La Wallonie a rattrapé son retard dans la promotion de l’énergie photovoltaïque grâce aux dispositions prises récemment par le ministre Antoine. Cela cafouille encore un peu au niveau administratif, mais on nous promet que pour 2008 tout ira facilement. Avec ma compagne, nous avons décidé de nous lancer sans attendre que tous les règlements soient au point... Et, le 25 mai 2007, une installation de vingt-deux panneaux photovoltaïques étaient plantées sur notre toit. Sa mise en route a eu lieu le 2 juin.
ls ont rénové ou construit leur maison,
aujourd’hui ils sont ambassadeurs de l’éco-construction
En 2013, Nature & Progrès met en place un réseau d’ambassadeurs de l’éco-construction entre la Belgique et la France. Le but ? Rassembler des personnes porteuses de mêmes valeurs, faire connaitre les matériaux locaux et sensibiliser de nouveaux citoyens à ces modes de constructions.
Aujourd’hui, le pari est réussi. Plus d’une vingtaine d’ambassadeurs motivés et engagés forment ce réseau. Une plus-value sociale à son chantier ? Evidemment, tous le confirment ! Dans ce dossier, focus sur sept ambassadeurs : comment en sont-ils arrivé à vouloir bâtir - de leurs propres mains - leur maison avec des techniques "de chez nous" ? Voici les deux premiers…
Baptiste et Sophie, artisans d'une maison bio et autonome
Depuis 2006, Baptiste et Sophie transforment, à Schaltin près de Namur, une ancienne étable en habitation écologique. A terme, elle devrait leur permettre de vivre en quasi-autonomie. Propriété auparavant des grands-parents de Baptiste, le bâtiment, racheté à plusieurs, a été partagé en deux parcelles. Baptiste, assistant social à la Croix-Rouge, et sa compagne Sophie, assistante sociale et criminologue, y habitent un espace de cent mètres carrés avec un terrain d'un hectare et demi.
"Au départ, j'avais de très vagues idées sur la façon de m'y prendre... C'est une connaissance, qui nous a mis en contact avec l'architecte Jean-Marie Delhaye. Celui-ci a conçu le projet avec nous et a joué le rôle de déclencheur, en m'expliquant les différentes possibilités et matériaux à utiliser. Un ami également architecte, Hervé Barbeaux, nous a aussi conseillé en cours de projet."
Nichée au bout d'une ruelle étroite de la commune de Schaltin, le corps de ferme occupé par Baptiste, Sophie et leur petite fille d'un an - avec bientôt l'arrivée d'un second enfant - s'offrait, en 2006, comme une belle opportunité de reconstruction écologique… Dès le début, Baptiste s'est attelé à la tâche, à son rythme, pour transformer l'endroit en un lieu d'habitation viable avec des matériaux écologiques. Rien d'intransigeant toutefois dans la démarche.
"La question des coûts des matériaux entre aussi en ligne de compte... Mais il est vrai qu'en posant au départ certains choix de construction, on s'est pris au jeu pour la suite", raconte Sophie. D'autant que "faire tout soi-même revient souvent moins cher et ce qui est le plus écologique peut aussi être plus facile à mettre en œuvre, même si cela prend plus de temps", témoigne Baptiste qui a pu obtenir de diminuer son temps de travail pour mieux se consacrer à sa maison et à sa famille.
Prenant le temps de chercher des conseils et de consulter divers ouvrages, ils se sont lancés dans la mise en œuvre de plusieurs techniques : isolation du sol de cette ancienne étable - donc sans véritable fondation - selon la technique du hérisson qui permet de drainer l'humidité avec du gravier, une chape à la chaux hydraulique surmontée d'une plaque de liège, la réalisation de chaux-chanvre pour isoler, par l’intérieur, les façades extérieures orientées au nord, l'application de plâtre sans radon pour les revêtements intérieurs et d'enduit d'argile ou de plâtre sur les murs…
A l'étage, d'autres procédés et matériaux ont été utilisés : murs en argile et roseaux, plancher de bois issus des scieries locales, enduit à la chaux lissée à base de liant minéral pour assurer l'imperméabilité de la salle de bain. Tandis qu'à proximité, une construction attenante en cours de finition, en ossature bois et isolée en paille, est formée de grandes baies vitrées pour accueillir bientôt la salle à manger et une chambre à l'étage…
L'extérieur quant à lui, est constitué d'un bardage et de piliers en bois de mélèze apparents. "Puis il restera encore à installer des panneaux solaires thermiques avec un poêle-bouilleur pour assurer le chauffage de tout l’habitat avec une dizaine de radiateurs". Avec un approvisionnement en eau assuré par une citerne de quinze mille litres et, bien sûr, un jardin potager pour l'alimentation, la maison tend vers une autonomie des ressources.
"C'est une chouette aventure, mais il faut s'accrocher", lance néanmoins Baptiste qui, prudent, n'annonce pas d'échéance pour l'achèvement de tous ses projets. La date de fin des travaux n’est pas fixée, bien qu’espérée pour… 2017 ! "Il n'y a pas vraiment de planification, c'est en fonction de mes disponibilités…"
Ils ont rénové ou construit leur maison,
aujourd’hui ils sont ambassadeurs de l’éco-construction
En 2013, Nature & Progrès met en place un réseau d’ambassadeurs de l’éco-construction entre la Belgique et la France. Le but ? Rassembler des personnes porteuses de mêmes valeurs, faire connaitre les matériaux locaux, et sensibiliser de nouveaux citoyens à ces modes de constructions locaux. Aujourd’hui, le pari est réussi. Plus d’une vingtaine d’ambassadeurs motivés et engagés forment ce réseau. En voici de nouveaux : Sophie et Raphi dans la bergerie du bonheur à Tourteron, Manu à Vouziers…
- Sophie et Raphi, à Tourteron
Lancés dans la transformation d’une ancienne bergerie en habitat écologique, ces jeunes parents font le choix des matériaux locaux et de l’énergie renouvelable. Le bâtiment date des années 1850, laissé à l’abandon au beau milieu des Aisements, un lieu-dit perdu entre Attigny et Tourteron en France… Cela fait maintenant plus d’un an que Sophie et Raphi s’affairent entre ces vieilles pierres ardennaises.
"Il a fallu tout nettoyer, enlever les tôles, le ciment, et assainir la structure. Ensuite, nous avons effectué un drainage intérieur - extérieur avant de couler une dalle à base de chaux et de vermiculite, grâce à la technique du hérisson en pouzzolane pour laisser le sol respirer", explique Raphi, la trentaine entreprenante. "En reprenant de zéro, on a moins de surprise. Et puis, ça nous permet d’avoir une belle maison à moindre coût. Avec la fierté de l’avoir fait".
Propriétaire d’un bar à Lalobbe durant quelques années, il a décidé de tout mettre de côté pour se lancer dans l’aventure de l’auto-construction. "Lorsque j’ai visité la maison, j’ai eu un coup de cœur pour la charpente. Ça m’a donné envie. Finalement, je suis resté dans la restauration", sourit-il simplement.
Autour de lui, la maison est aux quatre vents. "Un artisan doit venir poser les menuiseries. C’est la prochaine étape, soupire Raphi sans pouvoir avancer de délais précis. Tout ce qui dépend d’un acteur extérieur prend toujours plus de temps que prévu. Et puis, il y a eu la naissance de notre fille cet été… Mais on aimerait emménager au printemps 2016."
Ils ont rénové ou construit leur maison,
aujourd’hui ils sont ambassadeurs de l’éco-construction
En 2013, Nature & Progrès met en place un réseau d’ambassadeurs de l’éco-construction entre la Belgique et la France. Le but ? Rassembler des personnes porteuses de mêmes valeurs, faire connaitre les matériaux locaux et sensibiliser de nouveaux citoyens à ces modes de construction locaux. Aujourd’hui, le pari est réussi. Plus d’une vingtaine d’ambassadeurs motivés et engagés forment ce réseau. Une plus-value sociale à son chantier ? Evidemment, tous le confirment ! Dans ce dossier, focus sur sept ambassadeurs : comment en sont-ils arrivé à vouloir bâtir - de leurs propres mains - leur maison avec des techniques "de chez nous" ? Vous avez rencontré les deux premiers dans Valériane n°112. Voici le troisième d'entre eux…
Frédéric Mathias,
élagueur, maire et auto-constructeur à Boult-aux-Bois, en France
Débrouillard, cet élagueur à la cinquantaine pétillante s’est lancé le défi de construire seul sa maison avec une ossature en bois et l’isolation en paille. Il lui aura fallu plus de quatre ans pour que son rêve devienne réalité. Frédéric Mathias s’est agenouillé plus d’une fois dans un coin de sa maison de Boult-aux-Bois "à chercher des solutions". Il lui est arrivé de jurer : "Mais dans quel pétrin je suis allé me fourrer !" A en pleurer parfois. Mais il s’est toujours relevé. "Le plus grand ennemi de l’auto-constructeur, c’est le découragement", souffle-t-il simplement, après quatre ans et demi de travaux.
Des solutions, cet élagueur à la débrouillardise incroyable, en a sortie plus d’une de son chapeau. "Je ne compte plus les heures passées à chercher des réponses sur des forums spécialisés ou à discuter avec des artisans, soupire-t-il, avouant non sans mal son inexpérience la plus totale au début du projet : 'Je ne voulais pas être un spécialiste, je voulais apprendre pour comprendre. Désormais, quand j’entre dans une maison, je ne la regarde plus de la même façon'."
En 2013, Nature & Progrès met en place un réseau d’ambassadeurs de l’éco-construction entre la Belgique et la France. Le but ? Rassembler des personnes porteuses de mêmes valeurs, faire connaitre les matériaux locaux, et sensibiliser de nouveaux citoyens à ces modes de constructions locaux. Aujourd’hui, le pari est réussi. Plus d’une vingtaine d’ambassadeurs motivés et engagés forment se réseau. En voici un nouveau...
Quentin Goulard, bâtit une maison passive dans la Sibérie des Ardennes,
à Sévigny-la-foret
En décembre 2002, il fait un froid de canard. Jeune diplômé de l’institut supérieur d’architecture (ISAI) de Mons, Quentin Goulard effectue son stage chez un vieil architecte wallon, Friedrich Köpler.
"Il avait fait un malaise, raconte posément Quentin. Alors, sur son lit d’hôpital, il m’a demandé d’aller arroser ses plantes. Quand je suis entré dans sa maison, j’ai été saisi par la chaleur des lieux. Il devait faire 25°C ! J’ai voulu comprendre ce qui se passait et, en vérifiant les radiateurs, je me suis rendu compte... qu’ils étaient éteints !"
C’est une révélation. Quentin apprend ce jour-là qu’il vient de franchir le seuil d’une maison passive...
"Sur la façade arrière, quinze mètres carrés de vitrage étaient orientés plein sud, à un demi-degré près. Il avait déjà utilisé tous les principes du bioclimatisme. Cette journée a conditionné ma carrière et ma vie."
Douze années ont passé et c’est devant sa propre maison passive que Quentin prend la pose. Aujourd’hui, l’hiver est toujours glacial. Mais l’intérieur n’a jamais été aussi chaleureux. Les enfants gambadent, pieds nus sur le plancher en sapin blanc issu des forêts ardennaises. Le tapis de jeu est à proximité de la large baie vitrée, plein sud, qui prolonge la pièce dans la campagne environnante. L’image est presque irréelle.
"Le vitrage a été posé sans châssis", précise Quentin qui a travaillé avec d’autres professionnels pour mettre au point ce système. Nous sommes sur le plateau de Rocroi, surnommé la Sibérie des Ardennes. Le village se situe à trois kilomètres de l’entrée de la future voie rapide A304 qui sera mise en fonctionnement dans quelques années. La maison occupe la frontière de la campagne et du centre du village, à proximité de toutes commodités.
Elle a une histoire pour les habitants du village : c’est un ancien café, un lieu de rencontres. Des thés dansants y étaient organisés tous les dimanches. C’est une bâtisse typique du plateau de Rocroi, avec des colombages et torchis. Un peu plus loin, une apicultrice amateur du village installera un rucher.
"Vu qu’on veut planter un verger à proximité, ça tombe bien, sourit Quentin. Et puis, on aura du bon miel…"