En juin 2021, une des rencontres en ferme de "Vers une Wallonie sans pesticides" s'est déroulée aux champs de Barsy, chez Benjamin Biot, producteur de céréales et de légumes de plein champ. Lors de nos échanges, en amont de l'événement, Benjamin m'a fait part de son intérêt pour les extraits de compost, ou "thés de compost", c'est-à-dire une extraction de mircroorganismes - bactéries, champignons, nématodes et protozoaires - nourris avec des nutriments spécifiques. Il se présente comme un produit liquide qui - contrairement à du compost traditionnel - peut s'appliquer directement sur les feuilles ou sur le sol...
En Belgique, l'enrobage des semences de betteraves sucrières par des néonicotinoïdes est chose courante, en agriculture conventionnelle. Elle permet l'utilisation de ces poisons à coup de dérogations! Quatre couches sont généralement enrobées autour de la semence, dont une couche de néonicotinoïdes - imidaclopride, clothianidine, thiamethoxam - et une couche d'un mélange fongicide et d'autres insecticides, le tout enjolivé d'une magnifique pellicule de pigments colorés...
La campagne "Vers une Wallonie sans pesticides" aborde, cette année et jusqu'en été 2025, les alternatives aux pesticides chimiques de synthèse en vergers. Nous vous y donnons rendez-vous: une occasion rêvée pour les producteurs, les jardiniers, consommateurs et experts participants d'échanger sur les techniques alternatives.
"Vers une Wallonie sans pesticides, nous y croyons !"
Le troisième volet de la campagne "Vers une Wallonie sans pesticides, nous y croyons !" débute, en ce printemps 2019, sur le thème des céréales. Après l’appel du 21 février, voici une autre manière de vous impliquer dans notre campagne et - pourquoi pas ? - d’y impliquer ceux qui produisent près de chez vous. La campagne est née de la volonté de Nature & Progrès de répondre aux préoccupations des citoyens pour un environnement exempt de polluants chimiques. Mais maintenant, c’est à vous de jouer et d’en parler à vos producteurs locaux…
Cette année, dix rencontres en ferme vont avoir lieu sur le thème des alternatives aux pesticides en céréales. Leur but est de conscientiser les producteurs et les citoyens quant aux alternatives qui existent et aux moyens de produire des denrées alimentaires sans l’ajout de pesticides chimique de synthèse. C’est aussi l’occasion d’un moment d’échange convivial qui suscitera certainement la réflexion.
Aujourd’hui, la production céréalière wallonne occupe une place majeure puisqu'elle couvre plus de 25% de la surface agricole utile (SAU) régionale, avec 193.105 hectares en 2014. Sur les 12.894 exploitations agricoles wallonnes, 8.242 - soit 64% - produisaient des céréales (Statbel 2014). La récente étude Scénarios pour une agriculture moins dépendante des intrants et des pesticides en Wallonie, réalisée par Philippe Baret et Clémentine Antier de l’UC Louvain - Earth & Life Institut, met en avant le fait que les effets toxiques sur l'environnement sont principalement dus aux produits phytopharmaceutiques. L'utilisation de ces produits, pour les cultures céréalières, est estimée entre 435 et 480 tonnes de substances actives par an (Comité Régional Phyto 2015). En 2013, les céréales représentaient ainsi 40% de l'utilisation de substances actives par l'agriculture wallonne.
Un des objectifs du Plan Bee, rappelons-le, était d'évaluer, à l'aide des abeilles, l'état de l'environnement proche et éloigné, en matière de pesticides, des sites mis à notre disposition par la SWDE. Des résultats marquants furent observés, à ce sujet, en comparant deux sites dont l'environnement est très différent: celui d'Orp-Jauche, une région de grandes cultures où les céréales, les pommes de terre, les betteraves et d'autres légumes conventionnels de plein champ sont bien présents, et celui de Ciney, une région de terres d'élevage où dominent les prairies et les cultures céréalières, de plus en plus bio.
Les alternatives aux pesticides existent pourtant aussi bien en prairies et en céréales qu'en cultures de pommes de terre et de légumes de plein champ.