l’heure de lâcher le bétail en pâture, le constat est on ne peut plus amer. Partout, c’est la même désolation : les vermillis - des sillons - et les boutis - des trous - de sangliers s’étendent à perte de vue. Ils ont défoncé et ravagé les pâtures.
Marc Fichers termine sa carrière, après près de trente ans d'implication chez Nature & Progrès. Agronome puis secrétaire général de l'association, il a vécu les nomberuses mutations qui ont touché l'agriculture et le secteur bio. Avant de partir, il nous parle de l'identité de Nature & Progrès, de ce qui fait sa spécificité et sa richesse et il retrace son évolution a fil de ces dernières décennies.
La honte est un sentiment redoutable. Elle vous donne rendez-vous avec vous-même, se glisse parmi vos souvenirs et y répercute des échos de ce que vous êtes devenu. Suivez-la, elle vous mènera ailleurs en disparaissant, comme un vêtement dont vous détricotez les mailles. La honte vous couvrait? Il n'en reste qu'un fil, qui vous servira de guide.
Dans un monde visiblement plus chaud, moins technologique, où la voiture a disparu... ni revolvers, ni guerres, ni zombies. Le petit village de Castigny semble tirer son épingle du jeu. Tout le monde y est jardinier, arboriculteur, réparateur ou menuisier...
Dans la première partie de cette nouvelle, voir Valériane n°162-, Sélim Handelbach, un musicien, faisait son retour au village après vingt ans d'absence. Sa mère, qui avait perdu la tête, a soudainement recouvré la mémoire.