Dans un site agreste, entre Oizy et la grand-route Dinant-Bouillon, au carrefour de deux vieux chemins, surgit un petit édifice ravissant, tout de blanc chaulé. Deux superbes tilleuls étendent un dôme monumental par-dessus une chapelle trois fois séculaire. C’est pourtant un chêne qui valut jadis au lieu l’aura qu’il a conservée jusqu’à nos jours…
A nos yeux, l’arbre semble le plus souvent le fruit du hasard, semis ou rejet naturel. Ou un élément fonctionnel : plantation forestière, haie destinée à enclore et à protéger un jardin ou sujet choisi pour l’une ou l’autre vertu, ornementale, médicinale ou mellifère… Pourtant, balisant un vieux carrefour ou le coin d’un bois, à proximité d’un édifice ancien ou au cœur d’un îlot préservé, se dresse parfois un chêne, un tilleul ou un hêtre dont l’origine se perd dans l’obscurité des siècles. Chacun d’eux semble un témoin voué au silence. Et si ces témoins se mettaient à murmurer ?
De toute évidence, le simple bon sens donne à penser qu'un arbre, aussi mal enraciné soit-il, ne peut disparaître, pour reparaître, et se voir tout aussitôt menacé d'abattage... Les retrouvailles avec un vieux chêne que l'on croyait... disparu témoignent du contraire !
Au temps où Bruxelles bruxelait, certaines communes limitrophes abritaient des arbres vénérables. Certains ont survécu, tels le Tilleul de Boendael à Ixelles (voir Valériane, n°48, de juillet-août 2004) ou le chêne Joséphine à Forest (voir Valériane, n° 89, de mai-Juin 2011). Mais bon nombre de wel-bekende bomen ont disparu, privant la capitale de points de repères autrefois bienvenus. Plusieurs d'entre eux étaient, en effet, situés sur des hauteurs qui les rendaient incontournables...
Passée l’émotion de la rencontre initiale, de nombreuses questions se pressent au pied d'un arbre ancien : mais quel âge peut-il bien avoir ? Serait-il vraiment "millénaire" comme on le prétend ? S’il est possible d'y répondre au pied d’un arbre commémoratif, c'est rarement le cas pour la majorité des arbres vénérables...