Cet article est paru dans la revue Valériane n°181-182

Il est le dernier d’une série de 6 articles sur les fruitiers méconnus :

  • Amélanchier, Camérisier, Ragouminier (Valériane n°177)
  • Myrtillier, Pêcher, Goji (Valériane n°178)
  • Argousier, Chalef d’automne, Mûrier noir (Valériane n°179)
  • Vigne Saint Laurent (Valériane n°180)
  • Poires à cuire (Valériane n°181-182)

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Par Chantal Van Pévenage,

membre de Nature & Progrès

Et si nous partions à la découverte de fruitiers méconnus qui gagneraient à rejoindre nos jardins ? De nouvelles saveurs, de l’esthétique, de la robustesse … et une envie de partager avec les petits êtres qui évoluent autour de nous !

(c) Beauty of nature (Pixabay)

Le cognassier du Japon

Le cognassier du Japon, cognassier à fleurs ou citron du Nord (Chaenomeles japonica) est un arbuste très décoratif, facile à cultiver. Légèrement épineux, il atteint une hauteur d’un mètre et demi et une envergure d’un mètre trente. Supportant des températures allant jusqu’à -15°C, l’arbuste a besoin d’une terre riche, avec une préférence pour une exposition ensoleillée à mi-ombre. De février à avril, il se pare de jolies fleurs d’un rouge éclatant à étamines jaunes. Un plant mâle est nécessaire pour féconder les fleurs femelles et obtenir des fruits. Entre septembre et octobre apparaissent de petits coings jaunes, odorants à maturité. Leur chair est légèrement acidulée et riche en vitamine C. Etant donné qu’ils contiennent beaucoup de pectine, ils conviennent bien pour la préparation de gelées, de compotes, de confitures ou de chutneys. Ces préparations s’accommodent aussi bien avec des plats sucrés que salés, par exemple, avec des marinades de viandes blanches.

Le cognassier

Le cognassier est aussi appelé poire de Cydonie ou arbre aux pommes d’or (Cydonia oblonga). Originaire du Caucase et d’Iran, il supporte sans soucis nos hivers, même en Ardenne. Muni de feuilles caduques, l’arbre atteint cinq à huit mètres de hauteur. Son port est étalé et sa couronne arrondie. A croissance rapide, l’espèce est peu exigeante, avec une préférence pour un sol profond. La plupart des cognassiers sont autofertiles, ce qui permet de planter un seul individu : il faut s’en assurer au moment de l’achat. L’arbre se pare de jolies fleurs d’avril à mai. Fécondées par les pollinisateurs, elles donneront des fruits volumineux. De couleur verte passant au jaune à maturité (octobre-novembre), ils offrent un beau contraste avec le feuillage. Les coings ne se consomment pas crus : leur saveur est trop tannique. Ils sont, en revanche, excellents après cuisson. Glissez-en au four avec votre repas, ou testez-les poêlés puis gratinés avec un fromage à pâte molle et des pâtes. Conservez-les en bocaux stérilisés : coupés en morceaux, les fruits sont couverts d’eau sucrée (selon vos goûts). Le coing est aussi la star des pâtes de fruits, et vous en ferez de délicieuses gelées ou compotes.

 (c) Hans (Pixabay)

Le néflier

Le néflier commun, mêlier ou aubépine d’Allemagne (Mespilus germanica) est un arbuste fruitier rustique, bien de chez nous. Muni de feuilles caduques, il atteint trois mètres de haut pour une envergure de cinq mètres. Préférant les expositions ensoleillées à mi-ombre, l’espèce est peu exigeante quant au type de sol. On l’installe dans une haie variée ou seule. Il faut éviter de tailler trop sévèrement l’arbuste pour qu’il refleurisse ! En mai, le néflier se pare de jolies fleurs blanches qui donneront ensuite les fruits. Ils se consomment « blets », tels quels ou en compote. On les cueille le plus souvent après les premières gelées, mais il est possible de le faire avant. On peut alors soit les laisser mûrir en cagettes dans un cellier ou une cave aérée et fraîche, soit les stocker au congélateur : vous sortirez tout au long de l’année et selon vos envies quelques nèfles de leur tiroir pour les laisser dégeler. Comment les déguster ? Coupez-les en deux, pressez sur la peau pour faire sortir la chair que vous pourrez consommer en évitant les gros pépins. La saveur étonnante est fraîche et acidulée.

 

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