Secret des survivants

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Passée l’émotion de la rencontre initiale, de nombreuses questions se pressent au pied d'un arbre ancien : mais quel âge peut-il bien avoir ? Avant même de tenter de l'évaluer, il convient de le contempler et d'avoir à l'esprit les épreuves - innombrables - qu'a dû surmonter ce vétéran pour parvenir, vivant, jusqu'à nous...

Pour peu que nous les ayons observés sur une certaine durée, nous sommes si accoutumés à voir les arbres vieillir et disparaître que nous finissons par oublier qu'un arbre est un être virtuellement immortel : contrairement aux animaux et aux humains, sa croissance est potentiellement illimitée car elle s'appuie sur la réplication de chacune de ses branches. De la petite pousse germinale s'élance une tige minuscule à laquelle le temps - et la chance - permettront de s'épaissir mais aussi de s'allonger en se ramifiant sans cesse, chaque nouvelle branche étant la réplication de celle qui l'a vu naître. L'expérience commune nous apprend toutefois que les arbres finissent par mourir. Du moins... leur partie aérienne. Car il est désormais avéré que certaines racines, desquelles jaillissent sans fin de nouveaux surgeons, ont traversé le temps. Certains experts ont souligné la très haute ancienneté de souches relictuelles, sans cesse régénérées et se jouant des siècles. En Grande-Bretagne, le professeur Rackham (1990) a étudié les forêts anciennes et estimait qu’un bosquet de tilleuls longeant la grande allée du célèbre parc de Westonbirt devait être millénaire...

Auteur
Benjamin Stassen
Numéro de revue
109
Page
30
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Passée l’émotion de la rencontre initiale, de nombreuses questions se pressent au pied d'un arbre ancien : mais quel âge peut-il bien avoir ? Avant même de tenter de l'évaluer, il convient de le contempler et d'avoir à l'esprit les épreuves - innombrables - qu'a dû surmonter ce vétéran pour parvenir, vivant, jusqu'à nous...

Si la longévité des arbres varie d'espèce à espèce, elle est également tributaire, de façon essentielle, de leur position et de la nature de leur cadre de vie immédiat - leur "station" en langage technique. La variabilité de ces paramètres est telle qu'on ne saurait l'épuiser ici. Du moins peut-on en esquisser quelques traits majeurs.
De nombreux facteurs naturels viennent spontanément à l'esprit. Bien entendu, la nature du sol, réservoir nourricier indispensable. Selon sa texture - argileux, limoneux, sableux... -, sa profondeur, sa granulométrie, sa "santé" - présence de bactéries et de micro-organismes si familiers au jardinier -, le sol permet à l'arbre de capter les nutriments et l'eau indispensables à sa croissance - ou son seul maintien.
Tout aussi évident, l'exposition à la lumière, facteur primordial de la photosynthèse, prodigieuse alchimie par laquelle l'arbre accomplit la transmutation, quasi magique dans sa simplicité apparente, de l’eau, de la terre, de l’air et du "feu" - la lumière solaire - pour sublimer ces quatre éléments en une riche provende, dense, durable et renouvelable à volonté : le bois.

Auteur
Benjamin Stassen
Numéro de revue
110
Page
27
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Passée l’émotion de la rencontre initiale, de nombreuses questions se pressent au pied d'un arbre ancien : mais quel âge peut-il bien avoir ? Avant même de tenter de l'évaluer, il convient de le contempler et d'avoir à l'esprit les épreuves - innombrables - qu'a dû surmonter ce vétéran pour parvenir, vivant, jusqu'à nous...

Récapitulons... Nous avons vu que dater l'âge d'un arbre ancien n'est simple que dans le seul cas des arbres commémoratifs : en raison même d'instructions diffusées par le pouvoir en place - plantation des Arbres Napoléon, Arbres Bonaparte, Hêtres de l'Aiglon - ou de leur rôle symbolique - arbres du Centenaire de l'Indépendance - , la date de leur plantation a été consignée dans les registres ou coulée dans la pierre ou le bronze d'un édicule explicatif... Mais rares sont les arbres commémoratifs antérieurs au début du XIXe siècle. Deux exceptions en Wallonie, remarquables, font intervenir le conifère indigène le plus longévif d'Europe : l’If de la Décapitation à Braine-le-Château fut planté le jour même de l'exécution du comte de Hornes, décapité sur la Grand-Place de Bruxelles avec le comte d’Egmont le 5 juin 1568.
Plus ancien encore serait l'If de Valduc, enraciné sur le site d'une ancienne abbaye à Hamme-Mille : les Britanniques, dont le territoire abrite de nombreux exemplaires plusieurs fois centenaires sinon même millénaires, ont en effet mis au point une échelle de datation sur base de la circonférence comparée des ifs commémoratifs. Grâce à cette échelle, on peut attribuer à l'If de Valduc entre sept cent cinquante et huit cents ans, ce qui donne à penser qu'il aurait été planté lors de la création primitive du couvent de cisterciennes fondé en... 1232 !

Auteur
Benjamin Stassen
Numéro de revue
111
Page
27
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Passée l’émotion de la rencontre initiale, de nombreuses questions se pressent au pied d'un arbre ancien : serait-il vraiment "millénaire" comme on le prétend ? L’arbre lui-même nous révélera-t-il le secret de son âge ?

Les chênes et les tilleuls forment l'essentiel de nos arbres anciens. Mais sous nos latitudes, au climat doux et humide, les vétérans manifestent une très nette propension à se creuser peu à peu. Certains d'entre eux deviennent même de véritables cheminées à ciel ouvert. D'autres ne subsistent plus que sous forme de parois ligneuses séparées les unes des autres, à l'instar de l'antique tilleul de Maibelle, à Assesse, l'un des plus vieux du pays - voir Valériane n°99, de janvier - février 2013. Ce délabrement progressif des arbres anciens, partiellement ou totalement évidés, exclut donc le prélèvement d’un échantillon fiable susceptible de nous aider à reconstituer leur histoire à partir du nombre de cernes inscrit au plus profond de leurs vieilles écorces. À défaut de dater précisément l'âge des patriarches, il demeure toutefois possible de proposer une estimation vraisemblable de l’ancienneté de certains d’entre eux…

Auteur
Benjamin Stassen
Numéro de revue
112
Page
36
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Passée l’émotion de la rencontre initiale, de nombreuses questions se pressent au pied d'un arbre ancien : serait-il vraiment "millénaire" comme on le prétend ? L’arbre lui-même nous révélera-t-il le secret de son âge ?

Ainsi donc, par sa circonférence et son aspect, l'arbre ancien toujours debout ne peut nous révéler qu'une approximation de son âge : une fourchette plausible que l'on cherche à préciser autant que faire se peut... Ne reste plus qu'à espérer "tomber sur" une citation historique authentique : mention d'un vétéran toujours debout, vérifiable sur pièce d'archives, confirmant - sinon précisant - son ancienneté. Ou celle de la fonction qui lui fut jadis dévolue.

Auteur
Benjamin Stassen
Numéro de revue
113
Page
24