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Avec une coalition d’organisations de santé publique, d’environnement et de défense des consommateurs nous venons de lancer un cri d’alarme. Dans une lettre ouverte adressée à la présidence chipriote du Conseil de l’Union européenne, nous dénonçons la précipitation et le manque flagrant de transparence entourant les négociations sur la proposition de règlement « Omnibus » relatif à la sécurité des aliments.
Une réforme majeure votée à la hâte et sans débat démocratique
Nous sommes inquiets particulièrement d’une proposition visant à accorder des autorisations nationales illimitées non seulement aux substances actives des pesticides, mais aussi aux formulations pesticides qui les contiennent.
Selon Salomé Roynel, responsable des politiques chez PAN Europe, cette orientation risque d’affaiblir considérablement les contrôles de sécurité essentiels. Nous regrettons que le Conseil privilégie cette approche expéditive plutôt que d’explorer les alternatives crédibles proposées par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), telles que l’augmentation des ressources pour résorber le retard dans l’évaluation des dossiers.
De plus, une expertise scientifique commandée par le parlement néerlandais (menée par les universités de Wageningen et de Leyde) confirme que cette réforme présente des risques pour la santé et l’environnement, tout en menaçant de complexifier la bureaucratie au lieu de la simplifier.
Le cas préoccupant des drones de pulvérisation
L’alerte survient alors que le Conseil a déjà validé sa position sur d’autres volets du texte, notamment pour encourager le déploiement de drones de pulvérisation de pesticides. Cette décision a été prise à la hâte, avant même qu’un cadre d’évaluation des risques harmonisé à l’échelle de l’UE ne soit finalisé, faisant fi des inquiétudes liées à la dérive des produits pulvérisés et à l’exposition des populations et de la biodiversité.
L’appel à la vigilance des États membres
Face à ces dérives, nous exigeons de la présidence du Conseil et des États membres qu’ils accordent le temps nécessaire à une délibération démocratique, qu’ils impliquent les experts scientifiques indépendants ainsi que la société civile, et qu’ils maintiennent le niveau élevé de protection exigé par la législation européenne.
Pour approfondir le sujet et lire l’article complet ainsi que les notes d’analyse (en anglais) : NGOs warn against unlimited pesticide product authorisations and rushed EU negotiations | PAN Europe
Lire la lettre en Anglais, co-signée par Nature & progrès: Open letter to Cyprus Presidency of the EU Council