Face à la crise annoncée de l’énergie et de la mobilité, se dessinent aujourd’hui des alternatives pleines de promesses. L’habitat groupé est l’une d’elles qui, en plus de permettre d’évidents bénéfices écologiques, ouvre surtout l’individu à des « micro-sociétés » où se partage un projet commun. Bavardons, pour en savoir un peu plus, avec l’architecte Hubert Sauvage, membre du groupe des professionnels de l’écobioconstruction de Nature & Progrès…
La démocratisation de l’accès à un habitat sain et économe est une des thématiques centrales développées par Nature & Progrès qui soutient, dans ce cadre, toute initiative citoyenne visant à résoudre les problèmes d’accès au logement. Aujourd’hui, l’habitat léger est une solution choisie par de plus en plus de personnes, soit par nécessité soit par conviction personnelle. La Région Wallonne a adapté son Code de l’Habitation Durable, ainsi que nous l’expliquions dans Valériane n°138. Cela favorise-t-il, pour autant, l’installation en habitations légères sur le territoire wallon ?
Depuis 2016, le soutien de cette démarche citoyenne de la part de Nature & Progrès vise à trouver les voies et moyens de normaliser ce type de construction dans le respect des intérêts des "habitants légers" et des règlements. Au vu de l’intérêt croissant de ses membres pour cette thématique, Nature & Progrès continue sa réflexion et propose, cette année, le projet "En marche vers la reconnaissance de l’habitat alternatif et léger" : des activités sont menées dans différentes communes, en Régions Wallonne et Bruxelloise, avec l’objectif de créer un espace de rencontres et de partages d’expériences permettant de soulever les revendications citoyennes au sujet de l’habitat léger. Une vingtaine de ces rencontres ont déjà eu lieu, mobilisant environ deux cents personnes ; elles confirment la vague d’intérêt pour ce mode de vie. De nombreux débats ont été menés et ont mis en exergue la question fondamentale subjacente à la reconnaissance officielle de l’habitat léger dans le Code de l’Habitation Durable. Celle d’une adaptation du Code du Développement du Territoire (CoDT) pour légitimer l’installation de l’habitat léger.
« Tisser des liens entre les acteurs pour rendre les quartiers durables »
Nature & Progrès s’est associé au projet Interreg, dans un projet de développement d’éco-quartiers et d’éco-hameaux de part et d’autre de la frontière franco-belge. Pour en savoir plus sur les éco-hameaux déjà en projet - Vents d’Houyet et Terre Académie à Maisoncelles près de Beauraing, et Eco-Territoires à Novion-Porcien sur les crêtes pré-Ardennaises, en France - nous avons rencontré Isabelle Prignot, professeur à la faculté d’architecture La Cambre-Horta de l’ULB, membre du service « Facilitateur Quartier Durable » mis en place par la Région de Bruxelles-Capitale, et… ressource essentielle du projet Interreg susnommé !
Vous le savez certainement : contrainte de se « reloger », notre association a opté pour la construction d’un bâtiment à ossature bois dont le remplissage se fera avec des ballots de paille. Particulièrement écologique – les matériaux sont disponibles localement, leurs énergies grises faibles et leur biodégradabilité garantie – , cette solution réserve également d’agréables surprises en matière d’isolation. Le responsable de notre chantier fait le point à votre intention.
Dans notre société, la simplicité est devenue difficile. On ne prend plus le temps de s’arrêter, de voir, de sentir, de toucher. Nos espaces verts sont souvent à l’image de cette précipitation. Avec ses parterres de fleurs rigoureusement dessinés, ses allées à angle droit où même les arbres sont taillés, le jardin occidental s’envisage d’un seul coup d’œil et se traverse sans qu’on s’y attarde.