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7 juillet 2026

Communiqué de presse

Une enquête menée dans onze pays de l’Union européenne révèle la présence fréquente de pesticides PFAS, de perturbateurs endocriniens et d’autres pesticides toxiques. Nature & Progrès et PAN Europe appellent les autorités européennes à renforcer l’application de la législation européenne en matière de pesticides plutôt qu’à l’affaiblir.  

Les fraises comptent parmi les fruits les plus consommés en Europe, notamment par les enfants. Pourtant, les analyses réalisées sur 41 échantillons provenant de 11 pays montrent que 78 % des fraises conventionnelles contiennent au moins un résidu de pesticides, et souvent sous forme de mélanges de plusieurs substances. Les deux pesticides les plus fréquemment détectés, le fludioxonil et le cyprodinil, sont aujourd’hui reconnus comme perturbateurs endocriniens par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), ce qui aurait dû entraîner une interdiction au niveau de l’UE.  

« Cette enquête montre que la contamination est importante : 58 % au moins des échantillons comprennent un pesticide PFAS et plus de la moitié au moins une substance classée « candidate à la substitution », une catégorie qui regroupe les pesticides les plus préoccupants encore autorisés dans l’Union européenne. Pendant que ces substances continuent de se retrouver dans nos assiettes, l’Europe envisage d’assouplir les règles de mise sur le marché des pesticides, avec l’Omnibus X. C’est exactement l’inverse qu’il faudrait faire. »  selon Martin Dermine, directeur exécutif du Pesticide Action Network (PAN- Europe). 

La Belgique n’échappe pas à la présence massive de résidus de pesticides. Au contraire, elle s’affiche en haut du tableau de cette étude.  

« Les résultats belges de notre enquête exploratoire sont particulièrement préoccupants, avec entre 3 et 9 résidus de pesticides différents dans un même échantillon. C’est le niveau le plus haut observé dans notre analyse. Et parmi ces 9 résidus, 3 sont des pesticides PFAS. Les consommateurs, particulièrement les enfants friands de ce fruit rouge, sont exposés à des cocktails de pesticides dont les effets cumulés et synergiques ne sont toujours pas évalués. C’est inacceptable. »  Virginie Pissoort, Nature & Progrès. 

PAN Europe rappelle que la législation européenne prévoit déjà le retrait des substances les plus dangereuses comme les perturbateurs endocriniens et le remplacement des substances les plus préoccupantes qu’on appelle candidats à la substitution. Le cadre réglementaire impose la prise en compte des effets cumulés des pesticides (effet cocktail). Pourtant, ces dispositions restent largement inappliquées. Et, au lieu de s’atteler au respect de la réglementation existante, l’Europe s’est au contraire lancée dans un projet de détricotage du cadre actuel qui maintiendra facilitera la mise sur le marché de pesticides problématiques. 

L’étude montre aussi qu’une autre agriculture est possible :  

« Aucun résidu quantifiable n’a été détecté dans les cinq échantillons biologiques analysés. En France et aux Pays Bas, plusieurs échantillons contenaient très peu de pesticides, des résultats à mettre en lien avec les études récentes montrant que la lutte intégrée contre les ravageurs (IPM) permet de réduire de 90% l’usage des pesticides. Les pouvoirs publics doivent accompagner les producteurs vers des pratiques qui réduisent réellement leur dépendance aux pesticides les plus dangereux, plutôt que de prolonger l’utilisation de substances problématiques. »  Heleen De Smet, Bond Beter Leefmilieu. 

Rapport complet : disponible en français et en anglais.