© Canopea, tous droits réservés
21 janvier 2026
Communiqué de presse
Une Carte Blanche co-signée par Canopea, Natagora et Nature & Progrès parue dans La Libre du mercredi 21 janvier 2026 ainsi que sur leur site internet.
Le Mercosur vient de passer au Conseil européen. Nos organisations de protection de l’environnement se tiennent, et ce depuis le début, du côté de l’ensemble des acteurs qui le dénoncent et condamnent fermement son adoption. Mais rien n’est encore joué : l’accord doit encore être ratifié par le Parlement européen. Les eurodéputés auront la responsabilité de se prononcer sur un texte qui engage durablement l’Union européenne et nous demandons à nos élus de voter contre l’accord.
La raison de cette opposition au traité : le Mercosur favorise, des deux côtés de l’Atlantique, les modèles d’agriculture industrielle les plus intensifs, capables de produire à bas coûts et en grands volumes… Au détriment d’un revenu décent pour les agriculteurs, de notre modèle agricole familial, de notre santé, de nos paysages et de notre environnement. Ce faisant, il sape la transition des agriculteurs vers des pratiques plus durables, permettant de fournir aux citoyens une nourriture saine. Un traité inacceptable, donc.
Mais nous condamnons tout aussi fermement l’instrumentalisation de cet accord par la Fédération des Jeunes Agriculteurs (FJA) dont les tracteurs ont convergé vers le cabinet du Ministre wallon de l’Environnement ce jeudi 15 janvier.
Si nous ne pouvons, en effet, sacrifier notre agriculture wallonne sur l’autel du libre-échange, nous ne pouvons non plus renoncer à lutter contre les ravages que représentent les pesticides pour notre santé et notre environnement. Répondant aux préoccupations de la population, le Ministre Coppieters travaille sur des textes indispensables pour protéger les captages d’eau potable et interdire les pesticides PFAS, et il doit être soutenu par l’ensemble du gouvernement.
L’idéologie du statu quo
Épidémie de cancers, notamment chez les enfants, déclin vertigineux de la biodiversité, pollution de l’eau potable,… : alors que les terribles conséquences de l’utilisation de pesticides à grande échelle sur notre territoire sont scientifiquement établies, la FJA qualifie la lutte contre les pesticides d’ “idéologique”, et le clame à coups de tracteurs dans les rues.
Et si l’idéologie était du côté de ceux qui se disent ouverts au dialogue, mais défendent coûte que coûte un statu quo mortifère ?
Aucun autre syndicat agricole n’a participé à cette manifestation, signe que le monde agricole est loin d’être unanime sur ces questions.
Deux batailles, un même combat
Dans l’opposition au Mercosur comme dans le soutien à des mesures de protection des captages contre les pesticides, la position que nous défendons est celle de ces agricultrices et agriculteurs qui, contre le modèle agro-industriel dominant, s’engagent dans la transition agroécologique de leur exploitation pour protéger notre environnement et nous nourrir avec des aliments de qualité.
Ces femmes et ces hommes montrent la voie. Ils méritent d’être reconnus, encouragés et rémunérés pour les services qu’ils rendent à la société. Ils sont la preuve en action qu’un autre modèle est possible.
Sortir de l’impasse
Le piège se referme lorsqu’on oppose “artificiellement” agriculture et environnement. Ceux-là mêmes qui profitent du Mercosur n’ont aucun intérêt à voir émerger une agriculture relocalisée, diversifiée, respectueuse de l’environnement et s’accommodent bien de cette confusion délétère.
Être contre le Mercosur, va de pair avec l’exigence d’une eau et d’une alimentation saines, ce sont les deux faces d’une même médaille : celle d’une agriculture viable et durable plutôt qu’une agriculture prisonnière de la logique de marché.
