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Ce mercredi 22 avril, nous célébrions les 50 ans de Nature & progrès. Au programme de cette soirée :  projection, débat & échanges en présence du ministre Yves Coppieters et d’André Grévisse et verre de l’amitié. L‘occasion pour Dominique Clerbois, présidente de Nature & Progrès de prononcer quelques mots à propos du futur de notre association. 

50 ans d’engagement.
50 ans durant lesquels Nature & Progrès a contribué, souvent en éclaireur, à faire émerger des pratiques et des débats aujourd’hui devenus centraux.

Mais aujourd’hui, je ne vais pas revenir sur ce passé.

Je souhaite poser une question simple, et profondément politique : quelle place voulons-nous donner, demain, à une agriculture réellement exigeante ?

Car derrière cette question, il y a une réalité que nous devons regarder avec lucidité. Notre situation financière est fragile. Les résultats sont négatifs. Nos sources de financements publiques et privées se réduisent. Clairement : la pérennité de notre action n’est pas acquise à horizon 2026. Ce constat n’est pas une plainte. C’est un signal d’alarme.

Et cela pose une question collective : peut-on vouloir transformer les systèmes agricoles et alimentaires sans soutenir durablement ceux qui en portent l’exigence ?

La transition vers la BIO ne peut pas être uniquement une logique de marché. Elle suppose des choix politiques. Des arbitrages. Et une vision.

Nature & Progrès porte cette vision : une agriculture respectueuse du vivant, une alimentation au service de la santé, de l’environnement et de la société, une véritable démocratie alimentaire.

Mais soyons clairs : une vision, sans moyens, reste une intention.

C’est pourquoi, en 2026, notre priorité est sans ambiguïté : assurer la pérennité de Nature & Progrès. Nous prendrons nos responsabilités : réduction des couts, diversification des revenus, partenariats, évolution de nos services. Mais cela ne suffira pas sans un environnement favorable.

Je remercie le Ministre Yves Coppieters pour son appui, notamment dans la campagne Wallonie sans pesticides. Une agriculture sans pesticides de synthèse est possible — nos agriculteurs bio et nos agronomes le prouvent tous les jours ! Une équipe analyse actuellement les freins et leviers culturels du bio. Des premiers résultats seront présentés à Festi’Valériane, avant de lancer des actions pour que la Bio ne soit plus une exception.

Mais l’urgence reste immense, notamment face aux PFAS et à la contamination de l’eau, qui  sont une catastrophe pour la population et les générations futures ! La santé doit devenir une priorité centrale.  Or,  les réponses proposées sont dérisoires, la contamination de l’eau s’aggrave et les ventes de pesticides PFAS explosent !

Il y a urgence à s’activer ! Nous avons décidé de développer encore davantage l’angle Santé au sein de Nature et Progrès. C’est là que votre rôle à tous est essentiel. Car soutenir Nature & Progrès,
ce n’est pas soutenir une organisation parmi d’autres. C’est défendre une voix indépendante et exigeante dans le débat public.

Alors la question que nous posons aujourd’hui est simple : quelle agriculture voulons-nous vraiment soutenir ?

Nous, nous avons choisi. Et nous continuerons à porter cette exigence.

Mais pour cela, il faut une condition : que cette exigence soit reconnue, soutenue et considérée comme essentielle.

Alors oui, nous célébrons 50 ans. Mais l’enjeu n’est pas commémoratif. L’enjeu, c’est surtout l’avenir, l’enjeu est stratégique. Et cela, c’est une responsabilité collective.

Je vous remercie.

 

Discours prononcé par Dominique Clerbois